Il pleuvait sur Laelith ce jour-là...Depuis des mois, des pluies diluviennes, ajoutées à la fonte des neiges, ont fait monter le niveau du lac d'Altalith.
L'édit de Mandala est-il vraiment obsolète ?L'un des premiers bateaux emportés par les flots à se fracasser sur les rochers de l'lnlam fut le Fleur de l'Asyamar dont la cargaison secrète contenait des ingrédients magiques à intention des habitants du Pic des Mages. Dans la soupe de composants et d'objets magiques ainsi formée, un végétal (champignon, ronce ou mousse) se développa et acquit gigantisme et semi-intelligence. Hormis le fait de créer un bouchon et donc d'aggraver l'inondation de la Chaussée du Lac, la créature fouille les décombres des autres épaves à la recherche d'objets de pouvoir qu'elle sent confusément. Des magiciens ont engagé les PJ pour tenter de récupérer le plus possible de leur précieuse cargaison. Ils ont besoin "d'aide extérieure" car les émanations du bouillon de culture ont déjà fait perdre à certains de leurs collègues plusieurs niveaux de magie. Les PJ vont devoir s'enfoncer au coeur d'un véritable organisme parcouru d'éclairs et de gaz lumineux. A vous de doser les surprises et de voir si les PJ restituent tous les objets magiques retrouvés (difficile d'échapper à l'examen de sortie des magiciens !). Pelouse interditeLa Joanda est un gros navire marchand qui navigue entre les Provinces et la Ville sainte. C'est par une nuit de tempête qu'elle arriva dans Laelith sinistrée et que le vent la drossa dans les rues de la Chaussée inondée. Elle "toucha terre" dans la cour de Son Excellence Fread Gors, baron de l'échelle Lumineuse (à la limite de la Terrasse de la Prospérité et de la Chaussée du Lac). Châtiment : bis repetita ?Depuis la catastrophe, on voit de plus en plus fréquemment des individus, juchés sur des caisses, qui haranguent la foule, affirmant que les événements des derniers jours ne sont que le prélude au Second Châtiment. A les en croire, le Roi-Dieu a trahi la confiance des dieux, et ils punissent la ville. Ouverture de la saison de pêcheParmi les boucs émissaires fréquemment cités par la population, les Utruz arrivent en bonne place. Bien qu'ils évitent soigneusement de se montrer en ville depuis la catastrophe, les sinistrés les plus nerveux parlent de plus en plus de "descendre jusqu'au village de ces peaux-vertes et de leur faire une grosse tête". Les incidents racistes se multiplient. Dans une petite rue non inondée de la Chaussée du Lac, une demi-douzaine de portefaix pleins de bière poursuivent un jeune Utruz. Les PJ passent par là, et mettent les agresseurs en fuite. E'Dernë, l'Utruz, leur est très reconnaissant. Il est venu en ville à la recherche de sa famille qui a disparu quelques jours après le début des pluies. Au monstre !L'immense majorité des habitants de la Chaussée du Lac a choisi de rester, et s'est retranchée au dernier étage des maisons. Les déplacements se font en barque, ou à la nage pour les petites distances... Or depuis quelques jours, des rumeurs persistantes affirment qu'il ne serait pas sain de sortir après la tombée de la nuit. Tout le monde a un ami qui a lui-même un ami qui a aperçu le "monstre". Personne n'est d'accord sur son apparence, mais on parle d'une immense ombre noire qui viendrait chasser dans les rues inondées. La créature renverserait les barques et avalerait les humains... Quoi qu'il en soit, un des proches des PJ vient de disparaître. Il ne leur reste plus qu'à se mettre à l'affût, nuit après nuit... A votre avis, le monstre existe-t-il, ou s'agit-il simplement d'une bande de voleurs qui dissimule ainsi ses agissements ? S'il s'agit d'un monstre, c'est un carnivore gigantesque, plus ou moins fluide pour pouvoir se glisser dans des rues étroites, amphibie... Bref, un shoggoth. Après une première confrontation désastreuse avec le monstre, les PJ devront chercher un moyen de l'emprisonner à nouveau. Les Utruz ont sans doute des légendes qui parlent du monstre et qui montrent le "signe" magique qui permet de le tenir captif. Les rats quittent le navireLe Cloaque est en grande partie inondé, lui aussi. Dans les premières heures, beaucoup d'habitants de la basse ville ont eu la surprise de voir des bandes de monstres trempés sortir de toutes sortes de coins improbables (un placard parfaitement innocent qui dissimule un passage secret oublié de tous, une cave aux murs fragiles, un puits ou une fontaine...). A la stupéfaction générale, la grande majorité n'est pas agressive. Au contraire, ils supplient les habitants de la surface de leur donner un asile et de la nourriture ("et si on a pas le droit de manger de l'homme dans le monde d'En-Haut, on prendra ce que vous nous donnerez"). Le moins qu'on puisse dire est que le choc des cultures est violent, entre les paisibles citoyens de la surface et les tribus guerrières des sous·sols... Les autorités les ont pour l'instant installées dans un village de tentes, dans ce qui est actuellement l'île du Canal-Rideau (une partie non immergée des célèbres jardins). Petit à petit, des centaines de créatures bizarroïdes s'y sont installées. Leur présence rend les habitants du quartier très nerveux, à juste titre... Une bande d'orques a décidé de "se venger" et prépare la guerre... Leur première cible sera une tribu de trolls qui s'est portée volontaire pour assurer la police du bidonville. Dés(eaux)lationParmi les rares humains à s'aventurer dans le camp des monstres figurent les prêtres du Poisson d'Argent. D'ailleurs, ils sont partout et font l'impossible pour aider les victimes de la catastrophe. Evidemment, beaucoup de gens les regardent de travers... La plupart se perdent en explications confuses, d'où il ressort qu'ils ne sont pour rien dans cette épreuve, qu'ils sont désolés, mais que leur devoir est de faire l'impossible pour réparer... (Il y a bien entendu une minorité d'exilés qui interprètent les événements comme un signe de faveur divine et qui jubilent. Ils ont beau être peu nombreux, ils font beaucoup de bruit et de déclarations ronflantes). Le principal souci de la majorité des prêtres est la prévention des épidémies, qui menacent de se déclencher d'un jour à l'autre. A cette fin, ils ont interdit que l'on précipite les cadavres dans la Faille, et proposé à leurs collègues de l'Oiseau de Feu de se charger de la crémation des corps. Parmi les autres mauvaises nouvelles, les difficultés d'approvisionnement (les caravanes sont bloquées à l'extérieur), et des émeutes sporadiques dans les quartiers les plus touchés... Les affaires sont les affairesLes PJ sont engagés par Grinnia, une superbe Naine rousse, pour retrouver son mari, architecte porté disparu depuis le jour de la catastrophe. Il travaillait à la réfection d'une maison, quai des Contrebandiers. Ce qu'elle se garde bien de leur dire, c'est qu'en fait, ce n'est pas son mari mais son complice et qu'il cherchait à récupérer le légendaire trésor de Tourre l'Éventreuse (qui aurait, parait-il, vécu dans cette maison). Il semble que le nain ait trouvé les indices nécessaires et qu'il ait profité de la confusion pour s'éclipser sans ses complices. Ceux-ci (une demi-douzaine de durs fraîchement échappés d'une aventure de Mike Hammer) sont partis à sa poursuite en "oubIiant" la rousse, qui engage les PJ pour tirer les marrons du feu. (Les truands ont tout de même laissé une ou deux personnes pour la surveiller. Ils s'attacheront aux pas des PJ, avant de tenter de les liquider). Bain de pieds pour le CrâneUne des affaires qui tient en haleine l'opinion laelithienne est celle des "engloutis du temple du Crâne". Construit en sous-sol, ce temple a particulièrement souffert de la catastrophe. Toutefois, étant situé sous la surface du lac, il avait déjà été inondé à plusieurs reprises et les architectes ont prévu un système complexe de portes étanches. Il est donc possible qu'il y ait des survivants. Malheureusement, les tunnels d'accès sont encore en grande partie inondés. De plus, beaucoup sont ébouIés, ou menacent de s'écrouler. On recherche des aventuriers / spéléologues pour diriger l'expédition de secours... Il faudra barboter dans des galeries boueuses, hantées par des créatures du Cloaque réfugiées dans un coin à peu près sec (il y a là toutes les bestioles qui, ne supportant pas la lumière du jour, n'ont pu gagner la surface). De loin en loin, les PJ découvrent un survivant humain en état de choc. Le temps qu'ils atteignent et ouvrent la première porte étanche, un violent orage éclate au-dessus de la Cité sainte. Le niveau de l'eau monte à toute vitesse. Selon toute probabilité, les PJ arriveront à se réfugier in extremis du bon côté de la porte. Un peu plus loin, ils découvrent les survivants, un ramassis de prêtres et d'adeptes plus ou moins loufoques, sans parler d'un ou deux représentants non humains du Temple de la Taupe qui ont réussi à monter jusqu'ici. Tout ce petit monde survit dans une ambiance tendue. Les vivres sont sur le point de manquer. Aux PJ d'éviter qu'ils en viennent à s'entretuer, et de les guider jusqu'à l'extérieur... SpéculationsLes rumeurs vont bon train sur l'origine des inondations. On parle de colère divine, bien entendu, mais aussi de sombres machinations du Temple du Poisson d'Argent pour prendre le pouvoir (du côté des adeptes du Poisson d'Argent, la théorie d'une machination des autres cultes pour nuire à leur foi gagne en popularité). Cela dit, d'autres personnes bien informées évoquent la possibilité que Joséphus Noeürâstën se soit trompé, pour une fois, en tentant de détruire la Molaire maudite d'UrsuIf le Malchanceux... ou qu'il y ait une sombre machination des Provinces derrière tout ces évènements... Les "très très bien informés" murmurent le nom de Trevelian. Même si l'Empereur-Démon n'est pas à l'origine des inondations, il est probable qu'il prendra le train en marche avec enthousiasme. Il pourrait par exemple être derrière les agitateurs mentionnés plus haut. Après tout, régner à travers un Roi-Dieu marionnette, ce serait mieux que rien... Enfin, certains excentriques affirment même - quelle idée ! - que les inondations sont tout bêtement d'origine naturelle.
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