[CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

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Chrysalid
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Chapardage : Libération
Scénario de Baron Zéro • maîtrisé par Chrysalid (04/08/21)
Héraliel, Élerinna et Thornir • Eauprofonde, 14 eleasias 1359 CV (1 jour ½)


En tout début d’après midi du 14e jour du mois, Héraliel, Élerinna et Thornir discutaient tranquillement dans la salle commune de la pension autour d’une boisson chaude – un comble pour un mois d’été ! Le nain ayant ronflé depuis la veille, fut vaguement mis au courant de l’affaire  du fantôme qui avait eu lieu durant la nuit. Puis ils reprirent leur réflexion autour de Givre, que les deux elfes refusaient de capturer pour la Comtesse de Laskul. C’était un être vivant, un dragon qui plus est. Non seulement il était dangereux de le garder captif en pleine ville – fut-ce dans un zoo – mais cela démontrait un manque total de respect envers la bête. Les deux sang-elfes insistaient pour trouver une solution afin de le libérer plutôt que de le livrer. Ils évoquèrent une possible utilisation de la magie pour l’envoyer dans les terres gelées, mais entre la prêtresse novice, la psioniste et le guerrier nain, fut-il versé dans l’art des disciplines de l’esprit, nul n’avait suffisamment confiance en la magie pour s’y fier véritablement. En outre, envisager d’amener Givre dans le nord gelé par bateau nécessiterait pas moins de 2 semaines de voyage, et pour quel coût ?

Et puis Héraliel eut une idée qui sauverait peut-être la situation. Dès ce moment, ils se séparèrent : Élerinna se rendit à la librairie Serpentil de la Rue des Livres, Thornir alla parler à Donovan pour qu’il leur cède l’un de ses tonneaux afin de monter un piège à dragon, et Héraliel trouva la capitainerie du Quartier des Docks pour échanger quelques mots énigmatiques avec le responsable. Celui-ci lui rappela que la loi n’autorisait de tels appareils à Eauprofonde que sous certaines conditions. Néanmoins, il lui désigna un navire…

Au cours de ses recherches, la prêtresse elfe d’Hanali Celanil acheta un livre sur la géographie locale, et choisit la région du ValBise, au nord de Luskan. Hélas, il y avait bien 1 000 kilomètres à parcourir…
Thornir tenta vainement d’obtenir les derniers tonneaux du pêcheur, qui les défendit becs et ongles. Il comprenait bien que c’était nécessaire pour attraper le dragon, mais refusait néanmoins de céder au nain. Pendant l’échange houleux, le dragon fit son apparition, et vola l’un des 3 derniers tonneaux.
Quant à Héraliel, elle obtint le nom d’un navire qui correspondait à ses attentes : l’Atmosphère. Très vite, elle alla le trouver et demanda permission de monter. Un marin l’y autorisa et prévint le responsable, le Capitaine Ulminar, un demi-elfe. En montant à bord, la psioniste eut un petit sourire satisfait en repérant le trône qui surplombait le château arrière.
Elle raconta son affaire au capitaine qui l’étudia avec attention. Le voyage jusqu’au grand nord pour libérer le dragon blanc était possible. En outre, il attendait un chargement, et la présence de Givre le bloquait comme tous les autres navires. Il lui demanda 40 pièces d’or pour la mission.

Lorsque les trois compères se retrouvèrent à la barque de Donovan, Élerinna n’eut qu’à battre des cils pour que le vieux marin leur cède ses poissons. Puis enfin, le plan put se mettre en place.
Ils déposèrent les deux tonneaux restants sur le quai, au centre d’une voile. La prêtresse récupéra des cordages qui traînaient non loin de là, puis tous se postèrent dans le quartier, en attendant que le reptile refasse une apparition.

Héraliel retourna voir le capitaine de l’Atmosphère pour lui demander main forte : elle avait besoin que son équipage patrouille dans le quartier pour repousser les importuns – avec une attention particulière pour Mile Edwards et ses hommes qui ne devaient pas approcher ! Bien entendu, le Capitaine Ulminar augmenta la facture de 10 pièces d’or pour la peine.

Ils durent attendre au moins deux heures, jusqu’en début de soirée, pour revoir la silhouette de Givre. Mais la bête n’approcha pas tout de suite. Elle sembla méfiante. Les tonneaux n’étaient plus sur la barque, et un navire plus important s’était posté dans la baie. Finalement, ne repérant aucun danger, il finit par se poser près des tonneaux.
Aussitôt, les aventuriers se dévoilèrent : armés de lanternes sourdes, les deux psionistes usèrent de leurs pouvoirs mentaux pour transformer les petites flammes en puissants geysers enflammés ! La demi-elfe enflamma la toile sous les pattes du dragon tandis que le nain projetait une forme brûlante au-dessus de la bête. Dans le même temps, Élerinna pria pour endormir la bête… mais elle résista à l’injonction.
Pris entre deux feux – littéralement – Givre repéra les fauteurs de trouble et se précipita dans leur direction au grand galop ! Le nain maintint la chape de flammes autour de lui, en espérant l’affaiblir par la chaleur sans le blesser, tandis qu’Héraliel mettait toutes ses forces pour le soumettre à sa volonté !
La bête approchait dangereusement, crocs et griffes dehors, mais au moment où elle s’apprêtait à se jeter sur ses agresseurs, elle finit par succomber à l’esprit de la demi-elfe. Épuisé par les flammes, la faim et la volonté d’Héraliel, il tomba au sol, inerte. Dans la seconde, Élerinna surgit pour le ficeler comme un saucisson !

Puis Héraliel fit un signe vers l’Atmosphère pour qu’il approche. Tous les marins en poste dans le quartier vinrent les aider à charger le dragon à bord. Bien entendu, c’est à cet instant que Miles Edwards et ses hommes surgirent, criant et vociférant dans leur direction pour qu’ils leur rendent le dragon. Mais en vain, car l’Atmosphère se mit en branle, et s’éloigna vers l’horizon.

Durant les premières heures de navigation, la prêtresse elfe et le guerrier nain réalisèrent qu’ils ne supportaient pas le roulis des vagues. Très vite, ils furent pris de violents vomissements et durent quitter le pont. On les installa dans des hamacs le temps qu’ils se remettent.
Mais avant de sombrer, Élerinna avait constaté que l’Atmosphère se dirigeait vers l’ouest plutôt que vers le nord. Elle tenta d’objecter, mais son état ne permettait pas d’argumenter plus avant.

En vérité, les deux malades restèrent alités tout le voyage ! Pas une fois ils ne virent la mer ni les paysages alentours. Les rares fois où ils tentèrent de se lever ne furent que de vaines tentatives accompagnées de tremblements et de transpirations.

Et puis, très vite, on les débarqua. Avec surprise, ils constatèrent être de retour à Eauprofonde ; combien de temps avait duré ce voyage ?
Le capitaine Ulminar savait qu’après cette petite aventure, il ne pourrait certainement pas revenir à Eauprofonde avant un certains temps, mais cela lui permettrait surtout de poursuivre sa route.
Le dragon disparu, la vie avait repris sur les docks. L’équipage récupéra le chargement attendu, et ils reprirent la route.

Héraliel mena ses deux compères à travers la ville tant bien que mal jusqu’à la pension où, aidée de Mme Garah, elle les installa dans leurs chambres respectives.

Ils retrouvèrent leurs forces le lendemain où, reprenant leurs esprits, ils purent enfin se féliciter de leur victoire – même si, pour tout dire, ils avaient conscience de s’être mis une noble à dos. La Comtesse de Laskul les retrouverait un beau jour, cela ne resterait pas sans conséquences…

Les jours passèrent, et la fin de la dizaine arriva, quand ils réalisèrent un phénomène étrange : le voyage avait commencé le 14 eleasias… comment se faisait-il qu’ils n’étaient que le 19 ? Combien de temps avait réellement duré le voyage ? Alors Thornir commença à se demander si l’Atmosphère était un véritable navire ou si, au contraire, il ne s’était pas changé en zeppelin…
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Un chevalier qui surgit hors de la nuit
Scénario de Uri Kurlianchik • maîtrisé par Sarlenn (07/08/21)
Élerinna, Thornir et Norlannan • Les alentours d’Eauprofonde, 23 et 24 eleasias 1359 CV (4 jours)


Au matin du 23e jour d’eleasias 1359CV, Thornir et Élerinna virent Héraliel s’installer pour le petit déjeuner avec un elfe doré qu’ils ne connaissaient pas. Aussitôt, emportée par sa joie de vivre, la prêtresse d’Hanali se leva pour s’asseoir avec eux, toujours heureuse de faire de nouvelles rencontres – bien entendu, elle fut aussitôt rejointe par le nain, provoquant immédiatement l’agacement de l’inconnu. Celui-ci s’appelait Norlannan, et il semblait connaître la demi-elfe depuis peu. Néanmoins, il frappa immédiatement ses voisins de table par son attitude hautaine et distante.
Une conversation chargée de banalités s’ensuivit, à l’issue de laquelle Héraliel les quitta – ses devoirs envers le Hall de Heaum et les orphelins du quartier l’attendaient pour la journée.

À ce moment-là, Mme Garah arriva dans la salle commune, en pleurs. Immédiatement, Élerinna se précipita vers elle pour lui demander ce qui se passait, la responsable de la pension lui parla de sa jeune sœur, vivant dans le village de Kilead à quelques 60 km d’Eauprofonde, à la lisière du bois d’Arprofond, et dont l’enfant risquait d’être enlevé à tout moment.
Bien entendu, la frêle elfe lui proposa de s’occuper de l’affaire, en espérant pouvoir sauver le bambin. Le nain la suivrait évidemment. Mais lorsque les regards se tournèrent vers Norlannan pour savoir s’il leur apporterait une aide quelconque, il leur demanda pourquoi il irait, lui, se vautrer dans la fange d’un village de paysans, ‘humains’ qui plus est. Madame Garah lui répondit le plus sérieusement du monde qu’elle pourrait, quant à elle, revendre sa chambre à quelqu’un d’un peu plus altruiste. L’elfe accueillit la remarque avec un air pincé. Il souffla : « Soit ».

Peu après, le nain s’en alla faire quelques ampletes pour le trajet tandis que les deux elfes iraient choisir un moyen de transport. Norlannan insista pour prendre une calèche, la seule idée de faire le trajet à cheval le faisait grimacer. Aussi, lorsque tous furent prêts, ils se mirent en route.
Le trajet dura deux jours, au cours desquels les deux elfes durent alterner la conduite du véhicule – ce qui leur permit surtout de s’aérer lorsque le nain avait l’outrecuidance de retirer ses bottes. Les odeurs de pieds n’étaient pas le seul inconvénient du voyage, car la prêtresse se mettait souvent à chanter. Norlannan comprit que le calme n’existait pas à proximité de ce duo improbable.

Ils arrivèrent à Kilead le soir, sous les regards suspicieux, voire effrayés, des paysans. C’était un lieu boueux qui sentait le bétail – il ne semblait y avoir ici que des humains. Diverses maisons étaient éparpillées autour d’une vague place centrale, et un modeste temple de Lathandre surplombait le tout.
Très vite, Élerinna se rendit à la boulangerie pour acheter du pain, alors que Thornir se présenta à la taverne. De son côté, Norlannan resta sur la calèche et commença à scruter les badauds alentours, à la recherche d’informations. Très vite, il compris qu’ils avaient peur ; c’est l’image d’un chevalier errant qui revenait tout le temps.

Soudain, il fut tiré de ses pensées par des fracas provenant de la taverne : le nain s’était-il déjà attiré des ennuis ? Aussitôt, les deux elfes s’y précipitèrent et virent le nain aux prises avec deux hommes. Tout le monde se jeta au combat, et les deux malfrats s’enfuirent par la porte du fond. Chacun usa de ses pouvoirs pour les rattraper, et si l’un des deux parvint à s’enfuir, l’autre s’arrêta, en proie à une transe étrange, puis se tourna vers Thornir pour lui donner sa dague.
Hélas, les choses s’empirèrent lorsqu’une bande de 5 ou 6 nouveaux malandrins débarquèrent à leur tour ; le nain planta la dague qu’il avait en main dans la jambe du plus proche, mais avant que les choses ne dégénèrent pour de bon, une voix forte tonna : « Assez ! ». Et tous de s’enfuir. Les trois aquafondais se retrouvèrent seuls dans la grande salle de la taverne, alors même qu’une femme d’une certaine prestance entrait. Demi-elfe manifestement, elle avait une poigne de fer et une élégance inattendue dans ce coin du monde. Elle se présenta sous le nom d’Arsha­varat, et elle était la tenancière de l’auberge.
Comme elle semblait faire figure d’autorité, Élerinna et Thornir se présentèrent comme ayant été envoyés par Mme Garah d’Eauprofonde pour enquêter sur des disparitions d’enfants. Mais elle ne répondit qu’à demi-mots, comme si elle cachait des informations.
Durant la conversation, Norlannan demeura muet, se contentant d’observer la propriétaire  avec attention. Finalement, il prit la parole et demanda pourquoi un enfant disparaissait-il tous les sept ans. Thornir et Élerinna le dévisagèrent, se demandant d’où venaient ces informations ; il était évident que l’elfe doré cachait des choses. Arshavarat se raidit en le fixant. Finalement, elle leur raconta que ces disparitions avaient commencé depuis environ 40 ans, que le mystérieux chevalier apparaissait tous les 7 ans, et qu’il enlevait un enfant d’une dizaine d’années à chaque fois. Bien entendu, le moral des villageois avait perdu toute spontanéité depuis deux générations, et peu à peu s’enfonçait dans la morosité la plus noire. Or, le dernier enfant avait été kidnappé trois nuits plus tôt.
Elle ne put leur en apprendre plus, si ce n’est le nom de la mère éplorée.

Alors ils quittèrent l’auberge, la nuit était tombé sur le village. Tous trois se rendirent chez Sorgah qui ne cessait de pleurer Jall, son enfant disparu. Bien entendu, ils ne furent pas surpris d’apprendre qu’elle était la sœur de Mme Garah.
Sorgah leur parla du chevalier qui patrouillait les nuits autour du village. Elle leur montra même un mouvement qu’on pouvait apercevoir parfois au sommet d’une colline proche : c’était lui, il était là.

Sans attendre, les trois protagonistes se rendirent à la frontière du village pour essayer de repérer l’indésirable : celui-ci chevauchait un puissant destrier, il portait une armure lourde, une lance et un bouclier aux couleurs d’Eauprofonde ! Plus incroyable encore, c’était un Paladin !
À ces nouvelles, Norlannan en ajouta une de taille : c’était un mort-vivant ! Ses deux compagnons échangèrent un regard chargé d’incompréhension : d’où tenait-il cette information ?

Le chevalier avait disparu, mais ses traces subsistaient, qui ne furent pas difficiles à suivre. Sans surprise, elles menaient au cimetière, à un caveau plus précisément… d’où s’échappaient les pleurs d’un enfant ! Jall était là, enfermé derrière une lourde porte de fer forgé que le nain fut bien incapable de forcer ! Il pleurait à chaudes larmes et réclamait à manger. Aussitôt, Élerinna lui donna à manger.
Mais le chevalier apparut à leur côté, les accusant de vouloir attenter à l’honneur de l’enfant… Parlait-il vraiment de Jall ? Alors Élerinna vint lui parler. À ses questions, il répondit : « Je dois la protéger ». Protéger qui ? « Je dois protéger Arshavarat ». Cette réponse figea les trois enquêteurs : cela n’avait aucun sens ! Quel rapport avec Jall ? Mais ils furent incapable d’en apprendre plus, le chevalier ne cessant de répéter les mêmes phrases. Finalement, il s’éloigna alors que six squelettes apparurent autour des trios enquêteurs.

Six squelette de petite taille… les enfants ?

Horrifiés par cette découverte, ils resserrèrent les rangs autour du caveau, Thornir mettant tout en œuvre pour libérer Jall, en vain. Finalement, plutôt que de devoir affronter des enfants, fussent-ils des squelettes, ils quittèrent les lieux sans délai.

Tous trois retournèrent à l’auberge. La nuit était très avancée, mais ils tambourinèrent la porte jusqu’à ce qu’Arshavarat vienne leur ouvrir, élégamment vêtue d’un pyjama avec bonnet à pompon. Lorsqu’ils lui parlèrent de la réponse du chevalier, elle sembla comprendre. Elle leur raconta alors qu’elle avait été adoptée plus de 50 ans auparavant, lorsqu’elle était toute petite, par des paysans de Kilead. Or, lorsqu’elle avait 10 ans, elle avait été agressée par deux adolescents aux propos fort graveleux, ce qui avait provoqué l’ire d’un Paladin de passage, Sir William de la Côte Noire, qui avait pris sa défense. Hélas, il avait été retrouvé mort quelques jours plus tard. Depuis cette date fatidique, le chevalier était apparu tous les sept ans, et un enfant avait disparu à chaque fois.
Il était évident que le revenant était Sir William, et qu’il continuait de protéger la petite Arshavarat de 10 ans à chaque apparition. Mais sa perception, faussée par l’après-vie, ne lui avait pas permis de comprendre qu’Arshavarat avait grandi, et qu’elle n’avait plus besoin de sa protection. Et cette erreur avait coûté la vie à 6 enfants.

Elle accepta de les accompagner au cimetière, où le chevalier fit son apparition. Elle lui parla, et il refusa de croire qu’elle était bien Arshavarat. Finalement, au gré de l’échange, il finit par comprendre son erreur, et descendit de cheval et s’agenouilla en signe de honte et de rédemption.
Une grande brume se leva, au coeur de laquelle apparut une silhouette blanche qui tendit la main au chevalier : sa déesse Lathandre venait le chercher. Le chevalier mort-vivant donna son armure aux aventuriers, puis il rejoignit Lathandre et tous deux disparurent – la malédiction de Kilead était terminée.

Ils prirent enfin le temps de déverrouiller le caveau et l’enfant fut rendu à sa mère.

Deux jours plus tard, les aventuriers étaient de retour à Eauprofonde, où Mme Garah fut si reconnaissante qu’elle leur offrit à tous 2 semaines de logement…
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Intéressant la fin de partie sans combattre.
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La Nuit des Trolls : L’Ordre Vigilant des Magistes et Protecteurs
Scénario officiel (Cité des Splendeurs), maîtrisé par Chrysalid • 24/07/21
Héraliel Othir, Ysatis et Hedjas • Eauprofonde, les 3 et 4 Eleint 1359 CV (1 jour)


L’automne était arrivé sur la cité d’Eau­profonde, et les températures baissaient lentement à mesure que les jours s’enchaînaient. Comme à son habitude, le mois d’Eleint promettait des nuits fraîches aux âmes errantes qui se perdaient dans les rues de la cité.
En cette fin d’après-midi fort animée, deux voyageurs venaient de passer la Porte Sud, et marchaient sans but le long de la Grand’Rue. Les pluies de la journée, associées au passage incessant des autochtones et des étrangers avait changé la rue pavée en un chemin boueux.
Elle s’appelait Ysatis, ou plus simplement « Tiss ». Elle avait 18 ans, était assez adroite et plutôt charismatique, et ne pouvait se résoudre à vivre d’autre chose que de la cambriole – voler les riches pour redistribuer aux pauvres, en l’occurrence elle-même, lui semblait une cause qui valait tous les sacrifices.
Lui s’appelait Hedjas (prononcer « Edias »). D’une taille moyenne, malingre et dégingandé, il avait une silhouette voûtée et des petites lunettes rondes qui lui donnaient l’air d’un intellectuel. Et pour cause ! Le jeune érudit de 17 ans avait étudié la magie, et il comptait bien s’en servir pour réussir dans la vie. Pour peu qu’il soit capable de s’exprimer, ce qui lui semblait parfois insurmontable. Hedjas tirait derrière lui une mule chargée de ses nombreuses affaires ; pour l’heure celle-ci pataugeait dans la boue de la Grand’Rue du Quartier Sud.

La nuit approchait, et les deux compères cherchaient de quoi se poser, et se sustenter. En écoutant autour d’eux, ils entendirent parler de la Taverne du Golem de Bière – il leur suffit de suivre des habitués pour trouver l’endroit. Ils quittèrent la Grand’Rue en s’enfonçant dans la Rue du Coche, puis arrivèrent en vue de ladite taverne, située au croisement entre la Rue du Bouillon et la Ruelle du Serpent.

La mule attachée dans la rue, les deux voyageurs fourbus entrèrent et s’installèrent à une table. L’endroit, fort accueillant, regorgeait de gens du peuple, d’ouvriers et de quelques marins. Néanmoins, lorsqu’Hedjas leva une main timide et tenta de se manifester auprès de l’aubergiste, le silence se fit dans la grande salle, et tout le monde le dévisagea comme s’il débarquait d’un autre monde. Puis les conversations reprirent comme si de rien n’était. Levant les yeux au ciel, Ysatis appela le patron d’une voix forte, et aussitôt, un homme volumineux vint prendre leurs commandes.
Lorsqu’il revint avec de lourdes assiettes fumantes, les deux voyageurs demandèrent où loger dans le secteur ; l’aubergiste Quallos Myntion leur parla de la Pension de Mme Garah, puis il leur faussa compagnie, appelé par un autre client.

À cet instant, une femme au sang manifestement elfe vint s’installer à leur table : elle avait entendu mentionner Mme Garah, un lieu qu’elle connaissait bien pour y loger depuis quelques mois maintenant.
La nouvelle venue s’appelait Héraliel Othir, elle vivait à Eauprofonde depuis presque un an et commençait à connaître les lieux (bien que tout savoir était impossible dans un centre commercial et culturel aussi vaste). Hedjas lui parla de son projet de trouver une Guilde de Magie pour parfaire son entraînement ; hélas, la semi-elfe n’était pas familière de tout ce qui touchait à la magie et ne pouvait guère lui donner de détails.
Cependant, elle avait entendu parler d’un lieu qui pourrait l’intéresser. En effet, au cours de la dernière Nuit des Trolls, survenue 3 mois plus tôt, des colliers maudits avaient été distribués aux enfants au lieu des Colliers de Trolls habituels, dont la magie permettait aux enfants de pousser des cris de trolls authentiques. Or, ces colliers maudits les avaient partiellement changés en trolls qui, agressifs, avaient attaqués les passants jusqu’au sang ! Héraliel avait aidé à limiter les dégâts, et les enfants étaient redevenus normaux – certains néanmoins en avaient conservé les traces. La demi-elfe pensait au jeune Owen Aloth, un orphelin du Hall de Heaum.
L’enquête qui avait suivi avait permis de déterminer que ces colliers étaient distribués habituellement par l’Ordre Vigilant des Magistes et Protecteurs.
Soit, il fut décidé que tous trois s’y rendraient dès le lendemain matin.
En attendant, le repas terminé, Héraliel mena Hedjas et Ysatis à la Pension, où ils prirent tout de suite une chambre pour la Dizaine.

Le jour suivant, Héraliel mena les deux nouveaux venus à travers les rues d’Eauprofonde jusqu’au Quartier du Château. Hedjas toqua à la porte de l’Ordre Vigilant, et un homme à la cape violette et à l’air hautain vint leur ouvrir. Gorvenal Rowtree avait tout du majordome coincé, de la voix monocorde à l’air pincé. Bien entendu, il leur refusa l’entrée, quand bien même ils évoquèrent les colliers de la Nuit des Trolls, et l’enfant qui avait gardé une trace de cette transformation malheureuse.
Finalement, il se laissa convaincre de prévenir sa maîtresse, Dame Mhair Szeltune, qui vint les accueillir à son tour. Celle-ci se laissa convaincre et fit entrer les trois visiteurs dans le bâtiment. Elle les mena à l’étage, dans une sorte d’atelier / laboratoire où travaillaient 4 mages. L’un d’entre eux s’approcha, intrigué par cette visite, et leur demanda ce qu’il pouvait faire pour eux. Il était demi-elfe et s’appelait Endell Drake – oui, il avait participé à la fabrication des Colliers de Trolls, comme tous les ans. Membres permanents de l’Ordre, ils participaient tous à cette célébration annuelle, et leur responsabilité dans cette affaire ne pouvait être mise en cause. Il était clair qu’un sabotage avait eu lieu.

À un moment, Hedjas remarqua qu’il y avait 5 ateliers alors que seuls 4 mages étaient présents. Il demanda alors s’il y avait des absents. Certes oui, une membre de leur groupe n’avait guère été présente ces derniers temps. Elle s’appelait Turi Brisemétal, et avait disparu depuis cette fameuse nuit. Ils acceptèrent de leur donner l’adresse de Turi, tout en précisant que la Veille avait déjà effectué son enquête 3 mois plus tôt. Il y avait peu de chances qu’une nouvelle enquête révèle quoi que ce soit…

L’adresse les mena dans la Rue des Livres, au sud du Quartier Marchand, où ils trouvèrent porte close. Ce petit obstacle ne découragea pas Héraliel qui fit appel à ses étranges pouvoirs. Et c’est sous le regard éberlué d’Hedjas qu’elle provoqua l’ouverture de la serrure sans prononcer la moindre parole magique ni esquisser le moindre geste particulier…
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Message par Chrysalid »

La Nuit des Trolls : Une petite chaîne de métal
Scénario officiel (Cité des Splendeurs), maîtrisé par Chrysalid • 31/07/21
Héraliel, Ysatis, Hedjas, Élerinna et Thornir • Eauprofonde, le 4 Eleint 1359 CV (½ jour)


Héraliel, Ysatis et Hedjas s’apprêtaient à entrer chez Turi Brisemétal, lorsque la jeune demi-elfe se figea. Puis elle lâcha la poignée de la porte et jeta un œil intrigué vers la rue : les gens allaient et venaient en tous sens sans s’inquiéter d’eux. Mais son regard fut attiré par une voix qui s’élevait, chantante, dans la foule. Une voix qu’elle connaissait : Élerinna ? En effet, elle aperçut la prêtresse elfe un peu plus loin qui s’adonnait à quelques vocalises, accompagnée comme à son habitude par les vociférations exaspérées du nain Thornir, dont elle semblait inséparable. À peine la semi-elfe eut-elle posé les yeux sur elle que celle-ci la remarqua en retour : « Héralieeeeel ! » s’écria-t-elle d’une voix enjouée en s’approchant à grands pas.
Une fois que le duo improbable fut présenté aux deux nouveaux compagnons d’Héraliel, ils évoquèrent brièvement l’affaire qui les amenaient ici. Élerinna faisait les boutiques, Thornir lui devant manifestement une robe ; quant à Ysatis et Hedjas, ils hésitèrent longtemps avant d’avouer la vraie raison de leur présence. Ils ne voulaient pas s’encombrer de ces deux civils qui n’étaient en rien liés à l’enquête, mais le jeune mage finit par lâcher toute l’affaire en une phrase paniquée, incapable qu’il était de garder un secret ! Bien entendu, Élerinna et Thornir voulurent aussitôt se joindre à eux, Mais lorsque tous commencèrent à parler de la marche à suivre, Hedjas fut pris de sueurs froides : allaient-ils réellement entrer par effraction dans cette maison ? Ne fallait-il pas prévenir les autorités d’abord ? Mais tous s’engouffrèrent dans la maison de Turi et refermèrent derrière eux afin d’être sûr de ne pas attirer de regards indésirables.
Ils discutèrent rapidement de l’affaire en cours, et le duo improbable profita de l’occasion pour se lancer dans une nouvelle aventure.

Les premières investigations révélèrent que la poussière n’avait pas été faite depuis quelques semaines. Thornir remarqua que le garde-manger était plein de nourriture avariée, alors qu’Élerinna jetait un œil aux livres posés près du canapé. Ysatis en profita pour remplir son baluchon de quelques richesses qui traînaient ça et là.
Puis Héraliel, Hedjas et Ysatis visitaient l’étage. Le jeune mage jeta un œil à une sorte de débarras ; Héraliel s’intéressa à une bibliothèque dont la table était couverte de nombreuses notes écrites à la va-vite, et auxquelles elle ne comprit rien ; Ysatis s’intéressa à une sorte de bureau. Elle repéra assez vite un mécanisme derrière une étagère, qui déclencha l’ouverture d’un panneau dissimulé… révélant un corps qui tomba à ses pieds ! Tiss poussa un cri de surprise et d’effroi tant elle ne s’attendait pas à cette découverte !
Aussitôt, elle fut rejointe par Hedjas et Héraliel qui constatèrent la découverte. Le jeune mage ne put réprimer un frisson d’horreur.
Le cadavre était celui d’une femme vêtue d’une robe de mage et d’une cape violette semblable à celle des membres de l’Ordre Vigilant des Magistes et Protecteurs – il n’y avait guère de doute, il s’agissait là du corps de Turi Brise­métal. Ils la retournèrent et constatèrent qu’elle arborait une horrible brûlure assez localisée au niveau du ventre et au flanc droit. Cette fois, Hedjas manqua de vomir et dut quitter la pièce pour ne pas compromettre la scène. Il était d’avis de prévenir les Veilleurs, ne serait-ce que pour officialiser la découverte.
Les enquêtrices de fortune constatèrent que le panneau n’était pas prévu pour être ouvert de l’intérieur. Il était peu probable que Turi s’y soit enfermée par erreur.
Héraliel fouilla le bureau, et trouva de nombreux documents prouvant que Turi était enseignante. Dans le lot, elle découvrit un mot inquiétant écrit en gras : « Qui a trahi ? ».

Pendant ce temps, Élerinna avait fait une découverte. N’ayant rien trouvé de notable dans les livres, elle avait fouillé les meubles alentours et avait trouvé quelques breloques diverses qui devaient certainement servir à faire de la magie. Lorsque le jeune Hedjas arriva, vert de dégoût suite à la découverte du cadavre, elle en profita pour lui demander son expertise de mage. Des ficelles, des pièces sculptées, une chaînette de métal, quelques ornements rappelant des runes magiques… aucun doute, cela aurait très bien pu servir à fabriquer quelqu’objet enchanté. La prêtresse rangea tout cela dans ses affaires, cela serait sans aucun doute utile à l’enquête.

Alors que les aventuriers exploraient les étages, le nain quant à lui avait trouvé un escalier menant à la cave. C’était une petite pièce de 3 m², à peine utilisée par une caisse et une étagère contre le mur du fond. Il observa les lieux d’un œil expert et finit par repérer des marques au sol, devant l’étagère. Il esquissa un sourire : « Amateurs… ». Puis il attrapa le meuble et le tira vers lui. Celui-ci pivota sans résistance, révélant un tunnel qui s’enfonçait dans les ténèbres… Après une courte hésitation, il s’y engagea.
Dès les premiers mètres, il constata que ce couloir n’avait rien de naturel. Il ne semblait pas avoir été fabriqué non plus de manière traditionnelle. Au contraire, les parois autour de lui semblait presque… « organiques ». Les murs étaient lisses et luisants, comme s’ils avaient… « poussé » dans cette forme.

Quelques dizaines de mètres plus loin, le couloir s’arrêtait sur un trou dans le sol, dans lequel il était possible de s’enfoncer grâce à des barreaux de même matière que les murs. Tout semblait avoir été créé en un bloc, directement dans la pierre. Le nain tenta d’estimer la profondeur, lança un cailloux, et détermina que le « puits » s’enfonçait sur plusieurs dizaines de mètres. En outre, le fond était de pierre et non d’eau – tant pis pour le plongeon.

À l’étage, les investigations s’étaient poursuivies. Experte en la matière, Tiss était capable de trouver les richesses à chaparder avec une rapidité non-négligeable. Et au cours de ses recherches, elle mit la main sur un petit carnet dissimulé dans le matelas de Turi. Hélas, la voleuse ne savait pas lire, aussi descendit-elle au rez-de-chaussée pour faire part de sa découverte. Elle retrouva tout le monde à la cave et leur confia sa découverte avant de s’enfoncer dans le tunnel à son tour pour rattraper le nain.

Le carnet de Turi : cette trouvaille apporta de nombreuses pistes à l’enquête. Lorsqu’Hedjas, Héraliel et Élerinna se penchèrent dessus, ils réalisèrent que l’écriture de la magicienne était plus nerveuse à mesure que le temps s’écoulait. Elle semblait avoir découvert quelque chose qui l’avait terrifiée. À un moment, elle cita des noms, ceux de ses collègues de l’Ordre :
- Endel a une nouvelle coupe. Qu’est-ce qui a motivé ce changement ?
- Galssa a oublié notre rendez-vous, ça ne lui ressemble pas.
- Luanda a l’air méfiante en ce moment. De quoi ou de qui ?
- Bess n’était pas là hier, qu’est-ce que ça cache ?

Lorsqu’elle atteignit le fond du tunnel, Ysatis vit le trou béant, et repéra l’épaisse silhouette de Thornir qui s’y enfonçait nonchalamment. Elle envisagea de s’y engager à son tour, poussée par la curiosité, mais la voix d’Héraliel lui parvint : la demi-elfe les avait rejoint. Lorsque cette dernière découvrit le puit, elle ne put réprimer un frisson en pensant à Montprofont. Aussitôt, elle appela ses compagnons à remonter, car il était urgent de faire le point sur la situation. En outre, descendre sans se préparer était littéralement suicidaire.
Soit. Thornir remonta, et les 5 compagnons se retrouvèrent dans le salon de Turi pour écouter Héraliel.

La jeune demi-elfe leur parla de Montprofont, le labyrinthe du mage dément Halaster Capenoire qui s’étendait sous la ville. Elle évoqua les monstres innombrables que l’on pouvait y croiser, et les faibles chances de survie qui attendaient les malandrins osant s’y engager sans y être préparés. Elle n’en savait pas plus, mais estimait que cette connexion vers les profondeurs nécessitait une véritable préparation.

En fin d’après-midi, le groupe se sépara : Thornir et Élerinna allèrent acheter quelques livres à la librairie Livres et Ouvrages Serpentil, située un peu plus bas dans la même rue, afin d’en apprendre plus sur Montprofont. Pendant ce temps, Ysatis trouva un receleur qui acheta une bonne partie de ses dernières rapines. Quant à Héraliel et Hedjas, ils reprirent leurs fouilles du bureau. La demi-elfe parvint à trouver une note en marge d’une copie : « Quelqu’un d’autre ? ».

En fin d’après-midi, les cinq aventuriers se retrouvèrent chez Turi pour réfléchir à la suite de leur enquête. Une chose était certaine, ils devaient se rendre à la Guilde de magie.

Ils y furent évidemment accueillis par le majordome Gorvenal qui consentit assez vite à prévenir Dame Szeltune. Celle-ci les accueillit dans une salle de réunion dont elle abreuva les murs de sortilèges – Hedjas reconnut là des sorts de Silence et fit un signe de tête à ses compagnons pour qu’ils soient en confiance.
Dame Szeltune s’installa et ils lui racontèrent littéralement toute l’histoire. Héraliel lui montra le carnet qu’elle parcourut rapidement, et Élerinna exhiba les breloques trouvées dans un tiroir ; la mage lui apprit qu’il s’agissait du matériel utilisé pour fabriquer les Colliers de Trolls. À un détail près : d’où venait cette chaînette métallique ? Héraliel lui confirma que les enfants-trolls qu’elle avait aidé à maîtriser 3 mois plus tôt portaient des colliers attachés par une chaînette identique. Cela intrigua la matriarche.

Un nouveau plan se mit en place. Dame Szeltune convoquerait les 4 mages Endell, Galssa, Luanda et Bess pour les interroger sur l’affaire. Cela libérerait les bureaux pour que les aventuriers y jettent un œil rapide. Thornir et Hedjas se proposèrent pour assister à la réunion, si Dame Szeltune pouvait les rendre invisibles… Ainsi fut fait.
Les 4 mages arrivèrent dans la salle de réunion, où ils ne virent que leur matriarche. Ils discutèrent longuement de l’affaire et nul ne sembla apprendre quoi que ce soit de nouveau. Ils confirmèrent avoir utilisé un collier de métal, car quelqu’un en avait placé dans le rangement destiné à la fabrication de ces colliers, dans les stocks. Hélas, tout le monde dans la Guilde avait accès à ce stock – et a priori nul n’avait d’intérêt à falsifier ou trafiquer quoi que ce soit.

Pendant ce temps, Héraliel, Élerinna et Ysatis fouillèrent les bureaux, mais ne trouvèrent rien de compromettant, jusqu’à ce qu’ils fussent interrompus par le mage en chef de cette section, un certain Vahje, l’attitude raide et soupçonneux de voir l’atelier investi par de parfaits inconnus. Ils lui confirmèrent qu’ils étaient autorisés et qu’ils étaient parfaitement dans leur droit du fait de leur enquête, mais il sembla imperméable à tout argument. Pire encore, Héraliel tenta de percevoir ses pensées de surface, mais elle se heurta à un mur. Pire encore, il sembla conscient du contact mental, bien qu’il fut incapable de déterminer lequel de ses interlocuteurs en était responsable !

Avant la fin de la conversation, Élerinna s’approcha de lui d’une démarche toute féminine, jouant de ses charmes pour tenter d’obtenir quelques informations, mais le visage du sorcier demeura de marbre. Froid, son regard ne glissa même pas sur le balcon de la belle qu’elle agitait pourtant sous ses yeux avec provocation, à la surprise générale.
D’un mot sec, il leur intima d’en finir rapidement avant de les quitter tout aussi brutalement.
Cette rencontre les surprit : insensible aux charmes d’Élerinna et à la télépathie d’Héraliel, ce personnage avait quelque chose d’inquiétant…
La nuit était tombée. Ils échangèrent encore longuement avec Dame Szeltune. Elle convint que le changement d’attitude de Turi n’était pas naturel, et qu’il fallait enquêter sur les raisons de cette frayeur qui l’avait étreinte avant la fin. Ce tunnel dans sa cave était prometteur de nouvelles horreurs, aussi était-il nécessaire d’approfondir dans cette direction. En outre, la matriarche n’était pas au courant si Vahje possédait des dons psychiques – à sa connaissance, ça n’était nullement le cas. Afin de leur donner plus de chances de mener cette enquête à terme, elle leur offrit un petit objet magique en espérant qu’il pourrait faire la différence : un Anneau de bouclier mental…

Une fois dehors, les aventuriers réalisèrent qu’ils n’avaient pas mangé de la journée. Ils étaient épuisés, et pourtant, ils étaient dévoré de curiosité quant à savoir ce qui se cachait derrière ce tunnel. Thornir était d’avis de s’y rendre immédiatement, puis il réalisa qu’il était à peine armé d’un knout, cela ne serait probablement pas suffisant…

Lors, tous retournèrent à la Pension de Mme Garah en pensant au programme du lendemain…
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

La Nuit des Trolls : Les dangers de Montprofont
Scénario maîtrisé par Chrysalid • 22/08/21
Héraliel, Ysatis, Hedjas, Élerinna et Thornir • Eauprofonde, le 5 Eleint 1359 CV (¾ jour)


Au petit matin, après le petit déjeuner, les 5 enquêteurs de la Nuit des Trolls se rendirent dans les rues commerçantes de la cité pour y faire quelques emplettes. La descente dans les profondeurs avait de quoi effrayer n’importe qui, aussi essayèrent-ils de penser à tout : armes, armures, mais aussi matériel divers tel que cordes ou lanternes – Héraliel pensa aussi à s’équiper en matière de parchemins, encre et plumes afin de réaliser un plan des zones visitées. Quant à Hedjas, il trouva la librairie Serpentil où il fit l’acquisition d’un livre sur les profondeurs qui lui enseigna l’histoire de Halaster Capenoire, le fondateur fou de Montprofont…

Ils prirent leur temps pour bien choisir, digressant souvent et progressant peu, avant d’enfin se réunir à la maison de Turi Brisemétal. Puis ils descendirent, Thornir en tête.

Lorsqu’il arriva au bas d’une longue descente, il perçut d’étranges bruits organiques. Aussitôt, il referma sa lanterne et prévint ses compagnons d’en faire autant. Il se figea dans l’obscurité et attendit. Grâce à son infravision naturelle, il repéra plusieurs silhouettes de Crapauds géants progresser le long du couloir qu’il devina plus bas. Une fois les dangereux batraciens partis, il ralluma sa lanterne et descendit.

Les cinq aventuriers examinèrent brièvement les lieux : ils étaient arrivés dans une sorte d’ancien couloir de pierre grise, dont le sol était partiellement couvert de terre et de boue. Bien entendu, ils négligèrent le couloir ouest dans lequel s’étaient engagés les crapauds ; l’autre côté présentait un coude vers le nord. Cependant, ils repérèrent quelques traces dans la boue, qui menaient vers une porte de pierre donnant au sud.
Cependant, ces traces ne les intéressèrent nullement, lorsqu’ils repérèrent une petite pièce au nord, avec un squelette entièrement fracassé au centre. Thornir ne fut pas certain de repérer la présence d’un piège, alors il s’approcha du cadavre pour en savoir plus, et il se sentit aussitôt soulevé du sol et soudain projeté vers le plafond ! C’était un piège magique à gravité inversée ! Voilà qui expliquait l’état du squelette ! Mais avant que le nain ne disparaisse dans l’obscurité du plafond, Héraliel eut tout juste le temps de le projeter de côté grâce à sa force mentale ; le nain s’écrasa plus loin, blessé mais vivant…

Pendant ce temps, Élerinna s’était intéressée à la grosse porte de pierre. Elle la poussa lentement et aperçut au-delà une salle de dimensions moyennes, dans laquelle évoluaient plusieurs silhouettes humanoïdes. Des odeurs de nourriture lui parvinrent. Hélas, elle ne put en apprendre plus car soudain, une lumière magique éclaira la porte… et un puissant vrombissement retentit juste derrière la prêtresse ! Celle-ci se retourna et poussa un hurlement lorsqu’elle se trouva face à une gigantesque GUÊPE GÉANTE ! Elle tenta de se défendre mais la bête la mordit cruellement avec ses mandibules monstrueuses !

Un peu plus loin, le nain avait jeté un œil dans la salle suivante, qu’il avait trouvée envahie de végétation – il y avait même une petite marre en son centre. Cet endroit avait-il abrité les crapauds géants ? Hedjas, quant à lui, avait lancé une torche dans la pièce pour tester le piège, mais ladite torche s’était contentée de tomber au sol. Comment fonctionnait ce piège ? Était-il limité aux êtres vivants ?
Afin de récupérer leur nain, Héraliel et Tiss lui lancèrent une corde à laquelle il s’accrocha fermement… lorsqu’ils entendirent Élerinna hurler ! Aussitôt, tous tirèrent la corde pour que Thornir les rejoigne sans retomber dans le piège magique, puis ils rejoignirent la prêtresse qu’ils trouvèrent face à l’énorme guêpe ! Ils se jetèrent au combat, canardant la bête de carreaux d’arbalètes et de couteaux lancés qui la manquèrent systématiquement ! Même le nain eut bien du mal à l’atteindre avec son marteau de guerre ! Par contre, la bête le mordit cruellement avec ses horribles mandibules – déjà blessé par le piège, le nain tomba, à bout de forces.
Par contre, la bête fut atteinte lorsqu’Héraliel utilisa les flammes de la torche pour créer une boule de feu par Contrôle des flammes ! Élerinna profita de la distraction pour essayer de soustraire son ami nain de la bête, mais celui-ci pesait au bas mot 120 kilos équipement compris, aussi la frêle elfe fut-elle bien incapable de le déplacer d’un centimètre ! Alors elle s’enfuit pour sa propre survie.
À nouveau, Héraliel fit usage de son Contrôle des flammes sur la bête qu’elle blessa systématiquement, et elle réitéra aussi souvent que nécessaire jusqu’à ce que celle-ci disparaisse dans un nuage de poussière magique…

Le calme était revenu. La prêtresse elfe prit soin de son ami, dont elle stabilisa l’état. Finalement, il rouvrit les yeux, blessé autant dans sa chair que dans son amour propre. Ils décidèrent tous de remonter aussitôt pour prendre quelque repos.

La maison de feue Turi Brisemétal était confortable, et le nain s’y installa pour se remettre lentement. Pendant ce temps, Tiss et Héraliel retournèrent à l’académie pour espérer obtenir un peu d’aide. Dame Szeltune s’étant absentée pour la journée, le majordome les mena à un vieux professeur au crâne lisse et aux petites lunettes rondes, Maître Gorlas. Pas plus haut qu’un nain, le vieillard ne comprit pas trop pourquoi on les avait amenées à lui. Finalement, il accepta de leur céder 7 Fioles de soins gratuitement, allant récupérer des restes d’exercices d’étudiants – il précisa qu’il ne pouvait leur garantir d’effet.
Puis, devant l’insistance d’Ysatis qui ne lâchait pas l’affaire, il finit par leur céder un Anneau du Grand Bélier, qui leur serait certainement très utile.

Après une longue absence, les deux aventurières étaient de retour à la maison de Turi. Hedjas tenta bien de rafler une potion à Héraliel pour Thornir, en vain. Finalement, le nain et la demi-elfe burent chacun une potion car le combat contre la guêpe les avait passablement abîmés.

Enfin, en début d’après-midi, ils redescendirent dans les profondeurs.

Ils évitèrent le piège et se rendirent dans la salle envahie par la végétation, qu’ils fouillèrent longuement en échangeant sur la marche à suivre, mais les crapauds géants n’avaient rien laissé de particulier. Hélas, les aventuriers discutèrent un peu trop longtemps, car trois orques surgirent alors, des butins entre les mains, et esquissèrent un sourire de carnassier en les voyant. Ysatis tenta de frapper le plafond avec l’Anneau du Grand Bélier, tant pour le tester que pour provoquer un éboulement, mais elle parvint tout juste à projeter quelques débris de pierre dans toutes les directions.
Très vite, les orques se jetèrent au combat sans avoir connaissance du piège ! Car si les deux premiers les atteignirent, le troisième passa près du squelette et disparut aussitôt dans les hauteurs ! Ysatis fit à nouveau usage de son anneau magique, mais sur un ennemi cette fois : le guerrier sauvage fut projeté en arrière et, avant même d’avoir touché le sol, disparut soudain au plafond. Le 3e orque succomba aux blessures. Puis les deux autres tombèrent du plafond avec violence. Les cadavres possédaient quelque monnaie sonnante et trébuchante, ainsi que quelques joyaux et diverses potions…

Au nord de la salle des crapauds, les aventuriers atteignirent une nouvelle salle comportant les traces d’un campement qu’il supposèrent être orque. Il y avait quatre paillasses – un chef orque se cachait-il dans le secteur ? Ce qu’ils supposèrent être sa paillasse dissimulait quelque trésor.

Un passage ouvert vers l’est donnait sur l’antre de 3 horribles vers géants, que les aventuriers évitèrent soigneusement, tandis qu’un autre ouvert au nord donnait sur une piège plus grande au centre de laquelle étaient entassés négligemment divers cercueils et sarcophages abîmés…
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

La Nuit des Trolls : Le faux mage
Scénario maîtrisé par Chrysalid • 11/09/21
Héraliel, Ysatis, Hedjas, Élerinna et Thornir • Eauprofonde, le 5 Eleint 1359 CV (¼ jour)


Les aventuriers étaient déconcertés par leurs dernières découvertes. En échangeant leurs informations, ils comprirent que c’était peine perdue que de s’enfoncer toujours plus loin dans les ténèbres. Montprofont était un vaste labyrinthe infesté de créatures et de pièges s’étendant sous la ville, et plus ils s’éparpillaient, plus ils risquaient leur vie inutilement.
Finalement, ils décidèrent de laisser tomber cette section, quant bien même la curiosité les poussait à explorer plus avant, pour enfin retourner auprès de l’échelle menant à la maison de Turi. La porte magique gardée par une guêpe géante cachait évidemment la réponse à leur enquête, aussi décidèrent-ils de s’y rendre aussitôt.

Cette fois-ci, ils se préparèrent tous au combat, mais plutôt que de tenter une ouverture normale de la porte, ils usèrent de l’Anneau du Grand Bélier – le portail vola en éclat sans provoquer d’effet magique, au soulagement général.
Alors, tandis qu’Héraliel surveillait le couloir, ses compagnons s’engouffrèrent prudemment dans la pièce, qui s’avéra être une cuisine. En effet, l’endroit n’était pas très grand mais contenait tout le nécessaire à cuisiner, des meubles au chaudron, ainsi que nourriture, couverts, ustensiles… ainsi que trois badauds manifestement sous l’effet d’un Charme-personne ou de quelque chose d’équivalent. Ceux-ci ne prêtèrent aucune attention aux intrus et continuaient à cuisiner comme si de rien n’était. Hedjas profita de l’aubaine pour remplir son sac de provisions.

Au-delà de cette salle s’étendait un dépôt d’armes diverses et variées et de qualités commune. Ils en profitèrent pour faire le plein de flèches.

Par contre, dans le couloir qui suivait, Élerinna provoqua l’ouverture d’une trappe. À sa grande horreur, elle sentit le sol se dérober sous ses pieds et se vit tomber dans une fosse garnie de pointes !!! La prêtresse tomba et s’empala sur une pique – une seule, fort heureusement pour elle – et eut la surprise d’être toujours vivante. Thornir, Héraliel et Hedjas l’aidèrent à s’en sortir, la remontant à l’aide d’une corde, avant de lui fournir une Fiole de guérison de la guilde. L’elfe l’avait échappé belle.
Plus au sud, les 5 aventuriers découvrirent une geôle dans laquelle était enfermé un homme maigre au regard fou. Le jeune magicien eut pitié de lui et lui fournit quelque nourriture sur laquelle le prisonnier se jeta avidement !
- Est-ce que c’est Vahje ? demanda Hedjas.
Mais non, ce n’était pas lui.

Parfois, ils entendaient des voix provenir du couloir sud. Ils finirent par s’y engager et découvrirent plusieurs alcôves aux fonctions diverses. La 3e les surprit, car elle ne contenait rien. Thornir repéra des rainures qui laissaient présager la présence d’un piège. Lorsque Hedjas y donna des coups de bâton, tout le monde s’écarta – fort heureusement d’ailleurs ! Car soudain, un nuage de gaz empoisonné envahit le secteur, et le jeune magicien ne dut sa survie qu’à ses réflexes ! Que protégeait ce piège ? Il ne menait à rien, pourtant. Étrange…
Finalement, le nain retourna dans la pièce nord où gisaient les cadavres d’orques, pour en ramener un avec lui. Lorsqu’il jeta le corps dans l’alcôve piégée, tout le monde s’écarta ! Un nouveau nuage de gaz envahit le couloir, que Thornir reçut en pleine face ! Il sentit ses muscles se contracter et dut concentrer toute sa volonté pour ne pas succomber au poison. Bien que sa force fut suffisante pour ne pas finir paralysé, il conserva tout de même une certaine raideur qui le handicaperait à coup sûr…

Au sud, le couloir obliqua vers le nord, jusqu’à un coude où ils provoquèrent l’ouverture d’un nouveau piège ! Cette fois, une trappe de 6 mètres de long s’ouvrit devant eux ! Ysatis utilisa une corde pour descendre, puis escalada la paroi opposée où elle remarqua une grande pièce avec des caisses et des tonneaux, au milieu desquels des silhouettes marchaient d’un pas mécanique. De nouveaux civils charmés, à n’en pas douter. Alors elle se hissa et entra dans la pièce pour y jeter un œil, sachant que les « zombies » ne l’inquiéteraient pas. Mais elle se figea lorsqu’elle vit qu’un homme se tenait au centre de la pièce, manifestement un individu important, qui surveillait les opérations en cours. Et tout laissait à penser que celui-ci n’était pas sous un charme quelconque. Hélas, derrière elle, ses compagnons étaient trop bruyants, et il était prévisible que le nouveau venu allait les repérer très vite. Alors elle retourna en arrière et se glissa aussitôt dans le piège… juste à temps en vérité, car à peine eut-elle touché le fond qu’elle vit la dalle se refermer au-dessus d’elle.

Ses quatre compagnons eurent alors la surprise de voir débarquer un homme en costume de noble qui n’eut pas l’air très heureux de les trouver ici.
- Est-ce que c’est Vahje ? demanda Hedjas.
Mais non, ce n’était pas lui. Il n’y eut pas de dialogue, et très vite, les coups s’échangèrent. Toutefois, l’individu était seul, et bien qu’il put distribuer quelques Projectiles magiques, il succomba rapidement à un Sommeil magique invoqué par Élerinna.
Lorsqu’il tomba, son visage changea et il laissa place à un faciès grisâtre aux yeux blancs : un DOPPELGÄNGER ! À présent tout était clair ! Si les Doppelgängers étaient de la partie, cela expliquait la psychose de Turi, et probablement aussi l’attitude de Vahje, dont la nature de « faux mage » devenait évidente ! Tous ceux qui s’étaient renseignés sur Montprofont savaient qu’il y avait des Doppelgängers dans les profondeurs, et que les créatures de cette « confrérie » étaient connues pour comploter contre la surface, dont ils convoitaient le pouvoir.
Plutôt que de prendre le moindre risque, ils décidèrent de tuer ce monstre ; Ysatis le poignarda tandis que Thornir lui écrasa le visage de son marteau. Puis ils cachèrent son cadavre au fond du piège et poursuivirent leur exploration.

La salle aux caisses contenait toutes sortes de fournitures, dont des vêtements correspondant à toutes les couches de la société ; Élerinna se trouva une belle cape.
Des voix les alertèrent, et ils durent se cacher derrière des caisses pour voir trois hommes et femmes d’apparence noble traverser la salle. Des doppelgängers sous une fausse apparence évidemment. Qui sait quels postes importants de la ville avaient été remplacés par ces êtres ?

Enfin, les 5 aventuriers purent reprendre leur visite. Plus loin, ils trouvèrent une petite bibliothèque saturée de livres sur la ville d’Eauprofonde, ses familles nobles, le fonctionnement de son administration, de son armée, de ses commerces, etc. En gros, toutes ces choses à savoir pour envahir sans être inquiété…

Par contre, la grosse porte de métal leur posa plus de problème. Fermée à clef, elle provoqua une décharge électrique à Ysatis lorsque celle-ci tenta de la crocheter. Alors Héraliel utilisa ses pouvoirs télékinésiques pour provoquer l’ouverture du mécanisme sans le toucher, et la porte s’ouvrit.
Mais avant d’entrer, ils attachèrent sommairement Hedjas et Thornir pour les faire passer pour des prisonniers. Enfin, ils entrèrent en espérant qu’Héraliel, Ysatis et Élerinna parviennent à se faire passer pour des membres de la confrérie.

Ils accédèrent alors à une grande pièce bien éclairée comportant statues, colonnes et mobilier. Au milieu se tenait un homme d’apparence noble qui fut très surpris de les voir entrer. Comme convenu, les trois femmes tentèrent de se faire passer pour des membres, et lui présentèrent les « prisonniers » qu’elles venaient d’attraper. Hélas, elles ne furent guère convaincantes, ne parvenant qu’à lui mettre le doute pendant une seconde. Thornir profita de cette inattention pour faire usage de ses pouvoirs en utilisant une Attaque balistique sur un cailloux – qui s’écrasa contre le mur du fond. Le combat commença dans la seconde.
Aussitôt, ils le canardèrent de leurs pouvoirs, tandis que celui-ci invoquait de prime abord une Image miroir, puis Convoqua un batrasog ensuite. Les aventuriers, quant à eux, lui décochèrent flèches et dagues, tandis qu’Héraliel faisait brûler sa peau par Agitation moléculaire, et que Thornir Contrôlait les flammes des torches alentours pour le brûler !
Finalement, attaqué de toutes parts, il invoqua un Brouillard qui envahit toute la chambre ! Mais c’était sans compter la présence d’Ysatis qui s’était glissée derrière une statue, et se trouvait à présent dans le dos de leur ennemi. Elle profita du brouillard pour se glisser jusqu’à lui, afin de lui planter deux dagues dans le dos ! Le doppelgänger tomba, raide mort. Aussitôt, le batrasog et le brouillard disparurent, et l’inconnue devint grisâtre, sans surprise.

La victoire était à eux. Ils découvrirent dans ses affaires la fameuse robe violette des membres de l’Ordre Vigilant des Magistes et Protecteurs. En outre, une geôle au fond de la pièce dissimulait un cadavre desséché.
Est-ce que c’est Vahje ? demanda Hedjas.
Oui, cette fois c’était bien lui. Ou du moins ce qui en restait.

En fouillant les lieux, ils récupérèrent sa fortune ainsi que quelques potions magiques et parchemins qui traînaient sur les étagères. Une armure complète exposée dans un recoin de la pièce aurait certainement pu servir de preuve quant à l’une des identités du faux Vahje, mais elle serait difficile à transporter. Ils trouvèrent cependant quelques notes en tous genres qu’ils embarquèrent en espérant que cela pourrait apporter quelques réponses. Puis ils brûlèrent les réserves, libérèrent les prisonniers, et enfin remontèrent à la surface, retrouvant avec joie l’air de la ville.
Bien qu’il faisait nuit, ils se rendirent aussitôt à la Guilde pour faire leur rapport et donner toutes les informations possibles en espérant clôturer l’enquête sur la Nuit des Trolls…

Épilogue : Dans les semaines qui suivirent, l’enquête fut reprise par des membres de l’Ordre Vigilant, puis par les autorités d’Eauprofonde. En effet, certains noms apparaissant dans les notes du faux Vahje éveillèrent les soupçons des Veilleurs, parmi lesquels le Capitaine de navire Narim, le marchand de textile Wulve Raaikyn ou encore le Civilar Blayk Rintas des docks. Tués durant la Nuit des Trolls, ces victimes avaient été considérées accidentelles… jusqu’à ce jour. Il parut dès lors évident que les colliers truqués n’avaient servis en vérité qu’à noyer certaines morts stratégiques qui devaient servir les plans des doppelgängers. Il était bien entendu impossible de deviner quel plan ceux-ci avaient mis en place, mais il était évident que l’action des 5 aventuriers y avaient mis un terme, en même temps qu’ils avaient tué «Vahje-2» et retrouvé l’original…
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

Voilà, ces derniers épisodes marquent la fin de La Nuit des Trolls, qui a occupé quelques aventuriers à Eauprofonde durant plusieurs épisodes.

Les prochains que je vous mets en ligne permettront de clore Le Cercle Brisé, avec Azaämä la barbare du Nord et l'orque Cordül.
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

Le Cercle Brisé : Un sauvetage inattendu
Scénario officiel maîtrisé par Chrysalid • 17/07/21
Francine et Yorina / Azaämä et Cordül • Nouakchott, Kythorn 1359 CV (1 jour)


Lorsque Clinker débarqua dans l’auberge de Nouakchott, exultant de bonheur, tous les regards se posèrent sur lui, inquiets. Jusque là, chaque passage des deux mercenaires était accompagné de nouvelles plus ou moins rassurantes sur ce qu’il y avait dans les souterrains. Mais tout du moins apportaient-ils des nouvelles, bien que la plupart des paysans ne comprenait pas toujours tout.
De fait, l’arrivée du gnome fut-elle suivie par un silence étourdissant, tous les yeux se braquant sur lui, attendant de voir apparaître la barbare et son compagnon orque. Une déception se lut dans les regards lorsque Clinker s’installa au comptoir pour commander une bière, seul. Très vite, il remarqua qu’il était le centre de l’attention, et ne put résister à la tentation de se donner en spectacle. Il paya sa tournée et commença à raconter à qui voulait l’entendre qu’il avait réussi, à lui seul, à vaincre ses deux tortionnaires ! Certes, les villageois avaient bien remarqué que le gnome, lors de son dernier passage à l’auberge, était ficelé comme un saucisson et que l’orque s’amusait à jouer avec lui comme avec un jouet (on s’était même demandé s’il ne lui avait pas introduit des choses d’un côté ou de l’autre). Néanmoins, la présence de ces deux mercenaires, aussi inquiétants fussent-ils, apportait une touche d’espoir aux paysans.
Je leur ai faussé compagnie, exultait-il. Ils n’ont rien vu venir ! Je me suis caché, et je les ai vu me poursuivre de loin. Bien sûr, je les ai suivi un moment pour savoir s’ils allaient finir par me lâcher, et je les ai vu se rendre dans la pièce avec une sorte d’autel noir. Là, je les ai perdus. Je crois qu’ils ont disparus, je ne sais pas où ils sont.
Parmi l’auditoire, certains se demandèrent si les mercenaires allaient revenir, et si leur malédiction serait levée bientôt. Mais le gnome balaya ces inquiétudes d’un revers de la main, offrant une nouvelle tournée générale pour détourner l’attention.
Dans la salle, une personne ne sembla pas convaincue par ses explications. Elle s’appelait Francine et faisait partie des bardes qui égayaient fréquemment les soirées à l’auberge. La nouvelle de la disparition des mercenaires l’inquiétait fort. Elle vint lui demander si les problèmes étaient réglés, mais le gnome ne semblait guère enclin à lui répondre.

À un moment, il exhiba une petite harpe qu’il avait trouvée dans les souterrains, et cette vision alluma une petite lumière d’intérêt dans les yeux de Francine qui la convoita aussitôt. Clinker semblait vouloir la revendre au plus cher – Yorina Ludrutal, une jeune femme de l’assemblée, lui suggéra d’aller à Eauprofonde et cette idée lui plut. Il demanda au patron de l’auberge de lui préparer un cheval pour le lendemain matin – il partirait avec Yorina.

En suivant ces échanges, Francine eut une idée, et commença même à mettre un plan au point. Elle s’approcha de Yorina. Elle la connaissait, et savait que de tout le village, elle serait la seule à accepter de l’aider – tout simplement parce que, étant probablement l’idiote du village, elle ne comprendrait même pas le danger que cela représentait. En outre, aucun des hommes du village ne la prendrait au sérieux.
Yorina accepta d’écouter son plan, mais la jeune idiote ne comprit qu’une chose : il fallait voler le gnome, et ça, « c’était mal ». Mais Francine lui expliqua que c’était nécessaire pour le bien commun. Une explication qui ne la convainquit qu’à moitié. Elles discutèrent d’un plan…

Dès le lendemain matin, lorsque Yorina et Clinker se retrouvèrent à l’écurie, la selle lâcha, sabotée par Francine durant la nuit, et tous deux de se retrouver à terre. Francine surgit « par hasard » pour les aider à se relever, et tandis que le gnome s’énervait contre l’aubergiste, elle fouilla rapidement ses sacoches, subtilisa la harpe, et s’enfuit.
Énervé, Clinker renvoya Yorina qu’il jugea responsable de sa chute, puis quitta les lieux avec un cheval nouvellement sellé.
Les deux femmes se retrouvèrent dans la rue principale de Nouakchott et décidèrent d’aller fouiller les souterrains à la recherche des deux mercenaires. Du moins… Francine décida d’y aller, et Yorina la suivit sans trop comprendre ce qui se passait.

Peu après, elles gravissaient la colline qui montait au Cercle de Cahervaniel, et s’enfonçaient dans les ténèbres.

La première salle, envahie de brume bleue, leur présenta 5 portes. D’instinct, elles se dirigèrent vers celle d’en-face, et durent, pour l’atteindre, passer au-dessus d’une trappe qui avait déjà été ouverte. Elles arrivèrent dans un sombre couloir, dans lequel régnait un inquiétant silence. L’obscurité était telle que leurs torches peinaient à la percer. À nouveau, elles agirent d’instinct et se dirigèrent vers une porte située juste en face.

Par-delà se trouvait un couloir. Elles évitèrent de visiter les salles où pendaient d’étranges toiles d’araignées phosphorescentes, et examinèrent les statues humanoïdes qui attendaient plus loin, dans des alcôves. Elles se demandèrent si celles-ci ne cachaient pas quelque chose, mais malgré leurs recherches, ne repérèrent rien de notable.

Plus loin, une porte s’ouvrit sur une pièce hexagonale au sol en damier et occupé en tout et pour tout d’un autel noir :
- Ça y est, on l’a trouvé ! s’exclama Francine.
- Quoi ? demanda Yorina, toujours à l’ouest.
Une étude de l’autel ne leur apprit rien, si ce n’est que la barde vit apparaître l’énigme. Le couloir à l’est les mena vers une nouvelle pièce envahie de ces effrayantes toiles d’araignées ; elles firent aussitôt demi-tour. Par contre, la petite pièce à l’ouest les envoya… face aux deux mercenaires ! Ceux-ci étaient assis dans une salle de petite taille, sans entrée ni sortie. Comment étaient-elles arrivées là ? Sorcellerie !
Lorsque les deux paysannes surgirent dans la salle, Cordül et Azämaä bondirent sur leurs pieds de surprise, armes en mains ! Cela faisait plus de 20 heures qu’ils étaient tous deux enfermés sans espoir de sortir. Leur longue réflexion sur l’énigme leur avait fait comprendre que la possession de la harpe aurait été nécessaire pour sortir de là. Sans cela, ils auraient été condamnés à mourir ici-même.

Francine leur expliqua la raison de leur présence. Inquiète de leur absence, elle avait organisé ce « sauvetage » en espérant pouvoir leur être d’une quelconque utilité. Comme l’orque et la barbare restaient méfiants, la barde exhiba la harpe volée au gnome.
Cette vision ralluma une lueur d’espoir dans les yeux des deux mercenaires qui s’en emparèrent enfin !

Alors ils firent diverses tentatives. Mais lorsqu’ils approchèrent la harpe du crâne, une légère note sembla s’élever, comme si les deux objets entraient en résonance. Francine proposa d’en jouer – après tout, elle était barde. Mais la harpe semblait horriblement mal accordé, et chaque note qui s’en élevait écorcha les oreilles de l’auditoire. Mais cela eu l’effet escompté, car une étincelle s’alluma au fond des orbites du crâne, et une voix sembla s’élever, le crâne utilisant la harpe en guise de cordes vocales :
Votre présence ici signifie que vous acceptez les Épreuves. Choisissez : Épreuve de Force ou Épreuve d’Esprit ?
Avant que quiconque ait pu répondre, Cordül poussa ses compagnons en criant : «Épreuve de Force ! ». Et aussitôt, quatre morts-vivants surgirent du sol et s’attaquèrent aux protagonistes. Francine et Yorina se recroquevillèrent dans un coin alors même que l’orque et la barbare enchaînaient les coups de lames – les têtes se fracassèrent et les membres volèrent. Aussitôt la victoire acquise, une bourse émergea du sol, dont les mercenaires s’emparèrent.
Et dans la seconde, tous étaient téléportés dans la pièce voisine à l’autel. ENFIN LIBRES !

La bourse contenait des pièces d’or, des gemmes et une potion. Bien que Cordül insista pour tout conserver et n’en rien laisser aux courageuses villageoises, Azaämä glissa un saphir dans la poche de chacune d’elles. Puis elles les renvoyèrent en surface car l’endroit n’était pas sûr pour elles. Elles ne se firent pas prier, Francine étant fière du moins d’avoir pu libérer les mercenaires. Quant à Yorina… comprit-elle seulement ce qui venait de se passer ?

Pendant un temps, Cordül et Azaämä se concertèrent sur leurs raisons de poursuivre l’investigation. Pour quelle raison faisaient-elles cela ? Les villageois leur avaient promis 100 pièces d’or, était-ce suffisant ? Bon, elles acceptèrent de fouiller encore un secteur, ne serait-ce que pour voir si elles trouvaient comment pousser leur exploration plus loin. Dans le cas contraire, elles quitteraient les lieux sans regret.

L’une des portes de la première salle les mena à un secteur envahi de toiles d’araignées. Ils furent aussitôt attaqués par tout un groupe de guerriers chitines ! Une salle plus loin contenait de gros cocons – des lits à n’en pas douter. Ceux-ci dissimulaient des pièces d’argent frappées de motifs d’elfes et d’araignées : des drows ?

Une salle plus loin, ils rencontrèrent la reine chitine de ce secteur, Uelwen, et ses deux araignées géantes domestiques. Ils échangèrent sur le fait que les attaques en surface n’étaient pas de leur fait. Uelwen et ses gens cherchaient justement à s’échapper des profondeurs et ne demandaient qu’à trouver un site en surface où s’établir. Contrairement à ces fous d’en-bas, Caullum et sa communauté.
Elle accusa d’ailleurs Caullum d’être le seul et unique responsable de ces malheur qui survenaient en surface. Car il avait réveillé un mal dans les tréfonds, qui ne demandait qu’à s’étendre.
Ces paroles inquiétèrent les deux barbares. Uelwen leur expliqua qu’il avait trouvé le Mot d’Ouverture dans ce secteur, probablement derrière la porte à tête de dragon. Hélas, la clé de ce passage était en possession de Garlome, le sbire de Caullum que les mercenaires avaient déjà rencontré la veille…
Dernière édition par Chrysalid le Lun 2 Oct 2023 10:20, édité 1 fois.
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Re: [CHRONIQUES] Ervansharee, Pandragora et les autres...

Message par Chrysalid »

Le Cercle Brisé : Le Mot d’Ouverture
Scénario officiel maîtrisé par Chrysalid • 07/08/21
Azaämä et Cordül • Nouakchott, Kythorn 1359 CV (1 jour)


Guidés par les indications d’Uelwen, Cordül et Azaämä descendirent jusqu’à l’étage inférieur, où ils virent la silhouette de Garlome, toujours agenouillé devant la porte de fer, en signe de dévotion enver son seigneur. Ils descendirent l’éboulis et s’approchèrentr de lui – il se leva à leur approche. Mais cette fois, l’orque dégaina son arme et posa la lame contre le cou du Chitine en disant d’une voix ferme :
Donne-nous la clé.
L’être esquissa ce qui ressembla à un sourire, puis il dégaina une dague de toile qu’il colla contre l’épée de Cordül. Puis, dans l’instant, il rejeta sa cape et exhiba un bouclier et 3 dagues dans ses mains trop nombreuses ; le combat s’engagea. Mais le Chitine ne fit pas le poids contre les deux mercenaires, mais avant de sombrer, il leur lança des petits sacs, dont l’un explosa à la face d’Azaämä : en un instant, elle fut couverte d’une nuée de minuscules araignées qui la mordirent avant de mourir.
Affaiblie, la guerrière du nord gelé se sentait déjà dépassée par les évènements.
En découpant l’armure de toile du sbire, Cordül trouva la clé, et tous deux remontèrent jusqu’à la première salle, où ils s’intéressèrent enfin à la Porte du Dragon, dont les narines de pierre exhalaient en permanence une brume bleuâtre. De fait, l’orque dût s’y plonger pour chercher la serrure, mais de fait, il sentit le gaz s’immiscer dans ses poumons et commença à tousser douloureusement ! Ce gaz était corrosif ! Lors Azaämä tenta le coup et, se protégeant le nez, trouva la serrure et ouvrit la porte.

Au-delà se trouvait une petite salle dont le fond était percé d’une ouverture sombre. Au-dessus de l’arche avaient été gravés des mots que la guerrière fut incapable de lire. Alors elle utilisa son matériel pour « recopier » la phrase en dessinant littéralement les caractères. Puis ils retournèrent voir Uelwen en espérant qu’elle serait capable d’en traduire les termes.

Pour commencer, elle les reçut avec un certain mépris, se demandant pourquoi elle les aiderait. Mais elle dut reconnaître que si le mal se propageait, elle le subirait comme tout le monde. Lors, elle consentit à y jeter un œil : « N’entrez ici qu’avec révérence ». Ils comprirent assez vite qu’il fallait se baisser pour entrer – comme un pénitent en somme – car un piège y avait certainement été installé.

Et en effet, lorsque Cordül pénétra dans la salle obscure à quatre pattes, une lame émergea puissamment du mur pour frôler son crâne – sans cette précaution, il aurait été littéralement décapité ! Azaämä l’y rejoignit de la même façon, et tous deux de se trouver face à une nouvelle énigme : au centre de cette salle ronde au plafond en coupole se trouvait un trépied de métal contenant une sphère glaciale au toucher. La guerrière du Valbise le toucha plus longuement, et si le contact fut douloureux, elle entendit un mot dans son esprit : « Pyorrhoea »… Était-ce là le fameux Mot d’Ouverture ? L’orque effectua la même manœuvre et entendit le même mot.

Sans délai, tous deux redescendirent face à la porte de fer, que le Mot ouvrit automatiquement. Enfin, ils purent s’engager dans ce qui semblait être la source du mal… À ce moment, ils repensèrent à la harpe qu’ils avaient laissée aux deux paysannes : pourvu qu’elle ne soit pas nécessaire pour la suite…

La première chambre dallée de rouge était éclairée d’une étrange luminescence. De curieuses créatures étaient en train de se battre un peu plus loin, dont la silhouette rappelait un peu celle des bec-haches qu’ils avaient affrontés dans une pièce du 1er niveau… mais ceux-ci étaient plus massifs… et semblaient appartenir à une race bien plus ancienne, à la peau d’écailles et à la gueule de crocodile ! Les mercenaires tentèrent de s’éclipser discrètement, mais l’orque déclencha un piège qui alerta les bêtes : aussitôt, elles se jetèrent sur eux ! Fort heureusement, Cordül en tua une d’un violent coup d’épée, puis une seconde, alors même que la dernière clouait Azaämä au sol avec ses puissantes serres pour la mordre avec violence ! La guerrière s’en débarrassa, mais ses blessures s’accumulaient.

Enfin, toutes deux s’engagèrent dans le couloir d’en face, et finirent par arriver dans une salle occupée par d’étranges créatures semblables à des « polypes » nantis d’une bouche humaine qui ne cessait de marmoner des mots inintelligibles.  Ceux-ci, qui devaient bien être 20 ou 30, essayaient de se diriger vers la porte d’en face, mais en étaient empêchés par une ligne de poudre blanche – certainement du sel.
Azaämä approcha sa torche d’une créature grommelante pour en tester la réaction, et celle-ci bondit en arrière en crachant un jet de lumière aveuglante qui éblouit la guerrière ! Aussitôt, tous les monstres se tournèrent vers eux et se précipitèrent dans leur direction ; les deux combattants fuirent par le couloir d’où ils étaient arrivés en refermant derrière eux.

Qu’est-ce que c’était que ces créatures ? Qu’est-ce qui se passait ici ?

Ils prirent le couloir est et accédèrent à une salle où ils furent attaqués par des mains grisâtres émergeant du sol. Comme ils parvenaient toujours à les éviter, deux goules surgirent du sol, que les guerriers occirent facilement.
Hélas, lorsque tous deux se sentirent en confiance dans cette salle, de nouvelles attaques survinrent du sol – des griffes se plantèrent dans leurs jambes, paralysant leurs muscles ! Puis tous deux furent lentement aspirés par le sol. Fort heureusement, l’orque retrouva sa liberté de mouvement rapidement, et put extraire Azaämä qui avait presque disparu sous terre ; bien que pour la sauver, il fut obligé de la tirer par les cheveux !
Enfin, deux autres goules émergèrent mais l’orque les tua l’une après l’autre.

Deux portes au sud menaient vers une pièce ornée de deux statues de licornes qui émettaient de flashs de lumière à intervalles réguliers – l’effet était perturbant, surtout eu égard au fait que la torche d’Azaämä s’éteignait et se rallumait au même rythme ! Impossible de s’éclairer dans ces conditions. Puis ils remarquèrent une silhouette noire dans l’escalier du fond ; était-ce une licorne ? Non, cela ressemblait plutôt à un centaure… Il était impossible de savoir à quoi ils avaient à faire. Toujours est-il que la chose émit un hurlement pareil à celui que pousserait toute une horde de loups avant de se jeter sur eux avec violence. Bien qu’ils eurent beaucoup de mal à percevoir leur adversaire avec cette lumière clignotante, ils le combattirent, et même le détruisirent ! En effet, sa silhouette s’évapora en un cri étrange sans laisser de trace…

Plus bas, ils découvrirent une salle péristyle ayant manifestement subi les conséquences d’une violente explosion il y a fort longtemps. Diverses colonnes, détruites pour la plupart, ornaient les lieux, et un squelette très ancien et à moitié pétrifié était figé contre un mur. Il semblait avoir laissé là des griffures… ou plutôt… un message ? Mais la guerrière fut incapable de le lire, ça n’était pas du commun ni aucune des langues qu’elle maîtrisait.

L’endroit étant un cul-de-sac, ils remontèrent et poursuivirent leur exploration.

Plus loin, ils dégotèrent une sorte de laboratoire ou d’atelier qui avait dû servir à sculpter quelque chose. Au sol, divers débris d’un matériau pâle et translucide subsistaient, toujours environnés par une sorte de corrosion noirâtre capable d’affecter même la pierre…

Enfin, ils trouvèrent une salle vide dans laquelle ils décidèrent d’établir un camp afin de recouvrer leurs forces. Hélas, le repos ne dura pas, car au bout de 16 heures, ils furent retrouvés par un groupe de trois raptors qui obligea l’orque à se remettre au combat – il préféra s’occuper seul des monstres, Azaämä n’étant pas en état.
Cependant, après leur victoire, ils réussirent à ouvrir une porte, jusque là bloquée, derrière laquelle se trouvait une minuscule salle vide… Cet endroit ferait-il office de refuge efficace ?
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Le Cercle Brisé : La Première Pierre
Scénario officiel maîtrisé par Chrysalid • 28/08/21
Azaämä et Cordül • Nouakchott, Kythorn 1359 CV (1½ jour)


Azaämä et Cordül se reposèrent pendant plus de 24 heures sans être inquiétés. Parfois, ils entendaient d’étranges bruits se répandant dans les murs, parfois des hurlements de créatures prouvant que l’endroit était toujours infesté, mais nul ne vint jamais les perturber dans leur retraite.
Finalement, le lendemain, ils quittèrent la quiétude de leur refuge et reprirent leur exploration.

En se dirigeant au sud, ils découvrirent un étrange carrefour dont une branche menait vers un couloir sombre, dans lequel bougeaient des silhouettes agressives. Or, ces formes ne quittaient pas la zone d’ombre. Les deux aventuriers gardèrent ce secteur dans un coin de leur esprit.

Plus loin, ils mirent la main sur un ancien atelier rempli de fioles, dont Azaämä en mit quelques uns dans sa besace.

S’ensuivit un long couloir, dans lequel ils virent de grosses urnes de pierre scellées par du plomb, manifestement très anciennes. Bien entendu, ils furent incapables de lire les inscriptions, et préférèrent s’en désintéresser.
Finalement, le corridor déboucha sur une porte, derrière laquelle se trouvait une petite salle dont un coin était incurvé. Au centre de ce pan de mur convexe se trouvait une porte de métal totalement inamovible, recouverte de vieux hiéroglyphes. Au-dessus de ladite porte, trois crânes tenant en leurs mâchoires le symbole de l’infini étaient scellées dans le métal. Or, un bouton proéminait sous le crâne de droite. La curiosité de Cordül l’emporta sur la prudence, et il enfonça le bouton – les yeux du crâne de droite s’illuminèrent d’une pâle lumière bleutée. Mais rien ne se passa de plus. Azaämä tritura le bouton en espérant provoquer un effet, en vain. Peu à peu, l’orque comprit qu’il fallait trouver d’autres boutons dans la structure pour allumer les autres crânes – et probablement permettre l’ouverture de la porte.

Ils quittèrent la salle aux 3 crânes et retournèrent par le long couloir. Ils repassèrent devant leur refuge puis atteignirent la salle où ils avaient affronté les goules. Enfin, ils étaient de retour dans la première salle du niveau.
Ils avaient alors accès à deux autres couloirs. L’un d’entre eux menait à la salle aux « polypes » tandis que l’autre donnait accès à une zone entièrement inondée. Azaämä ne sachant pas nager, il fut rapidement décidé qu’ils iraient affronter les « polypes ».

Les créatures étaient toujours là. Petites choses blanchâtres mues par de longs et fins tentacules, ils essayaient toujours de s’attaquer au mur de sel qui avait été érigé vers le sud – or, il s’avéra que la ligne de sel était plus épaisse qu’avant : il y avait quelqu’un ici !
Les deux barbares sautèrent au-dessus des bêtes et arrivèrent dans une salle vide, ou presque. Dans un coin, un sac de sel gisait, que Cordül récupéra.
La salle suivante était une véritable boucherie, où pendait un cadavre de raptor. Manifestement, l’occupant des lieux fumait sa viande pour s’en nourrir.
La 3e salle était une sorte de chambre, contenant des affaires éparses et une couchette dans laquelle était allongée une forme… Cordül et Azaämä s’en approchèrent discrètement, lorsque soudain, une forme tomba du plafond et se jeta sur la barbare. Aussitôt, elle sentit une lanière de cuir enserrer son cou avec une brutalité peu commune. L’orque colla sa lame contre le cou de l’ennemi pour lui intimer l’ordre de cesser, mais celui-ci serra de plus belle – très vite, Azaämä se sentit perdre conscience. Alors l’orque frappa l’inconnu, qui disparut aussi vite qu’il était apparu. La barbare eut bien du mal à reprendre son souffle.

Au-delà de cette pièce, ils trouvèrent une salle avec un mur convexe, une porte de métal et 3 crânes, dont les yeux du 3e étaient éclairés. Sans surprise, le crâne du centre surplombait un bouton que Cordül enfonça sans hésiter : celui-ci s’éclaira à son tour. Restait à trouver comment activer le crâne de gauche, et ils accéderaient sans aucun doute à la salle cachée derrière ces porte de métal. D’après le plan que la barbare traçait, c’était une pièce ronde.
Hélas, toujours d’après ses plans, le dernier moyen d’y accéder serait de passer par la section immergée…
Alors ils firent demi-tour, repassant par le repaire de l’assassin, la boucherie, et la salle aux « polypes », qu’ils tentèrent de disperser en les aspergeant de sel. Enfin, ils traversèrent la salle vers le nord au pas de course et furent de retour dans la salle immergée en peu de temps.

Cordül se débarrassa de son armure lourde, qu’il laissa traîner dans un coin, et c’est nu qu’il poursuivit son aventure. Azaämä fut encordée et assurée par des planches de bois qui l’aideraient à ne pas couler. Puis les deux aventuriers s’engagèrent dans le couloir inondé. Hélas, tandis que les premiers pas semblaient suggérer une faible profondeur, il s’avéra rapidement que le couloir descendait – et soudain, l’orque s’enfonça dans les eaux noires ! Il n’eut pas le temps de remonter que soudain, une main griffue lui attrapa la cheville et l’empêcha de remonter. Il n’atteignit la surface que grâce à l’aide de la barbare qui tira sur la corde ; il dégaina son épée et frappa sous l’eau. Il toucha une créature qu’il tua sur le coup. Et soudain, quatre autres bêtes du même genre, des choses humanoïdes à la peau verdâtre recouvertes d’algues, surgirent des flots pour les attaquer. Les deux aventuriers dégainèrent leurs armes et les tuèrent pour le compte.

Inquiet de sa blessure à la cheville, il proposa un repos pour voir comment celle-ci évoluerait. Mais bien que des couleurs peu engageantes apparurent, il ne sentit pas de symptôme particulier. Il était temps de reprendre le chemin.

Le passage était dégagé à présent, les deux mercenaires durent mettre la tête sous l’eau, car le couloir s’enfonçait. Ils bloquèrent leur respiration et plongèrent dans une vaste citerne remplie ad nauseam de cadavres, d’organes, de membres à moitié dévorés et autres choses qui les horrifièrent.
Très vite, ils trouvèrent une porte qui menait à un couloir à l’air libre, où ils reprirent leur respiration. Or, l’un des coins de la pièce était incurvé avec une porte de fer, surmontée de 3 crânes dont deux émettaient une lumière pâle. Celui de gauche surplombait un bouton qui fut aussitôt enfoncé : les 3 crânes étaient éclairés à présent. Et la porte de fer s’ouvrit sans difficulté sous les cris de joie de Cordül.

Au-delà se trouvait une grande salle en dôme qui avait dû être une sorte de planétaire métallique presqu’entièrement détruit par la rouille et le passage du temps. 3 portes menaient à cette pièce, que les aventuriers étaient certains de connaître. Et l’un des murs était orné d’une énorme pierre en forme de crâne tenant le symbole de l’infini entre ses dents. Et à ses côtés se tenait une sorte de créature de haute taille, dont la silhouette rappelait vaguement les chitines rencontrés plus haut, bien que dans son cas, son aspect présentait plus de similarités avec les araignées qu’avec les humains.

Évidemment, c’était Caullum. Celui-ci, peu surpris de les voir, se tourna vers eux et leur parla de la « Première Pierre », un artefact ancien qui était là depuis l’origine, et qui serait sans doute là jusqu’à la fin des temps. Certes, Caullum admit qu’il n’était pas le premier à manipuler la Première Pierre, mais là où son prédécesseur avait échoué (vous savez, le squelette dans la salle péristyle ?), lui avait réussi. Il était devenu le Maître de la Pierre lorsqu’il l’avait déterrée, et il remodelait à présent la réalité selon sa volonté.
Les mercenaires dégainèrent leurs armes, Caullum fit de même, exhibant une épée longue faite d’une glace étincelante. Il leur parla du pouvoir de la pierre, expliquant qu’il n’était pas nécessaire de se battre : il y avait assez de pouvoir pour tout le monde ! Il leur suffirait de toucher la pierre.
Les deux mercenaires estimèrent en avoir assez de son monologue de méchant, puis ils engagèrent les hostilités. Le combat fut bref, et Azaämä fit rapidement appel à la fureur, mais ils réussirent à le tuer en quelques coups bien placés. Mais à peine fut-il au sol que l’énergie se déversant de la Première Pierre vint investir son cadavre… qui se régénéra !
Caullum se releva, la silhouette plus voûtée et les membres plus longs qu’auparavant. Et ils le tuèrent à nouveau. Il ne présentait pas une grande résistance, mais il avait déjà blessé Azaämä qui n’en menait pas large.

Très vite, ils comprirent qu’il était lié au pouvoir de la pierre, et que celle-ci le protégeait, le ressuscitait à chaque fois ! Il fallait trouver comment mettre un terme à ce cycle.

En désespoir de cause, Azaämä alla toucher la pierre en espérant perturber le lien entre Caullum et celle-ci. Mais elle sentit très vite que l’artefact s’insinuait dans son esprit et tentait de le remodeler à son image ! Elle retira sa main juste à temps ! Mais elle avait fait une découverte : la pierre n’était pas l’esclave de Caullum. Mais bien l’inverse : quiconque touchait la pierre devenait l’esclave de la pierre !

Lorsqu’il se releva, Caullum ressemblait plus à une grosse araignée à présent. Restait-il quelque chose d’« humain » en lui ? Très vite, Cordül tenta de déplacer le combat dans une salle voisine tandis que la barbare blessée tentait d’agir dans le dôme. Premièrement, rien ne semblait capable d’affecter la pierre. Alors elle commença à l’enterrer (après tout, Caullum prétendait bien l’avoir déterrée, non ?). Et peu à peu, au gré des combats de Cordül et des résurrections du monstre, le geyser d’énergie sembla se réduire. Plus la pierre était recouverte, plus elle retombait dans le sommeil.
Hélas, l’araignée mordit soudain l’orque qui comprit qu’il venait d’être empoisonné. Bien qu’il résista à la douleur, il poursuivit le combat et tua la bête à nouveau. Mais il se sentit en danger, en grand danger.
À présent, Caullum ressemblait à une énorme araignée qui tenait à peine dans la salle ! Cette fois, le monstre le mordit, et l’orque succomba à la douleur. Puis Caullum se tassa pour retourner vers le dôme.
Azaämä parvint à enterrer la pierre entièrement ! Mais lorsqu’elle se retourna, elle se retrouva face à face avec le monstre énorme, et se changea aussitôt en berserk ! Elle coupa la bête en morceaux et la réduit littéralement en bouillie pour être bien certaine que rien ne s’en relèverait !
Puis elle reprit ses esprits, et constata que c’était terminé. La Première Pierre ainsi enterrée, Caullum ne se relèverait pas.

Hélas, Cordül était mort, empoisonné par le monstre. Meurtrie et seule, la barbare remonta jusqu’à l’antre d’Uelwen pour lui demander son aide, mais celle-ci ignorait tout de la magie. Elle accepta néanmoins de lui adjoindre des agents pour remonter le corps de son ami – l’annonce de la mort de Caullum et de la fin du mal la mit cependant dans de bonnes dispositions.

Peu après, quatre chitines remontaient le corps de Cordül sur un brancard de toile durcie. Azaämâ en profita pour aller récupérer l’armure de son ami, mais elle fut attaquée par le monstre étrangleur déjà rencontré plus tôt ! Le CHAFFOIN avait profité de sa solitude et de son inattention. La barbare, au plus bas, se défendit malgré tout et parvint à le traverser de part en part.
Elle emballa l’armure et remonta en surface.

Enfin, elle tira le brancard jusqu’à l’auberge de Nouakchott où tout le monde put constater la mort de l’orque. Celui-ci était mort pour sauver tout le monde, et tous en furent conscients. La colère d’Azaämä était palpable.
Néanmoins, l’affaire du Cercle Brisé avait fait du chemin dernièrement. Et les autorités de Tilverton en avaient entendu parler. Certains villageois lui suggérèrent de s’y rendre, peut-être que la solution se trouvait là-bas.

Très vite, un cortège se mit en place autour du corps de Cordül, qui monta jusqu’à Tilverton. La ville se trouvait à quelques kilomètres de là.

Sur place, nulle autorité ne leur chercha querelle vis-à-vis de l’orque – on sembla même déjà les connaître. Et nul ne fut surpris lorsqu’ils s’arrêtèrent devant le temple de Lathandre, Seigneur du Renouveau. Le grand prêtre accepta d’effectuer un office de Rappel à la Vie en récompense de leur action contre Caullum.
Et c’est au cours d’une messe que l’invocation fut prononcée, et que Cordül rouvrit les yeux…

Conclusion : Cordül fut soigné pendant plusieurs jours, car malgré sa résurrection, sa santé était fragile. En outre, sa blessure à la cheville s’était bel et bien infectée, et nécessitait des soins urgents.
Les autorités de Tilverton interrogèrent longuement Azaämä sur cette affaire, et ils comprirent rapidement le danger que représentait la Première Pierre. Ils monteraient très vite une expédition pour aller parlementer avec les deux camps de Chitines, et surtout sécuriser le site de la Pierre, afin que personne, plus jamais, n’en entende parler…
Travaux effectués :
- Traduction de Spelljammer (Boîte de base, Bestiaire, Écran) et du Chronomancien
- Index AD&D² des Magazines : Dragon Magazine, Casus Belli et autres...

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