
Tempus
Tempus accorde son assistance de manière aléatoire mais équilibrée, sa nature chaotique lui interdisant de favoriser un camp plutôt que l'autre. Un jour il aide les uns, le lendemain les autres, car ainsi va la guerre. On le prie surtout les veilles de bataille et ses plus grands adorateurs sont les combattants, quel que soit leur alignement. C'est donc un dieu fort, robuste et exubérant ; un vrai dieu de guerriers. Il se manifeste parfois lors d'affrontements épiques, et il arrive aussi qu'il apparaisse aux individus qui ont le pouvoir de déclencher une guerre.
Tempus est extrêmement puissant et, s'il se comporte toujours honorablement au combat, il applique un code qu'il est le seul à connaître. Il se lie peu avec les autres divinités féerûniennes et semble incapable de forger une alliance à long terme. Il aime boire, manger et chasser, mais sa grande passion reste le combat. Il y a quelques années, il a accordé son soutien à Cavalière Rouge, ce qui a permis à cette dernière de s'élever au rang de demi-déesse. Il la considère un peu comme sa fille, une fille extrêmement douée dans la spécialité de la famille (autrement dit, la guerre).
Sa sphère d’influence est totalement à l'opposé de celle d'Eldath, qu'il juge faible et naïve. Mais il respecte les convictions de la déesse et châtie ses fidèles qui maltraitent les prêtres d'Eldath ou ravagent ses temples. Peut-être pense-t-il que la guerre n'aurait que peu de sens si la paix n'existait pas, elle aussi. Sunie le considère comme son adversaire. Par contre, lui la juge volage et insignifiante. Il ne lui fera jamais l'honneur de voir en elle son ennemie.
Dogme : Tempus ne remporte jamais la moindre bataille, il aide juste les guerriers qui le méritent à triompher. La guerre est juste, en ce sens qu'elle oppresse équitablement toutes les forces en présence et qu’elle peut tuer comme elle peut permettre d'être élevé au rang de héros. Il ne faut pas la craindre, mais la percevoir comme une force naturelle et humaine à la fois, la tempête que la civilisation amène partout avec elle.
Les fidèles doivent équiper en armes tous ceux pour qui le combat est utile, même leurs ennemis. Ils doivent se replier quand leur cause est perdue, mais jamais éviter le combat. De même, il est préférable de frapper à la tête et de vaincre rapidement, plutôt que de prolonger les hostilités des heures, voire des jours durant. Il faut défendre ce à quoi l'on tient, sous peine de le perdre, et ne jamais oublier ceux qui sont tombés au combat avant soi. Enfin, les prêtres ne doivent jamais se moquer de leurs adversaires. Au contraire, ils doivent les respecter, car la bravoure ne fait pas de distinction d'âge, de sexe ou de race.
Tempus est favorable à ceux qui se battent honorablement et sans montrer la moindre fatigue, qui frappent leurs adversaires sans retenir leurs coups mais n'ont pas recours aux tactiques de lâche, comme incendier la demeure de l'ennemi, tuer son bétail ou l'attaquer par surprise (encore que cela soir toléré dans le cas d'une petite unité s'en prenant à un adversaire largement supérieur en nombre). Les combattants doivent réfléchir aux conséquences de leurs actes avant de les commettre, et non pas partir en guerre sur un simple coup de tête. Tempus enseigne, en effet, que les individus à la langue de serpent, qui prêchent l'affrontement mais préfèrent fuir plutôt que de défendre leurs idées, sont bien plus dangereux que les chefs de horde ou de brigands.
Lieux de culte principaux : Le plus grand temple dédié au Seigneur des Batailles est la Grande Maison des Épées et des Bannières (le "Temple Sanglant"), qui se dresse à Ormpetarr. Voici quelques siècles, les mercenaires du Bief du Vilhon et des contrées de l'est aimaient se retrouver à l’intérieur de ce bâtiment, qui a fini par devenir un lieu de culte. Son autel d'origine, une coupe gigantesque au-dessus de laquelle flotte une épée à deux mains couverte de flammes et qui tourne lentement sur elle-même, existe toujours, au beau milieu de l'édifice. La Grande Maison forme maintenant les guerriers au combat contre paiement (tout en leur apprenant à vénérer Tempus), tout en vendant montures, armures et équipement de grande qualité. Plusieurs raids ont pris pour cible son armurerie fortifiée. Tous ont échoué et ces attaques ont cessé depuis l'Année de l'Épée (1365 CV), date à laquelle les prêtres-guerriers du temple ont éliminé jusqu'au dernier une armée d'orques qui leur était vingt fois supérieure en nombre.
Depuis le Temps des Troubles, un nouveau lieu sacré a émergé pour les fidèles du Seigneur des Batailles. Il s'agit de l'Abbaye de l'Épée, édifié à Valbataille, là où le dieu est descendu sur Toril au cours de la Guerre des Dieux. Le site exact en a été trouvé après qu'un prêtre a remonté la trace de son dieu depuis Valbrume, où Tempus a été aperçu à la bataille de la Crique des Épées. L'abbaye a été bâtie là où se dressait la demeure du légendaire guerrier Belarus, fidèle serviteur du Seigneur des Batailles en son temps.
Ordres affiliés : Nombre d'ordres sont affiliés à l'Église de Tempus. Les deux plus notables sont l'Ordre de la Lame Brisée et celui du Croc d'Acier. Le premier honore prêtres et guerriers qui se sont fait blesser au nom de leur dieu et ne peuvent plus combattre. Ses membres aident souvent l'effectif des temples et font serment de toujours défendre le site sacré où ils résident, jusqu'à la mort si besoin est. Pour sa part, l'Ordre du Croc d'Acier est une unité d'élite dont les soldats se voient souvent assigner les missions les plus hasardeuses qui soient. Nombre de compagnies de mercenaires et de groupes de croisés sont également liés à l'Église. Les mercenaires arborent généralement un symbole différent de celui qui est décrit plus haut, le leur prenant la forme d'une dague brune et rouillée, peinte en diagonale et dont la pointe, située en haut et à droite, laisse couler quatre gouttes de sang. Aucun ordre de paladins ne sert Tempus.

