Re: Gérer un domaine agricole
Publié : Lun 19 Fév 2024 23:54
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Une agglomération de 1000 habitants est un bourg.Première question: Quelle est la surface cultivée nécessaire pour nourrir 1000 personnes ?
Un hectare de céréales produit 7, 5 quintaux, sur lesquels 1, 5 sont semés, 0,38 payés en impôts, 0, 02, utilisés pour entretenir le stock, s'il n'y a pas besoin de l'augmenter. le solde, de 5, 55 quintaux, en arrondissant, nourrit 2,02 personnes, disons 2. Il faut donc 500 hectares de céréales.
Ceux-ci représentent 13, 6 % de la surface exploitée, y compris les bois, les prairies, les parties non cultivées ou incultivables et les parties consacrées à d'autres cultures.
1000 personnes = 495 hectares de céréales, ou un domaine exploité de 3650 hectares ou 36 kilomètres². En gros un cercle de 3, 4 kilomètres de diamètres.
150 foyers travailleraient directement ou indirectement aux travaux agricoles, soit 750 personnes.
1000 habitants consomment 1000 x 2, 75 quintaux ou 2750 quintaux, soit la quasi totalité de la production disponible. Mais les impôts prélevés permettent de nourrir 84 personnes.
Deuxième question : quel surplus agricole ce bourg dégagerait ?
Il faut surtout considérer que sur les 200 foyers que le bourg comporte, 180 travaillent dans l'agriculture, directement ou indirectement, comme le forgeron.
Les trente foyers qui ne travaillent pas pour nourrir le bourg produisent donc de quoi nourrir 200 personnes ne vivant pas dans le bourg, mais en ville. La surface cultivée est de 43,2 km², soit un cercle de 3, 75 km² environ.
Je calcule large. En effet, dans les mille personnes, il y a par exemple de jeunes enfants qui consomment moins.
Une des sources dont je donne la référence a calculé que :
En 1328, 100.000 km2 de terres semées en blé en assolement triennal, donnent 34.000.000 de quintaux, cad les 25.000.000 de quintaux consommés par 3.200.000 de feux, cad 1,5 ha/feu, 600gr/personne, 70-80% des calories nécessaires.
3ème question quid d'ensemble de populations plus importants.
J'écris au fur et que je réfléchis, donc j'improvise totalement.
En fait, il faut envisager 4 étages : le village, de quelques dizaines à 300 ou 400 habitants, le bourg, centre administratif de tout un ensemble de village, entre 600 et 3 000 habitants, la ville moyenne jusqu'à 10 000 habitants, puis la grande ville.
Quelle est la différence entre un village et un bourg ? Dans le village, l'essentiel de la population vit directement ou indirectement de l'agriculture, y compris le forgeron, le meunier. .
Dans un bourg, une fraction non négligeable de la population ne vit pas de l'agriculture, mais de services rendus, le notaire, le médecin, le potier, etc. … .
Dans une ville, très peu d'habitants vivent de l'agriculture.
Une ville de 45 000 habitants aurait sous sa dépendance plusieurs villes et bourgs, qui auraient eux mêmes pas mal de villages sous leur contrôle. On peut considérer que le partage se fait par tiers entre le bourg, la petite ville et la grande ville, soit une population non rurale de 135 000 habitants.
Il résulte de ce qui précède que 1000 villageois nourrissent 201 "citadins" et donc 1000 villageois nourrissent 67 habitants de la ville de 45 000 habitants.
Il faut donc environ 672 000 villageois pour nourrir les 45 000 habitants de la ville et autant d'habitants des bourgs et petites villes ne travaillant pas la terre.
La population de l'ensemble sera donc de 807 000 habitants, et la zone cultivée de 29 000 km², soit une densité de 26 habitants par km² exploités, ce qui ne veut pas dire que tout le territoire de la ville est exploité.
Une zone de 29 000 km² représente un cercle de 96 km. Mais la zone d'influence d'une ville représente rarement un cercle parfait.
En fait, dans une zone très peuplée, les bourgs d'environ 1000 habitants seront plutôt à une distance d'une journée de marche, soit 30 kilomètres environ, et des villes de 10 000 habitants environ à 3 journées de marche les une des autres, soit 90 km.
La France était le pays le plus densément habité …. La densité de 1 H au km² est atteinte avant le néolithique, 10 après le néolithique, 15 en Gaule, 20 en Gaule romaine, 30 en période favorable au moyen âge, de 30 à 35 jusqu’ en 1700, entre 40 et 50 au XVIIIème.
En Angleterre, les densités au km² étaient comprises entre 4 et 5 en 1066, 10 en 1215, 15 au plus au moyen âge, 25 jusque vers 1750, 33 vers 1800.
Une zone densément peuplée a une densité d'environ 24,5 h/km2 en 1300. Sur un grand territoire comme la France, cela représente des secteurs de populations nettement plus denses, si on tient compte des forêts, des montagnes et autres marais.
Aujourd'hui, la France compte 170 000 km² de forêts, et les Alpes et les Pyrénées, respectivement 35 000 et 17 000 km², sans compter le Jura et les Monts d'Auvergne et sans pouvoir cumuler Montagnes et forêts. La superficie globale de la France est de 543 940 km2
Montagnes et forêts étaient habités. On trouve des communes de montagne avec des population de 20 habitants par km² à la révolution française, parfois plus peuplées qu'aujourd'hui.