
Déneïr
Déneïr est le patron des artistes, enlumineurs, scribes et autres cartographes. Il incarne le pouvoir de reproduire et de décrire, de lire et d'écrire, et enfin de transmettre la connaissance. Ses ennemis sont tous ceux qui cachent, détruisent, ou déforment le savoir. Il œuvre pour Oghma, en s'assurant que tout ce qui est connu finit enregistré à la Grande Bibliothèque. On le représente comme un vieux sage à la calvitie avancée mais à la longue barbe évasée. Ses yeux sont très étranges : parfois, ils ont une pupille violet vif, quand ils ne sont pas intégralement constitués de feu bleu. Il est toujours en train d'écrire à l'aide d'une longue plume, soit sur un livre, soit sur un parchemin.
Déneïr est totalement concentré sur sa tâche, qui consiste à répertorier et à conserver tout ce qui a jamais été écrit ou représenté. Il paraît souvent distrait et il n'est pas rare qu'il s'arrête de parler au beau milieu d'une phrase, accaparé qu'il est par un nouveau cheminement de pensée. Malgré son immense culture livresque, il est parfois complètement dépassé par la situation actuelle, et plus particulièrement par l'évolution des us et coutumes. Il s'exprime de manière obsolète et tient dur comme fer à des convenances qui n'ont plus cours depuis des siècles. Lorsqu'il tient à montrer qu'il est à la page, il utilise souvent des expressions récentes de manière totalement erronée et paraît plus déphasé encore. Quand il commence à raconter une histoire, ses auditeurs ont intérêt à avoir du temps devant eux, car c'est le champion de la digression et de la parenthèse. Mais, malgré cela, ses récits contiennent toujours des renseignements vitaux à l'usage de ceux qui ont le courage de les écouter jusqu'au bout.
Dogme : Les fidèles de Déneïr pensent que tout ce qui n’est pas écrit et conservé est perdu. Quiconque endommage ou détruit un livre doit être condamné en fonction de la valeur du savoir perdu, à moins que celui-ci ne soit intégralement restitué. Les Déneiriens doivent tout coucher sur le papier et vouent leur temps libre à la copie de textes existants. Ils ont pour mission d'apporter un exemplaire de tout texte qu'ils ont trouvé à chaque temple de Déneïr dans lequel ils se rendent (ou d'effectuer la copie sur place), ce pour que la connaissance se propage et que rien ne se perde.
L'accès aux écrits doit être permis à tous ceux qui savent lire, de telle manière que le mensonge ne puisse tout déformer. Les Déneiriens doivent écrire ce que tout le monde lit, observe ou croit, en laissant à d'autres le soin de juger ce qui est vrai, intéressant et convenable. Tout ce qui n'est pas rédigé finit en effet par se perdre et il faut tenir compte de tous les goûts, de toutes les cultures et de tous les modes d'expression. Les textes qui ne font aucun mal doivent pouvoir être lus par tous.
Le fait de savoir lire et écrire est l'un des plus beaux cadeaux que Déneïr ait fait à l'homme. Il faut absolument le propager. C'est pour cette raison que les Déneiriens doivent apprendre à lire et écrire à un minimum de 10 mortels qui ne vénèrent pas leur dieu.
Les fidèles font également vœu de charité, en ce sens qu'ils s'interdisent de refuser d'écrire des lettres ou de transcrire des messages pour les autres. Si celui qui effectue cette requête est dans le besoin, on ne lui fera rien payer. Par contre, s'il est suffisamment riche, les prêtres peuvent lui demander de verser une somme (qui reste toujours raisonnable) en échange de leurs services. Les Déneiriens sont liés au secret professionnel pour ce qui est des textes qu’ils rédigent de la sorte.
Lieux de culte principaux : C'est dans les flancs du Mont du Dragon de Fer, pic légendaire et difficile d'accès des Montagnes du Jeûne, que se trouve la Maîtresse-Bibliothèque. Ce complexe de cavernes réunit bien plus de livres que toutes les autres bibliothèques de Féerûne, même celles de Shou Lung, de Cuma (dans les montagnes du même nom) et de Château-Suif. C'est là que résident les Grands Libraires, qui ont accès à des textes écrits dans la totalité des langues existantes et peuvent tous les lire (même ceux qui sont en dragon). On prétend qu'ils sont une soixantaine et que tous seraient extrêmement âgés (ils seraient barbus et presque chauves). Leur chef est le Bibliothécaire Suprême, Haliduth Ospriit, encore vigoureux malgré ses 600 printemps. En cas d'attaque, il peut faire appel à huit dragons des brumes (allant d'âge mûr à grand ver). Tous les Déneiriens entreprennent au moins un pèlerinage en direction de la Grande Bibliothèque de leur vivant, mais la plupart d'entre eux ne dépassent jamais la Salle de Lecture, petit complexe situé bien au sud du véritable temple. La Gardienne, une vieille femme extrêmement serviable protégée par plusieurs fantômes gardiens, utilise un portail secret (qui ne peut rien transporter de vivant) pour demander à la Grande Bibliothèque qu'on lui envoie les livres demandés par les fidèles. Les ouvrages lui parviennent en retour.
Les collections d'œuvres d'art de Lunargent, les musées de Calimshan et le Manoir d'Obscure de Berdusk sont également d'importants temples de Déneïr. L'Édifiante Bibliothèque, située dans les Monts des Flocons (au nord-ouest de Carradon) et administrée conjointement par les clergés respectifs de Déneïr et d'Oghma, était elle aussi un haut lieu de culte avant sa destruction lors de l'Année du Heaume (1362 CV). Le Haut Scribe Cadderly a fait ériger un majestueux édifice sur les ruines du temple. En un temps record, la cathédrale de l'Envol de l'Âme est devenue le premier lieu d'apprentissage et de culte du Seigneur des Glyphes et des Images dans tout l'ouest de Féerûne.
Ordres affiliés : De même que Mystra et d'autres dieux, Déneïr possède une influence certaine sur les mystérieux Ménestrels, à tel point que l'un de ses plus grands temples, la Chambre Intérieure de Berdusk, n'est rien de plus qu'un paravent pour le Manoir d'Obscure de cette organisation secrète. L'Église de Déneïr n'a nul besoin de chevaliers, mais elle incorpore par contre un ordre de scribes et plusieurs de moines. Tous les scribes certifiés par le culte appartiennent à la Confrérie Lettrée et se reconnaissent par le badge qu’ils arborent (une plume blanche au bout doré). Les ordres monastiques incluent les Préservateurs de la Voie Ordonnée, qui sortent rarement du cloître où ils passent leur vie à copier des textes et à effectuer des enluminures, les Disciples de la Libre Parole (que certains, par dérision, appellent "Plumes des Pauvres"), qui offrent charitablement leurs services de scribes aux indigents, et les Zélateurs des Grands Écrits (généralement nommés "Zélateurs", ou Carmendines, d'après le nom de leur fondateur), moines aventuriers qui accompagnent les prêtres dans leurs quêtes et recueillent de l'argent pour l'Église.

