Lorsque
Rivebise flatte l’encolure du pégase, l’animal renifle sa paume et semble comprendre ses paroles.
Il baisse la tête pour que le ranger attrape sa crinière.
Rivebise le monte avec aisance. Le pégase bat des ailes, s’envole de quelques mètres et se repose en attendant les autres.
Le pégase de
Sturm est un peu plus fort que les autres. Transporter un chevalier en armure n’est pas à la portée de tous les animaux et celui-ci y arrive avec facilité.
Caramon et Tanis montent à leur tour, sans grande difficulté. Ils sont à l’aise et commence à diriger leur monture, émerveillés par la sensation.
Raistlin, cherchant à étudier le pégase, arrive à se tenir d’une manière confortable. Il regarde alors
la Licorne et il est envahi par une étrange vision. Il voit la forêt brûler puis renaître, alors que le
Maître des Forêts se tient, immuable, sur le promontoire de son bosquet.
Est-ce le passé ou l’avenir ?
Il n’a pas l’occasion de demander à la créature légendaire, son pégase prend son envol.
Tass et
Flint confient
Noisette a
Farferdil.
« Perlotin. Connais pas. Ça doit être un bonnet vert. Oui. C’est le genre. » Puis il dit tout souriant.
« Oh, elle sera heureuse ici », dit de lutin,
« foi de bonnet bleu. »
Faferdil répond à
Flint.
« Maître nain, j’ai connu un jour un gnome du nom de Tourbriquet. Il a mis au point une invention du nom de cerf-volant. Je n’ai pas compris pourquoi. Son invention n’avait rien d’un cerf mais par contre, elle volait, s’il y avait suffisamment de vent. Peut-être qu’en y accrochant un cerf à beaucoup de cerf-volants, il pourrait s’envoler. Et peut-être que c’est fait pour que le Cerf blanc s’envole… »
Pendant le monologue de
Faferdil,
Flint essaie tant bien que mal de trouver un équilibre sur le pégase.
Il y arrive de justesse lorsque l’animal prend son envol.
Tass ne perd pas une miette du dialogue de Flint et Faferdil mais s’entretenir avec
la Licorne lui semble plus important, sa curiosité sur ses voyages oubliés demande une réponse… ou plusieurs. Il doit savoir.
La Licorne parle directement au kender, sans que les autres compagnons l’entendent.
« Ah Ah, voilà une question que tu as déjà posée. » Le Maître des Forêts rit.
« Tasslehoff Racle-pieds, cela fait la troisième fois que tu viens dans mon bois. Oui, c’est notre troisième rencontre. »
Tass lui répond :
« je n’en ai pourtant aucun souvenir. »
La Licorne continue :
« C’est parce que je protège mon domaine.
Un kender curieux a sa place dans cette forêt, mais ses secrets doivent y rester. »
La Licorne s’adresse alors à chaque compagnon :
« Lorsque vous partirez d’ici, un charme sera lancé : la Confusion du départ. Si parfois je fais oublier tout un périple, aujourd’hui, il est important que vous vous souveniez. Mais vous serez incapable d’exprimer ce que vous avez vu ou vécu dans ma Forêt.
Qu’il en soit ainsi, selon ma volonté. »
Tass saute sur un pégase en s’appuyant sur son bâton. Il s’envole dans les airs avec un large sourire.
Ne pas penser à la carte. Ne pas penser à la carte. Ne pas …
Une pixie arrive vers lui et tente de lui arracher la carte …
encore… se souvient-il.
Il utilise son hoopak pour donner un coup rapide sur la main de la petite créature volante. La carte s’envole dans les airs et
Tass réussi à tirer sur la crinière du pégase pour se diriger, plonger vers le bas et l’attraper … par miracle. Il éperonne sa monture et les ailes battent avec force pour remonter.
La pixie, fâchée, lui tire la langue. Tass rit de bon cœur.
« Pas cette fois ma belle ! J’emporte un beau souvenir avec moi », alors qu’il coince à nouveau la carte du Bois des Ombres dans sa ceinture. Le paysage est magnifique et il se dit que ses talents de cartographes se sont bien améliorés.
Lunedor caresse sa monture. Elle sent une connection naturelle avec le pégase. C’est une femelle, a n’en pas douter.
Elle brandit son bâton. Le cristal bleu éclaire le bosquet de sa douce lumière familière.
D’un bond puissant, le pégase décolle dans
les airs.
Les ailes des pégases bruissent dans le vent et ils s’élèvent rapidement au-dessus de la clairière.
Le Maître des Forêts est fièrement dressé sur le promontoire.
« Le plus grand présent que l’homme n’ait jamais reçu vous attend... Emportez la paix de mon
foyer dans vos cœurs ; elle ne subsistera bientôt nulle part ailleurs. »
Les pégases se dirigent vers l’est en passant par dessus des montagnes aux sommets enneigés.
Le soleil se couche derrière eux, à l’ouest, laissant des ombres étirés sur les plaines qui s’étend et à perte de vue. Solinari et Lunitari apparaissent dans le ciel de Krynn.
Alors qu’ils montent de plus en plus hauts, près des nuages roses et violets, les compagnons emmitouflés dans des vêtements de laines sentent la fatigue les gagner. Le vent glacé fouette leur visage.
Alors qu’un jeune pégase qui les suivait vient les saluer, les cavaliers s’endorment les uns après les autres.
C’est ainsi que neuf pégases survolent les plaines d’Abanasinie en direction des montagnes du Mur de l’Est en suivant la Voie des Sages.