[OSE/BX] La Vallée Infernale

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meninges
Dracoliche
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[OSE/BX] La Vallée Infernale

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La Vallée Infernale Camarades,

Nous commençons en cette belle rentrée de septembre une nouvelle campagne bac à sable nommée "La vallée infernale". Nous utilisons les règles de Old school essentials (version 2026) de Gavin Norman (le rétro-clone de B/X) et quelques règles maisons
Vous pourrez retrouver l'ensemble de nos aventures sous formes de CR de campagne ici, mais également sous forme d'actual-play sur notre chaîne Youtube. Bonne lecture et bonne écoute !


Liste des aventuriers :
- Le capitaine Zarel, un elfe magicien de niveau 6, grand élancé, fier mais fidèle à ses compagnons. (PJ)
- Sombrelune le rôdeur, un ranger de niveau de niveau 6, jeune, la barbe naissante, solitaire et à l'oeil vif (PJ)
- Père Aétius le prêtre, un clerc de niveau 6, dans la fleur de l'âge, boite légèrement mais s'appui sur un étrange bâton noueux (PJ)
- Valérian le patrouilleur, paladin de niveau 5, jeune, fringuant et inflexible (PJ)
- Szor'n l'elfe noir, acrobate de niveau 6, malicieux, agile et rusé, il est accompagné de son petit singe (PJ)
- Steppe l'intendant, semi-orc de niveau 5, calme, taciturne et excellent marin (PNJ)
- Ser Bougonnier dit "Le Boug", guerrier de niveau 3, lassé, grincheux mais loyal (PNJ - suivant de Zarel)
Actual-Play Livre IV - La vallée Infernale
Chapitre 1 - Perce-Nuit
Date : 19e jour du 1er mois de Printemps 302

Moi, c’est Le Boug. Ancien sergent d’armes des Baronnies. Aujourd’hui, bouclier du capitaine Zarel. Et maintenant, gratte-papier officiel de la compagnie Perce-Nuit. On m'a collé les chroniques. Je sais me battre, pas faire de fioritures. Alors ça sera brut.

L’hiver a été long à Fort Sanglot. Trop calme. Les coffres se vidaient. Chacun faisait sa petite vie. Vaillance a bâti sa chapelle des immortels. Sombrelune a battu la cambrousse pour sécuriser le domaine. Facette est resté planqué à Port-Argent pour jouer les taverniers à la Chope Fumante et tisser sa toile avec des marchands comme Vaire Corbi. Le capitaine Zarel, lui, s'arrachait les cheveux avec la paperasse et son ombre disparue.

Moi, je me suis fait rouler dans la farine. Un petit malin a cru intelligent de m'écrire des lettres romantiques sous le nom d'une certaine "Lulubelle". Une farce de gamin. Quand je lui mettrai la main dessus, il rira moins.

Puis, le printemps a pointé son nez. Nouvelle année. Le capitaine a convoqué les recrues devant la chapelle. Cérémonie de serment. Ser Aurel le paladin, Galindra la druidesse, Rossignol la barde... Ils ont prêté allégeance. Chimère l'illusionniste, elle, a reculé. Des doutes, qu'elle dit. Des chichis de sorcière.

Après les courbettes, le vrai boulot. Une lettre de l’Ordre des Scribes est arrivée. Une zone vierge à explorer à l'ouest du désert de Sable Rouge, accessible uniquement par les flots. Les brumes pourpres y ont reculé. Il y a une jungle étouffante, une cité perdue, et une de leurs expéditions qui ne donne plus signe de vie. Le contrat ? Retrouver les scribes de Perceval Fossard, finir leur travail, et ramasser 8000 pièces d'or par tête, en plus de la promesse d'un comptoir commercial. Le capitaine a dit oui.

Il a monté son équipe de choc. Sombrelune. Le Père Aitus. Valérian, notre nouveau paladin à l'armure qui brille. L'elfe noir qui grimpe partout. Et moi, pour que Zarel ne finisse pas la gorge tranchée. On a filé embarquer Steppe le navigateur pour tenir la barre de notre navire, l'Usfer.

Départ par la côte. Le vent soufflait fort dans nos voiles. On a fait halte à Berge le premier soir. Un petit trou de pêcheurs. En pleine nuit, à l'auberge, une poignée d'ivrognes a commencé à se castagner et à casser le mobilier. J'allais descendre leur refaire le portrait à coup de poings. Valérian m'a devancé. Un bon coup de garde d'épée sur son bouclier, un sortillège aveuglant d'Aitus en renfort, et les pochtrons faisaient sous eux. Ils ont tout nettoyé en tremblant et en appelant le paladin "Mon Seigneur". Pitoyable.

Demain, on reprend la mer. Vers cette jungle et cette cité engloutie. J'ai l'épée graissée. Tenir une plume, ça me fatigue déjà. Fin de ce foutu premier chapitre.
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Re: [OSE/BX] La Vallée Infernale

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Chapitre 2 - La tour perdue L’air sentait le poisson mort et la bière tiède quand nous avons quitté l’auberge de Berge. Après la bagarre d’ivrognes de la veille, le village s'éveillait avec la gueule de bois, mais la Compagnie Perce-Nuit, elle, était prête à lever l'ancre. Mon devoir était simple : protéger le Capitaine Zarel. Pendant que l’elfe noir, Szor'n, engloutissait toute la menthe du patelin pour calmer un mal de mer qui le rendait d'une humeur massacrante, et que Valérian le paladin s'isolait sous un arbre pour prier ses Immortels pendant une bonne heure, Zarel est venu me trouver. Il a l'œil tactique, le Capitaine. Nous avons discuté de la meilleure façon dont je devais intervenir si le sang venait à couler. Je lui ai assuré que mon bouclier serait toujours entre lui et la lame ennemie.

Sombrelune et notre timonier demi-orc, Steppe, avaient passé la nuit sur notre drakkar, l'Usfer, pour veiller sur la cargaison. Dès que Zarel en a donné l'ordre, nous avons pris la mer.

La première journée de cabotage fut étrangement calme. Les vents nous étaient favorables, soufflant dans nos voiles tandis que nous laissions derrière nous le village d'Ayen, les sinistres Marais Gris et la cité fortifiée de Port-Tempête. Une bonne douzaine de lieues parcourues sans la moindre embûche. Plus nous glissions vers le sud, plus l'air se réchauffait, annonçant les frontières du Califat de Sable Rouge et l'aridité des Montagnes Éperons.

À la tombée de la nuit, nous avons tiré le drakkar sur une plage de galets désolée pour y monter le camp. Valérian a fait apparaître sa monture fantomatique aux yeux violets, Clairval, pour partir en reconnaissance, pendant que Sombrelune cherchait des pistes dans la plaine. Rien. La région semblait morte. Malgré tout, pendant le tour de garde de l'elfe noir, trois silhouettes encapuchonnées portant une lanterne sont apparues au loin. Des pilleurs d'épaves, sans doute, venus flairer la charogne en voyant notre feu de camp. Sombrelune s'est glissé dans les ombres pour écouter leurs bavardages froussards, et il a suffi que nous nous avancions en groupe pour que ces pleutres déguerpissent dans la nuit.

C'est au petit matin que les véritables ennuis ont commencé.

L'air chaud du Califat avait affaibli la brise. Nous devions cingler plein ouest, vers ce Nouveau Monde et son étrange canopée, là où les brumes pourpres s'étendent sur l'océan. Szor'n recommençait à remplir ses seaux de vomi, et Steppe tenait la barre. Mais le demi-orc s'est emmêlé dans son cap pendant la nuit. Au lever du soleil, nous n'étions plus du tout sur notre trajectoire. Perdus en pleine mer, nos rations diminuant à vue d'œil.

C'est là qu'elle est apparue, au nord. Une tour noire en ruine, se dressant sinistrement au milieu des flots sur un récif isolé. Zarel, refusant de nous laisser errer à l'aveugle jusqu'à la mort par inanition, a pris la seule décision logique : approcher de la bâtisse pour y trouver des cartes ou des survivants capables de nous réorienter.

Nous avons débarqué sur cette sinistre grève de sable noir, laissant Steppe et père Aétius à bord de l'Usfer pour garder une voie de repli. L’air était lourd, moite. l'acrobate, malgré son estomac retourné par la houle, a pris sur lui d'escalader la paroi en ruine pour jeter un œil par une meurtrière. Il est redescendue plus nerveux encore qu'à son habitude. Il nous a baragouiné une histoire à glacer le sang : un laboratoire puant la charogne, un monstre difforme enchaîné dans un coin, et plus haut, une salle du trône où un homme en robe branchait d'étranges câbles sur le crâne d'une créature endormie.

Le Capitaine Zarel, toujours enclin à la diplomatie, a d'abord suggéré de frapper à la porte pour demander notre chemin. Mais Valérian et moi savions très bien que l'on ne discute pas avec la magie noire. Zarel a fini par s'en remettre à notre jugement. La manière forte.

Valérian s'est planté devant la lourde porte de bois vermoulu, a pris son élan, et l'a fait voler en éclats d'un grand coup de botte.

À l'intérieur, la surprise a été de courte durée. Deux énormes Goblours, des bêtes de près de deux mètres de haut, étaient attablés. Au fracas de la porte, ils se sont levés en hurlant, saisissant leurs masses d'armes. J'ai croisé le regard de Zarel, il m'a fait signe, et j'ai chargé dans le tas.

Le combat a été rude et brutal. Dans l'étroitesse de la pièce, nos archers, Sombrelune et Szor'n, peinaient à trouver des angles de tir sans risquer de nous planter une flèche dans le dos. J'ai d'abord esquivé une attaque maladroite, puis Valérian s'est pris un violent coup de masse qui aurait brisé les os d'un homme moins robuste. J'ai fait un pas de côté pour opérer une retraite tactique et ouvrir le champ de vision à nos tireurs, laissant Sombrelune loger une flèche dans le genou d'une des bêtes.

Puis, avec le paladin, on a synchronisé notre assaut. J'ai percuté le premier Goblours avec mon bouclier pour le déstabiliser, et dans un même élan, nos deux lames se sont abattues de chaque côté de son cou. La bête s'est effondrée, tranchée net au niveau des épaules.

Mais alors que nous reprenions notre souffle pour achever le second, l'enfer s'est déchaîné depuis les hauteurs.

Un vieillard à la barbe blanche et au visage tanné — ce maudit Albertus — est apparu au sommet de l'escalier. Il a pointé un doigt noueux dans notre direction. Une ombre immense a masqué la lumière du jour : une chauve-souris géante, d'au moins trois mètres d'envergure, a fondu en piqué sur le capitaine qui se tenait à l'extérieur.

Avant même que je ne puisse faire volte-face, la monstruosité a planté ses serres dans les épaules du sorcier. Sous mes yeux horrifiés, la bête a repris son envol, emportant mon Capitaine vers le sommet de la tour comme un vulgaire fétu de paille.

J'ai hurlé à Sombrelune de me dégager la voie, et je me suis rué dans les escaliers, prêt à éviscérer quiconque se mettrait en travers de ma route. C'est en déboulant dans la salle du trône que j'ai vu Zarel, prisonnier d'une toile magique crachée par ce sorcier de malheur, et la créature de chair cousue qui commençait à s'éveiller sous les décharges de foudre...

Je n'ai pas cherché à comprendre la magie de ce sorcier, même quand il a incanté un sortilège d'Image Miroir, s'entourant de plusieurs clones illusoires pour fausser nos coups. Mon contrat, ma mission, c’était Zarel. Valérian, fidèle à son serment, a chargé le nécromancien en hurlant aux Immortels, mais sa lame s'est écrasée contre un champ de force invisible, un sort de Bouclier qui a renvoyé son attaque.

C'est là que le golem s'est mis en mouvement. Une masse de muscles morts et de rage aveugle. Il a fondu sur notre paladin avec une violence inouïe. N'importe quel autre homme aurait été réduit en bouillie, mais Valérian a tenu bon, crachant le sang mais refusant de ployer le genou.

Pendant que Sombrelune logeait une flèche dans le cuir de la chauve-souris géante au plafond, j'ai bondi vers le Capitaine. D'un coup franc de mon épée, j'ai tranché les filaments magiques de la toile.

Zarel s'est extirpé de son cocon avec élégance. Il n'a pas perdu une seconde. Il a braqué sa baguette magique droit sur le golem de chair qui menaçait d'achever Valérian, et a libéré une charge. Le Projectile Magique a percuté le monstre en plein torse. L'abomination a explosé dans un fracas immonde, nous repeignant de la tête aux pieds de viscères putréfiés. Un carnage absolu.

Albertus, voyant sa création annihilée et son propre sang couler, n'a pas demandé son reste. Le couard a filé, promettant de nous retrouver pour se venger. Qu'il essaie. On l'attendra de pied ferme.

Le calme est retombé. Szorn est enfin arrivée en haut des marches, nous trouvant au milieu de ce charnier. Mais le nettoyage n'était pas terminé. Au niveau inférieur, un Blème, un de ces morts-vivants vicieux, montait la garde près du lit du sorcier. L'elfe noir a bien tenté de la calmer en lui parlant en Ombrelangue, mais on ne discute pas avec la faim d'outre-tombe. Le monstre n'a pas cédé. Valérian est descendu, a brandi son symbole sacré pour faire reculer la créature par la puissance de sa foi, puis l'a achevée avec miséricorde. Fidèle à lui-même, il lui a même érigé un petit cairn à l'extérieur.

Restait le butin. Le coffre d'Albertus. J'ai l'habitude des donjons et des coups tordus de ces jeteurs de sorts. On a forcé la serrure avec prudence, mais un gaz empoisonné s'en est tout de même échappé. Zarel a pris la vapeur en pleine face. Il a passé le reste de la journée à vomir ses tripes, terrassé par des nausées violentes. À l'intérieur du coffre, entre des morceaux de cadavres, nous avons récupéré notre solde : 7000 pièces de cuivre et 1000 pièces d'or.

En fouillant les réserves par une trappe dissimulée, nous avons fait notre dernière découverte. Un marin, affamé et enchaîné, nommé Jonas. Son navire s'était échoué sur les récifs, et Albertus prenait ses hommes un par un pour ses ignobles expériences. Nous l'avons détaché et remonté à la surface.

La chance nous a enfin souri : grâce à Mako, le petit singe, nous avons mis la main sur les cartes marines du nécromancien. Nous avons désormais notre cap. Plein sud, puis la côte jusqu'à la baie de Ville-franche.

Nous avons rechargé l'Usfer. La Compagnie Perce-Nuit est meurtrie, nos armures sont cabossées et notre Capitaine a l'estomac en vrac, mais nous sommes vivants. La Vallée Infernale nous attend, et nous ne naviguerons plus à l'aveugle.
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Re: [OSE/BX] La Vallée Infernale

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Chapitre 3 - Adieu Sombrelune À peine avions-nous laissé l'île de ce nécromancien de malheur derrière nous qu'on a bien failli perdre Sombrelune. Le Rôdeur a vu un truc briller sur un récif corallien. Ni une ni deux, il prend la chaloupe avec le Capitaine Zarel et ce brave Steppe. Évidemment, avec la houle, la barque se retourne. Et devinez qui attendait l'heure du casse-croûte en dessous ? Des requins bouledogues gros comme des bœufs !
Sombrelune s'est fait percuter et croquer la couenne. Assommé, il coulait à pic comme une enclume. Depuis le navire, Valérian s'est tailladé les bras pour attirer les squales avec son propre sang (les paladins, je vous jure, tous des fanatiques...), mais c'est encore le Capitaine Zarel qui lui a sauvé la mise avec un bon sort de Sommeil balancé droit sur le squale. Steppe a repêché Sombrelune in extremis, à moitié noyé. Crache tes poumons, l'ami, et la prochaine fois, laisse les choses qui brillent à ceux qui savent nager !

Mais cette trempette n'a pas servi à rien. L'objet brillant ? Un magnifique trident en bronze magique, gravé d'étranges runes. Et devinez à qui le Capitaine a eu l'honneur de le confier pour assurer sa protection ? À moi ! Le Boug avec un trident magique, ça en jette, pas vrai ? J'étais tellement de bonne humeur que j'ai proposé d'emmener ce jeune elfe noir de Szor'n découvrir les vrais plaisirs de la vie à notre prochaine escale. Le gamin est trop tendu, il a besoin de se déniaiser un peu ! Le Capitaine a bien failli s'étouffer de rire.

La nuit tombée, arrivée sur une plage sous une pluie tropicale à noyer un crapaud, on a eu droit à une autre dinguerie. Valérian s'est mis à taper la discute avec une épée. Oui, une épée. Il paraît que l'âme de Banni, un ancien de la compagnie mort il y a quelques mois, a trouvé le moyen de se fourrer dans cette lame pour continuer à éradiquer du mort-vivant. Moi, tant qu'elle coupe et qu'elle ne me fait pas la morale à l'heure de l'apéro, ça me va.

Le lendemain, le vent nous a poussés jusqu'à la côte. On a enfin accosté à Villefranche. Enfin... une "ville", c'est vite dit. Un fortin de rondins et de boue étouffé par la jungle, dirigé par un certain Thorgal la Baleine. L'accueil a été… expéditif. À peine le pied posé sur le ponton, on a eu droit à une pendaison publique. Quatre pillards qui avaient piqué des vivres et tenté de voler un navire. C'est un énorme demi-ogre encagoulé qui tirait la manette du gibet – un gars qui connaît les bonnes manières et l'efficacité, assurément !

Valérian, fidèle à lui-même, a bien essayé de faire son numéro sur la rédemption, la justice et la foi devant le Sergent Avis de Otto, mais ici, c'est la loi de la corde. Avant que leurs cous fassent crac, l'un des condamnés a bredouillé un truc à Père Aétius à propos d'une "Cité d'Ys" perdue dans l'océan et pleine de richesses… Ys. C'est exactement le nom qui est gravé sur mon nouveau trident. Coïncidence ? Je n'y crois pas.

Le bon côté, c'est qu'on a appris que l'Ordre des Scribes qu'on recherche est bien passé par ce trou perdu. Thorgal nous a craché qu'ils ont engagé des guides autochtones, des Néandertaliens, pour s'enfoncer dans la jungle verte, avant de disparaître.

Prochaine étape : la taverne de La Machette Ébréchée. Szor'n a les crocs, il veut interroger tout le monde pour retrouver sa frangine, et moi, j'ai une soif de tous les diables à étancher. La jungle nous attend, et avec mon nouveau joujou en bronze, le premier macaque ou la première liane qui se met en travers de la route de la Compagnie Perce-Nuit finira en brochette !
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Chapitre 4 : Very Bad Trip
Protéger un sorcier, c'est déjà un métier à plein temps, mais protéger un mage dont l'ombre a décidé de vivre sa propre vie, c'est à vous rendre chèvre. Pourtant, c'est pour ça que je suis payé.

À Ville-Franche, notre premier arrêt fut la Machette Ébréchée. Une odeur de sueur et de rhum à vous décoller la plèvre. J'avoue que mon œil s'est allumé en voyant les filles de joie qui y traînaient, mais je suis resté concentré. Zarel s'est mis à interroger Gibole, le tenancier unijambiste, aidé par sa plume volante qui prenait des notes toute seule devant les locaux médusés. On a appris que l'Ordre des Scribes cherchait une cité perdue dans la jungle et qu'ils avaient fait appel à des guides locaux : des Néandertaliens. Pendant ce temps, Sombrelune, fidèle à lui-même, promettait de l'or à Nora, la serveuse rousse, pour chaque rumeur qu'elle lui rapporterait.

On a ensuite traîné nos bottes jusqu'à l'église locale. J'ai gardé mes distances pendant qu'ils taillaient le bout de gras avec une nonne aveugle, Sœur Benedetta. Surprise : la gamine qu'on avait sauvée du culte du Noirceau, Berthe, passe le balai pour elles maintenant. Mon avis c'est qu'elle a juste troqué une secte pour une autre, puisque ces "sœurs" appartiennent à "l'ordre du Temple", une bande de fanatiques armées de masses. Leur objectif est à peine caché : remonter le fleuve pour aller éclater du Néandertalien et piller une relique qui les aurait protégés des brumes pourpres. En creusant père Aetius a découvert que l'abesse avait accueilli un membre fiévreux de l'expédition disparu. Avant de mourir le gaillard aurait lâché "la pyramide indique la voie !". Un nouvel indice !

Plus tard, j'ai surpris une conversation entre mon employeur et le Père Aitus. Le capitaine s'inquiète pour son ombre baladeuse, corrompue par un grimoire de magie noire. Le clerc parle d'exorcisme et de cercles d'entrave. Je note ça dans un coin de ma tête. Si cette ombre décide de s'en prendre a l'elfe, je ne sais pas trop avec quoi la frapper.

Au Grand Bazar, on a frôlé le racket. Quasym, un marchand de sable-rouge flanqué d'une panthère noire, a essayé de nous fourguer un antidote pour 500 pièces d'or. Zarel a bien tenté de négocier avec une fiole d'huile éthérée, mais le groupe a sagement décidé de garder ses précieuses ressources.

Heureusement, on s'en est mieux tirés chez le bâtelier, Falco. Le petire-gens nous a appris que les scribes avaient remonté le fleuve vers le sud-ouest à la recherche de leur fameuse cité. Le Capitaine et la compagnie ont alors décidé de claqué 80 écus pour un canoë et un radeau sur mesure de 14 mètres carrés. Dans trois jours, on remontera le fleuve Or-Sang pour les retrouver.

La journée s'est terminée devant la hutte d'une chamane nommée Svea, gardée par un croco colossal. Zarel, Zorn et Sombrelune ont eu la brillante idée de lâcher 100 pièces d'or pour boire un bouillon de racines psychotropes. Mon boulot, c'était de surveiller leurs corps inertes pendant que leurs esprits vagabondaient.

Zarel a eu des visions de lui-même en train d'enseigner à des cultistes, un lien avec son ombre sans doute. Szor'n a vu une prison souterraine brûlante où se trouvait sa sœur. Mais le clou du spectacle, c'était Sombrelune. Le rodeur a rejeté la mixture. Un empoisonnement fulgurant. Il a passé la nuit à se tordre de douleur et à vomir ses tripes en hurlant des histoires de boules de feu et de serpents géants.

C'est le Père Aitus qui a nettoyé. Moi, j'ai gardé un œil sur la jungle. Dans trois jours on y entre, et vu l'état de nos troupes face à un simple bol de soupe, les moustiques vont bien rigoler.
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