création d'une campagne
Publié : Jeu 25 Mai 2017 08:00
Je crois que le point de départ a été l'émerveillement en lisant sur le forum un témoignage de campagne qui dure depuis quinze ou vingt ans. J'en avais rêvé dans mes début de JDR, en entendant les grands anciens comme Marcela-Froideval lâcher quelques bribes de la quête des dents de Malvenart ou des aventures de son paladin niv 17 .Mais ça ne s'est jamais produit avec mes copains, et j'ai arrêté le JDR de longues années. Parce que la campagne forme un tout cohérent, ce MJ cité dans un message du forum va jusqu' à noter les naissances chez les PNJ au fil du temps qui passe.
Pour que cette campagne soit riche, il faut des lieux, des personnages, des interactions, une vie autour des PJ. Depuis que j'ai repris, j'ai créé un petit monde qui me convient, avec principalement des cartes et un contexte du passé. J'ai préparé quelques scénarios sans liens entre eux, certains ont été joués puis je crois qu'il y a eu un élément déclencheur lors de la lecture du GAZ3, traduit par les bons soins du DDD. Le contexte ne me convient pas mais j'apprécie la technique : une galerie de portraits, avec un dessin pour chacun et un paragraphe suffisant pour donner à chacun de ces PNJ une autonomie de vie et installer des ressorts dramatiques.
Alors je me suis lancé ! Récupérer les dessins de personnages, portraits ou scènes et groupes dans l'ensemble de la gamme D&D (pas dans OD&D : ils sont trop moches ; pas après AD&D2, j'ai une dignité quand même), puis décrire la personne. Soit je fais correspondre à un de mes PNJ déjà crée, soit le visage m'inspire quelque chose et j'en crée un nouveau.
Mon trombinoscope compte maintenant une centaine de visages, et je vais continuer.
En parallèle j'ai du faire un choix pour les joueurs. Dans mon club nous avons un très bon MJ, mais il n'arrive pas à aller au-delà de quatre ou cinq parties (à raison de deux par mois), à cause de la disponibilité des uns et des autres.
Je me suis rabattu sur mon frère et mes neveux (et une de mes filles) qui sont des joueurs très réguliers et fidèles : trois parties par an...
Alors je comble l'attente entre deux avec des éléments d'histoire par courriel.
Nous avons tiré de nouveaux personnages, avec l'artifice scénaristique suivant : faisons comme si ce sont eux qui ont vécu les quelques aventures précédentes. Nous avons déterminé, lors d'échanges fructueux, l'environnement de chacun : famille, terroir, objectifs...
L'un d'eux par exemple voulait un chasseur de dragon et il était jeune veuf. De mon côté j'ai imaginé les raisons de ce veuvage et tissé les premiers fils d'intrigues qui vont réunir leurs destins d'aventuriers amis à ceux plus complexes de mon monde. De même pour relier les scénarios déjà écrits en un tout cohérent.
Et là j'ai le cœur de ma campagne : un tout cohérent. Qui paraisse logique à mon entendement tout en faisant plaisir. Il faut que je puisse improviser les événements, les réactions et interactions sans effort comme une suite logique et évidente. À la question que va faire ce PNJ, je ne prépare pas une liste de réponses possibles mais c'est sa personnalité de base qui guide ses choix.
Pour la géographie je suis donc resté en terrain connu. Chaque région reprend des traits typiques d'une région française, légèrement modifiés. Je peux ainsi travailler directement une carte IGN pour décrire un lieu précis. Par exemple la zone côtière est inspirée de notre Bretagne. J'imagine sans problème le temps qu'il va faire entre deux averses : beau.
De même pour les noms : une liste dédiée à chaque région et j'y puise à chaque fois que je décris un PNJ ou un lieu.
Si l'ensemble est cohérent, il a une logique interne que je peux interroger et cette fois ci c'est Tolkien qui va m'inspirer une technique littéraire. Pour ceux qui connaissent, il s'est rendu compte que Glorfindel, qui sauve Frodon dans le SdA porte le même nom qu'un autre Elfe mort au Premier Âge. Mais que dans la logique du peuple elfique les noms sont uniques. Qu'est ce que cela veut dire ? Il en a alors déduit qu'il existait une forme de ré-incarnation possible chez les Elfes plutôt que de changer le nom du personnage. À mon petit niveau j'ai vécu quelque chose de similaire. J'avais puisé dans mon stock de portraits féminins jusqu' à ce qu'il ne m'en reste que quelque uns, alors que j'avais toute une liste de PNJ servantes à illustrer. Pour un des scénarios j'en avais nommées trois et à raison de deux à six servantes par castel il m'aurait fallu au moins une cinquantaine de portraits. Je n'ai sous la main que trois dessins : Tika Wayland, trop connue, je la garde dans l'univers Dragon Lance. Reste deux dessins. Et l'idée vient alors. Cette cinquantaine de servantes correspond donc en réalité à deux personnes, mais qui ont la capacité de dédoublement multiple de leur corps. Cela rejoint alors le rôle des Dragons d'or dans mon monde, prenant forme humaine pour accompagner le destin des hommes. Les mâles sont les bardes (concept que j'avais progressivement mis en place auparavant), les femelles forment incognito une grosse partie (ou peut être même la totalité) des servantes de mon monde.
Nous avons commencé cette campagne depuis moins d'un an et nous avons pu nous retrouver pour trois parties déjà. Lors de la dernière, les PJ ayant constaté la disparition du fiancé de ma fille se sont lancés à la poursuite des ravisseurs. Quatre heures d'enquête et de course poursuite, ils estiment n'avoir plus que deux jours de retard. Tout ça sans taper un seul monstre, mes neveux étaient étonnés mais ravis !
Pour que cette campagne soit riche, il faut des lieux, des personnages, des interactions, une vie autour des PJ. Depuis que j'ai repris, j'ai créé un petit monde qui me convient, avec principalement des cartes et un contexte du passé. J'ai préparé quelques scénarios sans liens entre eux, certains ont été joués puis je crois qu'il y a eu un élément déclencheur lors de la lecture du GAZ3, traduit par les bons soins du DDD. Le contexte ne me convient pas mais j'apprécie la technique : une galerie de portraits, avec un dessin pour chacun et un paragraphe suffisant pour donner à chacun de ces PNJ une autonomie de vie et installer des ressorts dramatiques.
Alors je me suis lancé ! Récupérer les dessins de personnages, portraits ou scènes et groupes dans l'ensemble de la gamme D&D (pas dans OD&D : ils sont trop moches ; pas après AD&D2, j'ai une dignité quand même), puis décrire la personne. Soit je fais correspondre à un de mes PNJ déjà crée, soit le visage m'inspire quelque chose et j'en crée un nouveau.
Mon trombinoscope compte maintenant une centaine de visages, et je vais continuer.
En parallèle j'ai du faire un choix pour les joueurs. Dans mon club nous avons un très bon MJ, mais il n'arrive pas à aller au-delà de quatre ou cinq parties (à raison de deux par mois), à cause de la disponibilité des uns et des autres.
Je me suis rabattu sur mon frère et mes neveux (et une de mes filles) qui sont des joueurs très réguliers et fidèles : trois parties par an...
Alors je comble l'attente entre deux avec des éléments d'histoire par courriel.
Nous avons tiré de nouveaux personnages, avec l'artifice scénaristique suivant : faisons comme si ce sont eux qui ont vécu les quelques aventures précédentes. Nous avons déterminé, lors d'échanges fructueux, l'environnement de chacun : famille, terroir, objectifs...
L'un d'eux par exemple voulait un chasseur de dragon et il était jeune veuf. De mon côté j'ai imaginé les raisons de ce veuvage et tissé les premiers fils d'intrigues qui vont réunir leurs destins d'aventuriers amis à ceux plus complexes de mon monde. De même pour relier les scénarios déjà écrits en un tout cohérent.
Et là j'ai le cœur de ma campagne : un tout cohérent. Qui paraisse logique à mon entendement tout en faisant plaisir. Il faut que je puisse improviser les événements, les réactions et interactions sans effort comme une suite logique et évidente. À la question que va faire ce PNJ, je ne prépare pas une liste de réponses possibles mais c'est sa personnalité de base qui guide ses choix.
Pour la géographie je suis donc resté en terrain connu. Chaque région reprend des traits typiques d'une région française, légèrement modifiés. Je peux ainsi travailler directement une carte IGN pour décrire un lieu précis. Par exemple la zone côtière est inspirée de notre Bretagne. J'imagine sans problème le temps qu'il va faire entre deux averses : beau.
De même pour les noms : une liste dédiée à chaque région et j'y puise à chaque fois que je décris un PNJ ou un lieu.
Si l'ensemble est cohérent, il a une logique interne que je peux interroger et cette fois ci c'est Tolkien qui va m'inspirer une technique littéraire. Pour ceux qui connaissent, il s'est rendu compte que Glorfindel, qui sauve Frodon dans le SdA porte le même nom qu'un autre Elfe mort au Premier Âge. Mais que dans la logique du peuple elfique les noms sont uniques. Qu'est ce que cela veut dire ? Il en a alors déduit qu'il existait une forme de ré-incarnation possible chez les Elfes plutôt que de changer le nom du personnage. À mon petit niveau j'ai vécu quelque chose de similaire. J'avais puisé dans mon stock de portraits féminins jusqu' à ce qu'il ne m'en reste que quelque uns, alors que j'avais toute une liste de PNJ servantes à illustrer. Pour un des scénarios j'en avais nommées trois et à raison de deux à six servantes par castel il m'aurait fallu au moins une cinquantaine de portraits. Je n'ai sous la main que trois dessins : Tika Wayland, trop connue, je la garde dans l'univers Dragon Lance. Reste deux dessins. Et l'idée vient alors. Cette cinquantaine de servantes correspond donc en réalité à deux personnes, mais qui ont la capacité de dédoublement multiple de leur corps. Cela rejoint alors le rôle des Dragons d'or dans mon monde, prenant forme humaine pour accompagner le destin des hommes. Les mâles sont les bardes (concept que j'avais progressivement mis en place auparavant), les femelles forment incognito une grosse partie (ou peut être même la totalité) des servantes de mon monde.
Nous avons commencé cette campagne depuis moins d'un an et nous avons pu nous retrouver pour trois parties déjà. Lors de la dernière, les PJ ayant constaté la disparition du fiancé de ma fille se sont lancés à la poursuite des ravisseurs. Quatre heures d'enquête et de course poursuite, ils estiment n'avoir plus que deux jours de retard. Tout ça sans taper un seul monstre, mes neveux étaient étonnés mais ravis !