Milori

La Cage est pleine de bougres qui connaissent en moyenne de une à six langues, et n'importe quel mage bien dans ses pompes peut lancer un sort de compréhension des langues pour saisir sur le champ une phrase cryptée. Mais Milori, la traductrice lilende, s'est spécialisée dans les messages qui sont trop souvent incompris.

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Les nouveaux arrivants à Sigil vont droit au mur lorsqu’ils essayent de déchiffrer la syntaxe chaotique d'un Xaositecte ou les images picturales d'un dabus (et de nombreux affranchis n'ont guère plus de chance eux aussi). Le babil des Xaositectes est limpide pour Milori ; cela lui prend environ une seconde pour réarranger les mots d'une phrase brouillée en quelque chose qui a du sens. Mais là où la lilende excelle, c’est dans les rébus des dabus.

Milori parle des dabus avec admiration et sympathie. "Quand les dabus parlent avec leurs esprits, c'est une ouverture totale - les images sont visibles de tous. Le problème, comme le disent les primaires, c'est qu'une image équivaut à un millier de mots. Personne n'est sûr de ce qu'elles signifient. Les dabus sont tous différents, et les gens ne veulent pas se donner la peine de les comprendre".

Son exemple favori est un symbole dabus représentant deux têtes aux oreilles pointues. Elle a montré l’image une fois à dix personnes dans la rue, et chacune d’elles l'a décrypté différemment : des elfes, des visages, des têtes, le chiffre deux, et ainsi de suite. Si on ne comprend pas ne serait-ce qu'un seul symbole dans un rébus, cela peut fausser toute l'interprétation. Mais Milori perçoit les subtilités que les autres ne voient pas. Elle semble ressentir intuitivement l'intention d'un dabus, de sorte qu'elle connait toujours la bonne façon de déchiffrer un rébus.

Bien sûr, cela n’arrête pas ses détracteurs qui l'accusent de détourner ses traductions, car nul ne peut affirmer avec certitude si ce qu'elle dit est vrai ou pas. Un de ces biges - Jeremo le Causeur (Planaire, humain, Guerrier 9/Voleur 15, Chaotique Neutre), l'idiot du Palais du Bouffon - possède un objet magique unique en son genre, le heaume des dabus, qui lui permet de communiquer avec des symboles. Il peut aussi traduire quelque chose pour un péquin, si il est de bonne humeur - et si on le paye 100 po par rébus. Milori facture ses prestations bien plus modestement, 10 po par rencontre, alors Jeremo essaye de semer le doute autant que possible sur ses compétences. Mais Milori est en quelque sorte beaucoup plus conviviale, et ses journées sont remplies de rendez-vous.

Contrairement aux nombreux traducteurs réputés, la lilende ne se fond pas aisément dans la masse. Elle a la tête, le torse et les bras d'une humaine, mais elle arbore en dessous de la taille le corps écailleux d'un serpent long de 6 mètres. Sa moitié serpentiforme est striée de bandes épaisses de couleur bordeaux, noire, et verte. De larges et puissantes ailes s'érigent de son dos étroit, et ses longues plumes tachetées ont les mêmes couleurs que les rayures du bas de son corps. Des anneaux et des bracelets pendent le long de ses bras et de ses oreilles, et elle porte une lance à toute heure de la journée. Sa longue chevelure noire retombe en de fines tresses, chacune se finissant avec des morceaux de tissu au bout.

La moitié supérieure de Milori est dépourvue de vêtements - très peu d'habits s'adapteraient à sa queue épaisse ou à ses larges ailes - mais chaque centimètre de sa peau humaine est recouvert de la même façon. Des tatouages entremêlés de symboles lilendiens dissimulent son visage, s'enroulent autour de sa nuque et de ses bras, et recouvrent son torse telle une sorte de tapisserie muette au regard vide.

Ce n'est pas la pudeur pour sa peau nue qui a contraint Milori à aller voir un artiste tatoueur, c'est juste que son torse rosâtre était trop pale comparé au reste de son corps. Et naturellement, elle a choisi le matois connu dans la Cage pour faire les tatouages les plus réalistes – Fell, le dabus renégat. Banni par sa propre espèce et craint par la moitié de la cité (aucun bougre ne souhaite se tenir trop près d'une cible potentielle des lames de la Dame), Fell était exactement le genre d'affranchi que Milori désirait rencontrer.

La lilende était extrêmement précise au sujet de chaque dessin. Par conséquent, elle passa une grande partie de son temps libre à la boutique de Fell dans le Quartier du Marché. Jour après jour, elle se rendit compte de son problème à se faire comprendre des autres. Ses symboles imagés rendaient les conversations avec les clients lentes et bien souvent infructueuses.

Dabus, xaositectes, modrones, vrocks - pour moi, ils parlent tous la même langue.
- Milori

Milori ne comprenait pas pourquoi les autres avaient du mal à déchiffrer les symboles - ils étaient parfaitement limpides pour elle. Elle prit l'habitude de pointer avec sa lance les images au-dessus de la tête de Fell et d'expliquer ce que chaque symbole signifiait. Un jour, elle griffonna quelques images accompagnées de leurs significations sur un bout de parchemin afin qu’un tieffelin frustré puisse l’emporter pour s’en servir ultérieurement.

Lorsqu’enfin le torse de Milori fut complètement recouvert de tatouages, Fell lui avoua qu'il ne souhaitait pas qu’elle s’en aille. Non seulement il appréciait leurs bavardages quotidiens, mais sans elle, il savait qu'il devrait à nouveau lutter pour se faire comprendre par les bougres déconcertés. Aussi, en guise d'amitié et de solidarité, Milori reconstitua un petit livre de traduction comportant les symboles que Fell utilisait le plus - un petit recueil que le dabus tend joyeusement à chaque nouveau client.

C'est tout ce qu'il fallut pour obtenir l’effet escompté. Milori savait qu'elle avait eu une brillante idée et elle alla parler aux Greffiers pour qu’ils lui laissent utiliser ses écrits au nom de l'ordre et de l'unité. En l’espace de deux mois, elle vendit Le Recueil d'Expressions Commun-Dabus, ou Le Soltif Révélé partout dans la ville. Et bien que cet enthousiasme se soit apaisé, un péquin peut encore récupérer une copie à sa tanière dans le Quartier des Gratte-Papier.

C'est là aussi que les gens vont pour louer ses talents de traductrice. Comme de nombreux lilendes, Milori comprend le soltif de n'importe quel langage, des gribouillis au babil en passant par les symboles. Elle est toujours ravie de négocier une transaction entre un marchand slaade et un elfe du primaire, ou s'assurer que le parler d'un représentant formien ne soit pas incompris par les grossiums de la Chambre des Orateurs. (En fait, Milori a installé sa boutique à proximité de la Salle des Fêtes, où elle donne deux fois par semaine des lectures en langages planaires. Son discours sur les dialectes des lamelins fait fureur).

Malgré les bénéfices de son livre, Milori est toujours prête à accepter de nouveaux emplois. Le Recueil d'Expressions Commun-Dabus n'est pas prêt d'épuiser son vocabulaire de symboles, sans parler des différences qu’il y a entre chaque dabus. Et avec toutes les races de primaires et de planaires qui arpentent la Cage – les acheteurs, les vendeurs, et les publicitaires qui parlent tous un langage différent - Milori peut toujours trouver un bige qui a désespérément besoin de ses talents linguistiques.

 

Milori
(Planaire/lillend/DV 7+14/Chaotique Bon)

CA 3 ; VD 3, vol 27 (C), nage 15 ; Pv 55 ; TACO 11 (10 grâce à sa Force) ; #AT 2 ; Dég 2d6+1/2d6+1 (queue et For/lance et For) ; AS bonus de force, bousculade, coup de queue, talents de barde, sorts ; DS armes +1 ou mieux pour la toucher, respiration aquatique, infravision sur 100 mètres, communication, immunités ; RM 25% ; TA G (un torse humain avec un corps de 6 mètres de long) ; NM champion (16) ; Int haute (14) ; PX 9000.
Source : Planes of Chaos MS.
Notes : AS - sa force de 17 lui accorde un bonus de +1 au toucher et aux dégâts ; elle peut voler pendant 10 rounds avec une charge de 115 kilos ou des ennemis plus légers enroulés dans sa queue qu'elle laisse tomber pour un total de 20d6 points de dégâts de chute (les victimes qui subissent plus de 50 points de dégâts d'un coup doivent également réussir un jet de sauvegarde contre la mort ou mourir). Lorsqu'elle combat au sol, la queue inflige 2d6 points de dégâts d'écrasement chaque round où l'ennemi est maintenu. Milori peut lancer des sorts, des charmes musicaux, affecter le moral, utiliser des objets magiques et les identifier comme un barde de 7ème niveau (35%).
DS - comprend toutes les formes de communication intelligentes ; immunisée aux sorts d'enchantement/charme, aux effets magiques basés sur la musique, au poison, au gaz, aux feux non magiques et aux effets des Plans d'Energie Positive et Négative.
Personnalité : égocentrique, audacieuse, enthousiaste.
Equipement spécial : lance, pierre porte-bonheur, flûte de hantise.
Sorts (3/2/1) : 1er - charme-personne, vapeur colorée, poigne électrique ; 2ème - poussière scintillante, image miroir ; 3ème - dissipation de la magie.
Pouvoirs magiques : ténèbres (3/jour), charme de feu (1/jour), terrain hallucinatoire (3/jour), déblocage (3/jour), lumière (3/jour), danse irrésistible d'Otto (1/jour), passe-plantes (1/jour), métamorphose (1/jour, forme humanoïde uniquement), langage des animaux (1/jour), langage des plantes (1/jour), transport par les plantes (1/jour).
Emplacement : Milori traduit partout dans Sigil, bien qu'elle se soit établie dans le quartier des Gratte-Papier, près de la Salle des Fêtes.
Interprétation : Milori n'est nullement intimidé à traiter avec les autres et à dire ce qu'elle pense, mais elle n'est pas impolie pour autant - elle reste très abordable. Elle est plus agréable avec ceux qui défendent leurs idées et qui osent se montrer différents. En général, si on lui demande de l’aide poliment, ça n’attirera pas autant son attention qu’une requête agressive et insolite.
Combat : Si elle est attaquée, Milori essayera de frapper son agresseur avec sa queue ou de l'écraser entre ses anneaux, l'emmenant si nécessaire dans les airs pour le relâcher depuis hauteur élevée (ou pour le placer simplement sur un toit ou toute autre position précaire). Elle utilise ses sorts ou ses charmes musicaux pour gérer les menaces sans importance.