
Jacqueline Montarri (humaine maudite)
Climat/Terrain Barovie |
Fréquence Unique |
Organisation Solitaire |
Cycle actif Diurne |
Régime Omnivore |
Intelligence Variable |
Trésor (F) |
Alignement Neutre mauvais |
Nombre 1 |
Classe d'Armure 10 |
Déplacement 12 |
Dés de Vie 5 (20 pv) |
TACO 15 (12) ou mieux |
Nb d'attaques 1 |
Dégâts/Attaque 4-11 (1d8+3) |
Attaques spéciales Décapitation |
Défenses spéciales Régénération |
Résistance magique 50% |
Taille M (1,75 m) |
Moral Fanatique |
Valeur en PX Variable (2000+) |

La quête de la jeunesse éternelle a conduit quantité de gens à commettre des actions d’un héroïsme extraordinaire ou, à l’inverse, d’un désespoir infini. Pour les uns, c’est une noble cause qui mène à la découverte de grands progrès scientifiques. Pour les autres, c’est une obsession qui conduit aux crimes les plus abominables. Dans le cas de Jacqueline Montarri, ce fut le commencement d’une succession de crimes plus horribles et étranges qu’aucun autre, dans toute l’histoire pourtant sordide de Ravenloft.
Jacqueline possède une collection de plusieurs douzaines de têtes tranchées. Elle est capable de changer la tête qu’elle porte et de la remplacer par une autre, quand bon lui semble. Comme elle change de tête à chaque fois qu’elle change d’humeur, les traits de son visage varient sans cesse. Cependant, il y a longtemps qu’elle ne possède plus sa tête originelle et elle a oublié jusqu’au souvenir de son propre visage.
Jacqueline change de vêtements aussi souvent que de tête. Sa vanité la pousse à ne porter que les habits les plus élégants, toujours étudiés pour mettre en valeur la tête qu’elle s’est choisie. L’unique objet qu’elle ne quitte jamais est un ruban de velours noir qu’elle s’attache autour du cou. Cet élément magique sert de lien entre son corps et ses différentes têtes. Et si par hasard le ruban ne s’accorde pas à sa tête ou sa tenue, elle le dissimule sous une écharpe ou un bijou.
La langue maternelle de Jacqueline est le balok, le commun parlé en Barovie. Chacune de ses têtes connaît une ou plusieurs autres langues, ce qui lui permet de communiquer facilement avec pratiquement n’importe qui.
COMBAT : L’arme préférée de Jacqueline est Crochefer, sa lame vorpale. Cette épée fut forgée au cours des siècles passés, à partir d’un métal météorique, par les drow d’Arak à qui Jacqueline l’a dérobée, il y a maintenant bien longtemps. Elle est toujours en mesure d’utiliser cette arme, même en portant la tête d’un magicien ou d’un autre personnage normalement inapte à s’en servir. Toutes les fonctions et les pouvoirs de cette arme sont décrites dans le Guide du Maître. Jacqueline a pris l’habitude de n’utiliser que cette épée pour réaliser sa "moisson" de nouvelles têtes.
Mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas d’autres armes à sa disposition. En effet, à chaque fois qu’elle revêt une tête nouvelle, elle en acquiert la classe et les qualités. Ainsi la tête d’une psioniste l’enrichit-elle de pouvoirs mentaux. Dans le cas d’un lanceur de sort, elle ne saura pas maîtriser de nouveaux sorts, mais elle pourra s’accaparer tout le savoir de la magicienne ou de la prêtresse dont elle a coupé la tête. Dans tous les cas, les sorts sont considérés comme fraîchement mémorisés à chaque fois qu’elle revêt la tête.
La malédiction qui pèse sur Jacqueline lui confère des aptitudes particulières. Par exemple, elle régénère 1 point de vie à chaque tour, même après la mort. La seule façon de la détruire totalement est d’incinérer sa tête originelle. Mais comme personne, pas même Jacqueline, ne sait où elle se trouve, ses chances de mourir sont plutôt minces.
En plus de ses pouvoirs régénérants, elle est immunisée contre toutes les formes de poison, de maladie et de paralysie magique. Ainsi, par exemple, les sorts de maladie, d’immobilisation et de sommeil n’ont-ils pas d’effet sur elle. En revanche, les sorts et les objets qui affectent l’esprit, comme les charme-personnes, la touchent normalement. Jacqueline n’est pas une morte-vivante, c’est pourquoi les tentatives pour la repousser, ou les sorts habituellement destinés à combattre de telles horreurs ne lui font pas non plus d’effet. Ces immunités viennent en complément de la résistance à la magie de 50% que lui confèrent les fluides magiques dont elle a été largement infusée.
À chaque fois que Jacqueline doit effectuer un jet de sauvegarde, elle le fait selon la classe et le niveau correspondant à la tête qu’elle porte alors. Ainsi, la tête d’un guerrier de niveau 10 lui donne-t-elle une sauvegarde équivalente à ce niveau et à cette classe.
Il faut un tour complet à Jacqueline pour pouvoir changer de tête. Aussi longtemps qu’elle porte le ruban de velours, la tête reste attachée à son corps – c’est-à-dire qu’elle ne peut ni être enlevée, ni arrachée. Une fois le ruban ôté (il est totalement inaltérable et indestructible), elle tombe immédiatement et Jacqueline perd l’accès à tous ses pouvoirs.
Même sans tête, le corps de Jacqueline est capable de bouger et d’agir normalement, car la malédiction lui permet de voir et d’entendre dans cet état ; mais elle ne peut pas parler.

HABITAT/SOCIÉTÉ : Jacqueline Montarri est née dans la province de Barovie, il y a 200 ans. Elle a grandi dans le village de Krezk, où ses parents, maîtres-voleurs tous les deux, lui apprirent le "métier". L’élève dépassa rapidement les maîtres, et à l’âge de 16 ans, elle devint une des voleuses les plus habiles du domaine – mais aussi l’une de ses femmes les plus belles.
Mais, comme chez beaucoup de femmes de sang barovien, la beauté de Jacqueline commença à se faner à l’approche de la trentaine. Des petites rides apparurent autour de ses yeux, ainsi que les premiers cheveux blancs dans ses boucles d’un noir corbeau. Pour Jacqueline, si fière de sa beauté et de son pouvoir sur les hommes, cela fut une épreuve insupportable.
À la recherche d’un moyen de préserver sa beauté, elle s’aventura jusqu’au campement de la communauté Vistani, sur les rives de d’Ivlis. Elle alla trouver Madame Eva, la matriarche des Vistani de Barovie, et la supplia de lui révéler comment rester éternellement jeune et belle. La vieille Vistani refusa et Jacqueline lui offrit alors de payer son secret en volant tout ce dont la vieille femme pourrait avoir besoin. Mais celle-ci refusa à nouveau, en disant que les secrets des Vistani n’étaient pas à vendre. Désespérée, la voleuse fut gagnée par la colère. Elle se jeta sur Mme Eva et lui mit un couteau sous la gorge. Tandis qu’un mince filet de sang apparaissait sur la lame Jacqueline insista de nouveau. Calmement, la vieille femme lui répondit alors qu’il existait un moyen de préserver la beauté, mais que tenter de le connaitre était pure folie. Cependant, devant la détermination de Jacqueline, elle lui avoua que ce qu’elle cherchait se trouvait à la bibliothèque du château de Ravenloft.
Un grand soulagement envahit la voleuse de Krezk à la pensée que l’objet de son désir était si près d’entrer en sa possession. En effet, la perspective de pénétrer dans le château du sinistre seigneur de Barovie ne l’effrayait aucunement. Pour s’assurer que la vieille femme ne la trahirait pas, Jacqueline lui enfonça la lame au travers de la gorge. Puis, abandonnant le corps inerte, elle remit le couteau dans sa gaine, avant de se fondre dans la profondeur de la nuit barovienne. Si elle avait jeté un regard derrière elle, elle aurait alors aperçu le rictus maléfique qui déformait le visage agonisant de sa victime.
La meurtrière se mit aussitôt en route pour le lugubre château de Ravenloft. Inconsciente des menaces abritées par les grands murs de pierre, elle escalada les parois extérieures, franchit les parapets, puis pénétra au cœur même du château par le beffroi. Tandis qu’elle explorait les corridors obscurs à la recherche de la bibliothèque, elle ne remarqua pas l’ombre silencieuse qui glissait dans ses pas.
Enfin, la voleuse trouva ce qu’elle était venue chercher. Prudemment, elle se glissa dans la bibliothèque et commença à examiner les nombreux volumes et grimoires impeccablement alignés le long des murs de la grande pièce. Mais, au moment où elle étendit le bras pour saisir un des livres, elle fut glacée d’effroi par le rire maléfique qui éclata derrière elle.
Se retournant, elle se retrouva face à Strahd von Zarovich. Prise de panique, elle tenta de fuir, mais hélas, avant même qu’elle puisse faire un pas, le vampire fut sur elle. Hurlant de terreur, elle sentit bientôt que sa vie était drainée hors de son corps, apaisant par là même la soif du terrible maître de Ravenloft. Tandis que le froid engourdissant de la morsure envahissait ses membres, tout en elle s’obscurcit. Et Jacqueline s’évanouit.
Quand elle rouvrit les yeux, elle était dans une grande cage qui se balançait d’avant en arrière. Petit à petit, elle recouvrit tous ses sens et réalisa qu’elle était très faible et totalement épuisée, mais en vie. La cage qui l’enfermait reposait sur un chariot qui descendait la route étroite du château de Ravenloft en direction du village de Barovie.
L’attelage s’arrêta bientôt au centre de la ville. Le cocher, habillé tout de noir, descendit et tira un son triste et profond de son cor de métal. Comme la foule se pressait autour de lui, il déroula un parchemin. "Qu’on se le dise", commença-t-il à lire. "Cette femme s’est introduite sans permission dans le château de Ravenloft. Par ordre de Strahd von Zarovich, maître de Barovie, elle doit donc être mise à mort. Que tous ceux qui seraient assez imprudents pour tenter la même folie s’avisent du sort qui leur est réservé !"
Sur ce, l’homme ouvrit la cage et traîna brutalement Jacqueline à l’extérieur. Elle se débattit, mais encore trop affaiblie par l’attaque du vampire, elle ne put offrir aucune véritable résistance. Malgré ses sanglots et ses supplications, elle fut mise à genoux et sa tête fut posée de force sur un billot de bois. Sous le regard silencieux du peuple de Barovie, une grande hache fut apportée et Jacqueline Montarri fut décapitée.
Mais, alors que la foule se dispersait, une émissaire des Vistani s’avança. Elle raconta l’histoire du meurtre de Madame Eva et réclama que le corps de l’assassin revienne à la famille de la victime. Au nom de Strahd, le cocher y consentit et les Vistani emportèrent le cadavre mutilé.
Des jours durant, les Vistani procédèrent à d’occultes manipulations sur le corps de Jacqueline. Finalement, une semaine après sa mort, la voleuse de Krezk fut ramenée à la vie.
Quand elle reprit conscience, elle réalisa qu’elle était prisonnière à l’intérieur d’une grande roulotte Vistani. Les vêtements dans lesquels elle était morte, le collant de coton noir et la tunique en cuir, qui avaient sa faveur pour les expéditions de monte-en-l’air, avaient laissé la place à une robe aux couleurs vives et chamarrées, comme en portent les femmes Vistani. Ses cheveux étaient attachés par un bandeau rouge et un ruban de velours noir ornait son cou, tandis que, tout autour d’elle, flottait une lourde odeur de parfums exotiques.
Avec horreur, elle s’aperçut qu’elle portait les mêmes vêtements que ceux de Madame Eva, le jour de sa mort. Bien qu’elle ne décela aucune trace de sang, elle sut par les motifs et les décorations qu’elle ne se trompait pas. Il s’agissait bien de ceux de la Vistani.
L’esprit troublé, Jacqueline essaya de se rappeler ce qui l’avait amenée jusqu’ici. Elle se remémora sa rencontre avec Madame Eva et sa tentative d’effraction du château de Ravenloft. En frissonnant, elle se souvint de sa capture par Strahd von Zarovich et de sa morsure glaciale. Puis, comme des sueurs froides la parcouraient, elle se rappela tous les événements qui avaient suivi. Elle revit la cage sur le chariot, l’exécuteur et la foule du village de Barovie. Elle se rappela même du bruit que fit la hache en tombant, puis de la nuit brûlante qui l’enveloppa.
Jacqueline savait qu’elle aurait dû être morte et qu’elle ne pouvait avoir survécu à la décapitation. D’une façon ou d’une autre, les Vistani lui avaient donc rendu la vie – mais était-ce vraiment la vie ? Avec terreur, elle pensa qu’elle appartenait peut-être au monde des morts-vivants. Avec hâte, elle vérifia que sa respiration et son pouls étaient normaux, puis elle se força à éloigner d’elle cette pensée terrifiante.
Certaine que le sort que lui réservaient les Vistani serait terrible, elle décida de s’échapper. Utilisant ses talents de voleuse, elle força la porte de la roulotte et se glissa silencieusement dans la nuit obscure.
À sa grande surprise, elle était seule. À la place du comité d’accueil qu’elle redoutait, elle ne vit qu’une vaste clairière déserte. Les restes d’un feu éteint indiquaient que les Vistani avaient campé ici, mais aussi qu’ils étaient partis depuis un certain temps.
Soulagée, et un tant soit peu troublée, Jacqueline quitta les lieux, craignant le retour toujours possible des nomades. Elle rejoignit rapidement la vieille route de Svalich et constata qu’elle n’était pas très loin de chez elle. Le cœur plus léger, elle pressa le pas et fila vers Krezk.
Les rues de la ville étaient animées, mais Jacqueline parvint jusqu’à sa porte sans la moindre difficulté. Elle se dépêcha d’entrer et verrouilla derrière elle.
Tentant d’oublier le cauchemar de ces derniers jours, elle alluma un feu et y plaça un peu d’eau pour faire un brin de toilette. Elle allait se débarrasser de la robe Vistani pour la brûler, quand elle voulut la voir une dernière fois sur elle. Jacqueline se plaça devant son miroir et poussa alors un tel cri, que d’aucuns disent qu’il résonne encore dans les ruelles de Krezk.
Dans la glace, elle voyait la silhouette élancée qu’elle connaissait bien. Ses jambes et ses bras, longs, minces, et aussi musclés que ceux d’un athlète, se dessinaient avantageusement dans le tissu de la robe. Mais le visage qu’elle apercevait était vieux et ridé. En fait, cette tête sur ses épaules n’était autre que celle de Madame Eva.
Prise de dégoût, elle arracha ses vêtements, faisant sauter les boutons dans son empressement. Elle ôta le bandeau de ses cheveux et s’aperçut que ses belles boucles abondantes avaient laissé la place aux cheveux gris de la vieille femme.
Mais ce ne fut que lorsqu’elle ôta le ruban en velours de son cou que le châtiment des Vistani se révéla dans toute son abomination. Dès que le ruban fut détaché, la pièce se mit à tourner autour d’elle. Elle eut l’impression de tomber et tenta vainement de se rattraper. Une fois ressaisie, elle aperçut, tombée à terre, sa nouvelle tête qui semblait l’observer avec une grimace d’ironie ; alors qu’au-dessus de son cou, elle ne sentait plus rien du tout.
C’est à sa volonté de fer que Jacqueline dut de ne pas sombrer dans la démence à cet instant. Elle s’efforça de garder son calme et de comprendre le terrible sort qui l’avait frappée. Par exemple, elle sentait que, même sans tête, elle pouvait maîtriser son corps normalement. Mais lorsqu’elle essayait de la reposer sur son cou, la tête de Madame Eva retombait aussitôt par terre. Seul le ruban de velours avait la faculté de la maintenir en place.
Quand Jacqueline eut enfin accepté la réalité, elle se jura de briser cette malédiction. Elle repartit vers le campement des Vistani et interrogea tous ceux qui s’y trouvaient pour savoir ce qu’ils lui avaient fait. Pour toute réponse, elle n’obtînt que rires et moqueries.
Seule une vieille femme, qui se prétendait la fille de Madame Eva, daigna lui parler. Celle-ci ne put cacher ni son profond ressentiment, ni sa joie devant la souffrance morale de Jacqueline. Elle lui révéla que le seul moyen de briser la malédiction était de retrouver sa tête originelle et de la remettre en place. Si cela était fait, expliqua-t-elle, alors son désir de rester éternellement jeune et belle sera réalisé. Quand Jacqueline voulut savoir où se trouvait sa tête, la femme se contenta de ricaner et elle s’en alla. Des siècles ont passé depuis cette rencontre, sans que Jacqueline Montarri ait pu jamais retrouver sa tête originelle.
En revanche, elle a appris beaucoup de choses sur sa malédiction et ses subtiles conséquences.
La plus importante est sans doute qu’elle peut porter d’autres têtes que celle de Madame Eva. En fait, elle souffre de migraines terribles si elle ne change pas de tête après 3 jours. Pour cette raison, elle possède maintenant une véritable têtothèque, alimentée par les successions de meurtres qu’elle a commis au cours de ces dernières années.
Quelle que soit la tête qu’elle porte, Jacqueline gagne la classe et les compétences de son propriétaire initial. Ainsi, celle d’un magicien de niveau 10 lui transmet aussitôt la connaissance de tous les sorts attachés à ce personnage. La grande variété de têtes qu’elle possède lui donne donc un large éventail de compétences et d’aptitudes.
La plupart sont d’ailleurs choisies, moins pour leurs capacités mentales que pour leur charme physique. C’est cette même vanité qui l’avait poussée à défier le Château Ravenloft qui l’a amenée à ne collectionner que les plus belles têtes qui puissent se trouver. Elle passe d’ailleurs des heures interminables à les maquiller et à les coiffer avec délicatesse et minutie.
Les siècles ont permis à Jacqueline de mieux connaître ses nouvelles particularités. Elle a découvert qu’elle ne peut porter que des têtes de femmes humaines. Les hommes, et les femmes d’autres races (comme les elfes et demi-elfes), ne lui sont d’aucune utilité. Les nouvelles têtes qu’elle acquiert, Jacqueline adore les trancher avec sa lame vorpale (à cause de la parfaite précision de la coupe), mais ceci ne répond à aucune exigence de la malédiction.
ÉCOLOGIE : Chaque tête portée par Jacqueline vieillit d’un an en une seule journée, mais ne vieillit plus dès qu’elle est ôtée de ses épaules. Même les visages les plus beaux ne résistent que très peu de temps à ce vieillissement accéléré. C’est pourquoi, toujours poussée par sa vanité, Jacqueline est sans cesse à la recherche de visages plus jeunes et plus beaux, pour remplacer les autres.
Plutôt que de détruire celles qu’elle n’utilise plus, Jacqueline les entasse dans la grande cave qui s’étend sous sa somptueuse demeure de Krezk. Parce que ces têtes ne peuvent mourir et qu’elles sont conscientes de leur sort, ce lieu est devenu un puits de désespoir, aussi profond que les Abysses. Elles sont conservées sous des cloches de verre et rangées le long des murs, les unes au-dessus des autres, comme des marchandises abandonnées dans un entrepôt. La pièce est remplie par les plaintes, les soupirs et les sanglots interminables de ces têtes prises au piège et que gagne lentement la folie. Quiconque pénètre dans cet univers macabre et les aperçoit ainsi, par centaines, tourmentées pour l’éternité, doit immédiatement effectuer un Test de peur. Apercevoir le visage d’un ami dans cette hallucinante collection implique bien entendu un Test d’horreur.
Ni Jacqueline, ni aucune de ses nombreuses têtes n’a besoin de boire ou de manger. Cependant, quand elle se trouve en compagnie d’autres personnes, Jacqueline continue à faire illusion en se restaurant et, ainsi, laisser penser qu’elle est toujours une femme normale.
Idées d’aventure : Jacqueline partant en quête de sa tête originelle peut constituer un excellent sujet d’aventure. Elle recueillera avec avidité toute information susceptible de la mener à sa découverte et pourrait fort bien rémunérer un groupe d’aventuriers capable de la localiser.
Bien entendu, sa passion intarissable pour les têtes jeunes et belles peut également la conduire à entrer en conflit avec les héros. Elle pourrait en effet être tentée de s’emparer de celle d’un personnage féminin affichant une beauté certaine. À défaut, elle peut se révéler une menace pour un aventurier au penchant trop romantique.
Des héros, qui seraient amenés à faire quelques investigations dans sa demeure, découvriront un lieu terrible et macabre. Bien que la majeure partie de la maison paraisse normale, la "têtothèque" où sont conservées toutes les têtes suffit à leur prouver qu’ils ont mis le doigt sur quelque chose d’effroyable.
Il est tout à fait possible également que les PJ découvrent accidentellement la tête originelle de Jacqueline Montarri, à l’occasion d’une autre aventure, par exemple. Sa localisation n’a pas été spécifiée volontairement, pour permettre au Maître de Donjon de la placer où bon lui semble sur Ravenloft, là où elle servira le bon déroulement de sa campagne.
Il est évident que si l’un des PJ entre en possession de la tête de Jacqueline, celle-ci ne reculera devant rien pour la lui reprendre. Et comme cet objet peut être utilisé pour causer sa perte, Jacqueline considérera dès lors son possesseur comme un ennemi à abattre.

