Triel, rôdeur niveau 3, humain CB, version dd3.5 (désolé ! ^^) :
BACKGROUND
La vie végétale présente une forme de perfection, non pas tant par ses structures géométriques (celle de n'importe quelle feuille, tige, pétale, branche, est déjà admirable en soi) mais par la façon dont ces êtres mènent leur existence : toujours orientés vers la lumière, des échelles de temps radicalement différentes, sans aucune guerre fratricide, et utilisant des moyens de communication invisibles et secrets (le plus souvent des spores) échappant totalement à ce que l'esprit humain est capable de saisir de la " substantifique sève " qui constitue la réalité du monde.
De cette " sève " découle une série de techniques au combat rapproché fondées sur la défense statique d'un espace vital limité (*dons Défense à deux armes + Esquive*) et focalisées sur la protection de l'entière intégrité physique de soi, au détriment de celle des adversaires (ce qui avouons-le n'a rien ici de très original). Car en vérité si les plantes ne se battent pas, elles savent néanmoins mettre en œuvre d'ingénieuses stratégies pour se défendre.
Mais où trouver un tel enseignement, à quel maître d'armes se vouer ? Auprès des elfes, peut-être ? A moins d'être elfe soi-même il est vain d'espérer de leur part un partage de connaissances jalousement gardées depuis mille vies humaines. Chez les druides, alors ? A moins de devenir druide et le rester pendant de très nombreuses années il est peu vraisemblable que l'un d'entre eux accepte de révéler quoi que ce soit, ni même ne fournisse le moindre indice, chose qui n'arrive jamais... sauf en état d'ébriété. La réponse est d'une toute druidiquéthylique évidence :
- Au cœur de la terre, où s'enfoncent - hips ! - les racines qui indiquent la direction de toute Origine. Visite la terre, franchit son seuil. Foule de tes bottes le sol de ses grottes, de ses cavernes, accède ensuite - hips ! - à d'autres profondeurs : celles d’un lac paisible et clair au fond duquel tu plongeras.[/tab]
- Les poissons se battent rarement à l'épée. C’est un fait avéré.
- Peu en ont vus qui soient prêts - hips ! - à en découdre une arme à la main, il est vrai. Cependant, bien avant que d’avoir jambes et bras nous fûmes amphibiens, vous tous autant que moi.
- Rien n’est plus salutaire que de sortir de l’eau pour passer au tonneau ! Le vin, à défaut d’y plonger, nous fera bien rouler en-dessous de la table, c’est déjà assez bas !
Les recherches s’effectuèrent à partir de la plus haute cime, point culminant de toute la région parcourue en traçant au fur et à mesure du trajet la forme, telle qu'elle serait dessinée sur une carte, d'une spirale qui ne pouvait, du moins en théorie, n'avoir aucune fin. Il est des quêtes interminables qui n'arrêtant personne ne font pas avancer pour autant. Des grottes, des cavernes, il y en avait des tas, grouillantes de milles-pattes et de cafards géants, de gouffres escarpés, de tunnels menaçants...
A ce moment précis où il fut décidé de cesser d'avancer (et rebrousser chemin vers d'accueillantes tavernes - seraient-elles pullulantes d'une toute autre vermine), l'idée survint de tracer sur le sol, à la pointe d'une dague, le trajet parcouru (de là vient l'expression " faire le point ", qui à l'origine se disait " faire la pointe ") : la ligne imaginée reliant point de départ à celui d'arrivée (le lieu où Triel se trouvait) traversait une spire exactement six fois ; celle d'un escargot fait quatre tours et demi, sauf une espèce précise, rare et endémique, qui elle s'évertue et persévère toujours (allez savoir pourquoi) à aller jusqu'à six, nommée à cet égard escargot
Sizélys. On le trouve seulement aux abords d'un étang, à quelques jours de marche en-dehors de la route initialement prévue. Pour peu qu'on le voulût le voyage continuait, loin des sentiers battus.
A dire vrai il ne faisait que commencer. Triel frémit à cette idée. Une géométrie bien plus grande que lui œuvrait dans le secret, lui soufflant à l'oreille où diriger ses pieds, ainsi que tout le reste. Accepter l'invitation était la moindre des politesses.
Arrivé sur les lieux, nulle trace de caverne ni passage souterrain accédant au royaume des Probables Profondeurs. Aucune cavité dissimulée par un rocher, pas d’anfractuosité, pas même un arbre creux. Les traces d'un crapaud absent pour le moment indiquaient cependant qu'une vie nouvelle, sortie on ne sait d'où, animait la rive dès la tombée du soir ; le manque évident dans les parages d'estaminet proposant mets et vins délicats rendait caduque le rapprochement que Triel pouvait faire avec une autre faune, humaine celle-là. Qu'était-il sous ses yeux qu'il ne voyait donc pas ? Il répondit à cela en fermant les paupières et en tendant l'oreille :
Clapotis de l'eau, vol de libellule, saut de carpe, chant du geai bleu, bruissement des joncs...
Mais plus près ?
Plongeon d'araignée d'eau, balbutiements de larves rainettes, glisse du gerris, crissement du sable sous l'écrevisse...
Mais plus près ! Tu étais amphibien, souviens-toi !
Murmure de la boue, tintement des galets, cliquetis d'écailles, éclats de bulles dans les algues, battements de cœur...
Triel alla dans l'eau ; à moins que ce fût le contraire et qu'elle vienne à lui, le ceignant d'abord par les chevilles, puis les cuisses, par la taille enfin, le hissant à travers le miroir chatoyant d'un banc de petits poissons effarés par tant d'agitation. Triel aurait aimé présenter des excuses sincères à chacun mais il était pressé et eux bien trop nombreux. La surface s'éloignait en même temps que l'idée de retour ; l'une et l'autre disparurent complètement lorsqu'un petit crabe blanc révéla en s'y engouffrant l'entrée dissimulée d'une faille sous-marine. Triel le suivit.
Ténèbres et silence les enveloppèrent tous deux. La sensation de danger, qu'il est naturel d'éprouver quand on se dirige quelque part sans y voir, sans pouvoir respirer, l'affreuse perspective même de mourir noyé, s'évanouit comme elle était venue : le petit crabe blanc... était luminescent ! Triel avait entendu parler de cette propriété qu'avaient certains animaux d'être visibles dans l'obscurité mais il ne l'avait encore jamais constatée de ses propres yeux, et il était surpris de la trouver ici à mille lieues sous l'onde où il fut convenu pourtant que bien des choses inattendues attendaient.
Voilà une étrange étoile pour me guider, songea Triel. Il imagina un instant le ciel parsemé de petits crustacés ou d'autres formes de vie brillant dans l'océan de la nuit.
Une myriade d'astres mouvants surgit. Des galaxies entières, courant sur les parois, en haut, en bas, tout autour, révélant les contours d'un réseau de galeries où nul, s'il n'était muni de pinces et d'une carapace, n'eut été capable de trouver son chemin. Triel flottait au milieu d'un kaléidoscope vivant tandis que le manque d'air commença à se faire ressentir.
Petit Crabe accéléra le pas, changea de direction, entreprît l'ascension aussi vite qu'il put d'un puits au bout duquel soudain Triel vit, située à un nombre incalculable de brasses (peut-être dix, peut-être trente), la lueur tremblante d'une aube qui n'en finissait pas. A bout de souffle et de force, Triel émergea de l'eau.
La chaleur du soleil drapa sa peau glacée et emplit ses poumons, de bruyère, de myrrhe, de cèdre, de jasmin, et de fraises sauvages. De l'or et la lumière brillaient sur l'eau, dans l'air. Un être couvert de mille écailles étincelantes gisait sur le sable, coquillages et perles dans les cheveux. L'iris d'argent de ses grands yeux étaient tournés vers le néant. Avant qu'ils ne se fixent à tout jamais sur quelque chose de plus grand, Triel porta dans ses bras l'étrange créature pour l'amener dans l'eau, élément dont vraisemblablement elle était sortie depuis trop longtemps, accidentellement, ou par inadvertance. Quelle qu'en fut la cause, Triel était bien décidé à y remédier.
- Une fée ! songea t-il. Il ne se trompait pas.
La fée plongea, au fond de ses rétines, dans le creux de ses os, son regard et sa voix, comme les deux branches d'un diapason, résonnèrent à l'unisson de ses ondes cardiaques et cérébrales (et de bien d'autres encore, mais inconnues des hommes et par conséquent qu'il est inutile d'évoquer ici).
- Que viens-tu donc faire ici, mammifère presque-marin ?
Discuter avec une fée est un exercice périlleux. Triel le sut immédiatement. Si vous n'êtes ni enfant ni même papillon votre sort ne dépend que des mots les premiers que vous prononcerez de telle sorte qu'ils ne soient pas les derniers. Triel n'était plus un enfant et il faisait vraiment un très mauvais papillon (il l'admettait volontiers lui-même). Il avait donc du mal à reconnaître dans la voix de la fée l'intention. Se moquait-elle de lui ? Son si beau visage pourtant exprimait le plus grand sérieux. Seul un fou ou un sot n'en tiendrait pas compte. Certes il nageait plutôt bien, aussi à l'aise dans l'eau qu'on puisse l'être quand on est dans son bain, où nageoires et branchies restent dispensables. Mais enfin, devenir un poisson (ni d'ailleurs un oiseau, un lapin, ou tout autre animal) n'offrait guère la perspective d'un avenir très solide. Triel n'éprouvait aucune réticence particulière à l'égard de l'élément liquide. Il l'avait maintes fois démontré, s'en était fait le valeureux défenseur parmi les quelques auberges qu'il avait fréquentées de-ci de-là au gré de ses pérégrinations, allant de l'une à l'autre selon le même mode de locomotion que la créature caparaçonnée qu'il avait suivie pour arriver ici. C'était de son point de vue l'unique similitude qu'on pouvait lui trouver avec la faune sous-marine. Cette évidence, pour le moins saugrenue, le fit rire.
- L'eau de la vie que l'on trouve en bouteille mais aussi en tonneau, la vertigineuse géométrie de l'escargot, ainsi que la luminescence de la constellation du crabe, m'ont mené jusqu'à vous, Dame fée. Je n'en sais davantage, si ce n'est l'existence d'un secret liant la sève et l'acier.
- Arh phey dayl'amm ! murmura la fée.
- Voilà sans aucun doute une formule magique destinée à me réduire en poudre ! D'ici quelques instants j'errerai à jamais parmi les grains de sable qui jonchent cette plage ! A moins que je ne sois changé peut-être en crapaud ? En lézard ? En agneau ? Ne le suis-je déjà, Dame fée dans mes bras à vous tenir plus doux que la plus douce soie ? Il me faut vous le dire avant de disparaître : je...
- L'art fée des lames, te dis-je. Nul ne meurt aujourd’hui ni ne mourra demain si son cœur m'appartient. Les bras que tu évoques sont désormais les miens, utiles à mes desseins au point de devoir renoncer à les changer en pattes.
Triel pêche perles et coquillages, récolte la nacre, apprend à en faire des colliers, bracelets, boucles d'oreilles, bagues, et autres ornements à accrocher dans les cheveux ou les vêtements (*Artisanat : perles & coquillages*). Cela dure une journée, puis deux, puis trois... Et puis il finit par être initié à l'
Arh phey dayl'amm, art de l'épée des Fées fondé sur les 3 Principes Végétaux
Oubli (de soi),
Cercle,
Lumière (l'éclat de l'acier des armes).
Fêtard impénitent, Triel distille la joie autour de lui en organisant banquets, en offrant des tournées à boire, sans distinction à ses amis ou à de parfaits inconnus, cédant parfois une somme considérable à un aubergiste en lui demandant de servir gratuitement tous ceux qui se présentent. Cela lui a permis d'acquérir au fil du temps (à force de libations sans fins au cours de moult nuits blanches) une connaissance assez pointue des êtres humains : leurs comportements, leurs forces, leurs faiblesses, leurs potentiels, ainsi que la plupart de leurs stratagèmes (*Ennemis jurés : humains*). Ce savoir permet d'offrir un service professionnel entièrement dédié à la recherche des personnes disparues portant le nom ronflant de Guilde des Introuvables Êtres Chers (GIEC).