Laëndir et ses deux compagnons accompagnèrent les aventuriers vers Coverliën. Ils n’avaient pas répondu aux questions empressées des uns et des autres. La situation semblait grave, et seul le Conseil elfique, présidé par Galadorn et Dame Miriël, pourrait y répondre. Dorneyrill s’étant porté garant de la présence de Lode, le seul non-elfe parmi eux, fut donc accepté, à titre exceptionnel.
Les aventuriers s’enfoncèrent dans le Naith, et la forêt semblait encore plus magnifique. Elle avait un aspect véritablement féérique, avec une diffraction des rayons du soleil sur l’ensemble des arbres et des feuilles, rouges et dorées. Les arbres étaient d’une taille colossale, et formaient une canopée ne laissant qu’entrevoir le ciel par endroits. A plusieurs reprises, les aventuriers virent des petits êtres ailés voler dans le ciel, mais ceux-ci semblaient sauvages, et ne s’approchèrent jamais.
« Des pixies », dit Laëndir !
« Ils ont dû sentir l’odeur de notre ami humain, ça les fait fuir ! Aha ! Ils sont cons, ces pixies ! »
Le groupe elfique marcha toute la journée. Laëndir, malgré la gravité de la situation, était d’humeur joyeuse, et semblait s’amuser d’un rien, d’un bon mot, comme du vol d’un papillon. Il chanta, tout en marchant, quelques chants elfiques traditionnels, que Dorneyrill ne put s’empêcher de fredonner en même temps que lui. Hlodil et Eönelin connaissaient ces airs eux-aussi, mais avec quelques variantes dans les paroles. Les deux compagnons de Laëndir, Finarlin et Eludin, semblaient un peu plus renfermés, quoique très polis et respectueux de leurs hôtes. Il faut dire que Finarlin et Eludin étaient des elfes d’argent, appelés aussi « elfes gris ». Laëndir, lui, était un haut-elfe, ou elfe doré, plus enclin à la légèreté et l’insouciance.
En fin d’après-midi, ils arrivèrent au bord d’une rivière, où se trouvait sur une berge une embarcation, ressemblant à un cygne. La proue représentait d’ailleurs une tête de cygne. Ils montèrent tous à bord, et Finarlin et Eludin ramèrent calmement, alors que la lumière du soir déclinait.

Une heure plus tard, à la nuit tombée, ils arrivèrent à Coverliën. La beauté de la cité elfique ne prenait que plus son éclat sous la clarté lunaire des astres nocturne Célène et Luna. De nombreuses maisons, regroupées en quartiers, étaient bâties au sol, mais aussi beaucoup était bâties dans les arbres, sur de grandes plateformes, et reliées entre elles en hauteur par des passerelles. L’architecture était typiquement elfique, et des statues majestueuses de dieux elfes, Corellon Larethian, bien sûr, mais aussi, Aerdie Faenya, Hanali Celanil, Labelas Enoreth, Rillifane Rallathil, Sehanine Archelune, et Solonor Thelandira, au croisement des rues, rajoutaient à la beauté et à la majesté du lieu. Les habitations, par ailleurs, étaient toutes éclairées de l'intérieur par des feux que l'on devinait de nature magique.
Cet endroit était un des joyaux de la civilisation elfique, et un des plus sacrés, avec sa forêt l’entourant. Et c'est ce paradis, qui pouvait, d'un jour à l'autre, disparaître ! En pensant à cela, la gorge des aventuriers se nouèrent. Mais la beauté du lieu l'emportait sur tout autre sentiment, et pour l'instant, l'émerveillement prévalait.