Désespérance
La ville : La meilleure chose qu'on puisse dire à propos de Désespérance est qu'il est facile pour une personne d'y trouver son chemin. C'est une cité murée possédant seulement une entrée, et de cette entrée s'étire une longue route qui s'enfonce comme une spirale jusqu'à une profonde fosse, et qui se termine tout au fond par une cour.
De plus, un voyageur peut toujours savoir s'il est arrivé à Désespérance - la porte d'entrée ressemble à un visage d'humain hurlant, sculpté dans une pierre rouge, ses yeux blancs et aveugles, et des larmes rouges s'écoulant sur ses joues, entaillées par l'érosion.
Cette pierre rouge de la Porte Hurlante (telle qu'on la nomme) est la seule couleur éclatante de toute la ville. Le reste de Désespérance est fait de pierres grises et de bois gris altéré qui devient plus sombre à mesure qu'on s'enfonce dans la ville.
Endroits importants
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1) La Porte Hurlante 2) Le Capitulaire de la Fraternité 3) Le Paladin Défenestré 4) Le Château des Os |
5) La Tombe Ouverte 6) Le Palais de Thingol la Railleuse 7) La cour et le Portail vers la Gaste Grise |
Population approximative : 20000
Le Portail : Au coeur de la fosse, là où la route se termine enfin, se trouve une cour monotone de pierres grises, avec un petit puit gris au centre. Le puit est rempli à ras bord d'une épaisse boue noirâtre, semblable à du goudron fondu.
Vous avez envie de vous rendre sur la Gaste Grise ? Il n'y a qu'à sauter dans le puit.
Les matois peuvent aussi en extirper la matière collante, et quelques personnes dans Désespérance connaissent le soltif des sorts qui le permettent.
Cette méthode garantie qu'un groupe entier débarquera au même endroit de l'autre côté. (La noirceur jaillit en dehors du puit et recouvre la cour par un jet de bouillon goudronneux. Ceux qui ont essayé de s'y engouffrer comparent cela à une immersion dans un pouding noir).
Population : Les gens de Désespérance sont dépressifs. Nombre d'entre eux se sont entassés en ville à travers les décennies, n'ayant nulle part ailleurs où aller, et rien d'autre à faire. Les pauvres bougres ont à peine d'énergie pour être désagréables. Il n'y a aucune chance que les choses aillent mieux - ni ici ni ailleurs - alors pourquoi s'en contrarier ?
La proximité de la Gaste Grise étend aussi son glas funèbre sur les habitants. Après quelques semaines à camper ici, une personne arbore une pâleur grisâtre (connue en Outreterre comme le "hâle ravageur"), et ses yeux, habitués à l'obscurité, deviennent gênés par les couleurs vives. En fait, une loi urbaine interdit même les couleurs éclatantes et contrastées au cœur de la fosse, et les autochtones ont le droit de déchirer tout ce qui est coloré.
Les voyageurs qui ne savent pas exactement où la loi prend effet récoltent en général la manière forte lorsque les indigènes les agressent en déchirant leurs vêtements et en leur lançant d'épaisses boules de gadoue humide.
- Thingol la Railleuse, Haut Cardinal de Désespérance
Les gens du commun : Le Haut Cardinal de Désespérance est une humaine masquée qui se nomme elle-même Thingol la Railleuse. Elle prétend avoir été une magicienne fuyant autrefois la destruction de son monde Matériel Primaire.
En tant que dirigeante, elle s'habille avec de lourdes chaînes ainsi qu'un masque métallique de loup noir grandeur nature.
Thingol maintient sa position grâce à ses plus forts partisans, une bande de sept tyrannœils identiques. Ils flottent à travers la fosse, patrouillant constamment et gardant un œil (ou dix) sur les lascars qui pourraient attenter à leur maîtresse. Leur loyauté est absolue, et certains pensent que Thingol a troqué ses compétences de magicienne (et son humanité) avec des sombres puissances en échange de leurs services.
L'objectif de Thingol est de maintenir le peuple à sa place et d'être très attentive au désespoir de leur situation. Il est même arrivé qu'une personne admette qu'elle effectue du bon travail.
Les biges qui se brouillent avec elle peuvent s'attendre à des exécutions longues et douloureuses, qui durent souvent plusieurs jours. (Une mort rapide pourrait augmenter la soif de sang de la populace et, d'ailleurs, un lent écrasement ou garrottage est bien plus douloureux).
Les voyageurs doivent savoir que Thingol expérimente actuellement la performance de l'art, tel que peindre une personne en bleu vif et laisser la foule arracher la chair du pauvre bige. Son travail le plus récent, "Sonate pour Chantoiseau et Marteau", s'accompagne de quelques commentaires merveilleusement déprimants.
Endroits locaux : la ville n'ayant seulement qu'une rue, cela facilite les choses pour s'y retrouver, mais c'est une vraie guigne si on a besoin de se cacher ou de s'enfuir.
Avec les patrouilles de gardes du corps de Thingol, et les tyrannœils volants qui zieutent dans chaque direction, les choses peuvent mal tourner.
A cela s'ajoute cette sensation d'impuissance dans la cité qui, bien sûr, est l'objectif principal. Le seul point lumineux est le Capitulaire de la Fraternité, un regroupement de matois bienveillants (de tous sexes, malgré le nom) qui prodiguent aide et soins à la populace.
Bien entendu, de nombreuses personnes les détestent pour cela, et les membres de la Fraternité voyagent avec des gardes du corps armés lorsqu'ils sont en dehors de leur citadelle. Leur costume est toujours de la même nuance de gris clair, qui répond aux exigences de couleur, mais ils gardent leurs robes et leurs blouses impeccables, leur donnant l'impression de briller dans le décor.
Pour les voyageurs, les meilleures auberges - les moins déprimantes en quelque sorte - sont proches du sommet de la spirale.
Parmi elles, Le Paladin Défenestré est la plus bagarreuse, la Tombe Ouverte est la plus tranquille, et le Château des Os est celle où on trouve les meilleurs potins (dont celui qui prétend que Cyric, le Prince des Mensonges, y passe régulièrement pour tourmenter la clientèle).
Le complexe de Thingol est un grand étalement de manoirs, de maisons et de tours qui commencent dans les profondeurs de la fosse en s'élevant, traversant par trois fois la route spiralée. Près de l'entrée la plus haute, elle a dégagé l'espace pour bâtir un théâtre servant aux exécutions et aux représentations. (Les visiteurs qui étaient là autrefois peuvent se rappeler de l'orphelinat qui se tenait à cet endroit). De nombreux criminels garrottés par la "justice" de Thingol ont une chance de s'y représenter, leur promettant la liberté s'ils sont capables de lui faire ressentir une émotion.
Mais en dépit de tous les bougres qu'elle a amené ici, elle n'a jamais eu à concrétiser cette offre.
… Nous rappelle à tous ce que c'est que d'être vraiment désespéré.
Ca va vous faire pleurer.
Ca va vous faire crier.
Jusque dans vos crânes !
- Extraits des commentaires de la "Sonate pour Chantoiseau et Marteau"
Chanson actuelle : Les gens de Désespérance essayent de garder les yeux ouverts et leur râteliers fermés. C'est comme ça, à moins qu'ils ne souhaitent se retrouver suspendus télékinésiquement entre deux tyrannœils tandis qu'un troisième désintègre leur peau couche après couche.
Cependant, il y a quelques rumeurs à propos du puit dans la cour. Les habitants s'attendent à ce que le puits déborde un jour, remplissant la fosse et engouffrant la ville entière dans la Gaste Grise. Mais les rumeurs actuelles parlent de créatures humanoïdes, faites de goudron noir provenant du puit lui-même, se libérant et se répandant dans la cité.
Une poignée de bougres en ville disent qu'ils les ont vus se manifester, et un ou deux jurent qu'ils se sont même fait attaquer, ou ont vus les créatures se mêler dans les pierres des bâtiments.
Thingol, bien entendu, n'est pas satisfaite de ces comptes rendus, décrivant cela comme des mensonges de bibards ivrognes. En tant que service public, ses hommes de mains traquent tous ceux qui répandent ou écoutent ces bobards, en leur démontrant que de telles rumeurs peuvent être néfastes pour leur santé.


