La bibliothèque de Babel

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elendil
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Message par elendil »

Dernier message de la page précédente :

Oh, excellent, Snorri ! :o

Le lien entre Borgès est notre jeu préféré n'est plus à démontrer !
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porphyre77
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Message par porphyre77 »

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En même temps que le Livre des créatures imaginaires de Borges, j'ai lu le Merlin de Robert de Boron.
Cet ouvrage recouvre l'essentiel de l'histoire des origines du célèbre enchanteur/prophète depuis sa conception démoniaque jusqu'à l'intronisation d'Arthur.
S'inscrivant dans un cycle comprenant un Joseph [d'Arimatie] et une Histoire du Graal, ce Merlin est probablement le plus "chrétien" de tous (certains pensent que Robert de Boron était un clerc - un clerc comme celui-ci , pas comme celui-là!) , et semblera probablement passablement plus "politiquement correct" et moins rock-n'roll que le druide échevelé auxquelles les versions celtiques et néo-païennes plus modernes nous ont habitués.

De même, le style narratif est parfois un peu longuet pour le lecteur moderne, ne nous épargant parfois pas les péripéties inutiles et les dialogues parfois répétitifs , sacrifiant assez souvent au goût médiéval de la "merveille" autrement dit du prodige gratuit qui n'a d'autre but que d'esbahir l'auditoire, dont l'enchanteur rassassie à plaisir les différents protagonistes (et le lecteur), au risque de sembler cabotiner...

Autant dire que ce Merlin a un peu vieilli; mais il reste probablement le Merlin "de référence" qui a posé les grandes lignes du personnage que nous connaissons maintenant : fils du démon au talents prophétiques, qui explique a Vortigern ("Vertigier" dans le texte français) le mystère de la tour qui s'effondre et des deux dragons, qui favorise les amours d'Uterpendragon avec Ygerne et oeuvre à l'investiture d'Athur apres le prodige de l'épée dans le roc... Tous épisodes bien connus!
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Gadiwadiga
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Re: La bibliothèque de Babel

Message par Gadiwadiga »

Justement, sur les légendes arthurienne, auriez vous des références de bouquin de ce "conte" et/ou ce qui tourne autour avant que la religion s'en empare et nous rajoute tout plein de référence chretienne la dedans ?

A moins qu'il n'existe aucun récit complet retranscrit en français "moderne" du (des ? ) conte d'origine. Après tout, il était certainement principalement transmit à l'oral...
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porphyre77
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Re: La bibliothèque de Babel

Message par porphyre77 »

Le cycle arthurien est indissociable du christianisme médiéval, ne serait ce que parcequ'il a pris forme à cet époque: les premières mentions d'Athur "historique" nous vient le l'Historia Britonnum, de Nennius, donc, déjà un auteur chrétien. La chevalerie est une également une part essentielle de la geste arthurienne, alors que cette institution ne date que du XIIe siècle.

Des legendes plus "primitives" existaient probablement, mais il n'est rien moins certain qu'elles aient réellement été reliées au mythe arthurien. Il est évident, par exemple, que Myrdinn le Fou a été à l'origine du personnage de Merlin, mais cette version initiale n'a pas grand-chose à voir l'Enchanteur ultérieur, et jamais sa route ne croise celle d'Arthur.

Les contes les plus "bruts de décoffrage" sont dans le Mabinogi gallois: sa transcription date du XIIe siècle, et est le fait des moines (encore eux!) mais le fond primitif est encore présent. Parmi les differentes branches, certains contes se rattachent de près ou de loin , au personnage du roi Arthur, mais celui ci ne joue qu'un rôle passif. l'auteur aurait pu faire réference au roi Conchobar ou Theoden que cela n'y aurait pas changé grand-chose...

Cependant, certains de ces contes ont été plus tard repris, ré écrits et remis au gout du jour par Chrétien de Troyes.
Ainsi Guereint ac Enid va donner naissance à Erec et Enide, et surtout Peredur ab Evrawc qui deviendra plus tard Perceval le Gallois, a partir duquel naîtront ensuite toutes les versions du Graal.
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Re: La bibliothèque de Babel

Message par elendil »

Il y aussi le Merlin (ou Vie de Merlin) de Geoffrey de Monmouth.

Monmouth est un village dans le sud du Pays de Galles, près de la frontière avec l'Angleterre. Geoffrey est l'auteur de l' Histoire des rois de Bretagne, où le nom du roi Arthur apparaît pour la première fois. Un petit roitelet, sans plus...comment il a pu devenir un personnage de légende reste encore énigmatique.

Pour ce qui est de Merlin, celui de Boron est moult intéressant. On apprend, au début du roman, que c'est l'Antéchrist, en fait :o :shock: Ou plutôt, tel était le projet des forces maléfiques...
Ce mélange des influences chrétiennes et païennes est toujours bizarre, à mes yeux.
Le Graal, à l'origine, n'est que le chaudron magique des légendes celtes. Il y a tout un détour, par la mystique iranienne, fait autour de cette histoire de vase saint.

A noter que le personnage de Merlin, sauf erreur de ma part, n'apparaît pas dans les récits de Chrétien de Troyes.
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porphyre77
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Message par porphyre77 »

En fait Nennius qui écrivait au VIIIé siècleest antérieur a Geoffroy, qui a vécu dans la première moitié du XIIe siècle.

Quand au Graal, il a connu une étrange évolution. Nul ne peut effectivement nier l'influence des divers chaudrons magiques des mythes celtiques, que ce soit le chaudron d'abondance du Dagda, ou celui de savoir de Keridwen,
Totefois, on serait bien en peine de retrouver un récit primitif qui assure la continuité directe entre ces divers chaudrons magiques et le Graal des auteurs arthuriens.

Dans le recit primitif de Peredur, c'est une tête tranchée que le heros voit transporter dans un plat précieux. Cette tête est celle de son cousin (mais il ne le sait pas encore). La réussite de la quête consistera à decouvrir cette obligation de vengeance sanglante a prendre sur un ennemi , dans la plus pure tradition des vendetta celtiques, et ainsi rétablir sa royauté.
Dans la version de Chrestien de Troyes, l'auteur ne nous apprend pas ce que contien le "vessel" que Perceval voit passer. Peut-être pour ménager le suspense à ses lecteurs! Mais comme le recit restera inachevé, ce dernier ne saura jamais le fin mot de l'affaire, laissant ainsi carte blanche aux divers continuateurs. Lé thème toutefois d'une "réparation" et de la restauration de la royauté de Perceval (qui est apparenté sans le savoir au Roi-pêcheur, reste toutefois présente, proche ainsi du ecit gallois.

C'est donc ensuite, sur ce "mystère" laissé non -résolu par Chrestien que les auteurs comme Robert de Boron "grefferont" une quête mystique liée au Christ, la restauration d'un royaume "qui n'est pas de ce monde" se substituant à une "banale" affaire familiale.

Le Graal a donc presque dés son "invention" été un symbole chrétien. Mais n peut toutefeois supposer qu'il devait faire resonner suffisemment de cordes dans l'imaginaire collectif des deux Bretagnes pour assurer sa perennité

Quand aux liens avec l'Iran, ceux ci apparaissent , je crois, pour la première fois dans le Parzifal de Wolfrem von Eschenbach, un peu ed but en blanc. je ne sais pas si cela correspod vraiment à une influence oubliée, ou s'il ne s'agissait pas juste d'un enjolivement de l'auteur allemend pour apporter une touche d'exotisme supplementaire...
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Re: La bibliothèque de Babel

Message par elendil »

RichardIV a écrit :Moi qui croyais qu'Arthur n'était qu'un chef de guerre des auxilliaires Sarmates de l'armée romaine stationnée en Bretagne... Quelle déception :mrgreen:

Oublie ce film, et (re)visionne Excalibur ! :) ( :arrow: La cinémathèque du Donjon)
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Message par elendil »

porphyre77 a écrit :En fait Nennius qui écrivait au VIIIé siècleest antérieur a Geoffroy, qui a vécu dans la première moitié du XIIe siècle.
Ah fichtre ! Je me doutais bien qu'il y avait anguille sous roche latine ! Mais je voulais surtout parler du Merlin de Geoffrey de Monmouth ! Ne me dites pas que Merlin était un prêtre de Jupiter ! :D
porphyre77 a écrit : Quand au Graal, il a connu une étrange évolution. Nul ne peut effectivement nier l'influence des divers chaudrons magiques des mythes celtiques, que ce soit le chaudron d'abondance du Dagda, ou celui de savoir de Keridwen,
Totefois, on serait bien en peine de retrouver un récit primitif qui assure la continuité directe entre ces divers chaudrons magiques et le Graal des auteurs arthuriens.
J'ai interrogé l'Oracle des Anciens, il me l'a confirmé :o
porphyre77 a écrit : Quand aux liens avec l'Iran, ceux ci apparaissent , je crois, pour la première fois dans le Parzifal de Wolfrem von Eschenbach, un peu ed but en blanc. je ne sais pas si cela correspod vraiment à une influence oubliée, ou s'il ne s'agissait pas juste d'un enjolivement de l'auteur allemend pour apporter une touche d'exotisme supplementaire...
cf Henry Corbin, En islam iranien, II, 4, "La lumière de Gloire et le Saint Graal". Corbin propose cette autre source, en plus de celle de Von Eschenbach, cité par lui, par ailleurs. De plus, et de mémoire, il me semble que De Rougemont, dans son fameux L'amour et l'Occident, fait allusion à quelques influences perses dans les mythes du Moyen-Age. :woot:
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Message par porphyre77 »

Si on suit les théories de Georges Dumézil, il est effectivement possible que des éléments commus se retrouvent dans la mythologie perse et dans les récits médiévaux, tous deux ayant leur racines dans un fonds commun indo-européen
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Message par porphyre77 »

RichardIV a écrit : parce que les belles druidesses pulpeuses
C'est de Keira Knightley que tu parles ?
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Message par porphyre77 »

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Je finis juste le Crépuscule des Epées (The Knight and Knave of Swords) , de Fritz Leiber, dernier volet des aventures de Fafhrd et du Souricir Gris, le seul que je n'avais pas lu. Je ne crois pas d'ailleurs qu'il fasse partie des ouvrages ré édités (et retraduits) par les Edition Bragelonne,aussi est ce dans un exemplaire d'occasion de l'édition de Presses Pocket que j'ai pu le découvrir.

(Edit : les deux derniers Tomes du Cycle des épées n'ont effectivement toujours pas été publiés par Bragelonne)

Je ne cacherai pas qu'à mon sens , c'est probablement celui qui m'aura le moins plu de tout le cycle. A ce stade, les Deux sont pour ainsi dire "casés", ayant troqué leur vie de spadassins itinérants pour une existence plus rangée de capitaines d'équipage, et semblent plus subir les événements (et avanies) que les dieux leur envoient qu'y réagir comme par le passé.
Si le style de Fritz Leiber garde le même ton léger et ironique, voire impertinent, qui le caractérise, le rythme de la narration est en revanche moins rapide et bondissant (on peut même carrément dire qu'il y a des longueurs). Enfin, si la gaudriole a toujours été un élément essentiel des péripéties des Deux, on peut trouver que l'auteur consacre un peu trop de pages et met un peu trop de complaisance dans des descriptions érotiques (à la limite du porno-soft) qui, dans les œuvres précédentes n'étaient que rapidement suggérées par un "fondu-enchaîné" (vous avez le droit de me traiter de prude, si vous voulez!).

On sent que l'auteur a tenté de donner à son cycle une forme de conclusion, faisant par moments resurgir de vieux ennemis (et d'anciennes amours) de ses deux héros, mais, au terme du livre, leur situation reste finalement assez proche de ce qu'elle était à la fin de La Magie des glaces qui constitue, somme toute, une tres bonne fin de cycle.

Deux reflexions inspirées par cette lecture:
A ce point de leur carrière, les deux protagonistes ont acquis chacun un petit nombre de suivants loyaux, qui n'est pas sans rappeler les suivants /compagnons d'armes de D&D.

Deuxièmement, Fritz Leiber est généralement considéré comme un auteur de Sword & Sorcery (expression dont il est généralement crédité), donc plutôt "low-fantasy": or ces récits nous donnent à voir des navires volants, des sorciers agissant à de grandes distances, des dieux qui agissent directement dans la vie de leurs sectateurs (parfois de façon fort mesquine!) , des personnages qui affrontent la personnification physique de la Mort ou de la Douleur... Tout cela pour dire combien il est malaisé de vouloir faire des distinctions tranchées en high ou low lantasy...
Dernière édition par porphyre77 le Mer 6 Mai 2015 15:20, édité 1 fois.
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