Je suis assez d'accord avec ceux qui trouvent le concept de langue d'alignement irréaliste et difficilement jouable.
Rag-naroth a écrit :Pour ce qui est du commun, vous aimez bien couper les cheveux en quatre : pour faire simple on peut le comparer à l'anglais , ou l'espagnole moderne. Bien sur, tous ne le parle pas, mais ceux qui voyagent (je crois que c'est le cas d'un aventurier moyen) parle ces langues, ou au moins une.
Certes, on peut comparer le commun à une lingua franca, mais pourquoi se priver de la richesse que peut représenter la diversité linguistique dans les mains d'un MD habile ?
Une langue commune implique pour se développer et se maintenir un état / pouvoir centralisé, un réseau commercial ou une influence économique et/ou culturelle suffisamment puissant /actif pour assurer la cohésion de la langue (l'influence de l'anglais aujourd'hui n'est que le fruit d'une culture "dominante", du moins en occident, et de conditions d'échange à l'échelle planétaire favorisées par la mondialisation des moyens de communication ; mais la lingua franca de demain pourrait bien être le chinois, l'arabe ou le hindi, déjà supérieurs à l'anglais en nombre de locuteurs natifs). Or, au Moyen Age, la règle est plutôt le morcellement politique, qui conduit à long terme au morcellement linguistique (ex. la langue romaine qui donne naissance aux diverses langues romanes et à leurs dialectes).
A mon avis, il est bien plus intéressant, en terme d'ambiance, de jouer sur les langues locales / lointaines (ex. un PJ originaire de tel pays comprend la langue d'un PNJ qui vient de la même région, tel PJ originaire d'une contrée lointaine parlera le commun ou la langue locale avec un accent, etc.) que sur les langues d'alignement, quitte à accorder (à AD&D2) un ou deux points de compétence de langue supplémentaires (par ex. pour la langue natale du PJ et, éventuellement, la langue du lieu où commence l'aventure, si celui-ci est originaire d'une autre contrée).
Les situations d'incompréhension ou de mauvaise interprétation que peuvent apporter des langues différentes peuvent être à l'origine de quiproquos et péripéties.
Le commun (issu des romans de Tolkien aussi) est aussi naturel que le commerce, la connaissance, la découverte...
Au contraire, rien n'est moins naturel qu'une "langue commune" face aux contraintes géographiques et de différenciation sociales qui s'expriment dans l'utilisation du langage humain ! Sinon, pourquoi ne parlons-nous tous pas la même langue sur Terre, au lieu des 5 000 langues pratiquées de part le monde ?
Tolkien, en tant que philologue et linguiste spécialisé dans la linguistique historique, était bien conscient de l'évolution et de la tendance naturelle à la diversification des langues.
Il a certes créé le westron (ouistrain en fr.), une forme de
lingua franca dérivée de la langue de Númenor et pratiquée par les peuples humains mais également les Elfes et les Nains de l'Ouest de la terre du Milieu (qui est rendu par l'anglais du roman, cf. les Appendices du SdA). Mais chaque peuple possède sa propre langue. Il a ainsi créé pas moins de plusieurs dizaines de langues différentes (le quenya et le sindarin des Elfes ne sont que les plus connues d'entre elles, et les représentées dans ses oeuvres).
Ainsi les Hobbits, dont la langue est proche de l'adûnaic de Númenor dont est dérivé le westron (et qui est donc naturellement rendue par le vieil anglais) découvrent que leur langue est proche de celle des Rohirrim.
Ceci dit, si pour donner du réalisme à vos mondes, pour faire un bon vieux donjon, la première épreuve est de comprendre le paysan du coin qui à vu le loup... la partie est pas finie

C'est un peu caricatural, mais, après tout, un quiproquos suite à une mauvaise compréhension de l'accent ou du patois d'un paysan pourrait avoir des conséquences inattendues ou amusantes...
