La Grande Fonderie et le Manifeste des Hommes-Dieux

Grande Fonderie

"Nous pouvons tous devenir des dieux.
Tous les êtres sont sacrés, auréolés par le divin, et voués à une plus grande destiné. A chaque fois que nous mourrons, nous ressuscitons pour une vie nouvelle. Le multivers est comme une forge pour nous, dans chaque vie que nous vivons. Et puisque nous sommes façonnés par lui, nous évoluons : des affres aux primaires, en passant par les planaires et les puissances - et ensuite vers le sublime inconnu. La réincarnation fait tourner la roue de l'existence : elle nous enseigne, elle nous met à l'épreuve et elle nous renouvelle.*

Les leçons de l'expérience peuvent être obscures, ésotériques et insondables, mais celui qui les surmonte et qui y survit est celui qui réussit et qui évolue.

Les obstacles de la vie sont plus que des inconséquences déplaisantes à éviter. Ce sont des opportunités. Et celui qui échoue à prouver sa valeur lorsque le multivers le défie risque bien plus que de perdre la fortune ou l'amour : les esprits intelligents peuvent retomber en bas de la grande échelle de l'évolution, et renaître en tant que vargouilles ou limaces. Le courage et l'intelligence sont des qualités nécessaires pour tendre vers la Source de toute vie…

Nous devons embrasser le multivers afin de sculpter nos propres êtres. Nous ne pouvons pas attendre que les aléas de la vie nous transforment, comme ces gens qui font la queue pour payer leurs amendes aux Cours de Justice, dans la magnifique Cité des Portes. La passivité encourage l'apitoiement de soi-même et la stagnation. Ceux qui se laissent submerger par leurs tourments deviennent faibles, fauchés et mesquins. Et ceux qui consentent simplement à la joie oublient de l'embrasser ! Leurs esprits s'atrophient et tous, sans le savoir, s'apprêtent à chuter après leur mort.

Tant que nous sommes coincés entre les joies et les peines de la vie, nous devons employer toutes nos qualités dans le partage de notre expérience. L'homme qui élargit ses devoirs et ses responsabilités en souffrant, et qui laisse la douleur l'inciter à un plus grand accomplissement, évoluera. La femme qui laisse sa joie la guider vers de nouvelles expériences plutôt que d'essayer futilement de la contenir se rendra compte que les émotions encouragent tout ce qu'elle voit et tout ce qu'elle fait. Ces participants actifs dans la forge de l'existence se préparent pour le défi le plus rigoureux qui prédomine sur les plus hauts échelons de l'échelle de la Source. Ces gens deviennent forts et flexibles, c'est l'objectif de l'ascension vers leur destinée…

On ne devrait jamais accorder trop de significations aux formes qu'on acquiert lorsqu'on évolue vers notre objectif. Seul l'ignorant croit que le but de l'évolution est d'acquérir le corps d'un homme, d'un halfelin ou d'un elfe. La forme physique d'un être reflète simplement le développement spirituel de la personne - et non l'inverse. Le développement intérieur est notre objectif.

Un demi-elfe qui vit dans un palais en fer ? C'est le factol Ambar : moitié forgeron, moitié barde. Ce n'est pas un factol ordinaire.
- L'éditeur

Un profond mystère subsiste encore à propos de la forme adoptée par celui qui atteint le dernier échelon de l'échelle du multivers et qui le franchit pour parvenir à l'existence sublime qui se trouve de l'autre côté. Est-ce que son corps est façonné si admirablement que nous ne pouvons le percevoir ? Ou se pourrait-il que ce soit cette absence de forme elle-même qui symbolise le triomphe de celui qui a évolué ?

Tout cela, de même que toutes les autres connaissances, nous l'apprendrons en temps et en heure.

- Extrait de La Destinée des Êtres, un traité en trois volumes, par le factol Ambar Vergrove des Adorateurs de la Source

 

* Note de l'éditeur : beaucoup reprochent aux Adorateurs de la Source de s'accrocher aux discussions grandioses (et intarissables, selon l'avis général) du factol Ambar, et à sa philosophie, en délivrant des attaques personnelles. "Il devrait s'en tenir à écrire ses petits poèmes et ses petits refrains" a-t-on entendu dire du Factor Komosahl Trevant des Hommes-Poussière. "Il aime trop les mots, et il ne réalise pas qu'il parle pour ne rien dire. Je préfère encore lire les idioties du Factol Sombrebois des Marqués à la Chambre des Orateurs".

Les remarques de l'Homme-Poussière, bien que dures et émotionnelles pour quelqu'un appartenant à une faction dénuée de passion, semblent compréhensibles - après tout, les Hommes-Dieux ne sont pas les amis des Morts. D'ailleurs, même les membres de la faction d'Ambar semblent d'accord avec Trevant. Car bien que l'on demande à tous les nouveaux Adorateurs de la Source de se familiariser avec les écrits de leur factol, peu d'entre eux arrivent à lire les trois volumes en entier. Pourtant, les Adorateurs aiment chanter les chansons d'Ambar lorsqu'ils travaillent à la forge, et ses représentations dédiées aux membres de la faction remplissent toujours la baraque.

Forger une faction

Les histoires de certaines factions ne sont rien d'autres que pertes sanglantes, victoires acquises au fil de l'épée et sauvetages in extremis. Les Hommes-Dieux ont également leur lot d'épisodes de ce genre, mais ils sont autant penseurs qu'acteurs.

Les gens considèrent Perrine comme leur premier factol - du moins, c'est lui qui fonda ce qui allait devenir les Adorateurs de la Source avant le Grand Bouleversement. Perrine, en tant que lanceur de poids, n'était pas seulement un athlète mais aussi un philosophe ; qui d'autre que lui se serait soucié de savoir à quelle distance un homme pouvait lancer une lourde boule de métal bordée de pointes de fer, en tirant une sangle de cuir d'un mètre ? Cet affranchi savait qu'il ne gagnerait qu'après une longue préparation préalable. Sans surprise, il supposa que les victoires pour des choses autres qu'athlétiques découlaient aussi directement des décisions et des actions préalables du péquin.

Non content de réfléchir seul à la question, Perrine fonda un groupe de lascars aussi curieux que lui. Ensemble, ils développèrent la philosophie de base des Hommes-Dieux - selon laquelle l'existence est une forge qui nous façonne - et le mode de vie qui l'accompagne et qu'on appelle "l'observation des suites". En fait, le péquin doit rester attentif aux conséquences de chacune de ses actions, afin qu'il puisse déterminer la façon de n'obtenir que des bons résultats à l'avenir. Apprendre de ses expériences, voilà l'idée, et la capacité de raisonner clairement en est l'outil.

Durant le Grand Bouleversement, une femme nommée Augy de Faunel consolida le groupe en une faction et altéra à jamais sa philosophie. Il semble qu'Augy avait été réincarnée un millier de fois et qu'elle pouvait se souvenir de ses vies antérieures. Chacune bâtit sur la précédente, disait-elle, et qu'elle avait gravit ou dégringolé l'échelle de l'existence en fonction de ses choix. Augy prétendait même se souvenir de sa première incarnation et de la magnificence qu'il y avait avant ça. "La lumière se déversait en moi comme de l'eau", a-t-elle écrit dans son journal.

Chanter me faisait vibrer dans les vagues de l'océan.
Sans la vue, sans l'ouïe,
Je percevais la radiance
Et la musique.
Telle était ma Source.
L'origine de laquelle toute vie jaillit.

Elle présenta au groupe de Perrine les mérites de l'intuition - qui, en général, n'est qu'une vie antérieure qui essaye de manifester quelque chose - et l'intérêt de sonder par-delà la mémoire d'un péquin. Cette philosophie permet au lascar d'évoluer sans s'accrocher à des logiques insensées, dans un processus qui s'étend à sa prochaine incarnation, au-delà de la mort. En évoluant suffisamment, un péquin peut devenir une divinité.

Augy donna à la société le nom qu'elle porte à ce jour : les Adorateurs de la Source. En tant que factole, elle dirigea ses suivants dans d'intenses recherches. Ils recueillirent des biographies et interrogèrent tous ceux qui prétendaient se souvenir d'une vie antérieure. Peut-être que ces études révèleraient les raisons pour lesquelles le multivers inflige aux péquins des existences éprouvantes.

Bien que leur première priorité était de comprendre les épreuves du Multivers, les Hommes-Dieux découvrirent souvent d'autres secrets au cours de leurs recherches - comme la Chambre des Ossements sous l'Armurerie de Sigil. Augy pensait qu'une telle salle pouvait détenir de précieuses informations à propos de la mort (et, par conséquence, sur la vie et sur l'évolution). Par la suite, elle entreprit de lire les souvenirs des biges inscrits dans le Livre des Morts. Elle le fit donc - et alla droit au mur. En fait, tandis qu'elle examinait les images d'un vieux fémur, elle se fit garrotter par l'âme piégée du fiélon Fosnatu'u.

Ce tanar'ri prit le contrôle de son esprit et annonça aux Adorateurs que des actes mauvais permettaient au péquin d'évoluer plus rapidement. Mais très vite, un ami à elle, Roscoe, devint méfieux sur le changement de philosophie d'Augy. La bonne nouvelle ? Roscoe renvoya Fosnatu'u dans sa prison de fémur. La mauvaise nouvelle : en faisant ainsi, il envoya Augy commencer sa 1001ème vie.

Plus grave encore : la Garde Fatale apprit qu'Augy avait visité l'Armurerie sans y avoir été invitée. Il semble qu'à cette époque les Gardes Fatals étaient opposés aux Hommes-Dieux - et, selon eux, ce désir d'accéder au rang de divinité s'opposait à l'entropie. La rumeur d'un espion infiltré au cœur de leur quartier général était tout ce dont la Garde Fatale avait besoin pour entamer une guerre contre les Hommes-Dieux.

Les travaux du mathématicien et musicien Luce déclenchèrent une nouvelle mode chez les Hommes-Dieux. En fait, Luce disait que chaque parcelle de temps et d'espace possède une résonance unique qui lui est associée. Cette résonance, bien qu'étant inaudible, pouvait être transposée en différents octaves que les auditeurs mortels pouvaient entendre. Les Hommes-Dieux pensaient que cette "Musique du Multivers" pouvait révéler le chemin que suivait un lascar sur l'échelle qui mène à la divinité. Lorsqu'un nouvel affranchi prétendit "entendre" cette symphonie céleste, de nombreux Adorateurs abandonnèrent leurs biographies et leurs travaux à la Grande Fonderie (le quartier général de la faction. - Ed.) pour tenter de cultiver leur sensibilité.

Les accords paradisiaques devinrent la mode dans Sigil. Dans chaque quartier, des mathématiciens se mirent à composer, de même que des amateurs tout autour du Grand Anneau. Les Têtes-de-Bois virent la découverte des Hommes-Dieux comme une attaque à l'encontre de leurs objectifs de paix à travers la conformité. Les hostilités verbales éclatèrent à la Chambre des Orateurs, tandis que des effusions de sang discrètes faisaient rage entre la Caserne et la Grande Fonderie.

Alors que la violence verbale et armée persiste encore entre les Adorateurs et leurs ennemis traditionnels (les Hommes-Poussière et la Morne Cabale, qui détestent tous deux la philosophie des Hommes-Dieux - Ed.), le conflit le plus important auquel la faction doit faire face à présent émerge de l'intérieur. Basdank (Planaire, humaine, Druide 5, Adorateur de la Source, Neutre), une factotum avec une influence considérable, s'en prend à sa faction qui considère que la forme d'un chien ou d'un zèbre se situe plus bas sur l'échelle qui mène à la perfection, alors que les demi-elfes, les tieffelins et les humains se trouvent sur de plus hauts échelons. En tant que druide Changeur de Forme qui possède une expérience considérable dans les formes animales (décrite dans le Manuel Complet des Druides - Ed.), Basdank va même jusqu'à dire que l'instinct est supérieur à l'intelligence rationnelle. Beaucoup redoutent sa façon de penser, si proche des idéaux des Chiffronniers qui pensent que l'action prévaut, sans penser aux circonstances.

Le factol ne fait pas que branler son râtelier, et il emprunte les éléments du passé pour favoriser sa stratégie orientée sur les débats. En se rappelant de la popularité des harmonies paradisiaques d'antan, il a mis en place un programme pour entraîner tous les Hommes-Dieux à chanter ou à jouer d'un instrument. Les étudiants apprennent des mélodies qui provoquent de forts sentiments chez les auditeurs, ainsi que des techniques pour transformer ces émotions en débats au sein de l'auditoire à l'issu de la prestation. Les premiers lauréats du "Programme d'Etude Bardique" d'Ambar ont sensibilisé la Cage, et les résultats semblent favorables. Des petits groupes se forment autour des bardes Hommes-Dieux et s'engagent dans des discussions spirituelles lorsque la musique cesse.

Le Factol Ambar Vergrove

Homme demi-elfe planaire
Rôdeur niveau 19, Adorateurs de la Source (factol)
Neutre Bon

For 18
Dex 18
Con 16
Int 13
Sag 18
Cha 17
PV 95
CA 2
TACO 2

Equipement : Amulette des plans, anneau de protection +4, bottes elfiques, fibule bouclier, couronne de télépathie (comme le heaume) , robe de déplacement, gemme de vision sur une chainette, pierre ioun iridescente, épée dansante +2 invisible, bâton, harpe.
Sorts/Niveau : 3/3/3.
Spécial : Le factol possède les capacités standards des rôdeurs, des demi-elfes et de sa faction. (Ambar utilise la règle de "dépassement des limitations de niveau" du chapitre 2 du GUIDE DU MAÎTRE : Races de PJ. - Ed.)

Dans un endroit d'Outreterre nommé Fayrill par certains, Fayrie par d'autres, et qui est inconnu de la plupart, une elfe donna naissance à un fils demi-humain. Cette femme, Galina, se retrouva banni par sa famille - pas pour le choix du père qu'elle avait fait pour son enfant, mais pour son refus de se plier aux formalités rigides de son clan, les Quybier. Galina aimait danser, chanter, rire et jouer de la harpe. Ce n'est pas très inhabituel pour une elfe, me direz-vous ? Cependant, tout ce que Galina connaissait, c'était sa propre famille inflexible. Heureusement pour elle et son fils, elle savait également quelles plantes étaient comestibles et comment construire un abri avec des branches de pin.

La divinité te tend les bras.
Entends l'appel de la forge !
Laisse la vie te façonner à mesure que le divin t'imprègne.
. - Tiré de "La Forge", une chanson du factol Ambar

Son enfant, Ambar, ne sut jamais qu'il était pauvre. La nuit il dormait sur les mousses les plus douces, et le jour il buvait les eaux les plus claires, et il grandit au milieu d'une somptueuse forêt. A ses yeux, son logis ressemblait à un manoir. Il apprenait les chansons de sa mère et jouait avec les renardeaux dans les tanières voisines.

Le jeune homme ne prit conscience de sa pauvreté qu'après avoir observé Caye, une jeune femme du clan Quybier, qui errait dans les bois. Ses cheveux bruns et soyeux retombaient jusqu'aux chevilles ; ses yeux acajou étaient parcourus de légers reflets pourpres baignant dans les profondeurs de leurs mystères insondables ; sa silhouette agile était aussi fine qu'un bouleau, mais son attitude était si solennelle, comme rien de ce qu'Ambar n'avait jusqu'alors imaginé. Le demi-elfe alla demander à son père Florien la main de sa fille, mais il essuya un brusque refus. Ambar fut très surpris. Caye aurait vécu dans un palais de verdure, aurait dégusté les meilleures viandes, aurait joui des plus douces musiques et aurait eu le plus dévoué des maris - qu'est ce qu'un père pouvait désirer de plus ?

La mère d'Ambar lui expliqua la raison : le statut social, la politique ou le pouvoir militaire, un château construit par la main plutôt que par la nature, et la valeur monétaire plutôt que la richesse intérieure étaient des attributs nécessaires pour se marier au sein des Quybier. Le jeune homme était d'accord avec Galina, mais il avait aussi confiance en lui. Il courtisa donc Caye sans le consentement de son père, et il gagna son cœur. Pendant un temps, les trois exilés vécurent heureux dans leur clairière au milieu des bois : mari et femme dans leur pavillon de saules et de vignes, et Galina dans sa pagode de pin située en face. Le trio chantait à en perdre la raison, se livrait à des festins forestiers, contait des histoires et dansait la gigue. La nouvelle que Caye était enceinte les enchanta.

Les guerriers que Florien envoya mirent fin à tout ça. Ils tuèrent Galina et Caye au cours de la bagarre et emmenèrent Ambar enchaîné devant le seigneur des Quybier. Face aux accusations d'enlèvement du patriarche, le demi-elfe répondit de manière éloquente. "C'est vous que j'accuse ! Je vous accuse vous, assassin de ma mère, de mon épouse et de mon enfant qui allait naître ! Je vous accuse d'avoir détruit mon bonheur, d'avoir souillé ma demeure et de m'avoir volé mon avenir. Oseriez-vous nier cela ? Oseriez-vous demander réparation comparé à tout ce que vous me devez ?"

En fait, les Quyberiens n'osèrent pas. Pour se déculpabiliser, ils offrirent à Ambar un coffret de velours rempli de gemmes et lui demandèrent de partir pour toujours de Fayrill. Il accepta les pierres précieuses et partit.

Avec une fortune de gemmes et des talents de forestier, un demi-elfe peut aller loin. Ambar guida des voyageurs à travers l'Outreterre, investit sa richesse dans des entreprises rentables, et parcourut le Grand Anneau à la recherche d'un endroit qu'il pourrait désigner comme sa demeure. Il ne le découvrit jamais, mais il rassembla une vaste collection d'œuvres d'art et d'instruments de musique exceptionnels. A la longue, il tomba sur les Adorateurs de la Source et comprit que si aucun endroit ne ferait qu'il se sente à nouveau chez lui, un groupe de personnes le pouvait. Sa courtoisie et sa gentillesse - il aime à ce que tout le monde l'appelle par son prénom - lui valurent beaucoup d'amis parmi les Hommes-Dieux et, en quelque temps, il devint factol. Il est aimé de tous les militants, factotums et factors - la moitié d'entre eux le croient sur la façon de devenir une puissance. La plupart d'entre eux pourraient lui sacrifier leurs vies. Pour sa part, Ambar exige rarement de tels sacrifices. Son but en tant que factol ? Il souhaite que sa faction et ses membres s'épanouissent. Contrairement à nombre de ses partisans, Ambar attache de la valeur aux individus plutôt qu'aux philosophies qu'ils adoptent.

La Grande Fonderie

Grande Fonderie

C'est le quartier général des Hommes-Dieux : un complexe sale et labyrinthique dans lequel se mêlent ateliers, entrepôts et fournaises. Les Hommes-Dieux y travaillent jour et nuit. Le jour, la fonderie crache de la fumée et de la vapeur ; et la nuit elle éclaire le quartier de ses feux. Ses produits, de petits objets métalliques d'usage courant, sont la source de jonc principale des Hommes-Dieux. Ces derniers fabriquent des outils, des charnières, des pots, des clous et tout ce qu'on peut fabriquer avec du fer. Ils ne sont pas très doués; leurs produits n'ont rien de très fin ni de très artistique, mais ils sont solides et fonctionnels.

Les rues qui entourent la fonderie sont un fouillis d'ateliers et de tavernes fréquentées par les ouvriers. Elles ne sont ni luxueuses ni particulièrement propres ; lorsqu'un matois a passé sa journée à la forge, il ramène avec lui beaucoup de saletés. Boire et négocier sont deux activités sérieuses ; il y a toujours quelqu'un en train de marchander le prix d'un produit ou d'un autre. Ici, on traite aussi d'autres types d'affaires, car c'est un des lieux de rencontres les plus prisés des hommes et des fiélons - qui sont ainsi assurés que leurs noires tractations ne tomberont pas dans des oreilles indiscrètes.

Fonderie

Porte principale

Porte secondaire

Décombres / gravats

Parc d'entreposage

Flèche

Portes secondaires

Tréfilerie

 

Tôlerie

Aciérie

Ateliers de moulage

Tour

Habitation

Atelier

Réserve

Les béjaunes qui aperçoivent la Grande Fonderie pour la première fois ont l'air de véritables quoquerets. Leurs yeux deviennent aussi grand que des œufs de vrock, et ils pivotent leurs têtes comme si elles étaient enchâssées sur un manche à balais, tentant de capter tous les détails alentours. Cette Fonderie n'est pas une simple forge de village.

Les Hommes-Dieux ont établi leur quartier général au cœur du Bas-Quartier. C'est une partie crasseuse de Sigil, avec des rues étroites et tordues, des boutiques et des maisons construites de traviole et recouvertes de suie. Les bougres ici sont pâles, voûtés et sournois, la plupart d'entre eux sont des artisans résolus à accumuler les secrets du métier. Les visiteurs qui demandent aux citadins la route pour se rendre à la Grande Fonderie n'obtiendront probablement aucune réponse. Car seuls les bibards qui traînent trop longtemps dans la rue de la Brasserie non loin ont du mal à voir les cheminées d'usine qui recrachent la fumée au-dessus des toits.

Larges de 3 mètres, les deux portes principales de la Grande Fonderie ne manquent jamais d'impressionner les lascars. L'encadrement en fer forgé est aussi grand que la plupart des auberges et maisons avoisinantes, et chaque porte pivote sur des gonds aussi épais que la cuisse d'un forgeron ! Les gardes ont l'air tout aussi intimidant. (Bien sûr, ils ne causent aucun problème aux matois qui revêtent les couleurs des Hommes-Dieux. - Ed.) Un simple coup d'œil sur cette impressionnante bâtisse de métal (que l'on appelle simplement la fonderie), nichée dans son demi-cercle de cheminée, informe le péquin qu'une puissante faction dirige en effet les lieux.

La cour principale de la Grande Fonderie paraît morne et sale - une étendue de gravier entourée de murs sombres et bosselée de piles de décombres et de minerais bruts. Le grondement des flammes et le tintement des forges s'intensifient dans un bruit assourdissant après seulement quelques minutes. L'imposante bâtisse qui s'étire vers le ciel donne une certaine splendeur aux environs. Cet édifice de briques s'étire sur dix étages complets. D'énormes fenêtres encadrées de fer laissent entrer la lumière. Et des portails tout aussi immenses permettent aux chariots remplis de minerai d'y pénétrer.

En passant du temps à l'intérieur de la Fonderie, le péquin est amené à penser que Baator serait un meilleur endroit pour se rafraîchir. Des fourneaux ardents de la taille d'une grange semblent ouvrir leur gueule partout où l'on regarde. Des poulies semblables à des arbres géants, et plus grosses que les lascars qui y travaillent, retentissent. Des creusets suffisamment grands pour qu'un ogre puisse s'y baigner sont remplis à ras bord de métal en fusion. Les militants se précipitent dans la chaleur étouffante, apportant de l'eau aux métallurgistes. Certains ne tiennent pas longtemps - il semblerait qu'ils n'aient pas le goût à esquiver des gouttes d'acier en fusion plus chaudes qu'un four.

La tôlerie, l'aciérie et les ateliers de moulage ne sont que des petites parties de l'immense et complexe usine. Quelques forgerons, primaires ou planaires, peuvent former un péquin à travailler le métal liquide à la Grande Fonderie.

Les lascars qui se baladent dans la Grande Fonderie pourraient apercevoir une petite tieffelin en train de pourchasser des animaux qui se sont incrustés dans les ateliers. Elle se déplace à une vitesse ahurissante et finit toujours par capturer l'oiseau ou la créature qu'elle traque, tout en l'apaisant avec quelques paroles réconfortantes. Bien entendu, elle n'apaise ni ne calme les gens alentours.

Zena

Femme tieffelin planaire
Rôdeuse niveau 9, Adorateurs de la source (factotum)
Neutre Bon

For 14
Dex 16
Con 14
Int 13
Sag 14
Cha 10
PV 46
CA 4
TACO 12

Equipement : Bâton, armure de cuir +2.
Sorts/Niveau : 2.
Spécial : Zena possède les capacités standards des rôdeurs, des voleurs et des tieffelins, ainsi que celles des factotums de sa faction.

La spécialité de Zena, ce sont les animaux. Cette factotum affectueuse aime toutes les bestioles qui courent, rampent, glissent, nagent ou volent. Sa case dans le Bas-Quartier ressemble bien trop à un zoo (et en a même l'odeur) que personne d'autre à part elle n'accepterait d'y rester. Non seulement ses collègues Hommes-Dieux évitent sa guitoune, mais ils se tiennent également à l'écart de Zena.

Oh, elle est assez attirante : un nuage de cheveux noirs comme la suie encadre son visage orné de pommettes saillantes, de grands yeux noirs, d'un petit nez, d'un menton pointu et de lèvres lippues. Elle porte des robes d'étoffes translucides, ainsi que des bottines. (Personne ne sait comment elle fait pour ne pas être recouverte de poils d'animaux, de plumes ou d'écailles. - Ed.) Mais Zena peut devenir passionnée. La plupart des lascars se lassent rapidement de ses discours sur la souffrance des animaux et sa façon de traiter avec compassion ses frères à plumes et à fourrure.

Euh - où est Zena ?
- Un factor Homme-Dieu qui vient d'apprendre qu'un chien d'Aoskar s'est perdu dans la tôlerie

Malgré cette réticence, que Zena remarque à peine, les grossiums font régulièrement appel à elle dans les situations qui requièrent son expertise. Quelqu'un doit soigner un lézard blessé qui pourrait les conduire jusqu'au voleur d'équipement de la Grande Fonderie : Appelez Zena. Un parchemin détaillant les ingrédients d'un sort depuis longtemps convoité se trouve dans une fosse à serpents : Allez chercher Zena. Bien qu'on ne lui confie jamais les missions que les autres factotums reçoivent, elle y est impliquée indirectement, en raison de ses talents exceptionnels.

Bien sûr, des centaines de lascars travaillent à la Grande Fonderie bien plus souvent que Zena : des métallurgistes, des artisans, des ouvriers, ou des messagers. L'endroit peut décourager les nouveaux travailleurs à fabriquer les objets métalliques que les Hommes-Dieux produisent chaque jour. (Des objets basiques en fer tels que des ustensiles, des vis, etc. - Ed.) Leur meilleur ami est un grand affranchi à la peau sombre nommé Ombidias, qui prend les nouvelles recrues sous son aile. Il est gentil et lent à s'exprimer, mais il est robuste. Malgré son statut de factor, il semble toujours avoir un moment à consacrer aux militants qui ont besoin de conseils.

Ombidias

Mâle voadkyn primaire
Shaman niveau 7, Adorateurs de la Source (factor)
Neutre Bon

For 15
Dex 13
Con 12
Int 13
Sag 16
Cha 18
PV 49
CA 8
TACO 16

Equipement : massue de géant (1d8x2), arc long de géant et 24 grandes flèches (bonus de +1 aux jets d'attaque, 50% de portée en plus, 1d8 points de dégâts).
Sorts/Niveau : 5/5/2/1.
Spécial : Ombidias lance les sorts des sphères générale, charme, divination, et soins. Il peut se métamorphoser en n'importe quelle créature humanoïde dont la hauteur est comprise entre 90 cm et 4,5 mètres. Les géants des bois, comme les elfes, ont une résistance de 90% aux sorts de sommeil et de charme. Ils possèdent l'infravision jusqu'à 27 mètres. Les adversaires qui se trouvent en forêt, où les voakyns peuvent facilement se cacher, subissent un malus de -4 à leurs jets de surprise.

Ombidias a la carrure, la grosse tête et la mâchoire proéminente des voadkyns, mais la sagesse d'un saurial cornu (Bestiaire Monstrueux Appendice 1 : Royaumes Oubliés). Il pèse ses mots avec précaution, parle lentement, et n'arrive à une décision qu'après mûre réflexion. La tribu qu'il servait autrefois en tant que shaman, sur l'obscur monde primaire de Glemayne, cessa d'exister il y a de cela plus de 50 ans, lorsque le monde fut envahi par des chats des enfers et des hordelins sous le commandement d'un seigneur baatezu. Ombidias se retrouva prisonnier et enfermé dans la cité de fer de Dis. Il survécut à d'ineffables tortures mais parvint à s'échapper, convaincu que son clan avait plus que jamais besoin de lui. En fait, ils étaient tous déjà morts.

Ombidias aurait préféré partir avec eux. Il pensa même retourner sur Baator pour inscrire autant de geôliers qu'il pouvait dans le livre des morts, avant qu'ils ne l'y inscrivent lui-même. Cependant, sa nature de voadkyn et ses instincts de shaman ne lui permirent pas d'en arriver là. Au lieu de ça, il décida de dédier le reste de sa vie à servir les opprimés et les laissés pour compte du multivers. Il quitta les ruines de Glemayne pour toujours, et s'installa à Sigil (par où il était passé durant sa fuite), et il rejoignit les Adorateurs de la Source. Ses travaux sur les souvenirs de sa tribu s'accordaient bien avec les objectifs de la faction. Beaucoup d'Hommes-Dieux s'attendent à ce qu'il devienne le prochain factol, après qu'Ambar ait évolué au rang de Puissance.

Ce géant des forêts de 3 mètres de haut a un visage sombre et une peau si brune qu'elle paraît noire. Drapé dans ses robes vert foncé et noires qu'il affectionne, Ombidias dégage une personnalité imposante, mais il a l'air plus abordable lorsqu'on discute avec lui. Son attitude chaleureuse et sa compassion le font aimer de tous.

La salle du conseil au-dessus des forges reste inaccessible aux militants - même pour les amis d'Ombidias. Elle ressemble à une terrasse avec une balustrade en pierre engouffrée dans une forêt de cheminées. La salle est encerclée par une bulle vitrée supportée par des poutres arquées en acier et des meneaux en fer, forgés à la fonderie. La table ovale du conseil, en bronze poli (mesurant 5 mètres sur 8), dispose d'une ouverture au centre qui s'aligne avec une plaque de verre posée sur le sol de granit et qui permet aux factors en train de débattre d'observer le travail des métallurgistes en-dessous. La plaque de verre et la bulle vitrée nécessitent des nettoyages réguliers pour enlever la suie tenace.

Les factors et factotums qui supervisent le bon fonctionnement de la Grande Fonderie ont de luxueuses suites au-dessus des ateliers inférieurs. Les quartiers des militants sont comme qui dirait plus modestes. Ils dorment dans des petites chambres situées dans les résidences des employeurs derrière la Fonderie, dans la cour d'entreposage, entre les entrepôts et les tas de ferraille. Leurs minuscules espaces incluent tout de même une fenêtre, ainsi que des draps propres et des couettes chaudes. Quand ces nouvelles recrues prennent de l'ancienneté, elles sont transférées dans de meilleures chambres au Palais d'Ambar situé dans le Plan Ethéré.

Les autres refuges

Les Hommes-Dieux sont bien accueillis dans la plupart des endroits où ils se rendent, mais ils aiment visiter certains lieux en particulier.

Le Palais d'Ambar. Tout le monde a hâte de se rendre au refuge du factol Ambar : un bâtiment gothique perpendiculaire construit en acier poli plutôt qu'en pierre, et situé sur une île dans les profondeurs de l'Ethéré. Le complexe possède de nombreuses ailes hautes de plafond, et les nouveaux arrivants sont impressionnés par ses voûtes complexes et ses vitraux. Des meubles dorés, ainsi qu'un mélange éclectique d'art et des vases débordants de fleurs décorent les salles. Des terrasses de marbre, des bassins réfléchissants ornés de lys, des tonnelles recouvertes de roses, et des lits de fleurs agrémentent les cours du palais.

Ambar réside dans ce paradis miniature avec ses factors et de nombreux factotums et militants qui travaillent à la Grande Fonderie. Les grossiums tiennent des conférences et délivrent les ordres aux factotums. Un portail permanent dans les forges de la Grande Fonderie communique avec l'aile des travailleurs du domaine d'Ambar. Un autre, dans la tréfilerie, mène jusqu'à l'impressionnant parvis de son palais.

Les refuges. Les Hommes-Dieux peuvent compter sur tout un réseau de personnes qui les aideront dans les moments critiques, plutôt que sur des caves dissimulées, des sous-sols, des mansardes ou autres refuges ordinaires. Un aubergiste par-ci, une fermière par-là, un moine dévoué, un herboriste, un garde de château - en Outreterre et sur la plupart des Plans Extérieurs, un tel endroit pourrait faire défaut à un péquin, mais pas aux amis. (Du moins, pas aux amis des Adorateurs de la Source. - Ed.) En général, les affranchis peuvent également emprunter les ressources de leurs compagnons, ce qui leur donne un accès facile aux armes, aux vêtements, à la médecine, aux déguisements ou aux nouvelles.

Les Hommes-Dieux supervisent un asile d'azimutés appelé la Maison de Repos qui se situe soit dans le Quartier de La Dame, soit dans le Bas-Quartier - la chanson n'arrive pas à se décider. Le factol a nommé le maître de maison Bereth (Planaire, humain, niveau 0, Adorateurs de la Source, Chaotique Bon) pour s'occuper des fauteurs de troubles qu'on y amène, mais il accueillera aussi les affranchis de la faction.

Au sein des rangs

Zena

Etant donné leurs natures extraverties, il n'est pas surprenant de constater que la plupart des Hommes-Dieux rejoignent la faction pour aider les autres à "évoluer" et à découvrir leur propre potentiel. (Quelques lascars impitoyables la rejoignent en supposant qu'ils peuvent facilement réussir parmi ces personnes bien intentionnées.) Les Adorateurs détestent les biges qui agissent de façon apathique ou résignée vis-à-vis du multivers - ils tolèreront les lascars qui deviennent égoïstes ou malicieux, mais pas ceux qui manquent d'intérêt pour leur propre amélioration.

Interpréter les Adorateurs de la Source

Malgré leur préoccupation pour les autres, n'allez pas croire que les Hommes-Dieux sont indulgents. Ils exigent du lascar qu'il apprenne de ses erreurs, et ils n'interfèreront pas dans les "enseignements de la vie". Bien sûr, le péquin peut compter sur un Homme-Dieu pour se faire aider en dernier recours, mais l'affranchi n'empêchera jamais à un autre d'apprendre par l'expérience.

Bien entendu, certains s'appuient sur le fait que ces leçons du multivers agissent comme une forge, tout en omettant de reconnaître que cette même forge agit pareillement pour tout un chacun. Ces lascars s'imaginent que certains bougres ont plus de potentiel que d'autres, aussi n'ont-ils aucun scrupule à contribuer à la rigoureuse "éducation" des personnes inaptes. Les bibards qui espèrent la charité compatissante des Adorateurs feraient donc mieux d'aller voir ailleurs.

Alignement. Une telle attitude de compassion ne signifie pas qu'un Adorateur doit adopter les principes du bien. De nombreux Hommes-Dieux sont mauvais (désirant entraver la progression des autres vers le bien) ou neutres (prétendant que ne pas interférer dans la vie des autres permet au multivers d'accomplir sa meilleure part de travail).

Les Hommes-Dieux loyaux considèrent que la réglementation est essentielle au processus d'évolution vers le divin. "Le péquin qui suit les règles passera tous les tests que le multivers lui soumettra", disent-ils. Les Hommes-Dieux chaotiques évaluent chaque situation au cas par cas. Après tout, offrir un repas gratuit à un mendiant pourrait lui donner la force de jouer du pipeau pour distraire les passants (et se faire quelques pièces). Le fait d'en nourrir un autre pourrait tout simplement le convaincre à ne plus rien faire pour le restant de ses jours. Parfois, tuer un pauvre bougre est la meilleure chose qu'un péquin puisse faire. Les Hommes-Dieux neutres se retrouvent quelque part entre ces deux points de vue.

L'unique raison pour laquelle le multivers est une forge, c'est parce que tu l'imagines ainsi.
- Un Signeur s'entretenant avec Ombidias

Classes. Un Homme-Dieu a deux préoccupations : sa propre progression dans la chaîne de l'évolution, et la progression des autres lascars du multivers. Bien sûr, ces deux préoccupations ne s'expriment pas de la même façon - cela dépend du domaine d'expertise du péquin. Les guerriers pensent que les batailles enseignent au lascar les leçons de la vie, aussi s'appuient-ils sur le conflit avec les autres pour s'aider à évoluer. Les paladins Hommes-Dieux croient qu'ils évoluent en aidant les autres et ils comptent également sur ceux qu'ils aident pour leur porter secours. Les rôdeurs, qui se consacrent aux animaux, considèrent bien souvent que le potentiel de leurs amis les bêtes est incomparable à celui des races intelligentes.

Les prêtres Hommes-Dieux cherchent à imiter l'évolution divine de leurs dieux, pourtant ils savent qu'aucune puissance ne mène à la Source. Les druides se fient aux cycles du monde naturel, et croient que ces mêmes cycles apporteront au péquin le niveau nécessaire d'analyse et d'illumination. Les magiciens Adorateurs, souvent arrogants, croient que la magie est la clé de l'évolution, et tant pis pour ceux qui ne baignent pas dans cet art. Les voleurs Hommes-Dieux pensent qu'un secret n'a de valeur que s'il est dérobé, et ils sont attirés par les connaissances bien gardées. Les bardes savent qu'ils peuvent susciter l'inspiration : après une ballade héroïque, ils attendent des auditeurs qu'ils imitent les héros de la chanson.

Races. Vu qu'ils croient au potentiel divin de chaque être, les Adorateurs de la Source accueillent divers membres. Wemics, pixies, satyres, bariaures, tieffelins, nains et demi-elfes se mêlent les uns aux autres, de même que les étranges érynies, lammasus, githyankis, slaades et chiens de la lune.

Appartenance aux Hommes-Dieux

Les Adorateurs souhaitent enseigner à leurs membres que la vie est une forge qui façonne la personnalité et l'esprit. Par conséquent, en rejoignant la faction, tous les lascars doivent faire un tour à la forge. Le péquin informe les gardes à l'entrée de la Grande Fonderie qu'il est intéressé, et avant qu'il ne s'en aperçoive, il transpire à grandes gouttes dans la tréfilerie ou quelque part ailleurs. Si le labeur éreintant ne les fait pas fuir, ces militants peuvent aspirer à de plus grandes implications au sein de la faction, en demandant à un membre plus expérimenté de les parrainer.

Les militants pratiquent les apprentissages habituels avec ces mentors, et étudient la rigoureuse philosophie des Adorateurs. Mais chaque mentor fournit des expériences vraiment différentes : certains ignorent presque leurs responsabilités, tandis que d'autres exigent des leçons journalières complétées par les tâches appropriées. Lorsqu'un mentor considère que son protégé est fin prêt pour les responsabilités de factotum - rechercher la valeur inhérente en chaque chose - il présente le militant à un factor pour son évaluation.

Le candidat subit alors une série de tests : des énigmes inhabituelles ou des tâches difficiles, spécifiquement adaptées pour examiner ses craintes et ses limites. Bien entendu, les factors ne les évaluent pas en vue de la perfection. Ils essaient juste de jauger la malléabilité des militants au sein de la forge multiverselle. Un test similaire au Palais d'Ambar est administré aux factotums désignés pour évoluer au rang de factor.

Capacités de la faction. Quel que soit leur rang, tous les Hommes-Dieux obtiennent les mêmes avantages et inconvénients. Leur croyance selon laquelle tout le monde peut atteindre la divinité se traduit généralement par un traitement équitable avec tous ceux qu'ils rencontrent. Cette réputation d'absence de préjugés fait qu'ils sont bien perçus à travers le Grand Anneau. Ils obtiennent un bonus de +2 (ou un pourcentage de +10) à tous leurs tests de réaction envers les créatures planaires. Toutefois, un Homme-Dieu ne peut pas être ressuscité ou rappelé à la vie. Avec la permission du MD, ils peuvent être réincarnés dans une race de PJ (choisie par le MD).

Les prêtres Hommes-Dieux qui vénèrent une divinité particulière (par opposition à la Source) souffrent d'un total manque de foi. Après tout, ils savent que les puissances n'ont rien de spécial - ce sont juste des lascars qui occupent l'avant-dernier échelon sur l'échelle de l'évolution. Ces problèmes de croyance sacerdotaux se traduisent par un malus de -1 à tous leurs jets de sauvegarde.

Les Adorateurs de la Source possèdent une faculté qu'ils ne comprennent pas vraiment. Voyez-vous, dans le Grand Anneau, les croyances ont plus d'importance que dans les mondes primaires. Des bleds entiers peuvent disparaître ou se déplacer à cause des croyances - prenez le cas de Pestemort, la ville-portail qui glisse régulièrement dans les Abysses et qui s'en retrouve éjectée par la suite. Des plans entiers peuvent naître ou être détruits à cause des croyances. Et vu que les Hommes-Dieux croient que les lascars ordinaires peuvent évoluer au stade de puissances, ils peuvent effectivement y arriver. Jusqu'à présent, les Hommes-Dieux n'ont vu qu'un seul d'entre eux évoluer à ce stade : l'ancien factol Curran, qui accorde à ses suivants des sorts de soins et de protection. Beaucoup pensent qu'Ambar sera le prochain.

La Chanson

Vous avez plus d'une fois tournoyé sur la roue des incarnations ? Les lascars dont le ciboulot est imbibé de souvenirs de vies antérieures ont peur de se rendre à la Grande Fonderie. Voyez-vous, les Hommes-Dieux aiment attraper de nouveaux sujets d'études pour les vider - plus particulièrement de leurs réminiscences. Bien sûr, ils donnent un peu de jonc au péquin pour les désagréments, mais la plupart prétendent que l'or ne vaut pas la peine de rouvrir le Livre des Morts.

La Chambre des Orateurs semble être l'endroit le plus sûr pour voir les Hommes-Dieux de près. Actuellement, les Hommes-Poussière proposent un amendement pour "laisser les morts en paix". Ils considèrent qu'analyser les vies antérieures est obscène. Si leur projet de loi passait, exhumer les souvenirs des morts deviendrait illégal.

Les membres de l'Harmonium soutiennent un mandat qui leur confèrerait le droit de détruire n'importe quel manuscrit distribué sans leur consentement. Les Athars, avec leurs piles de prospectus, se sentent davantage menacés par cette proposition, mais les Hommes-Dieux ne l'apprécient guère plus. Ces derniers s'imaginent qu'acquérir de la connaissance, écrite ou autre, est la principale manière d'évoluer. De plus, que se passerait-il si les Têtes-de-Bois décidaient de ne pas approuver les biographies et les journaux des vies antérieures qu'on trouve dans les archives de la Grande Fonderie ?

Il est probable que cette loi ne soit jamais votée. Peu de gens à la Chambre des Orateurs se soucie d'embêter une faction qui garde ses yeux grands ouverts. Mais nombreux sont ceux qui battent la mesure et mènent la danse dans la Cage et dans le Grand Anneau, et ça devrait forcer le respect des lascars qui en ont dans le ciboulot.

Zena vient tout juste de rentrer de Torche avec une chauve-souris vampire à ses trousses. Elle a tué son poursuivant à l'entrée de la Grande Fonderie, et a dévoilé quelques mots indiscrets à un garde en poste avant d'aller faire son rapport au factol. Il semblerait que Zena ait découvert un linceul magique dans l'un des pics de la ville-portail : un linceul récemment acquis par une douzaine d'Hommes-Poussière. Le bige qui se fait envelopper dans ce linceul plus longtemps qu'il n'en faut pour remplir ses poumons six fois de suite, meurt et ne peut être réincarné. Ce n'est pas non plus un raccourci vers le sublime inconnu ; le bougre n'aura plus jamais la chance d'évoluer !

Une autre rumeur, encore plus mauvaise, vient des Morts. On dit qu'un factotum Homme-Poussière en poste à Rigus aurait libéré le fiélon Fosnatu'u de sa prison. Le tanar'ri, ivre de vengeance, a focalisé une fois de plus son attention sur les Hommes-Dieux. Nul ne sait comment ce vieux fémur a atterri à Rigus (si c'est bien le cas). Il est en morceaux à présent, et si Fosnatu'u a appris la leçon depuis le dernier épisode, il sera un peu plus difficile de l'enfermer une troisième fois.

Les soltifs du MD

En plus de ses charnières, outils de cuisine et rivets, la Grande Fonderie fabrique des objets plus inhabituels : des pierres magiques appelées marqueurs-source, façonnées dans une forge secrète des profondeurs de l'Ethéré. (Un portail nomade dans la salle du conseil située au-dessus de l'aciérie s'ouvre sur cette forge secrète une fois par an ; le reste de l'année, il passe par tous les plans du Grand Anneau et sur chaque plan Élémentaire. - Ed.) Les marqueurs-source ressemblent à des cailloux translucides, de couleur gris nuageux, avec des volutes sombres au centre. L'Homme-Dieu qui possède un marqueur-source peut entrer dans l'Ethéré à volonté depuis n'importe quel endroit du multivers. Chaque marqueur fonctionne une seule fois, puis disparaît. Etant donné que ce sont des objets assez rares, seuls les factotums et les factors en mission pour la faction reçoivent ces marqueurs.

Les Hommes-Dieux possèdent une ressource plus incertaine de par la relation qu'entretient Zena avec sa sœur jumelle Zakarias, une factor Sensate (Planaire, tieffeline, Rôdeuse 9, Société des Sensations, Neutre Bon). Zena a pu pénétrer à l'occasion dans les sanctuaires des Sensats en se faisant passer pour sa soeur. Il ne faut cependant pas s'attendre à en tirer un avantage politique - les jumelles se détestent mutuellement, chacune pensant que l'autre a rejoint la mauvaise faction.