[Terres de Leyt - Gûr-Shan] Bestiaire
Publié : Jeu 1 Août 2019 11:38
Initialement conçu et écrit par "Snibril".
Snib' si tu passes un jour dans le coin, merci à toi et tu sais où me joindre, j'ai toujours des bouquins à toi
Les Almastys
Il n’existe que très peu de renseignements sur les Almastys. Il s’agit d’une espèce endémique du Gûr-Shan et celui-ci est une contrée difficile d’accès, dangereuse (et les Almastys n’en sont pas la moindre raison).
Peu d’explorateurs se sont aventurés dans le Gûr-Shan, encore moins en sont revenus, et très peu ont rapporté des informations sur les Almastys.
Ce que nous savons d’eux est donc pour l’essentiel issu de la mémoire collective, et de l’observation des Almastys qui vivent à proximité des frontières, en relatif contact avec les autres espèces. On remarque enfin qu’ils sont totalement muets lorsqu’il s’agit de s’exprimer sur leur mode de vie.
Cependant, il ne faut pas forcément y voir une quelconque intention de cacher un secret. Les Almastys sont toujours très peu bavards même entre eux.
Description
Les Almastys sont d’étranges hominidés, monstres velus, d’aspect simiesque et d’une taille énorme (3 à 4 mètres). C’est un type régressif de la race humaine qui est apparu après la Grande Danse. Ils sont capables de vivre à de très basses températures (- 50° C – 60°C.).
Ils sont particulièrement vifs, agiles et puissants. Robustes et résistants, leur vitesse de pointe est de 60 km/heure pendant quelques secondes, mais en revanche ils peuvent tenir des heures à une vitesse soutenue d’une vingtaine de km/heure.
Les Almastys conservent en permanence la station debout, sauf lorsqu’ils courent où ils se posent sur quatre pattes. Dans ce cas, le deux pattes avant servent d’appui-balancier pour ra-mener les deux pattes arrières vers elles, avant de relancer les pattes avant en avant. Leur formidable puissance et leur souplesse leur permettent les vitesses de pointe précisées précédemment malgré le handicap que constitue cette position de course.
Système de communication
Leur mutation a entraîné une dégénérescence qui a fortement réduit leurs capacités mentales. Leur langage est donc très fortement altéré et ils ne communiquent entre eux que par sons, grognements, borborygmes, attitudes et phéromones (odeurs indécelables). Ce sont les phéromones qui leur permettent en fait de communiquer entre eux de manière intense sans que les autres espèces s’en aperçoivent. La légende préfère d’ailleurs penser qu’ils sont télépathes.
C’est totalement faux, mais il est vrai que ce système leur permet de communiquer sur plu-sieurs dizaines ou centaines de mètres en fonction du vent (mais toujours à trente ou quarante mètres minimum, même contre le vent), et que les odeurs restant dans l’air, ou déposées volontairement sur la végétation leur donne des informations également dans le temps (jusqu’à trois ou quatre jours, en fonction des conditions climatiques).
Certains d’entre eux, rares, dans les régions fréquentées par d’autres espèces ont tout de même développé la capacité de s’exprimer par le larynx. Cela leur donne une voix gutturale et hachée, mais suffisante pour communiquer dans le langage articulé des autres espèces.
Organisation sociale
Les quelques rares observations que l’on a pu faire quant au fonctionnement des groupes d’Almastys ont mis en évidence l’unicité d’un tel individu par groupe ou plutôt clan.
Les Almastys fonctionnent donc en clans de type matriarcal. Les femelles s’organisent en groupes de vingt à cinquante individus sous l’autorité d’une matriarche. Celle-ci, en général la plus âgée ou la plus expérimentée, guide le groupe. On ignore comment se fonde son autorité en dehors de son âge, mais on n’a jamais observé la moindre lutte pour la souveraineté au sein d’un clan. Le clan se déplace donc chaque jour et vit sur le terrain. Selon les habitudes et les sous-espèces, les campements s’organisent différemment.
Les Almastys blancs, de loin les plus nombreux et les plus fréquemment rencontrés par les autres espèces, car les seuls à vivre près des frontières, construisent leur campement chaque soir. Chaque soir, chacune prépare une sorte de nid à base de branchages et de feuilles l’été, en forme de cocon de glace l’hiver, et s’endort en boule seule ou avec ses petits. Les nids sont délimités par un vaste carré (ils peuvent être répartis sur une bonne centaine de mètres carrés selon la taille des groupes) aux quatre coins duquel est allumé un feu de camp.
L’hiver, ils enflamment les carcasses d’animaux qu’ils ont chassé (et qu’ils ont parfois transporté au cours la journée selon le moment de la prise) grâce à la graisse des Almastys morts qui selon la légende « se conserve plus loin que ne va la mémoire d’un homme » et dont quelques millilitres suffisent à entretenir un grand feu toute une nuit.
Le jour, les Almastys blancs se déplacent en colonne, les petits marchants toujours dans les pattes de leurs mères et se confondants totalement avec leur pelage.
Les Almastys roux sont les plus rares. Ils se déplacent en clans moins nombreux d’une dizaine à une trentaine d’individus maximum. Leur mode de vie est identique à celui des Almastys blancs, mais leur campement est plus rudimentaire. Ils se regroupent en effet en un immense tas de poils, les uns sur les autres, au point d’atteindre pour les plus grands groupes six à sept mètres de haut. Quelques esprits trop curieux se sont demandés comment ils ne s’étouffaient pas. La réponse qui leur est généralement faites est la suivante : « Tu as envie d’aller voir, toi ? Banane ! ».
Devant cette difficulté scientifique insurmontable, les biologistes en sont réduits aux hypothèses. A partir de l’observation d’autres espèces bien moins dangereuses, ils en ont conclu que cette boule de poils aménageaient en fait en son centre une cavité pour les petits et un système de circulation d’air. Suite à ces hypothèses et à la proposition qui leur avait été faite, les esprits trop curieux précédemment cités ont répondu d’un air gêné : « Hum, oui, oui, je suis sûr que ça doit être quelque chose comme ça. C’est pas possible autrement. Bon, bah, désolé, mais y faut que je rentre, c’est qu’il se fait tard quand même… ».
Les Almastys roux savent faire du feu, mais l’utilisent rarement. Leur régime alimentaire est plus exclusivement orienté vers la viande, mais ils restent omnivores. Le jour, ils se déplacent en groupes compacts, avec parfois quelques individus isolés au point cardinaux qui semblent servir d’éclaireurs.
Les Almastys noirs sont de loin les plus dangereux, notamment parce que leur régime alimentaire est fondé exclusivement sur la viande. Mais de toute manière, ils sont clairement plus violents, plus grands et plus massifs également que leurs cousins blancs ou roux. On a d’ailleurs longtemps cru à tort qu’il s’agissait des mâles de l’espèce. Leur férocité et leur cruauté pour leurs proies (qu’ils dévorent souvent crue et vivante) est certainement à l’origine du dicton « Almastys au ventre vide n’a pas d’amis ! » qui sonne comme une sévère mise en garde à l’égard des autres espèces car on ne connaît aucun cas de cannibalisme dans toute l’espèce.
Bien qu’ils ne soient pas rares, on n’a jamais pu les observer la nuit (heure où la faim se fait sentir et où il est certainement mal venu et mal pensé de chercher à s’approcher…). Les traces après leur passage révèlent toutefois un rassemblement autour d’un immense et unique feu qui sert certainement pour cuire la nourriture.
Le jour, ils emploient pour se déplacer une formation de groupe, en colonne, ou une formation que l’on pourrait qualifier de tirailleur sans que l’on n’ait pu faire de corrélation entre leur volonté et leur mode de déplacement.
L’hiver, l’immense majorité d’entre eux disparaît totalement dans le nord du pays. Ils se réfugient dans les montagnes (ils font d’ailleurs preuve d’une agilité et d’aptitudes remarquables en escalade) et on peut apercevoir des clans s’attaquer à l’escalade de la grande faille pour accéder aux hauts plateaux complètement inaccessibles aux autres espèces. Ils semblent même que certains d’entre aux traversent la mer totalement gelée en hiver pour rejoindre le pôle. On ignore alors tout de leur mode de vie, de leurs façons de subsister, et de leur occupa-tions.
A la puberté, les mâles sont exclus des clans. Ils vivent alors seuls ou en groupe de deux ou trois. Ils se déplacent alors espacés de quelques dizaines ou centaines de mètres, de sorte qu’on peut difficilement savoir lorsque l’on en rencontre un s’il est seul ou accompagné. C’est d’autant plus problématique que la seule chance d’en réchapper est alors la fuite, à condition de ne pas se jeter dans les bras d’un autre.
Les mâles sont plus grands et plus massifs que les femelles. Ils sont particulièrement dangereux et asociaux. On n’en a jamais rencontré qui soient capables de communiquer avec les autres espèces. Particulièrement féroces, un groupe de trois Almastys qui chargent une colonne d’une vingtaine d’hommes armés peut les mettre en charpie avant qu’ils n’aient pu réaliser ce qui se passait.
Divers
Régime alimentaire :
Ils sont omnivores, avec une préférence marquée pour toutes les viandes (humaines y compris), et se révèlent d’excellent chasseurs. Ils mangent également des fruits et des racines. On les a observé manger des écorces d’arbres. Même s’ils ont une prédilection pour la viande, ils font preuve d’une remarquable résistance à toute sorte d’aliments dans lesquels leur corps arrive semble-t-il à trouver son compte (glace et même terre dans les cas les plus extrêmes).
Outils et armes :
Ils utilisent éventuellement quelques menus outils de types massues, gourdins, lances et par-fois des armes forgées qu’ils sont incapables de fabriquer eux mêmes.
Mode de vie et contact :
Les Almastys noirs et roux sont totalement réfractaires à toute forme de contact avec les autres espèces intelligentes. On peut cependant apercevoir quelques noirs dans les grands campements de marchands sur l’estuaire du Gûr-Shan.
Les Almastys blancs sont les plus sociables. Cela est du à leur plus grande capacité à résister à leur faim lorsqu’ils sont en compagnie d’autres espèces. Ils sont alors capables de se contrôler pour aller rapidement puiser dans leur garde-manger plutôt que de se jeter sur le premier venu.
L’élément le plus important du mode de vie des Almastys est la grande migration shanienne. En effet, la démographie des Almastys est véritablement galopante. Les femelles mettent bas en mars après quatre mois de gestation. Elles ont des portées de quatre à huit petits. Aussi, à intervalle irrégulier (en général deux à quatre fois par siècles), le surpeuplement des Almastys provoque au cœur des plateaux du Gur Shan un immense rassemblement d’une horde affamée qui se met en marche vers le sud. Rien ne résiste à cette vague qui détruit et dévore tout sur son passage. Cette grande migration ne vide pas totalement le Gûr-Shan, mai seulement le surplus de population qui ne peut vivre sur les ressources du pays. Cette horde ne s’arrête pas et descend vers le sud à travers le Simur qui subit de plein fouet la puissance de cette horde. Les Almastys meurent dans des batailles violentes et meurtrières qui puisent et épuisent dans les forces vives des royaumes alentour, (principalement le Simur ce qui peut en outre être un explication de son autarcie). Celle-ci ne s’arrête pas tant qu’il reste quelques centaines d’Almastys. Alors, et alors seulement, ils disparaissent au-delà du Simur, les derniers survivants s'engageant parfois comme mercenaires (toujours par groupe avec un seul et unique « traducteur »).
Cette Grande Migration Shanienne est un régal de curiosité et d'intérêt pour les ethnologues et biologistes éterniens (qui à cette occasion meurent par dizaines de leur soif de curiosité), mais on l'appelle également le « Fléau du Simur ».
Les sacrifices des scientifiques éterniens ont permis d’établir une certaine corrélation entre le climat et la migration. Quelques trop bonnes années au Gur Shan provoquent souvent un surplus de naissance. Mais, il est à noter que l’on a également établi des corrélations avec des petites périodes glaciaires qui auraient également provoquées un accroissement considérable de la population des Almastys. Dernière donnée scientifique sur la grande migration, une moyenne établie par un fonctionnaire éter-nyen visiblement peu débordé : à partir des archives éterniennes, il a noté toutes les occurrences de la grande migration depuis la Grande Danse et en a conclu qu’elle se déclenchait en moyenne tous les trente-quatre ans, huit mois et dix-sept jours. Des calculs plus poussés, qu’il n’a pas fait parce qu’il s’est trouvé un nouveau loisir lorsque la poste éternienne a créé la première « taxe-poste autocollante », lui auraient montré qu’au cours des premiers siècles après la Grande Danse, la moyenne d’occurrence était d’environ quarante-sept années, alors que sur les deux derniers siècles elle est tombée à vingt six ans.
Snib' si tu passes un jour dans le coin, merci à toi et tu sais où me joindre, j'ai toujours des bouquins à toi
Les Almastys
Il n’existe que très peu de renseignements sur les Almastys. Il s’agit d’une espèce endémique du Gûr-Shan et celui-ci est une contrée difficile d’accès, dangereuse (et les Almastys n’en sont pas la moindre raison).
Peu d’explorateurs se sont aventurés dans le Gûr-Shan, encore moins en sont revenus, et très peu ont rapporté des informations sur les Almastys.
Ce que nous savons d’eux est donc pour l’essentiel issu de la mémoire collective, et de l’observation des Almastys qui vivent à proximité des frontières, en relatif contact avec les autres espèces. On remarque enfin qu’ils sont totalement muets lorsqu’il s’agit de s’exprimer sur leur mode de vie.
Cependant, il ne faut pas forcément y voir une quelconque intention de cacher un secret. Les Almastys sont toujours très peu bavards même entre eux.
Description
Les Almastys sont d’étranges hominidés, monstres velus, d’aspect simiesque et d’une taille énorme (3 à 4 mètres). C’est un type régressif de la race humaine qui est apparu après la Grande Danse. Ils sont capables de vivre à de très basses températures (- 50° C – 60°C.).
Ils sont particulièrement vifs, agiles et puissants. Robustes et résistants, leur vitesse de pointe est de 60 km/heure pendant quelques secondes, mais en revanche ils peuvent tenir des heures à une vitesse soutenue d’une vingtaine de km/heure.
Les Almastys conservent en permanence la station debout, sauf lorsqu’ils courent où ils se posent sur quatre pattes. Dans ce cas, le deux pattes avant servent d’appui-balancier pour ra-mener les deux pattes arrières vers elles, avant de relancer les pattes avant en avant. Leur formidable puissance et leur souplesse leur permettent les vitesses de pointe précisées précédemment malgré le handicap que constitue cette position de course.
Système de communication
Leur mutation a entraîné une dégénérescence qui a fortement réduit leurs capacités mentales. Leur langage est donc très fortement altéré et ils ne communiquent entre eux que par sons, grognements, borborygmes, attitudes et phéromones (odeurs indécelables). Ce sont les phéromones qui leur permettent en fait de communiquer entre eux de manière intense sans que les autres espèces s’en aperçoivent. La légende préfère d’ailleurs penser qu’ils sont télépathes.
C’est totalement faux, mais il est vrai que ce système leur permet de communiquer sur plu-sieurs dizaines ou centaines de mètres en fonction du vent (mais toujours à trente ou quarante mètres minimum, même contre le vent), et que les odeurs restant dans l’air, ou déposées volontairement sur la végétation leur donne des informations également dans le temps (jusqu’à trois ou quatre jours, en fonction des conditions climatiques).
Certains d’entre eux, rares, dans les régions fréquentées par d’autres espèces ont tout de même développé la capacité de s’exprimer par le larynx. Cela leur donne une voix gutturale et hachée, mais suffisante pour communiquer dans le langage articulé des autres espèces.
Organisation sociale
Les quelques rares observations que l’on a pu faire quant au fonctionnement des groupes d’Almastys ont mis en évidence l’unicité d’un tel individu par groupe ou plutôt clan.
Les Almastys fonctionnent donc en clans de type matriarcal. Les femelles s’organisent en groupes de vingt à cinquante individus sous l’autorité d’une matriarche. Celle-ci, en général la plus âgée ou la plus expérimentée, guide le groupe. On ignore comment se fonde son autorité en dehors de son âge, mais on n’a jamais observé la moindre lutte pour la souveraineté au sein d’un clan. Le clan se déplace donc chaque jour et vit sur le terrain. Selon les habitudes et les sous-espèces, les campements s’organisent différemment.
Les Almastys blancs, de loin les plus nombreux et les plus fréquemment rencontrés par les autres espèces, car les seuls à vivre près des frontières, construisent leur campement chaque soir. Chaque soir, chacune prépare une sorte de nid à base de branchages et de feuilles l’été, en forme de cocon de glace l’hiver, et s’endort en boule seule ou avec ses petits. Les nids sont délimités par un vaste carré (ils peuvent être répartis sur une bonne centaine de mètres carrés selon la taille des groupes) aux quatre coins duquel est allumé un feu de camp.
L’hiver, ils enflamment les carcasses d’animaux qu’ils ont chassé (et qu’ils ont parfois transporté au cours la journée selon le moment de la prise) grâce à la graisse des Almastys morts qui selon la légende « se conserve plus loin que ne va la mémoire d’un homme » et dont quelques millilitres suffisent à entretenir un grand feu toute une nuit.
Le jour, les Almastys blancs se déplacent en colonne, les petits marchants toujours dans les pattes de leurs mères et se confondants totalement avec leur pelage.
Les Almastys roux sont les plus rares. Ils se déplacent en clans moins nombreux d’une dizaine à une trentaine d’individus maximum. Leur mode de vie est identique à celui des Almastys blancs, mais leur campement est plus rudimentaire. Ils se regroupent en effet en un immense tas de poils, les uns sur les autres, au point d’atteindre pour les plus grands groupes six à sept mètres de haut. Quelques esprits trop curieux se sont demandés comment ils ne s’étouffaient pas. La réponse qui leur est généralement faites est la suivante : « Tu as envie d’aller voir, toi ? Banane ! ».
Devant cette difficulté scientifique insurmontable, les biologistes en sont réduits aux hypothèses. A partir de l’observation d’autres espèces bien moins dangereuses, ils en ont conclu que cette boule de poils aménageaient en fait en son centre une cavité pour les petits et un système de circulation d’air. Suite à ces hypothèses et à la proposition qui leur avait été faite, les esprits trop curieux précédemment cités ont répondu d’un air gêné : « Hum, oui, oui, je suis sûr que ça doit être quelque chose comme ça. C’est pas possible autrement. Bon, bah, désolé, mais y faut que je rentre, c’est qu’il se fait tard quand même… ».
Les Almastys roux savent faire du feu, mais l’utilisent rarement. Leur régime alimentaire est plus exclusivement orienté vers la viande, mais ils restent omnivores. Le jour, ils se déplacent en groupes compacts, avec parfois quelques individus isolés au point cardinaux qui semblent servir d’éclaireurs.
Les Almastys noirs sont de loin les plus dangereux, notamment parce que leur régime alimentaire est fondé exclusivement sur la viande. Mais de toute manière, ils sont clairement plus violents, plus grands et plus massifs également que leurs cousins blancs ou roux. On a d’ailleurs longtemps cru à tort qu’il s’agissait des mâles de l’espèce. Leur férocité et leur cruauté pour leurs proies (qu’ils dévorent souvent crue et vivante) est certainement à l’origine du dicton « Almastys au ventre vide n’a pas d’amis ! » qui sonne comme une sévère mise en garde à l’égard des autres espèces car on ne connaît aucun cas de cannibalisme dans toute l’espèce.
Bien qu’ils ne soient pas rares, on n’a jamais pu les observer la nuit (heure où la faim se fait sentir et où il est certainement mal venu et mal pensé de chercher à s’approcher…). Les traces après leur passage révèlent toutefois un rassemblement autour d’un immense et unique feu qui sert certainement pour cuire la nourriture.
Le jour, ils emploient pour se déplacer une formation de groupe, en colonne, ou une formation que l’on pourrait qualifier de tirailleur sans que l’on n’ait pu faire de corrélation entre leur volonté et leur mode de déplacement.
L’hiver, l’immense majorité d’entre eux disparaît totalement dans le nord du pays. Ils se réfugient dans les montagnes (ils font d’ailleurs preuve d’une agilité et d’aptitudes remarquables en escalade) et on peut apercevoir des clans s’attaquer à l’escalade de la grande faille pour accéder aux hauts plateaux complètement inaccessibles aux autres espèces. Ils semblent même que certains d’entre aux traversent la mer totalement gelée en hiver pour rejoindre le pôle. On ignore alors tout de leur mode de vie, de leurs façons de subsister, et de leur occupa-tions.
A la puberté, les mâles sont exclus des clans. Ils vivent alors seuls ou en groupe de deux ou trois. Ils se déplacent alors espacés de quelques dizaines ou centaines de mètres, de sorte qu’on peut difficilement savoir lorsque l’on en rencontre un s’il est seul ou accompagné. C’est d’autant plus problématique que la seule chance d’en réchapper est alors la fuite, à condition de ne pas se jeter dans les bras d’un autre.
Les mâles sont plus grands et plus massifs que les femelles. Ils sont particulièrement dangereux et asociaux. On n’en a jamais rencontré qui soient capables de communiquer avec les autres espèces. Particulièrement féroces, un groupe de trois Almastys qui chargent une colonne d’une vingtaine d’hommes armés peut les mettre en charpie avant qu’ils n’aient pu réaliser ce qui se passait.
Divers
Régime alimentaire :
Ils sont omnivores, avec une préférence marquée pour toutes les viandes (humaines y compris), et se révèlent d’excellent chasseurs. Ils mangent également des fruits et des racines. On les a observé manger des écorces d’arbres. Même s’ils ont une prédilection pour la viande, ils font preuve d’une remarquable résistance à toute sorte d’aliments dans lesquels leur corps arrive semble-t-il à trouver son compte (glace et même terre dans les cas les plus extrêmes).
Outils et armes :
Ils utilisent éventuellement quelques menus outils de types massues, gourdins, lances et par-fois des armes forgées qu’ils sont incapables de fabriquer eux mêmes.
Mode de vie et contact :
Les Almastys noirs et roux sont totalement réfractaires à toute forme de contact avec les autres espèces intelligentes. On peut cependant apercevoir quelques noirs dans les grands campements de marchands sur l’estuaire du Gûr-Shan.
Les Almastys blancs sont les plus sociables. Cela est du à leur plus grande capacité à résister à leur faim lorsqu’ils sont en compagnie d’autres espèces. Ils sont alors capables de se contrôler pour aller rapidement puiser dans leur garde-manger plutôt que de se jeter sur le premier venu.
L’élément le plus important du mode de vie des Almastys est la grande migration shanienne. En effet, la démographie des Almastys est véritablement galopante. Les femelles mettent bas en mars après quatre mois de gestation. Elles ont des portées de quatre à huit petits. Aussi, à intervalle irrégulier (en général deux à quatre fois par siècles), le surpeuplement des Almastys provoque au cœur des plateaux du Gur Shan un immense rassemblement d’une horde affamée qui se met en marche vers le sud. Rien ne résiste à cette vague qui détruit et dévore tout sur son passage. Cette grande migration ne vide pas totalement le Gûr-Shan, mai seulement le surplus de population qui ne peut vivre sur les ressources du pays. Cette horde ne s’arrête pas et descend vers le sud à travers le Simur qui subit de plein fouet la puissance de cette horde. Les Almastys meurent dans des batailles violentes et meurtrières qui puisent et épuisent dans les forces vives des royaumes alentour, (principalement le Simur ce qui peut en outre être un explication de son autarcie). Celle-ci ne s’arrête pas tant qu’il reste quelques centaines d’Almastys. Alors, et alors seulement, ils disparaissent au-delà du Simur, les derniers survivants s'engageant parfois comme mercenaires (toujours par groupe avec un seul et unique « traducteur »).
Cette Grande Migration Shanienne est un régal de curiosité et d'intérêt pour les ethnologues et biologistes éterniens (qui à cette occasion meurent par dizaines de leur soif de curiosité), mais on l'appelle également le « Fléau du Simur ».
Les sacrifices des scientifiques éterniens ont permis d’établir une certaine corrélation entre le climat et la migration. Quelques trop bonnes années au Gur Shan provoquent souvent un surplus de naissance. Mais, il est à noter que l’on a également établi des corrélations avec des petites périodes glaciaires qui auraient également provoquées un accroissement considérable de la population des Almastys. Dernière donnée scientifique sur la grande migration, une moyenne établie par un fonctionnaire éter-nyen visiblement peu débordé : à partir des archives éterniennes, il a noté toutes les occurrences de la grande migration depuis la Grande Danse et en a conclu qu’elle se déclenchait en moyenne tous les trente-quatre ans, huit mois et dix-sept jours. Des calculs plus poussés, qu’il n’a pas fait parce qu’il s’est trouvé un nouveau loisir lorsque la poste éternienne a créé la première « taxe-poste autocollante », lui auraient montré qu’au cours des premiers siècles après la Grande Danse, la moyenne d’occurrence était d’environ quarante-sept années, alors que sur les deux derniers siècles elle est tombée à vingt six ans.