[CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

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Chrysalid
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Les brumes d’Eauprofonde : L’anneau des Illithids
Scénario écrit et maîtrisé par Charlène • 15/08/23
Norlannan et Cordül • Eauprofonde, 15 et 16 Marpenoth 1359 CV (un jour)


Au soir de leurs retrouvailles, Norlannan retourna voir son jeune frêre Norril à la pension  de Mme Garah, d’une part pour s’enquérir de son état de santé, d’autre part pour l’interroger. Le jeune elfe lui raconta, à lui ainsi qu’à Cordül qui écoutait d’une oreille distraite, comment il avait « entendu » une sorte d’appel, quelques années plus tôt, alors qu’il vivait encore auprès de leur famille sur l’Île de l’Éternelle Rencontre. Il avait su alors qu’il devait se rendre sur le continent. C’est là qu’il fut enlevé par les Flageleurs Mentaux, quelques 4 ans plus tôt. Il raconta comment ces « créatures » conversaient avec lui, par le biais d’images projetées directement dans son esprit. Il évoqua aussi le navire dans lequel il se trouvait, un bâteau de bois voguant sur une mer de sable. L’une de leurs destinations était une forteresse construite dans le désert – bien entendu, Norlannan pensa tout de suite à l’Anauroch.
L’elfe alors décida de lire les pensées de son jeune frêre afin de voir directement ses souvenirs. Il se concentra alors pour effectuer une Sonde mentale… mais se heurta à un mur. Il demanda à Norril de lui laisser pénétrer ses pensées, mais son jeune frère avoua n’être pour rien dans cette résistance.

Norril dormant dans le lit de Norlannan, ce dernier s’installa sur une chaise auprès de la fenêtre pour plonger dans sa rêverie, non sans crainte. Mais cette nuit ne lui apporta aucun cauchemar, ce qui le rassura quelque peu.

C’était le 16 Marpenoth de l’an 1359 selon le Calendrier des Vaux, et Norlannan savait qu’il devait effectuer des recherches importantes. Aussi se rendit-il au Temple d’Oghma, un haut lieu de la connaissance connu sous le nom de « Fontaine du Savoir ». Toujours suivi par Cordül, plus intrigué qu’autre chose, il rencontre un prêtre d’Oghma à qui il fit une offrande de 50 pièces d’or, avant de lui demander de le renseigner sur les créatures appelées « Flagelleurs Mentaux ». Il avoua en avoir affronté un dernièrement, il devait alors tout savoir sur eux. Le prêtre compulsa des grimoires de la grande bibliothèque du temple, et lui parla de ces êtres intelligents, perfides et dangereux, qui se nourissaient de l’esprit de leurs victimes. Appelés « Illithids » dans leur propre langue, ils possédaient de puissants pouvoirs mentaux, leur permettant de communiquer, mais aussi d’asservir des populations entières. Pratiquant l’esclavage à outrance, ils représentaient un danger mortel pour les autres espèces qui, en outre, leur servaient aussi de nourriture. Il ajouta que lorsqu’il y avait un Flageleur quelque part, l’on pouvait être sûr qu’une communauté entière de ces créatures n’était pas loin.
Hélas, le prêtre ne savait rien de plus, mais il lui promit de se renseigner plus avant. Norlannan le remercia et quitta les lieux.

En début d’après-midi, l’elfe décida, toujours suivi par l’orque plus agaçant que jamais, de retourner à la parfumerie ; après tout, ils avaient trouvé un anneau sensé servir de clé sur une porte autrement impossible à ouvrir. Hélas, ils furent reçus par le parfumeur et sa femme, qui n’avaient apparemment aucun souvenir d’avoir croisé l’orque la veille. Intrigué, il tenta d’user sur l’homme son Anneau d’influence humaine, sans succès. Puis il fit usage de ses pouvoirs psychiques… mais il fut incapable d’établir sur lui un simple Contact mental !
Un peu effrayé, il les quitta, non sans essayer un dernier petit truc : il envoya dans l’esprit du marchand une petite Suggestion consistant à oublier de refermer la porte de sa parfumerie à clef le soir même.
Les esprits des victimes d’Illithids seraient-ils verrouillés et inaccessibles à ses pouvoirs ?

Le reste de la journée, il demeura auprès de son frêre qui n’avait pas l’air très bien. Il se remettait lentement mais témoignait d’une grande fatigue.  Norlannan l’interrogea de nouveau et parvint à obtenir de nouvelles informations. Apparemment, la forteresse dans le désert possédait un dôme, comme l’arrière-cour de la parfumerie. Il leur parla aussi d’un Flagelleur plus gros que les autres, qu’il voyait installé à un bureau, en train de compulser des cartes. Il leur parla aussi d’un « jeune » Flagelleur – mais comment les distinguer ? Ils n’avaient pas de noms « prononçables » par des lèvres humanoïdes… Il évoqua aussi des corps humanoïdes suspendus, une bête féroce, des hurlements…
Puis Norril leur reparla de ses voyages à bord d’un navire sur la mer de sable – depuis quand les navires étaient-ils capables de voguer dans le désert ? – mais il évoqua aussi des voyages « bien plus loin », sur une mer d’huile à la surface si plane et dénuée de la moindre ride, que les étoiles s’y reflétaient avec la perfection d’un miroir. C’était  comme s’ils avaient eu des étoiles au-dessus de leurs têtes, et en-dessous de la coque.
Avant qu’ils ne se quittent, Norril supplia Norlannan de retrouver son journal ! Il n’y avait pas le choix, ils devaient redescendre.

Au cours de ce nouvel entretien, Norlannan s’inquiéta pour son jeune frère. Était-il en sécurité ici chez Mme Garah ? Nécessitait-il des soins particuliers ? Ou une surveillance ? N’aurait-il pas écopé d’un virus inoculé par les Flageleurs ? Dans le doute, il décida de le mener chez l’Archimage Khelben. L’affaire était trop grave, il ne fallait pas lésiner sur les moyens. Fort heureusement, celui-ci accepta de prendre le jeune elfe en charge ; peut-être pourrait-il lui soutirer des informations supplémentaires, voire même le guérir ?

Lorsque Norlannan et Cordül quittèrent la Tour Bâton Noir, la nuit était tombée. L’elfe décida de retourner à la Parfumerie. Il n’y avait plus de lumière derrière les fenêtres, tout semblait désert. Alors il clencha la porte, qu’il eut le soulagement de trouver déverrouillée.

Les choses sérieuses pouvaient commencer.

Les deux aventuriers retournèrent au souterrain, qu’ils arpentèrent sans être inquiétés par des gardes ou des créatures ; de toute évidence, les anciens locataires avaient quitté les lieux.
Alors ils arrivèrent en vue de la porte qu’ils n’avaient pas réussi à ouvrir la veille – les corps de leurs adversaires avaient disparus. Cordül sortit alors l’anneau des illithids, que leur avait indiqué le garde la veille, lorsqu’il était sous influence.

L'anneau était effectivement une clé, car la porte s’ouvrit, mais seulement lorsqu’il était porté par Norlannan – en déverrouillant la porte, l’elfe sentit sa force mentale faiblir légèrement. En clair, seul un psioniste était capable de l’utiliser.

Ils arrivèrent en vue d’une section dotée de plusieurs pièces, essentiellement des chambres avec des lits superposés. C’est là qu’ils mirent la main sur le journal de Norril, abandonné au milieu d’autres objets divers.
Avant de poursuivre leur exploration, ils jetèrent un œil au contenu, et découvrirent des mentions de longs vaisseaux, d’un désert infini, d’un sable jaune et brûlant, etc. Il y était aussi question d’un prochain voyage, et d’une certaine excitation – mais avec la tournure employée, il était impossible de savoir si c’était l’auteur du journal qui était lui-même excité par cette perspective…

Une double porte verrouillée, qui ne résista pas à l’épaule de l’orque, les mena jusqu’à une chambre plutôt bien tenue pour un site souterrain. Sous le lit, ils trouvèrent un coffret que Norlannan tenta d’ouvrir précautionneusement, mais pas assez pour empêcher un gaz sous pression de s’en échapper brusquement ! Fort heureusement, les deux protagonistes purent se protéger, et purent en découvrir le contenu. Il y avait essentiellement des papiers recouverts de schémas et de notes diverses rédigés en une langue totalement inconnue. Ne pouvant en apprendre plus, l’elfe les roula dans sa sacoche, et tous deux poursuivirent leur exploration.

Un escalier s’enfonçait dans les profondeurs, ils s’y engagèrent et se retrouvèrent à marcher longtemps, bien plus longtemps que ce à quoi ils se seraient attendus. L’elfe pensa un temps qu’ils finiraient par déboucher sur les couloirs de Montprofond, mais non. À première vue, ils quittaient même les frontières de la cité !

Finalement, ils accédèrent à une salle de pierre, où ils découvrirent une sorte de singe enfermé derrière des barreaux. Celui-ci, étonnement, les attaqua avec un Souffle psionique qui les jeta à terre ! Loin d’être un simple singe, c’était un « Monstre Su », un être simiesque doté de capacités mentales. L’orque le tua pour le compte.
Dans la cage de la bête, ils trouvèrent des restes de corps – Norlannan repensa à la bête féroce évoquée par son jeune frère, et aux hurlements…

Mais où étaient-ils donc tombés ?
Dernière édition par Chrysalid le Mar 31 Oct 2023 12:14, édité 1 fois.
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

Les brumes d’Eauprofonde : Sombres présages…
Scénario écrit et maîtrisé par Charlène • 26/08/23
Norlannan et Cordül • Eauprofonde, 16 et 17 Marpenoth 1359 CV (un jour)


Le cadavre encore fumant du Monstre Su gisait, inerte, derrière les barreaux de sa cage. Sans dire un mot, Norlannan et Cordül quittèrent la pièce par une ouverture qui les mena à une sorte de cage d’escalier de pierre, un escalier en colimaçon qui montait vers des hauteurs ténébreuses que leur infravision ne pouvait pénétrer. Mais avant de s’y engager, ils repérèrent deux sorties à leur étage.
D’instinct, l’elfe s’engagea vers celle de droite où il fut accueillit par une puissante odeur de putréfaction qui le paralysa sur place ! Deux nouvelles entrées s’offraient à lui. S’avançant prudemment, il jeta un œil au coin de l’ouverture de droite et tomba sur une salle… à priori inoccupée et vide. Mais il sentait qu’il n’en était rien. Alors il ferma les yeux et ouvrit son esprit pour tenter de percevoir des formes de vie que ses yeux ne pouvaient voir… et fut soudain piqué par un tentacule venu de nulle part ! Empoisonné, l’elfe fut soudain incapable d’esquisse le moindre mouvement ! Ainsi, il sentit le tentacule se glisser sur lui et s’emparer de quelque chose dans ses affaires. Lorsqu’il retrouva le contrôle de son corps, il tenta d’opérer un Écrasement psychique vers son agresseur, mais ce ne fut que pour constater qu’ils étaient trois ! Trois « Ustilagors » – des larves de Dévoreurs d’intellect à l’aspect de cerveaux sur pattes – lui faisaient face ! Incapable de leur résister, l’elfe fut soudain submergé par les émotions, une haine grandissante enflant dans son cœur et ses entrailles – une haine envers l’orque qui l’accompagnait depuis la veille. Quelle hérésie ! Mais l’elfe était suffisamment capable pour se rendre compte que ces émotions n’étaient pas réellement les siennes. Aussi quitta-t-il la pièce, les poings fermées et la mâchoire serrée, pour s’extraire de l’influence des monstres.

De son côté, l’orque avait tout naturellement pris l’autre direction, et s’était retrouvé dans une pièce… sans grand intérêt. À gauche s’élevaient deux étagères recouvertes de livres et de parchemins, des « trucs à lire » sans intérêt à ses yeux. Tandis qu’à gauche se trouvait un bureau recouvert d’autres « trucs à lire ». Cordül ne savait pas lire, et il ne souhaitait ça à personne. Certes, la barbare Azaäma qui l’accompagnait depuis des mois, et qu’il espérait retrouver à Eauprofonde, avait dernièrement commencé à apprendre à lire – elle disait que ça devenait nécessaire dans ce monde. Mais l’orque, quant à lui, continuait de trouver cela vide de sens. Néanmoins, il repéra quelques caisses de bois dans le coin de la pièce, et y trouva, à son grand plaisir, des dizaines de pièces d’or et d’argent.

Alors, il entendit des vociférations dans la cage d’escalier. Intrigué, il repéra la silhouette de Norlannan qui passait, voûtée, pour se rendre dans la première salle. Intrigué, il l’y rejoignit et le retrouva dans un coin, recroquevillé, grognant de colère, le visage rouge et les veilles saillantes. Au bout de quelques instants, l’elfe reprit le contrôle de ses émotions et se releva, recouvert de transpiration. Ce dernier lui expliqua qu’il venait de croiser quelques créatures dotées de pouvoirs psychiques, et qu’il avait succombé à leur pouvoir, qui était considérable. L’orque ne croyant toujours pas à l’existence des pouvoirs de l’esprit, se rendit dans la fameuse pièce ; il dut admettre qu’il ne s’attendait pas à se trouver face à face à des cerveaux sur pattes. Y avait-il d’autres organes qui se baladaient tous seuls dans le coin ? Mais il ne leur laissa pas le temps d’agir car, empoignant son arme, les découpa tous en morceau l’un après l’autre sans leur laisser le temps d’agir ! Ensuite, il se tourna vers l’elfe qui l’avait suivi, afin de lui témoigner de ssa déception. Dès lors, Cordül commença à appeler Norlannan « Princesse ».

Dans la pièce d’en face, ils découvrirent l’origine de l’horrible puanteur qui envahissait les lieux : il y avait là un monceau de nombreux cadavres dans des états de décomposition très variables. Le plus récent devait être là depuis quelques jours à peine.

Se rendant dans le bureau à son tour, l’elfe découvrit de nombreux écrits dans une langue qui lui était totalement inconnue. Cela ressemblait à des points et des lignes horizontales de longueurs variables, encagés dans des cartouches carrés – il devin fort logiquement qu’il s’agissait de l’écriture Illithid. Les quelques rares livres écrits en langue commune qu’il trouva donnaient des informations d’ordre général sur la surface, les villes, les royaumes, Eauprofonde en particulier…
Sur le bureau se trouvaient de nombreux parchemins en langue illithid, ainsi que quelques brouilles de lettres écrites en commun ! L’elfe comprit qu’il s’agissait de communication avec quelques notables non-nommés. Il s’empara de nombreux parchemins qu’il glissa dans sa besace.
Puis enfin, les deux aventuriers s’engagèrent dans l’escalier.

Après une longue montée, ils atteignirent un nouvel étage. Ici, dans une cage d’escalier circulaire dotée de deux sorties, se trouvait une haute statue de pierre représentant une sorte de guerrier en armure. Aussitôt, Cordül comprit qu’il s’agissait là d’un gardien. Norlannan ignora cet avertissement et se dirigea vers une sortie, mais aussitôt, le gardien de pierre s’anima et frappa vers l’elfe qui fut projeté à terre ! Aussitôt, le combat s’engagea ! Norlannan s’enfuit vers la salle qui s’avéra être une sorte de salle d’entraînement tachée de sang et d’impacts. Le gardien l’y suivit, et Cordül le larda de coups ! Lorsque la statue s’engagea au combat avec l’orque, l’elfe se mit à distance et l’observa, en quête de détails utiles. Il ne pouvait évidemment pas participer au combat, ses pouvoirs télépathiques ne pouvant rien contre un golem de pierre. Mais il repéra quelques motifs sur le corps du géant, des motifs en langue illithid ornant ses épaules comme s’il s’agissait de simples décorations. Connaissant les principes de base de l’animation d’un golem, l’elfe cria à l’orque de frapper sur l’un de ces motifs ; ce dernier obéit… et aussitôt, le géant se remit en position de garde et s’immobilisa.

L’étage était calme à présent, ils pouvaient fouiller les lieux. Selon toute apparence, cet endroit servait de salle d’entraînement. Néanmoins, les horribles traces laissées au sol et contre les murs laissaient entendre que seuls rares élus sortaient vivant de cet endroit. En outre, ils découvrirent un levier dans un mur qui ouvrait une trappe. Voici donc d’où venaient tous ces corps à l’étage inférieur !

La pièce d’en face contenait un bureau, assez vaste et rempli de nombreux meubles. Il y avait ici de nouveaux documents écrits en langue illithid. Mais par chance, cette fois, l’elfe découvrit des plans. Des plans… de Toril ? Il y avait là une carte du monde dans son entier, avec des points indiqués. Bien qu’étant assez imprécis, l’un d’entre eux semblait pointer sur Eauprofonde. Un autre tombait dans un désert de Zakhara, dans le sud lointain, tandis qu’un autre pointait dans les régions méconnues de Kara-Tur. Une quatrième se trouvait dans un continent inconnu à l’ouest de la Mer Inviolée.
L’elfe découvrit aussi avec inquiétude qu’il y avait une carte des Larmes de Séluné, et que certaines de ces larmes étaient indiquées par d’autres cartouches.
Tout cela était fort perturbant.

Dans le reste de la pièce, ils trouvèrent d’autres documents illisibles, et dans un meubles, l’elfe mit la main sur un sextant qu’il qualifia de « différent ». Il possédait déjà un sextant dans ses affaires, et put ainsi les comparer : ce nouvel instrument semblait capable de procéder à des calculs sur 3 dimensions. L’affaire se compliquait.

Ils quittèrent enfin la pièce et retournèrent à l’escalier. Une longue montée leur permit d’atteindre la surface ; l’escalier en colimaçon s’ouvrait directement dans les collines, sans structure ni gardien. Et d’après le ciel, le matin n’était pas loin. Ils avaient passé la nuit dans les profondeurs.

De retour à la ville après une grosse heure de marche, ils s’en furent prendre un repos bien mérité – Norlannan prit quelques heures de rêverie dans sa chambre, tandis que Cordül se vit obligé de se payer une chambre par une Mme Garah quelque peu incommodée par la présence d’un orque désireux de dormir dans le salon – à l’heure du petit déjeuner en plus !
Mais dans le courant de la matinée ils furent tirés du lit par le sorcier Khelben Arunsun qui désirait leur parler de toute urgence : Norril avait disparu. Certes, la Tour Bâton Noir était protégée contre les invasions de toutes sortes, cette disparition était incompréhensible. Avant de partir, il donna rendez-vous aux deux aventuriers d’ici une heure à sa tour.

L’heure du rendez-vous arriva, Cordül et Norlannan étaient chez Khelben. Ils purent échanger ainsi au sujet de Norril, des Illithids, et des découvertes que l’elfe et l’orque avaient faîtes dans les sous-sols de la parfumerie. Ils évoquèrent le gardien, les cadavres, mais surtout, ils lui montrèrent les parchemins. Inquiet, le magicien revint sur le dôme qu’il était sensé détruire. Pour l’heure, il l’avait étudié, et était capable d’affirmer qu’il s’agissait d’une sorte de « relais », un dispositif capable d’étendre des ondes psychiques en particulier ; tout à fait le genre d’appareil dont pourrait se servir quelqu’un qui souhaiterait prendre possession de nombreux esprits. Le fait de supposer que des dômes identiques se trouvent à d’autres points du monde ne laissait supposer qu’une seule chose : les illithids étaient en train de mettre au point un système pour prendre le contrôle de toute la population de Toril !

Lorsque Khelben envisagea de les envoyer sur le terrain pour y mener une enquête, les deux aventuriers demandèrent si personne de plus qualifié d’autres ne serait pas plus à même de prendre en charge cette menace. Mais le sorcier leur répondit que Féerûne avait certes de nombreux gardiens, mais elle était constamment soumise à d’innombrables menaces. À cet instant, eux seuls étaient disponibles. Il enchaîna en leur disant qu’il était primordial de se rendre en Zakhara, la région la moins inconnue de toutes, pour y mener l’enquête. Pour se faire, il fournit à Norlannan 500 pièces d’or pour prendre en charge ses frais de préparation, tandis qu’il donna à Cordül 250 pièces d’or ainsi qu’une armure magique sensée le protéger de la chaleur 10 h par jour.

Puis il leur donna rendez-vous ici même 10 jours plus tard pour qu’ils parlent de la suite des évènements, ce qui leur laisserait le temps de se préparer et certainement de trouver quelques compagnons de route…
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Message par Outsider »

Ambitieuse campagne. Vivement la suite.
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Message par Chrysalid »

Le mystère du « Mousseux »
Scénario écrit et maîtrisé par Charlène • 09/09/23
Norlannan • Mer des Épées, du 18 au 20 Marpenoth 1359 CV (3 jours)


Durant les jours qui suivirent leur dernier entretien avec l’Archimage Khelben Arunsun, Cordül et Norlannan ne se virent guère, essentiellement en raison du fait que l’elfe se plongea dès le 18e jour de Marpenoth dans une méditation profonde. Le psioniste était décidé à retrouver la trace de son jeune frère disparu, et n’ayant aucune piste, il ne pouvait que tenter de se connecter à lui par les voies de l’esprit. Par chance, il parvint à le sentir, bien que très faiblement. Ce Contact était la preuve que Norril était vivant. Par contre, lorsque Norlannan tenta d’ouvrir un Lien spirituel pour communiquer avec lui, il fut pris d’un violent déséquilibre qui le fit chanceler. Il tomba, en proie à un malaise.

Mais bon sang, que se passait-il ? Il était évident que les illithids avaient fait quelque chose à leurs victimes, probablement avaient-ils verrouillé leurs esprits. Mais avait-ils été jusqu’à les « piéger » ? Était-ce seulement possible ?
Déprimé, l’elfe quitta la Pension de Mme Garah et alla faire quelques pas.

La journée s’écoula, au cours de laquelle les autres pensionnaires remarquèrent le changement d’attitude de l’elfe. Plus distant que d’habitude – si c’était possible – il n’était en revanche pas aussi hautain. L’air grave et la voix traînante, il affichait un air presque négligé, et cela ne lui ressemblait pas.
Le lendemain, intriguée par cette  attitude qu’elle aurait qualifié d’« humaine », Héraliel vint le voir et l’interrogea. Elle ne pouvait rien faire pour lui, évidemment, mais elle lui proposa de l’accompagner dans l’après-midi, car elle avait des engagements au Hall de Heaum, l’orphelinat du Chevalier Edérick ; elle lui parla des enfants, et des cours qu’elle leur donnait quand elle le pouvait. Les temps étant calmes pour elle en ce moment, elle s’investissait auprès de ces enfants défavorisés par le destin. Ne trouvant quoi répondre, Norlannan accepta.
Ainsi, plus tard dans la journée, les deux psionistes se rendirent auprès des enfants. L’elfe n’avait pas l’habitude d’en fréquenter, aussi demeura-t-il distant, mais il finit par repérer une petite elfe, Lysia, avec qui il discuta. Elle lui apprit qu’au cours d’un voyage, ces derniers jours, ses parents et elle-même étaient tombés dans une embuscade orque, tandis qu’ils arpentaient la route qui longeait la Haute-Forêt par le sud. Elle n’avait survécu que par chance, avant d’être retrouvée par des marchands humains en route pour Eauprofonde.

À la fin de la journée, Héraliel traîna Norlannan jusqu’à une taverne du port, Toutes Voiles Dehors, un lieu qu’elle fréquentait avec plaisir dès lors qu’elle souhaitait se changer les idées. Autour d’une choppe, les deux aventuriers se racontèrent leurs vies, et abordèrent la question des étoiles. Apparemment, Héraliel n’était pas étrangère à ce territoire pas si vierge que cela.
C’est au cours de cette soirée quelque peu alcoolisée qu’elle croisa Zatir, un marin de ses connaissances. Or, celui-ci semblait très affecté – il lui raconta que sa fille Kelia, tout juste 20 ans, était devenue capitaine du Mousseux, l’un des navires de la flotte commerciale que possédait Zatir. Or, ledit navire était porté disparu depuis quelques jours, alors qu’il était sensé revenir d’une tournée des Îles Sélénæ.
Or, un marin du port venait de lui annoncer que le Mousseux avait été aperçu la veille à quelque distance de la côte, noyé au milieu d’un énorme nuage de brume grisâtre. Bien entendu, cela n’augurait rien de bon, même si le marin précisa que le bâtiment semblait encore en parfait état. Sans surprise, Héraliel proposa son aide, forçant presque la main de Norlannan pour participer à ce petit voyage. Très vite, il fut décidé qu’ils partiraient dès le lendemain vers 4h00 du matin à bord d’un des navires de Zatir.

Au petit matin du 20e jour de Marpenoth, Norlannan et Héraliel quittèrent la Pension, des petits pains à la cannelle de Mme Garah entre les mains. Ils arrivèrent au port et embarquèrent à bord de la Mouette Râleuse, un bâtiment qui craquait de partout. Il quitta le port et s’engagea dans la Mer des Épées. Inquiet, Norlannan espérait être de retour pour son rendez-vous avec Khelben, mais Héraliel le rassura. En effet, peu après, la Mouette Râleuse fut parcourue d’une secousse, et soudain, en un grand bruit de vagues, le navire s’arracha aux flots pour s’élever dans les airs. C’était un Spelljammer ! Fasciné par cette expérience nouvelle, l’elfe se laissa caresser par le vent tandis que le niveau de la mer s’éloignait, et qu’ils s’approchaient des nuages à grande vitesse. L’elfe avait connaissance de ce type de navires, mais c’était la première fois qu’il montait à bord de l’un d’entre eux.

Lorsque le soleil se leva, la Côte des Épées n’apparaissait plus à l’est. Finalement, lorsque la vigie signala leur objectif dans le courant de la matinée, la Mouette Râleuse amerrit.

Le Mousseux était là, immobile et désert, et entouré d’une épaisse brume grise qui n’augurait rien de bon, même si, comme l’avait dit le marin, il semblait en bon état général.
La Mouette tenta de s’en approcher, mais à leur grande surprise, elle semblait bloquée à l’extérieur de la brume. Alors ils mirent une chaloupe à l’eau ; Norlannan, Héraliel et un marin nommé Jeras s’enfoncèrent dans le nuage grisâtre. Alors seulement ils prirent conscience de la supercherie : le navire n’était pas du tout en bon état ! Les voiles arrachées et des lattes brisées, il avait manifestement subi une attaque violente, bien qu’à cette distance, il n’y avait aucun moyen d’en connaître la nature. De toute évidence, ce nuage provoquait une illusion – une illusion qui avait été placée là sciemment. Restait à savoir par qui !
Les trois explorateurs approchèrent de la coque, et profitèrent d’une large fissure pour pénétrer dans un pont inférieur ; seule Héraliel demeura dans la barque en cas de besoin. Ici, ils virent des traces de lutte, et des traînées de sang. En fouillant, ils repérèrent deux cadavres de marins dans une petite chambre située à la proue. Ceux-ci avait l’air d’avoir été, comme… « vidés de leur substance ». Ils comprirent aussitôt qu’ils avaient à faire à un vampire.

Au pont médian, le bilan était le même. Des traces de luttes, du sang ici et là… et un bruit de pas sur la passerelle ! Dans la chambre de poupe il y avait des cartes, ainsi qu’un coffret sous le lit.
Ils mirent aussi la main sur un carnet, le journal du second de la capitaine, un certain Solden. Dans les dernières pages, il mentionnait leur voyage, le tour de l’île de Snowdown, la remontée vers la ville d’Arloch, il y avait une liste de rencontres, un arrêt à Westfall pour la nuit, puis droit vers le nord après Branok.
Il racontait aussi comment, en longeant des îles généralement inhabitées, ils avaient aperçu des lumières. Sans hésiter, ils mouillé l’ancre et mit une chaloupe à la mer pour aller récupérer des survivants, deux hommes pâles et affamés.

La suite était évidente.

En montant jusqu’au pont supérieur, l’elfe entra aussitôt dans la pièce de poupe… où il se fit attaquer aussitôt par un homme au costume élégant, et aux longues dents acérées ! L’individu lui décocha quelques coups de poings, auxquels l’elfe répondit par quelques Écrasements psychiques ! Mais l’individu était trop fort, Norlannan comprit qu’il n’aurait pas le dessus. Mais aussitôt, Jera surgit et s’attaqua à l’intrus ! À sa grande surprise, l’épée courte du marin parvenait à blesser le vampire ! Alors l’elfe se concentra et tenta de lui infliger un Cinglement de l’ego ! C’était trop tard pour sauver Jeras qui tomba au sol, le cou en sang. Mais l’étourdissement que cette attaque mentale provoqua au vampire laissa le temps à l’elfe de ramasser un débris de bois pour l’enfoncer dans le cœur du monstre. Puis il ramassa l’épée magique du marin pour décapiter leur ennemi, et les en débarrasser une bonne fois.

Jeras n’était pas mort, mais son état était préoccupant – l’elfe se surprit à avoir de la compassion pour lui ; depuis le début de l’exploration, il l’avait qualifié de «benêt» à plusieurs reprises. Et pourtant, ce «benêt» venait de lui sauver la vie ?
Perturbé, l’elfe héla Héraliel depuis le bastingage pour qu’elle les rejoigne et s’occupe du marin. Norlannan, quant à lui, s’approcha de la proue : il restait une pièce à visiter, et du bruit semblait s’en échapper. Il espérait toujours retrouver Kelia. Hélas, trois fois hélas, il la retrouva bel et bien, mais celle-ci, enchaînée à un mur, était devenue une créature de la nuit, monstruosité bestiale et sauvage, déformée par une faim surnaturelle. Elle avait été transformée en quelque chose qu’aucun remède ne pourrait guérir. Plus affecté qu’il ne voulait bien se l’avouer, l’elfe n’osait pas imaginer la douleur du père qui attendait au port.
Lorsqu’Héraliel le rejoignit, la question de savoir ce qu’ils devaient faire de Kelia se posa évidemment. Mais la réponse était sans appel.

Avant de quitter le navire, l’elfe récupéra le coffre sous le lit de la capitaine. Il contenait ses effets personnels. Puis ils renversèrent de l’huile sur les ponts inférieurs, et regagnèrent tous trois leur barque avant d’enflammer le Mousseux et sa dernière occupante.

Lorsqu’ils atteignirent la Mouette Râleuse, les hurlements de l’ex-capitaine Kelia, en proie aux flammes, leur parvinrent malgré les fracas, comme autant de cris de haine et de vengeance qui ne les quitteraient jamais.

De retour à Eauprofonde à la tombée de la nuit, Héraliel se chargea de prévenir Zatir du drame. Sans surprise, celui-ci s’effondra, en larmes. La demi-elfe lui donna le journal du second qui avait retracé leur périple – auquel elle avait retiré les dernières pages pour ne pas alimenter les cauchemars du vieux marin. Quant à l’elfe, il lui donna le coffret trouvé dans la chambre de Kelia, ses effets personnels.

L’affaire terminée, Norlannan retourna à la pension. Cette petite aventure lui avait certes changé les idées, mais il en avait retiré un désagréable ressentiment sur la mort, la perte d’un proche, et la douleur que les humains devaient ressentir au quotidien, eu égard à leur courte vie.
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

L’antre du nécromant
Scénario écrit par Xapur et maîtrisé par Charlène • 23/09/23
Norlannan et Aymeric • Eauprofonde, le 22 Marpenoth 1359 CV (un jour)


Les blessures de Norlannan n’étaient pas forcément graves, mais son rendez-vous avec Khelben approchait, et l’elfe savait qu’il ne serait pas remis sur pieds d’ici 5 jours. Alors ce matin, il quitta la Pension de Mme Garah après lui avoir demandé où il pourrait trouver un guérisseur. Elle lui indiqua une enseigne située à quelques rues de là, et c’est ainsi qu’il découvrit la minuscule échoppe d’un rebouteux, ou quelque chose comme ça, dans laquelle il rencontra un jeune apprenti, Aymeric, au teint pâle et aux yeux creusés de fatigue. Contre 5 pièces d’or, ce dernier lui vendit un baume cicatrisant, dont l’elfe se badigeonna le corps généreusement.
Durant cet entretien, il apprit surtout que le jeune homme rêvait surtout de quitter cet endroit ennuyeux où rien de passionnant ne se produisait jamais. Lorsque le maître d’Aymeric fut de retour, il dégagea littéralement son apprenti pour qu’il prenne sa pause de midi, alors même que celui-ci désirait faire les comptes.

Lorsqu’il quitta l’échoppe, Norlannan retrouva le jeune Aymeric sur un banc, dans la rue, en train de boulotter quelque repas préparé à la va-vite. Ils parlèrent de tout et de rien ; mais en vérité l’elfe essayait d’en savoir plus sur son interlocuteur. Il n’avait pas oublié qu’il devait trouver de l’aide pour entamer la campagne contre les illithids. Si ce jeune homme au teint maladif était doté de capacités de guérisseur ? Il pourrait être une aide précieuse auprès de Cordül et de lui-même ? Alors il lui parla de la mission qui lui incombait avec quelques mots durs pour le tester, et étrangement, le jeune homme sembla intéressé – bien qu’il fut surtout intéressé à l’idée de quitter son vieux maître.

À cet instant, un petit homme bégayant s’interposa entre eux pour venir placarder un parchemin contre le mur voisin : en vérité, il s’agissait d’une annonce pour régler un problème dont était victime le petit homme s’appelait Rodrick, et il avait besoin de l’aide d’aventuriers pour retrouver son maître, Melkyr Mortelune, un guérisseur du Quartier Maritime, qui avait disparu avec un grand cri pas plus tard que ce matin.
Désireux de savoir si le jeune Aymeric valait quelque chose sur le terrain, l’elfe doré accepta la mission si l’apprenti-guérisseur l’accompagnait. Très vite, l’affaire fut entendue, et Rodrick mena les deux nouveaux compères à travers la ville, jusqu’à la rue du Mur Ouest, à une échoppe qui ne fut pas sans rappeler à Aymeric sa propre situation. Un peut effrayé, Rodrick resta dans la rue.

À l’intérieur, Norlannan et Aymeric cherchèrent quelque indice sur ce qui avait pu se produire, mais ici, ils ne virent rien d’évident. Dans l’arrière-salle, manifestement un lieu destinée à recevoir les patients (un peu comme chez le maître d’Aymeric), il y avait une table avec divers instruments. Mais sous la table, ils mirent à jour une trappe… où ils entendirent quelques grattements ! De prime abord, Norlannan tenta de percevoir un esprit pour capter ses pensées de surface, mais il ne remarqua rien. Alors il dégaina son arc et demanda à Aymeric d’ouvrir la trappe… et soudain, une main griffue et décrépie bondit de l’ouverture pour venir s’agripper à la jambe du psioniste elfe ! Une main ?? Sous l’effet de surprise, l’elfe fut incapable de se défendre, et il ne dut son salut qu’à la réactivité d’Aymeric qui la planta d’un geste sec avec son couteau.
C’était une Griffe Rampante, un… « être » fait à partir d’un membre coupé, et animé par nécromancie. Qu’est-ce que cette chose pouvait bien faire ici ?

En s’enfonçant dans l’escalier sous la trappe, les deux compères arrivèrent dans une première pièce, une salle à manger apparemment. Dans une salle voisine, ils furent attaqués par un zombie, puis par un second ! Ils unirent leurs forces pour les abattre à coups de couteau et de flèches. Cette affaire commençait à sentir la pourriture. Ce fameux guérisseur s’était-il adonné à la nécromancie ? Enfin, au fond d’une salle manifestement dédiée à la magie noire, ils furent attaquer par un 3e zombie, mais celui-ci était plus grand et massif que les autres, en plus d’être vêtu à la façon d’un bourgeois. Aussitôt, le psioniste elfe et le jeune guérisseur se demandèrent s’il ne s’agissait pas du fameux Melkyr Mortelune lui-même. Que s’était-il passé ? S’il s’était adonné à la magie noire, comment avait-il pu se changer en mort-vivant lui-même ? Ils l’affrontèrent avec la même hargne que ses deux prédécesseurs, sauf qu’en sa présence, le jeune Aymeric utilisa la magie ! Un Toucher glacial et un Projectile magique, et le corps du maître tomba en un bruit mat, désormais inerte. Ainsi donc Aymeric était magicien ?

Plus loin, ils découvrirent un autel de sacrifice recouvert de sang séché, avec des trous dans le sol pour recueillir fluides et organes. Aymeric y découvrit une petite trappe secrète dans lequel était caché un grimoire de sorcier ! Si l’elfe s’en désintéressa, le jeune guérisseur s’en empara, avide d’apprendre de nouvelles formes de magie.

Après un couloir se trouvaient 3 cages où étaient enfermés un zombie, un vieillard et un enfant. À l’évidence, ces deux derniers étaient de futures victimes d’expériences.
C’est à cet instant que surgit Rodrick qui, avec un sourire mauvais, lança des sorts dans la pièce ! Très vite, Norlannan fut emprisonné dans une Toile d’araignée, et Aymeric subit un Projectile magique de plein fouet ! Qu’est-ce que cela voulait dire ? Trahison ! Rodrick les attaquait après les avoir engagés eux-mêmes ? Tout cela n’était qu’un piège pour attirer dans son antre de nouvelles victimes pour ses expériences malsaines ?
Mais le combat ne dura pas, car Aymeric lui jeta une fiole de Feu grégeois qui enflamma le traître pour le compte ! Celui-ci s’enfuit en hurlant, mais il tomba très vite, laissant son cadavre se calciner sur place.

Les deux compères libérèrent le vieillard et l’enfant, et tous regagnèrent la surface.

Norlannan était presque en colère. De la nécromancie ? Quelle folie ! Aussitôt, il alla prévenir les autorités de ce qui venait de se passer, maudissant par le fait cette pratique qui, en plus d’être illégale, était une insulte à la vie elle-même.
Derrière lui, le jeune Aymeric serra les lèvres en silence.

Néanmoins, l’elfe avait été plutôt surpris par l’efficacité du jeune homme. Malgré son inexpérience, ce dernier s’était avéré utile et efficace. Peut-être serait-il apte à les rejoindre, Cordül et lui, dans la quête que leur avait confiée Khelben.

L’aventure était terminée. L’elfe le quitta en lui donnant rendez-vous à la Tour Bâton Noir d’ici 5 jours…
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

Evara Dorn
Scénario écrit et maîtrisé par Charlène • 30/09/23
Norlannan, Aymeric et Ysatis • La Côte des Épées, du 27 au 28 Marpenoth 1359 CV (2 jours)


Le 27e jour de Marpenoth était arrivé, c’était l’heure du rendez-vous. Désireux de participer à l’expédition (bien qu’il sembla surtout désireux de quitter le quartier), le jeune mage Aymeric se présenta à la Pension de Mme Garah pour le petit déjeuner, où il était sensé retrouver Norlannan pour les derniers préparatifs. C’est ainsi qu’il se retrouva à table avec d’autres pensionnaires tels que Thornir, Élerinna, Héraliel ainsi que la jeune Ysatis – étrangement, Cordül n’était pas là. Sans surprise, lorsqu’ils commencèrent à parler de l’affaire des illithids, évoquant sans retenue leur plan de domination mondiale, le silence se fit autour d’eux, et tout le monde profita de l’échange. Si Thornir et Élerinna semblèrent effrayés par cette nouvelle menace, Ysatis et Héraliel étaient plutôt enclines à écouter. Norlannan ne connaissait pas la jeune voleuse, aussi préféra-t-il l’ignorer. Mais lorsqu’Héraliel lui proposa de les accompagner, il hésita – après tout, que deviendraient les orphelins du Hall de Heaum si elle partait ainsi, du jour au lendemain ?
Après le repas, le psioniste elfe et le jeune magicien au teint pâle quittèrent la pension et traversèrent la ville jusqu’à la Tour Bâton Noir, discrètement suivis par Ysatis. Ils se manifestèrent, et on leur ouvrit. Très vite, ils furent menés à un petit salon chauffé par une cheminée, où le fameux mage Khelben les attendait, confortablement installé dans un fauteuil. Au cours de l’échange qui suivit, l’ArchiMage leur expliqua qu’il était parvenu – mais non sais aide extérieure – à détruire le dôme d’Eauprofonde. Il était temps à présent de s’attaquer au second. Lorsque Norlannan lui demanda la marche à suivre, l’ArchiMage lui répondit qu’ils devraient s’adresser à un de ses amis, un érudit appelé Halfedh et vivant à Huzuz. Le nom de cette ville était inconnu de l’elfe qui fronça les sourcils, mais Khelben lui répondit qu’elle se trouvait dans le même secteur que le second dôme, et qu’il leur faudrait s’y rendre au plus vite. L’elfe et le jeune mage comprirent qu’ils allait alors partir pour un long voyage.
Hélas, Norlannan ne savait pas s’il était prêt à partir. Après tout, il avait à peine réussi à recruter le jeune Aymeric, mais il doutait que cela suffise à affronter les Flagelleurs Mentaux… ce à quoi Khelben répondit qu’ils ne seraient pas seuls, car deux alliées se joindraient à eux, et l’une d’entre elles les attendaient juste dehors, au bas de la tour.
L’ArchiMage leur donna une lettre à transmettre à Halfedh et leur présenta un marin demi-elfe du nom de Berlan, puis il mit fin à l’entretien.

Norlannan, Aymeric et Berlan quittèrent la tour, et tous retrouvèrent la jeune Ysatis qui attendait dans la rue. Apparemment, elle venait d’avoir eu une sorte d’entretien, et à la demande de Khelben lui-même, elle participerait au voyage. L’elfe ne connaissait pas cette jeune fille, c’est à peine s’il la croisait parfois dans les couloirs de Mme Garah. Mais si l’ArchiMage estimait qu’elle devrait les accompagner, alors il ne discutait pas.

Berlan les mena à travers les rues de la ville jusqu’au Quartier des Docks où les attendait l’Amante du Printemps, un navire commercial sur le point de prendre la mer. À son bord, tout un équipage allait et venait, chargeant des caisses et nettoyant le pont. On leur présenta Loras Leadeston, le 2nd du capitaine, le Quartier-Maître Zef, le médecin Lork Vertis, et finalement la Capitaine Vilna Moose, une femme énergique à la poigne de fer. À la surprise de l’elfe, Héraliel arriva juste avant le départ, elle avait prit ses dispositions, et pouvait se joindre à eux.

Très vite, le départ fut ordonné, et l’Amante du Printemps prit la mer. Durant les premiers kilomètres, le navire se laissa pousser par le vent. Mais lorsque la cité d’Eauprofonde ne fut plus qu’un petit point à l’horizon, l’ambiance à bord changea. Les marins effectuèrent des réglages inhabituels pour un équipage ordinaire, et soudain… le bâtiment se libéra de sa dépendance à la gravité ! À leur grande surprise, Norlannan, Ysatis et Aymeric virent le navire s’élever au-dessus des flots et aller se perdre dans les nuages ! Certes, Norlannan avait connaissance de ce type de navires volants, capables de naviguer dans les cieux, mais il n’avait à ce jour jamais eu l’occasion de monter à bord de l’un d’entre eux. La seule à ne pas être surprise, c’était Héraliel qui qui avait rejoint l’équipage dès les premières heures, et participait aux manœuvres avec grande habitude. L’elfe réalisa qu’en vérité, il ne savait rien d’elle.

Dès lors que l’Amante du Printemps fut perdu dans les hauteurs nuageuses, il prit la route du sud, accélérant jusqu’à atteindre une vitesse peu commune.
Cette première journée de voyage fut à la fois inquiétante et fascinante pour les aventuriers. Mais nul ne fit de malaise, et jusqu’à ce que le soir tombe, tout se passa bien.
Lorsque finalement le soleil atteignit l’horizon, marquant la fin de ce premier jour, le navire marchand redescendit et se posa en mer, où il poursuivit sa route de façon plus traditionnelle. Dans la soirée, il retrouva Berlan avec qui il discuta du dispositif permettant au navire de voler. C’est ainsi qu’il obtint quelques détails sur le « Timon ».

Le lendemain matin, tout s’éveillèrent sur une nouvelle journée. Mais après le petit déjeuner, alors qu’ils auraient dû reprendre de l’altitude, ils aperçurent un navire voguer dans leur direction. La curiosité leur permit de découvrir que celui-ci était inerte, et qu’aucune agitation d’aucune sorte n’y avait lieu.
Intrigués, les aventuriers se proposèrent pour aller y jeter un œil. Une barque fut mise en mer, et un petit groupe s’y rendit, dont Norlannan, Ysatis, Aymeric et Héraliel, mais aussi le second Loras, ainsi qu’un demi-homme du nom de Yawne.

Lorsqu’ils arrivèrent sur le pont principal de l’Épis Blanche, ils constatèrent rapidement qu’un affrontement avait eu lieu ici. Des dégâts dans la structure du bateau étaient visibles partout, ainsi que des traces de sang assez récentes. Une visite assez minutieuse leur permit de trouver des corps. L’équipage semblait avoir été tué minutieusement. Seul un marin assez corpulent respirait encore, bien qu’avec difficultés eu égard au couteau encore enfoncé dans ses flancs. Mais il finit par mourir lorsqu’Aymeric tenta de le sauver, en vain. Dans sa main, ils trouvèrent un morceau de parchemin où étaient inscrits les numéros « 11, 50, 3, 9 ». Dans les ponts inférieurs, ils ne trouvèrent rien d’autre que des corps et des caisses éventrées. À priori, tout avait été vandalisé ; ça ne ressemblait pas à un vol.
De son côté, Norlannan accompagné de Yawne avaient trouvé dans une cabine de proue un siège de bois assez épais – un Timon à n’en pas douter – sur lequel était assise une jeune femme inconsciente, marquée d’une blessure à la tête. Bien que crispée sur les accoudoirs, elle était encore vivante. L’elfe fit appeler Aymeric pour qu’il l’ausculte, mais à ce stade, il ne pouvait rien faire. Ils prirent rapidement la décision de la ramener à bord de l’Amante du Printemps.

Lorsqu’ils retournèrent tous à bord de la chaloupe avec l’inconnue, un chien les accompagnait. En effet, Aymeric et Ysatis avaient trouvé l’animal au pont inférieur, auprès du corps d’un des marins. L’ayant pris en pitié, tous deux l’avaient adoptés et l’avaient baptisé « Gratouille ».

De retour à bord de l’Amante, ils confièrent l’inconnue à Lork qui la prit en charge aussitôt. Peu après, le navire prit de l’altitude et poursuivit son voyage.

Dans la journée, l’inconnue se réveilla, et les aventurières vinrent l’interroger. Et tandis qu’Ysatis et Aymeric lui posèrent quelques questions, Norlannan fit usage de ses pouvoirs mentaux pour Sonder son esprit à la recherches d’informations. Ils apprirent ainsi qu’elle s’appelait Evara Dorn et qu’elle avait fuit sa famille pour éviter un mariage forcé. Le capitaine de l’Épis Blanche avait accepté de la prendre à son bord officieusement pour l’emmener loin, mais leur navire avait été attaqué, et elle était la seule survivante. Norlannan savait que l’Épis Blanche était d’un navire volant, comme l’Amante – il avait vu le Timon. Cela signifiait que l’ennemi disposait lui aussi d’un tel bâtiment.
Evara leur raconta que, lorsque le timonier avait été tué lors de l’attaque, et que l’Épis Blanche avait commencé à basculer dans le vide, elle avait tenté de prendre sa place pour éviter le naufrage. De toute évidence, c’est ça qui lui avait évité d’être enlevée. Ils cherchaient une femme seule à bord, et non un timonier qu’ils avaient certainement attaqué de dos sans lui prêter plus d’attention.
À l’évidence, tout accusait la famille d’Evara, ou sa « future belle-famille », mais à ce stade, il était impossible d’avoir la moindre certitude. La seule chose qu’ils savaient, c’est qu’Evara souhaitait se rendre à Eauprofonde. Comme le voyage de Norlannan et ses compagnons était d’une importance vitale, il était hors de question de dévier de leur route. Mais la capitaine Moose accepta de la garder à son bord jusqu’à leur retour dans le nord…
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Message par Outsider »

La saga du dimanche. Merci car de tels résumés c'est toujours long à écrire.
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

Outsider a écrit :
Dim 22 Oct 2023 13:25
La saga du dimanche. Merci car de tels résumés c'est toujours long à écrire.
Oui, je confirme ^^ On joue le samedi soir, j'écris le dimanche matin, invariablement. En général, ça me prend facilement deux sans relecture (alors oui, ça doit être bourré de fautes et de redondances).
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

Les messagers d'Heloderma : Sur la piste des voleurs
Scénario paru dans le magazine Casus Belli (v1) #92 • maîtrisé par Chrysalid le 21/10/23
Héraliel, Ysatis et Aymeric • Cité d'Itthmong, royaume du Téthyr, du 29 Marpenoth au 1er Uktar 1359 CV (3 jours)


Après l'exploration de l'Épis Blanche, où ils avaient embarqué Evara Dorn, les occupants de l'Amante du Printemps avaient poursuivi leur route vers le sud. Mais à présent, plutôt que de longer la côte, ils avaient obliqué vers le sud-est, survolant désormais les terres. Cette situation nouvelle leur donnait une plus grande sensation de vitesse, ce qui accentuait aussi le sentiment d'éloignement. Certes, c'était une chose de voir un point sur une carte, mais voyager pour atteindre ce point pouvait parfois être extrêmement long !
Durant cette période, ils savaient qu'ils ne pourraient voyager que de jour, étant limités aux lacs et rivières pour amerrir la nuit. De fait, Berlan fit des séances de pilotage du timon plus longues de quelques heures. Certes, cela l'épuisait, mais il n'y avait guère le choix s'ils souhaitaient atteindre leur destination dans un délai raisonnable.
Suivant quelque peu le modèle d'Héraliel qui avait instinctivement rejoint l'équipage, prouvant sa grande habitude des navires de ce type, Ystis et Aymeric tentèrent de se rendre utiles à leurs façons, lavant le pont par exemple, ou aidant les marins dans leurs manœuvres. Seul Norlannan brillait par son absence. L'elfe passait ses journées dans sa cabine à méditer, tentant par tous les moyens de contacter l'esprit de son jeune frère Norril.

Durant le 3e jour de voyage, ils survolèrent le royaume commerçant d'Amn, faisant une escale à Imnescar, au pied d'un petit massif montagneux. Puis au cours du 4e jour, ils survolèrent le Téthyr, espérant pouvoir atteindre le port d'Ithmong avant que le pilote ne s'épuise. Et ils auraient pu y parvenir sans encombres, s'il n'avaient pas croisé un évènement en survolant la vaste Forêt du Téthir. En effet, en fin d'après-midi du 4e jour, ils aperçurent une grande lumière à l'horizon. Le soleil couchant  ? Certes non, il s'agissait en vérité d'un vaste incendie ravageant les terres boisées ! La capitaine ordonna de descendre le navire à proximité de la cime des arbres, sans ralentir néanmoins, afin de savoir ce qui se passait. Au sol, parmi les branchages noircis, ils aperçurent des silhouettes d'archers elfes, nombreux. C'est alors qu'une forme gigantesque apparut droit devant, celle d'un dragon étendant ses ailes en poussant un grondement si puissant qu'il en faisait trembler l'air ! Ils virent des volées de flèches prendre leur envol vers le monstre sans lui faire la moindre blessure ! Les elfes luttaient pour protéger leur terre ! Hélas, le navire fonçait droit vers le monstre ! La capitaine donna des ordres, et l'équipage s'activa aussitôt, et au gré d'efforts incommensurables, ils parvinrent tous à opérer un virage. Le navire, propulsé par son élan, réussit à éviter la gueule du monstre, mais ne fut pas capable d'éviter son souffle enflammé ! À la dernière seconde, Héraliel tenta d'utiliser ses pouvoirs pour écarter les flammes devant le navire, mais c'était peine perdue. L'Amante du Printemps traversa en trombe un rideau brûlant, et en émergea de l'autre côté tel une boule de feu ! L'équipage s'activa pour éteindre les flammes, mais c'était trop tard, les voiles s'étaient consumées sous la puissance du feu de dragon, et la coque elle-même avait subi de lourds dégâts. En panique, Norlannan et Evara surgirent sur le pont pour constater l'horreur de la situation.
Sans l'aide de l'équipage, Berlan parvint néanmoins à piloter le navire, et alors que la nuit tombait sur le royaume, ils finirent par atteindre la rivière Ith, avant de naviguer laborieusement jusqu'aux portes du port d'Ithmong.

Le navire avait subi de lourdes pertes, mais au moins avaient-ils atteint leur destination…

Le port était particulièrement agité. Bien que la nuit eut étendu ses ailes noires sur le royaume, il y avait là encore une forte activité. Les aventuriers descendirent à quai tandis que la capitaine mesurait l'étendue des dégâts avec ses hommes. Mais elle fut claire sur un point : il était dangereux de poursuivre le voyage avec le navire dans cet état. Héraliel savait que ce genre de réparations était extrêmement coûteuses. Très vite, à quai, la demi-elfe présenta la situation à ses compagnons d'aventure : il était vital de trouver de l'argent pour réparer le vaisseau. Beaucoup d'argent.

Prenant une table dans la taverne de la Rivière Ardente, ils firent un point sur la situation. Puis toutes trois se rendirent au mur des annonces, près de l'entrée, mais l'essentiel des parchemins étaient écrits en Calish, la langue locale qu'aucun d'entre eux ne parlait.
Et puis elles remarquèrent qu'un enfant, un petit garçon arborant un costume des rues et un air de caïd, les regardait avec un demi-sourire. Il leur demanda alors si elles cherchaient un boulot intéressant. Par curiosité, elles voulurent en savoir plus, et le jeune homme leur dit qu'il avait une mission important qui pourrait leur rapporter gros, mais il demandait une pièce d'or en échange. Après un marchandage fastidieux, il accepta de leur donner un parchemin qu'il cachait sur lui en échange d'une pièce d'argent donnée par Aymeric, agacé par les longueurs de cette inutile conversation. Ci-fait, il ajouta que la mission était particulièrement urgente.
Dans le parchemin se trouvait un rendez-vous immédiatement au fond de la Ruelle du Petit Homme, à quelques rues de là.
Là, dans l'ombre du mur d'enceinte, les trois aventuriers firent une étrange rencontre nocturne. Un être reptilien à moitié caché par une cape sombre, un "Gaund", leur parla à l'aide d'un bracelet magique qui lui permettait de s'exprimer en Thorass. Il raconta qu'un groupe de voleurs, trois humains et un tabaxi, s'était introduit dans leur caverne la veille, et y avait volé un œuf de leur reine Heloderma. Après avoir découvert le vol, les Gaunds avaient suivi les traces des voleurs jusqu'à Ithmong.
Il était vital pour la survie de leur peuple que l’œuf leur soit remis au plus vite. En outre, il précisa que l'éclosion aurait lieu dans les prochains jours, aussi fallait-il ne pas perdre de temps ! Pour les motiver, il leur donna une bourse de 500 pièces d'or, ajoutant qu'il y en aurait beaucoup plus une fois que l’œuf leur serait remis. Beaucoup plus ? Serait-il alors possible de réunir de quoi réparer l'Amante du Printemps ? Devant cette opportunité, Héraliel accepta avec joie, promettant de tout mettre en œuvre pour honorer ce contrat.

Au retour sur le navire, ils apprirent que les réparations intégrales coûteraient au bas mot pas moins de 10 000 pièces d'or. Héraliel rassura la capitaine en lui donnant la bourse du Gaund, lui promettant qu'il y en aurait beaucoup plus dans les jours à venir.

Dès le lendemain, le 1er jour du froid mois d'Uktar, Ysatis, Héraliel et Ayeric entamèrent leur enquête, posant des questions à droite et à gauche pour savoir si quelqu'un avait aperçu un Tabaxi.
Pour commencer, ils se rendirent sur la place du marché qui était une véritable fourmilière ! Il y avait là des stands très nombreux, et une foule compacte de visiteurs innombrables, parmi lesquels ils repérèrent de nombreux costumes, coiffes et couleurs de peaux qui leur étaient étrangers. Héraliel acheta un vin. Par la suite, émergeant de cette foule par l'autre côté de la place, ils finirent par se séparer. Ysatis se rendit à une petite taverne sombre cachée au fond d'une ruelle – le lieu rêvé pour contacter la pègre locale – tandis qu'Aymeric et Héraliel traversèrent le pont pour se rendre au quartier nord où ils espéraient trouver un alchimiste.
Dans l'ombre de la taverne de la Jument Fourchue, Ysatis tenta de réaliser un vol à la tire sur un client en espérant être repérée par un membre de la Guilde des Voleurs locale. Et par chance, sa tentative fut couronnée de succès ! Très vite, elle fut rejointe par un client à l'air patibulaire, et par le barman. Or, de façon inattendue, ceux-ci l'amenèrent dans une arrière-salle où ils commencèrent à la menacer, car la Guilde n'aimait pas la concurrence. Elle eut beau leur expliquer qu'elle avait agi sciemment pour les rencontrer, ils demeurèrent sourds à ses explications, et s'apprêtèrent à l'attaquer. Mais elle fut plus rapide, et dégaina pour frapper à son tour ! Très vite, elle parvint à blesser le faux client à l’œil, et à planter sa dague dans le pied de l'autre. Puis, après avoir essuyé quelques coups, elle s'enfuit.
Au moins avait-elle eu la confirmation que la Guilde des Voleurs pouvait être contactée ici même…

Après avoir payé le tribu de 2 pièces d'argent chacun pour traverser le pont, Héraliel et Aymeric arrivèrent à l'adresse qu'on leur avait indiquée, pour y rencontrer Obaldin l'Alchimiste. Lorsque celui-ci leur demanda 5 pièces d'or en échange de ses réponses, elles s'énervèrent car apparemment, tout ici était payant ! Mais ils parvinrent à négocier 3 pièces d'or et la bouteille de vin. Obaldin leur raconta qu'un œuf de Gaund pouvait servir à bien des choses entre les mains de personnes aux connaissances scientifiques et magiques. Un magicien pourrait l'utiliser pour faire des expériences, un nécromancien pourrait même le pervertir pour en faire une chose immonde, un serviteur puissant. Même un alchimiste pourrait y trouver un intérêt.
En sortant de là, ils commencèrent à faire de nombreuses théories sur la présence d'un nécromancien dans le secteur (Héraliel se souvenait évidemment de celui qui avait agi à Eauprofonde).
Après voir retrouvé Ysatis à La Rivière Ardente, ils discutèrent de la marche à suivre. Pour en savoir plus, il faudrait se rendre dans les temples de la ville pour poser des questions. Ils apprirent que 3 temples avaient pignon sur rue ici, Sunie, Beshaba et Ilmater. Le plus proche étant celui de Beshaba, c'est là qu'ils se rendirent (s'imposant de retraverser le pont et de payer la somme, qu'Ysatis remboursa à l'équipe en volant une bourse au premier venu).
Là, Héraliel fit le tour du bâtiment par curiosité pendant que ses deux compagnons entraient. Ils interrogèrent deux prêtres en robe pourpre qui furent manifestement surpris en entendant parler d'une affaire de "cadavres volés". Or, la surprise ne semblait pas feinte du tout, les aventuriers comprirent qu'ils faisaient fausse piste.

De retour au quartier sud, ils mirent au point une autre stratégie. De prime abord, ils mirent une annonce à l'entrée de la Rivière Ardente pour savoir si quelqu'un avait aperçu un Tabaxi dans les rues de la ville. Ensuite, ils se rendirent à la Taverne de la Jument Fourchue – sans Ysatis évidemment – où le jeune mage et la demi-elfe commandèrent à manger. Là, Héraliel posa quelques questions au tavernier pour savoir s'il avait déjà entendu parler d'un tabaxi dans la ville. Il promit de se renseigner mais n'avait apparemment pas d'information à ce sujet.

Plus tard dans la journée, après avoir poursuivi quelques pistes infructueuses, Héraliel et Aymeric retournèrent à la Jument Fourchue où le tavernier lui dit qu'il avait pu se renseigner, et qu'il avait son information. Mais celle-ci valait son pesant d'or, il ne donnerait pas la réponse à moins de recevoir au moins 3 chiffres en pièces d'or. La demi-elfe n'avait pas le choix, elle posa 100 pièces sur le comptoir. Aussitôt, le tavernier lui parla d'un jeune voleur qui souhaitait faire ses preuves pour entrer à la Guilde des Frelons Noirs. Et pour ce faire, il s'était mis en tête d'attaquer un groupe de mercenaires parmi lesquels se trouvait, justement, un tabaxi.
Le visage d'Héraliel se fendit d'un large sourire lorsque le tavernier sortit de son vêtement un bout de parchemin sur lequel était griffonnée une adresse…
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

Les messagers d'Heloderma : Le repaire
Scénario paru dans le magazine Casus Belli (v1) #92• maîtrisé par Chrysalid le 09/12/23
Héraliel, Ysatis et Aymeric • Cité d'Itthmong, royaume du Téthyr, les 2e et 3e jours d'Uktar 1359 CV (2 jours)


Après avoir passé une nuit à bord de l'Amante du Printemps, Héraliel, Ysatis et Aymeric reprirent leur enquête – ils avaient en leur possession une adresse, mais à quoi correspondait-elle ? Était-ce celle du jeune voleur désireux de faire ses preuves ? Ou bien était-ce celle des mercenaires qui s'étaient emparés de l'œuf des Gaunds ?

Après avoir traversé le Pont d'Ithal, et payé chacun les 2 pièces d'argent, ils se rendirent dans le quartier mal famé appelé 'Le Croissant', où ils constatèrent que l'adresse donnait dans une petite ruelle sombre et peu engageante. La première à agir fut Ysatis, qui se fondit dans les ombres pour aller y jeter un œil. Mais à première vue, elle ne repéra rien de suspect. Alors Aymeric, Héraliel et leur chien Gratouille s'y rendirent à leur tour. Mais à peine avaient-elles fait les quelques 15 premiers mètres qu'une voix résonna entre les murs, réclamant un mot de passe ! Intriguées, elles répondirent qu'elles n'étaient là que pour promener le chien. Aussitôt, deux silhouettes sortirent des ombres un peu plus loin dans la ruelle, ainsi qu'une troisième les empêchant de s'enfuir. Le jeune Aymeric tenta bien de les raisonner, mais leurs agresseurs semblaient peu enclins à leur laisser le bénéfice du doute. Le premier coup fut porté par Ysatis qui, brusquement, émergea des ombres pour porter au voleur qui passait devant elle un coup violent qui lui fut aussitôt fatal ! Dans la seconde, l'enfer se déchaîna ! Les deux voleurs à l'avant du groupe se jetèrent sur Aymeric et Gratouille, essuyant quelques estafilades, tandis qu'un autre brigand faisait son apparition ! Conjuguant leurs pouvoirs, les aventuriers parvinrent à leur opposer une résistance certaine, entre le Projectile magique d'Aymeric et la Force projetée d'Héraliel. Si le sort du premier ne lui engendra que de la frustration quant à son efficacité limitée, la puissance mentale de la seconde les surprit par son efficacité car elle tua littéralement deux brigands du premier coup ! Ysatis, épée en main, tenta bien de leur sauver la mise contre leur dernier opposant, mais plutôt que de le tuer, elle parvint à le convaincre que ce combat était inutile. Finalement, poussant un cri de désespoir devant les corps de ses amis, il s'enfuit en courant.
Au fond de la ruelle se trouvait la fameuse adresse que recherchaient les trois enquêteurs. La voleuse parvint à crocheter la serrure, et tous d'entrer dans ce qui était une sorte de salle à manger de petite taille, assez insalubre, dont le centre était occupé par une table qui prenait toute la place. Or, des assiettes encore fumantes prouvaient qu'il y avait eu quelqu'un ici jusqu'à très récemment ! S'immobilisant, ils écoutèrent de toutes leurs oreilles, et si le silence semblait régner en maître dans ces lieux, la voleuse ne put s'empêcher de déceler quelques léger, très légers, craquements de bois provenant d'une pièce voisine. Alors, toutes armes dehors, Ysatis et Héraliel ouvrirent la porte du fond et trouvèrent là une chambre avec plusieurs lits… et plusieurs cadavres. En effet, il y avait là quatre corps, dont deux hommes et une femme assez jeunes, ainsi qu'un tabaxi au visage félin.

Les quatre mercenaires.

C'était donc l'adresse des voleurs d'œuf. Mais que leur était-il arrivé ? Le jeune voleur était passé avant eux, à l'évidence. Et où était l'œuf ? Une fouille rapide permit à Ysatis de trouver des bourses et diverses affaires de peu d'importance… jusqu'à ce qu'elle prenne un coup de poignard dans les flancs ! Se jetant en arrière, elle vit alors un jeune homme au regard noir s'extraire de sous un lit – l'assassin était encore sur les lieux de son forfait. S'ensuivit un échange peu fructueux au cours duquel Héraliel et Ysatis tentèrent de lui faire croire qu'elles faisaient partie de la Guilde des Frelons Noirs. Le jeune assassin fut ébranlé par cette information, ne sachant quoi croire en vérité. Mais son agressivité les obligea à l'étendre pour le compte. Immobilisé à terre, il ne leur apprit rien d'utile. Puis, désireux de quitter les lieux au plus vite, il se libéra et engagea le combat – les deux aventurières n'eurent d'autre choix que de le tuer.
Fouillant son cadavre, elles trouvèrent un indice sous la forme d'un petit papier de qualité sur lequel était inscrit le message "Mot de passe : Galmyre". Cela signifiait que quelqu'un avait donné à ce jeune assassin le moyen de passer les gardiens de la ruelle. Une fouille plus poussée leur confirma ce qu'elles craignaient : il n'y avait pas d'œuf dans ce logement.
Ensuite, ils remarquèrent que les gardiens de la rue, dont les corps gisaient encore dans la ruelle, se distinguaient par un petit bracelet sans valeur.

En quittant le repaire des mercenaires, bredouilles, les trois enquêteurs et leur chien assistèrent à une bagarre de rue entre deux groupes de combattants armés, manifestement avinés suite à leur passage dans une petite taverne au coin de la rue. Lorsque les choses se calmèrent, les enquêteurs se rendirent à ladite auberge, la Vigne de Minuit, pour y prendre repas et discuter des suites à donner à l'affaire. Or, tous avaient des théories différentes sur ce qu'il convenait de faire, à tel point que le groupe dut se séparer pour suivre les différentes pistes.

Aymeric, le chien en laisse, quitta le quartier pour retourner de l'autre côté de l'Ith, et demanda à l'aubergiste de la Rivière Ardente s'il savait où se fournir en papier – en particulier en papier de luxe. L'aubergiste savait où trouver le papier qu'il utilisait lui-même. Néanmoins, il savait que pour acheter du papier de luxe, il fallait se rendre à L'Écritoire.
Ysatis, de son côté, alla visiter le quartier du Croissant, espérant repérer quelque membre des Frelons Noirs. Repérant un groupe d'enfants des rues, elle les interrogea sur la Guilde, mais les enfants ignoraient tout. Elle leur posa des questions que les brigands de la ruelle et leur petit bracelet, mais ils ne purent que lui confirmer ce qu'elle craignait déjà : ce n'était qu'un gang sans importance ni envergure qui tentait de se frayer un chemin dans le destin de la ville sans jamais y parvenir. De mémoire, Ysatis savait que le personnel de la Jument Fourchue ne portait pas de tel bracelet, cela lui confirma que le petit gang n'était pas lié aux Frelons. Enfin, elle quitta le quartier pour retrouver Aymeric à la taverne de la Rivière Ardente.
Pendant ce temps, Héraliel suivait ses propres interrogations. Pour elle, le problème était lié aux temples de la ville. La veille, tous s'étaient rendus à la demeure de Beshaba. À présent, elle se rendit à celle de Sunie, la demeure de la beauté et du plaisir. Ce temple, situé en plein milieu du quartier riche, était une ode à l'hédonisme. Le hall central ressemblait à une galerie d'art, tandis que le fond de la pièce était occupé par des couples en quête du plaisir partagé. Lorsque deux jeunes prêtres de Sunie vinrent l'aborder, elle ne put s'empêcher de remarquer leur séduisante beauté. Il émanait de ces deux jeunes personnes un charme provoquant que leur jeunesse seule ne pouvait expliquer. Quelque peu émoustillée, elle leur posa quelques questions qui lui permirent d'apprendre qu'une seule enseigne vendait du papier de qualité, un lieu appelé L'Écritoire. Néanmoins, elle ne put réfuter l'envie de rester dans le hall de Sunie pour profiter quelque peu de leurs services, mais ça n'était pas possible, le temps leur était compté…
Alors elle se rendit au sud de la ville pour une petite visite à l'austère temple d'Ilmater, mais cela ne lui apporta rien.

De retour à l'auberge de la Rivière Ardente, elle y retrouva ses compagnons de route, il fut évidemment décidé de se rendre chez le vendeur de papier.

Au petit matin du 3e jour d'Uktar, Ysatis se déguisa en marin en récupérant des frusques à bord de l'Amante du Printemps, afin de retourner sans être reconnue à la Jument Fourchue. Mais aux premières heures du jour, l'endroit était fermé. Elles y entrèrent en crochetant la serrure, mais ne trouvèrent rien de compromettant – la voleuse était pourtant persuadée que c'était là un repaire des Frelons Noirs !
Alors elles changèrent de plan : la voleuse se changea de nouveau pour se parer de sa plus belle robe, puis elles traversèrent la ville pour atteindre le quartier riche, où elles n'eurent aucun mal à atteindre la fameuse boutique "L'Écritoire", un lieu d'où émanait un luxe évident, entre papiers de qualité, encres chères et plumes rares. Le petit vendeur obséquieux accueillit l'élégante Ysatis sans accorder le moindre regard à ses "suivants", preuve évidente d'un total mépris pour les classes inférieures. Ysatis lui montra le papier tout en cachant le message, prétendant qu'un expéditeur anonyme lui avait envoyé une lettre. Elle voulait savoir de qui il s'agissait. Hélas, le petit vendeur refusa de lui livrer l'information ; après tout, si le client avait jugé inutile de signer son message, pourquoi le trahirait-il lui-même ? La voleuse comprit qu'il serait plus difficile que prévu d'obtenir cette information, mais le vendeur avait fait une petite erreur : il avait ouvert en grand son livre de comptes à une page spécifique – le nom du client était là, noyé parmi toute une liste d'autres ! Elle tenta bien d'attirer son attention vers ses rayons pour lui acheter quelque matériel d'écriture, mais ce faisant, il referma le livre ! Fort heureusement, Aymeric avait repéré les dates qui y apparaissaient. Il n'avait plus qu'à rouvrir à la bonne page et trouver l'information ! Mais une autre difficulté s'opposait à eux : le petit vendeur ne quitta pas son livre des yeux, même de l'autre côté de la boutique. Alors Héraliel intervint, renversant "par mégarde" une flasque d'encre sur des papiers coûteux ! Le petit vendeur s'emporta de colère, hurlant contre la "servante" et son incapacité ! Cela suffit néanmoins à ce qu'Aymeric ouvre le gros livre de comptes à la bonne page… et maintenant ? Il y avait une quantité non-négligeable de lignes, de noms et de références. Sans hésiter très longtemps, le jeune mage arracha les deux pages avant de refermer l'épais grimoire. Une fois dehors, les aventuriers se posèrent un instant. Elles écrivirent un message nébuleux à transmettre au fameux client, qu'elles donnèrent au désagréable vendeur, puis quittèrent les lieux.

Une rapide étude des listes les noya sous les informations. En réduisant celle-ci à tous ceux qui avaient acheté du papier, il ne restait que 6 noms, avec 3 références différentes de papier. Il y avait de la "Feuille de Gond", de la "Soloman" et de la "Sulléane". Une visite au temple de Sunie, qui employait du papier de qualité, leur permit d'éliminer la Sulléane – donc un client – mais il leur restait encore à départager la Feuille de Gond – 3 clients – et la Soloman – 2 clients – avant de savoir par où poursuivre l'enquête…
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

Les messagers d'Heloderma : La demeure d'Harten
Scénario paru dans le magazine Casus Belli (v1) #92• maîtrisé par Chrysalid le 22/12/23
Héraliel, Ysatis et Aymeric • Cité d'Ithmong, royaume du Téthyr, les 3e et 4e jours d'Uktar 1359 CV (2 jours)


Au soir du 3e d'Uktar, sous les musiques entraînantes de l'auberge du port, les trois enquêteurs Héraliel, Ysatis et Aymeric réfléchissaient sur la méthode qu'ils pouvaient employer pour parvenir à extraire LE nom du coupable parmi la liste des suspects potentiels. 3 clients avaient acheté de la Feuille de Gond, 2 avaient acheté de la Soloman. Ils échangèrent longuement, émettant de nombreuses idées toutes plus farfelues ou improbables les unes que les autres. Mais lorsqu'Ysatis demanda à Héraliel si cette dernière, à l'aide de ses "pouvoirs magiques", ne serait pas apte à extraire l'information directement de l'esprit du vendeur, celle-ci lui répondit que non, ses pouvoirs étaient de nature télékinésiques. Par contre, Norlannan, télépathe, en serait capable lui. Aussitôt, la demi-elfe alla le rencontrer sur le navire. Elle le trouva plus déprimé qu'à l'accoutumée – des jours de méditation ne lui avaient pas permis de reprendre contact avec l'esprit de son frère. Pouvait-il encore être sauvé ? Héraliel lui proposa alors de participer, même brièvement, à leur enquête, ce qui permettrait de reprendre la route au plus vite. Il accepta de se prêter au jeu.

Dès le lendemain matin, l'elfe doré se rendit seul à l'Écritoire pour aller poser la question directement au vendeur. Il lui montra le morceau de papier et prétendit apprécier la qualité. Désireux d'en acquérir quelques feuilles pour sa correspondance, il voulait en connaître le nom. Mais tout en lui parlant, l'elfe sonda l'esprit du vendeur. Dès l'instant où celui-ci vit la feuille, il pensa aussitôt au visage d'un homme d'âge moyen aux longs cheveux gris. "C'est de la feuille de Soloman" répondit-il. La conversation en se poursuivit cependant pas, l'obséquieux vendeur se détournant rapidement. Mais soit, l'elfe le quitta de ce pas.
Il retrouva les trois enquêteurs un peu plus loin dans le quartier riche pour leur donner les informations. Et ces révélations leur furent d'une grande aide ! De la feuille de Soloman ? Il ne restait que deux suspects, un noble du nom de Harten Dertas et une alchimiste du nom de Norah Feudesprit. Or, au vu de l'attitude du vendeur auprès des riches et des pauvres, il était évident qu'il avait à l'esprit le client lui-même, et non un de ses sous-fifres. Très vite, ils se mirent en quête de l'adresse du fameux Harten. L'idée leur vint d'aller enquêter auprès du temple de Sunie ; après tout, comme tout noble qui se respectait, il était logique de penser qu'il fréquentait les couloirs de la déesse de l'Amour…

Une fois arrivés dans le grand temple de Sunie, ils furent rapidement abordés par un homme de grande taille, à la longue chevelure blonde et au sourire éclatant. Un cou large et une mâchoire solide, il portait une tunique rouge et très largement décolletée, qui dévoilait des pectoraux volumineux et une série d'abdos sans un gramme de graisse. D'une voix suave, il s'enquit de la raison de leur présence. Hélas, Ysatis et Aymeric ne purent résister au charme presque surnaturel qu'il dégageait, et furent incapable de lui répondre. Fort heureusement, Héraliel sut faire preuve de sang-froid, et elle l'interrogea sur Harten Dertas, l'un de leurs "clients" potentiels. Intrigué, il leur confirma que ce nom lui était familier. Le bellâtre les mena vers une jeune et charmante prêtresse qui leur confirma qu'elle connaissait Harten – elle leur fournit son adresse sans méfiance.

Un peu plus tard dans la matinée, les trois compères arrivaient en vue d'une belle bâtisse de modestes proportions, entourée d'un jardin et d'un mur d'enceinte. Et très vite, les trois aventuriers remarquèrent la présence de 2 gardes patrouillant autour de la maison.
Depuis une rue parallèle, ils tentèrent d'escalader le mur d'enceinte. Et si la cambrioleuse Ysatis y parvint avec facilité, elle fut rejointe laborieusement par Aymeric qui tomba derrière elle avec lourdeur. Héraliel, quant à elle, ne fut pas en mesure de les accompagner.
Après un passage des gardiens, la voleuse se précipita vers une porte latérale pour tenter de la crocheter, mais en vain, car les gardes revenaient déjà. Hélas, elle se cacha bien mal, car à son approche, malgré le couvert des buissons, ils la repérèrent sans mal, et dégainèrent leurs lames. Très vite, le combat s'engagea ! Mais la voleuse comprit qu'elle n'aurait pas le dessus, alors elle se précipita vers la sortie du jardin, mais la grille de fer forgée était verrouillée ! Aussitôt, Héraliel se dévoilà à cet instant pour tenter de faire fondre la serrure en chauffant le métal par sa force mentale. Mais le temps que son pouvoir prenne effet, Ysatis devait se défendre. Aymeric, quant à lui, s'était glissé discrètement jusqu'au lieu du combat où, pour aider sa comparse, il invoqua quelques Projectiles magiques qui aidèrent à abattre l'un des gardes. Le second, estomaqué de se retrouver seul, fut facile à maîtriser. Il leur apprit que cette maison n'abritait qu'un homme et deux gardes du corps – puis ils le tuèrent et cachèrent les corps.
La serrure ayant fondu, Héraliel les rejoignit. Tous trois se rendirent sur le côté de la maison où la voleuse prit son temps pour crocheter la porte. À l'intérieur, ils virent un long couloir avec un escalier à son autre extrémité – hélas, le mur de droite était percé d'une large arche donnant sur une entrée, d'où provenaient les voix de deux gardiens aux conversations banales. Ysatis se glissa discrètement jusqu'à eux et confirma qu'ils ne pourraient passer sans une solide diversion. Aussitôt, Aymeric se proposa. Armé de la clé récupérée sur les gardes morts, il se rendit devant la maison et ouvrit bruyamment la grosse double-porte… avant de s'enfuir à toutes jambes ! Se précipitant au-dehors, les deux gardiens lui coururent après, laissant le champ libre aux deux aventurières.
Très vite, Héraliel et Ysatis se rendirent à l'étage où, après une grande chambre luxueuse, elles découvrirent une bibliothèque occupée par un homme, le fameux Harten, en train de lire des incantations magiques dans un grimoire, alors même qu'un gros œuf écailleux trônait devant lui. Elles n'y allèrent pas par quatre chemins : avec une discrétion totalement maîtrisée, Ysatis se glissa derrière lui et lui colla une lame sous le menton. Pendant un instant, ils tentèrent de converser avec lui pour comprendre ses motivations, mais alors même qu'il tenta de se débattre, il fut égorgé par la lame de la voleuse.

Sans attendre leur reste, Ysatis et Héraliel ramassèrent l’œuf – qui commençait à gratter et à remuer – quittèrent la bâtisse pour retrouver Aymeric dans les rues alentours, qui évitait les gardes à leur recherche.

Après les avoir semés, ils se rendirent tous trois dans la ruelle, derrière l'auberge du port, où ils retrouvèrent le Gaund. Celui-ci, au comble du bonheur de revoir l’œuf de sa reine, les remercia d'un coffret contenant pas moins de 3 000 pièces d'or ; de quoi compléter les réparations du vaisseau au plus vite.
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