Le mur de végétation semblait laisser une toute petite ouverture pour donner au sentier la sensation d’exister. Le chemin, même s'il ne semblait pas être frais, donnait malgré tout l'impression d'avoir toujours connu du passage. Tout comme les arbres de la jungle, il avait été toujours là et il demeurera toujours là. Il faisait partie intégrante de cet ensemble bruyant.
Oh, il y a bien un moment d'hésitation dans la nature quand Hexa, en ouvrant la voie, pénétra le premier dans cet univers vert. Les animaux ont bien marqués une pause dans leurs braillements, quand votre groupe s'est enfoncé plus avant sur le sentier. Mais, bien vite, les cris, les ricanements, les hurlements et tout ce qui constituait cette symphonie sauvage ont repris.
Impossible de quitter le sentier. La végétation était trop dense de part et d'autre. Par endroit, vous pouviez, malgré tout, vous tenir côte à côte, mais bien souvent, il fallait marcher en fie indienne.
Vous aviez récupéré 3 outres d'eau, cela devrait être suffisant pour étancher la soif du groupe de rescapé sur la plage, mais il faudra y retourner chaque jour. Vous deviez donc trouver une source, la marquer et vérifier que son accès était libre et sans danger.
L'atmosphère était moite, lourde. Parfois, à votre passage, des bruits de fuite indiquaient que votre venue avait réveillé et effrayé un animal. La sueur qui couvrait votre dos aurait pu remplir à elle seule au moins une outre et votre progression parmi la nature nécessitait parfois l'emploi de votre épée ou de votre dague pour dégager le chemin. Vous commenciez à souffrir de fatigue et certains bruits d'animaux, récurrents, entamaient votre patience et vous rendaient nerveux.
Il vous aura fallu 1 heure de route pour l'entendre. Ce petit ruissellement, faible et étouffé dans les bruits environnants, mais bien présent. Une petite rivière semblait avoir décidé de traverser la jungle et vous n'en étiez pas si loin. D'ailleurs, comme pour vous aider dans votre recherche, la jungle elle même semblait décidée à s'ouvrir, à s'alléger à l'approche de l'eau. Les arbres se faisait moins proches et les fougères moins envahissantes.
C'est donc assez facilement que vous avez pu arriver non loin de cette toute petite clairière. Le sol, d'habitude de terre, s'était transformé en sable ou en poussière de terre. A quelques mètres devant vous, la jungle s'écartait pour ne laisser la place qu'à un trou. Béant sur au moins 3 mètres de profondeur et de circonférence, impossible de continuer votre progression sans emprunter la planche de bois vermoulue qui avait été posée par-dessus.
Le trou était quasi parfait, formant un cône, et en son centre vous pouviez apercevoir comme deux serpes chitineuses se faisant face. La lumière venait se refléter sur elles, comme si la matière qui les composait refusait son éclat et vous le rendait, lumière aveuglante et presque magnifique.
Il fallait, pour continuer, franchir le fragile pont que la planche vous offrait, si vous vouliez atteindre le ruissellement désormais proche de vous.
[HRP : L'échelle de vos tokens n'est pas forcément bonne]