Les Districts du Quartier des Gratte-Papier
Le district des Administrateurs et le district des Travailleurs
Les conditions de vie varient considérablement entre ces deux districts majeurs du Quartier des Gratte-Papiers. Alors que le district des Administrateurs est assez luxueux, celui des Travailleurs ne comporte que peu d'équipements. Cependant, les deux conservent l'apparence d'une propreté ternie. Les différences sont bien plus flagrantes pour ceux qui vivent ici que pour les visiteurs.
Le district des Administrateurs est donc le foyer des élites. Officiels du gouvernement, professionnels influents et sages de renom vivent ici, entretenant des demeures magnifiques à grands frais. Leurs serviteurs et domestiques leur préparent à manger sur des cuisinières, vont leur tirer de l’eau de puits privés et leurs préparent des bains dans des baignoires de cuivre.
Les artisans, gratte-papier et autres travailleurs sont concentrés autour du district des Travailleurs, un pâté de maisons étriquées et d’établissements austères. L’ameublement y est spartiate. Les familles préparent leur nourriture au-dessus du feu, récupèrent les eaux de pluie dans la rue et se lavent dans des baquets. A la place des lavoirs communs du district des Administrateurs, les travailleurs se contentent de trous d’eau.
Dans le district des Travailleurs, on dit qu'un petit groupe de jeunes dissidents fomentent un soulèvement contre les autorités du quartier. Les rumeurs foisonnent soi-disant que la Ligue Révolutionnaire supporterait ces jeunes énergumènes, mais c'est faux. En fait, c'est la Garde Fatale qui est derrière tous leurs complots. Cette faction souhaite voir le Quartier des Gratte-Papier emporté dans les flammes, car ils détestent son ordre parfait.
Les dissidents eux-mêmes veulent créer un gouvernement égalitaire qui accorderait un traitement égal à tous les citoyens. Ils considèrent la violence comme un moyen acceptable pour parvenir à leurs fins. Bien qu'ils n'aient engagé aucune action à ce jour, leurs plans incroyablement destructeurs sont sur le point de se réaliser (ce qui est probablement dû à l'influence de la Garde Fatale).
- Lila Fissinathicus, une bariaure Sensat
Le district de la Salle des Fêtes
Les péquins n'ont pas besoin d'être des Sensats pour remarquer la différence frappante entre le district de la Salle des Fêtes et le reste du Quartier des Gratte-Papier.
Entre les couleurs vives et les éclats de musique de la Salle des Fêtes, les matois peuvent rencontrer des membres de la Société des Sensations, essayant de recueillir autant d'expériences qu'ils peuvent.
Des gardes Têtes-de-Bois patrouillent fortement dans cette zone, guettant le moindre débordement d'activités des Sensats qui pourrait échapper à tout contrôle et perturber ou mettre en danger la tranquillité du Quartier des Gratte-Papier et de ses habitants.
En fait, l'Harmonium essaye d'utiliser des moyens légaux pour convaincre les Sensats à déménager leur Salle des Fêtes dans un autre quartier - comme la Ruche par exemple. Ils prétendent que la Salle des Fêtes dénote clairement du reste du quartier et qu'elle doit être transférée ailleurs.
Il y a peu de chances pour que les Têtes-de-Bois réussissent dans cette affaire. La Société des Sensations souligne que la présence de la Chambre des Orateurs crée et incite autant de perturbations que la Salle des Fêtes. Protestations, débats et controverses se répandent fréquemment dans les rues avoisinantes (certaines commencent là-bas et n'atteignent même jamais la Chambre).
Comment peux tu qualifier d'ennuyeux une bureaucratie aussi finement réglée et bien organisée ?
- Chindarnes Bedon, gratte-papier Greffier
La Petite Arcadie
Bien que l'Harmonium concentre ses forces dans le Quartier de La Dame, un bon nombre de ses membres vit dans un petit quartier que les gens ont l'habitude d'appeler la Petite Arcadie. Les habitants en ont fait un endroit sûr à vivre, même s'il est un peu fadouille.
Une milice armée, de hauts murs et des lois locales très strictes (comme les couvre-feu rigoureux) servent à protéger et réglementer cette zone. Malheureusement, ils interdisent l'entrée aux "indésirables", tels que les appellent les autochtones, ce qui ne va pas sans discrimination ni préjudice.
Quoi qu'il en soit, les rues sont calmes et paisibles, les bâtiments sont propres et d'un bel aspect (là encore, on pourrait être tenté d'utiliser le mot "terne") et le péquin y a peu à craindre - en supposant que les résidents le laissent entrer.
Si un bige erre dans la Cage pour voir des célestes (ceux dont tous les rabatteurs diront aux péquins qu'ils sont en train de boire un verre dans une taverne avec des fiélons ne sont en réalité pas aussi facile que ça à trouver, comme on le prétend), la Petite Arcadie n'est pas un mauvais endroit pour ça.
Les aasimons qui viennent à la Cité des Portes avec l'intention d'y séjourner quelques temps cherchent souvent une petite part de leur chez eux, et peu d'endroits dans la Cage rappellent aux péquins les Plans Extérieurs.
Les devas, guardinals, agathinons et autres peuvent être vus librement mêlés aux habitants du coin, même si beaucoup d'entre eux ont tendance à se rendre dans un endroit appelé La Lance d'Argent, une tour qui sert de lieu de rencontre et d'auberge aux célestes. Personne ne sait vraiment ce qui se passe à l'intérieur, puisque (comme le souligne un bariaure mécontent qui s'est fait éconduire) "si t'as pas ta paire d'ailes dans le dos, c'est même pas la peine de venir frapper !". Seuls les êtres célestes peuvent entrer. Apparemment, même la plupart des aasimars sont poliment reconduits à la porte.
Une autre chose qu'un lascar avisé pourra noter à propos de la Petite Arcadie : c'est pas une case tranquille pour les tieffelins et les fiélons. Ceux qui, d'une façon ou d'une autre, s'attardent dans ce district plus longtemps qu'une brève visite, n'en ressortent jamais. Les fiélons et les tieffelins disparaissent purement et simplement, et on ne les revoit plus jamais.
La chanson raconte qu'un rebelle asuras possédant une lance magique puissamment enchantée assassine toutes les créatures originaires des Plans Inférieurs. Bien sûr, c'est pas comme si tous les affranchis de la Petite Arcadie avaient durement tenté de le capturer…
Le district du Grès
Le District du Grès contraste fortement avec la Petite Arcadie, vu qu'il abrite de nombreux tieffelins et même quelques véritables fiélons. Là où la petite Arcadie est élitiste, le district du Grès, lui, est libre concernant ceux qui peuvent y habiter.
Bien sûr, ça signifie aussi que quelques chevaliers de la gueuserie et des types moins désirables viennent y établir leur guitoune. Notamment un magicien nommé Tyrashyk au Bâton Cassé (Planaire, humain, magicien 13, Marqués, Neutre Mauvais) qui vit dans le district. La rumeur dit qu'il capture des bougres aux ombres de la nuit pour les sacrifier à un quelconque dieu obscur de la magie. Même si les patrouilles de l'Harmonium passent rarement dans cette zone, les Têtes-de-Bois ont plus d'une fois tenté de capturer le lanceur de sorts aux heures sombres, durant ses petites courses abominables, mais en vain.
Tyrashyk nie la rumeur, bien sûr, et personne ne peut prouver qu'il a tort.
Il y a aussi une voyante tieffelin nommée Chumbrai (Planaire, tieffeline, prêtresse 4 de Shekinester, Société des Sensations, Neutre) qui est connue dans le district, dans le quartier, et même dans tout Sigil comme une source d'informations particulièrement éclairée. La chanson raconte que quelques grossiums en ville (administrateurs, chefs mafieux, seigneurs dorés, et même factols) viennent poser des questions à Chumbrai à propos du soltif ultime : l'avenir.
Les conditions de vie humbles rappellent celles du district des Travailleurs (il est d’ailleurs assez étrange que quelques sages tieffelins embrassent la voie de la pauvreté comme un principe de vie, et qu’ils acceptent de considérer les pièges du luxe comme de la décadance). Vu que ce district est assez isolé, il est le refuge idéal pour tous les bibards et autres chevaliers de la gueuserie.

