Critique des romans des Royaumes Oubliés
Publié : Dim 13 Juin 2021 23:22
Bonne rencontre,
Je crée ce sujet en espérant ne pas faire de doublon. L'objectif est d'échanger sur romans des Royaumes Oubliés, vos préférés, vos critiques positives ou négatives, etc.
J'ouvre le bal avec une brève rétrospective sur le roman n°21, "Le prince des mensonges"
Bien évidemment, ce sera plein de spoilers, mais si vous êtes là, vous connaissez sans doute déjà toute l'intrigue.
Alors, le roman est terminé, et... Que dire ? Bon, vu la vitesse à laquelle je l'ai lu, il mérite clairement son sobriquet de "roman de gare", mais je pense qu'il est erroné d'utiliser ce qualificatif pour critiquer le roman selon d'autres points de vue. Certes, ce n'est pas de la grande littérature, mais l'histoire est intéressante. Un bref rappel de l'histoire cependant : le récit se passe dix ans après la crise des avatars (relatés dans la trilogie du même nom, les tomes 1 à 3), alors que Cyric, voleur érigé au rang de dieu de la mort cherche à renforcer son culte et cherche toujours l'âme de Kelemvor qu'il a tué à la fin du troisième tome. Minuit, l'amante de Kelemvor devenue déesse de la magie cherche également l'âme de son aimé. Dans le même temps, Cyric tente de créer un ouvrage pour s'imposer comme le plus puissant des dieux, mais il s'en trouve empêché par l'action conjointe de Minuit/Mystra, de Mask, le dieu des voleurs et de l'intrigue, ainsi que d'Oghma, dieu des bardes et du savoir. À la toute fin, Kelemvor devient de nouveau dieu de la mort.
Après cet horrible résumé (vous m'en excuserez), j'aimerais m'attarder sur deux éléments du roman que je trouve très intéressants pour une analyse littéraire plus poussée, bien que la motivation et le temps me fassent défaut.
I. La métaphore des fake-news et du révisionnisme
Un des éléments principaux du roman est la rédaction du Cyrinishad, un ouvrage relatant la vie fantasmée de Cyric, le présentant comme le plus grand héros, supérieur de loin aux autres dieux. Cet ouvrage a pour vocation de forcer le lecteur à adorer Cyric. Je trouve cela très intéressant vis à vis de la fabrique du mensonge qui nous guette à chaque détour des salles obscures d'Internet, même si je doute que l'auteur ait eu ceci en tête lorsqu'il a rédigé ces lignes. En revanche, cela fait également écho dans ma tête aux négationnistes tels que Faurisson et d'autres hurluberlus du même genre. Pierre Vidal-Naquet écrivait en son temps à leur sujet, dans Les assassins de la mémoire "Face à un Eichmann réel, il fallait lutter par la force des armes et, au besoin, par les armes de la ruse. Face à un Eichmann de papier, il faut répondre par du papier". C'est exactement ce qu'ont décidé de faire les opposants de Cyric, notamment Oghma, dieu du savoir (notamment) qui voit d'un très mauvais oeil le travestissement de la vérité et engage la rédaction d'un ouvrage pour la rétablir, intitulé La véritable histoire de Cyric. C'est d'ailleurs en partie grâce au rétablissement de cette vérité que les servants de Cyric sont défaits, ce qui, si vous voulez mon avis, est quelque peu enthousiaste quand on sait tout le mal qu'on les chercheurs à rétablir la vérité suite à l'action des faussaires.
II. Mask, reflet du MD ou de Coyotte ?
Tapi dans l'ombre, celui qui ourdit des plans tous plus fous les uns que les autres pour contrer Cyric n'est autre que le dieu des voleur et de l'intrigue, Mask. Il s'agit d'un personnage très intéressant, imprévisible, hilarant, sarcastique. À plusieurs reprises, il sort des punchlines de toute beauté, ce qui a joué pour beaucoup dans mon appréciation du personnage (dont une du style : "Je te tuerais, Mask" -"C'est ça, et quand tu auras échoué trois fois de uite, tu n'auras qu'à dire que tu mentais !") Il semble -comme Cyric d'ailleurs- toujours avoir un coup d'avance, ce qui rend les interactions entre les deux personnages hautes en couleurs. Cependant, ses plans finissent par se retourner contre lui, car s'il espionnait Cyric depuis le départ en ayant pris l'apparence de Fléau-des-dieux, l'épée de Cyric, et s'il travaillait main dans la main avec Mystra et Oghma pour rendre le Cyrinishad inefficace, il finit par lire l'ouvrage maudit, ce qui le détruit partiellement et permet à Cyric d'absorber une partie de son pouvoir. Un échec cuisant pour le dieu de l'intrigue. D'ailleurs, chose étrange, dans le roman il semble que c'est l'ombre de Mask qui est absorbée par Cyric, chose étrange quand on sait que la sphère des ombres n'est obtenue que plus tard par le dieu des voleurs, et que c'est celle de l'intrigue qui est absorbée par Cyric. Sans doute une coquille. Mais venons à ma très fine analyse. Bon, c'est peut être un peu exagéré, disons mon interprétation personnelle du personnage. Je vois dans Mask deux personnages. D'abord, ses plans fous et élaborés qui échouent sans cesse ce qui me fait fortement penser au Coyotte dans Beep Beep et Coyotte, mais ça c'est peut-être un peu trop convenu. Non, là où je vais être sûrement controversé, c'est que je vois également le MD lui-même dans Mask. Certes, le reflet du MD est plutôt Ao dans la hiérarchie divine, cependant, réfléchissez. Qui est-ce qui élabore sans cesse des plans ? Qui crée des intrigues beaucoup trop complexes qui sont par la suite retournés contre lui ? C'EST NOUS ! Les Maîtres du Donjon, dont les plans sont perpétuellement contrecarrés.
Cependant, je pense que Mask aurait tout à apprendre du maître de l'intrigue et du déguisement, j'ai nommé @PhilouCerise.
Je crée ce sujet en espérant ne pas faire de doublon. L'objectif est d'échanger sur romans des Royaumes Oubliés, vos préférés, vos critiques positives ou négatives, etc.
J'ouvre le bal avec une brève rétrospective sur le roman n°21, "Le prince des mensonges"
Bien évidemment, ce sera plein de spoilers, mais si vous êtes là, vous connaissez sans doute déjà toute l'intrigue.
Alors, le roman est terminé, et... Que dire ? Bon, vu la vitesse à laquelle je l'ai lu, il mérite clairement son sobriquet de "roman de gare", mais je pense qu'il est erroné d'utiliser ce qualificatif pour critiquer le roman selon d'autres points de vue. Certes, ce n'est pas de la grande littérature, mais l'histoire est intéressante. Un bref rappel de l'histoire cependant : le récit se passe dix ans après la crise des avatars (relatés dans la trilogie du même nom, les tomes 1 à 3), alors que Cyric, voleur érigé au rang de dieu de la mort cherche à renforcer son culte et cherche toujours l'âme de Kelemvor qu'il a tué à la fin du troisième tome. Minuit, l'amante de Kelemvor devenue déesse de la magie cherche également l'âme de son aimé. Dans le même temps, Cyric tente de créer un ouvrage pour s'imposer comme le plus puissant des dieux, mais il s'en trouve empêché par l'action conjointe de Minuit/Mystra, de Mask, le dieu des voleurs et de l'intrigue, ainsi que d'Oghma, dieu des bardes et du savoir. À la toute fin, Kelemvor devient de nouveau dieu de la mort.
Après cet horrible résumé (vous m'en excuserez), j'aimerais m'attarder sur deux éléments du roman que je trouve très intéressants pour une analyse littéraire plus poussée, bien que la motivation et le temps me fassent défaut.
I. La métaphore des fake-news et du révisionnisme
Un des éléments principaux du roman est la rédaction du Cyrinishad, un ouvrage relatant la vie fantasmée de Cyric, le présentant comme le plus grand héros, supérieur de loin aux autres dieux. Cet ouvrage a pour vocation de forcer le lecteur à adorer Cyric. Je trouve cela très intéressant vis à vis de la fabrique du mensonge qui nous guette à chaque détour des salles obscures d'Internet, même si je doute que l'auteur ait eu ceci en tête lorsqu'il a rédigé ces lignes. En revanche, cela fait également écho dans ma tête aux négationnistes tels que Faurisson et d'autres hurluberlus du même genre. Pierre Vidal-Naquet écrivait en son temps à leur sujet, dans Les assassins de la mémoire "Face à un Eichmann réel, il fallait lutter par la force des armes et, au besoin, par les armes de la ruse. Face à un Eichmann de papier, il faut répondre par du papier". C'est exactement ce qu'ont décidé de faire les opposants de Cyric, notamment Oghma, dieu du savoir (notamment) qui voit d'un très mauvais oeil le travestissement de la vérité et engage la rédaction d'un ouvrage pour la rétablir, intitulé La véritable histoire de Cyric. C'est d'ailleurs en partie grâce au rétablissement de cette vérité que les servants de Cyric sont défaits, ce qui, si vous voulez mon avis, est quelque peu enthousiaste quand on sait tout le mal qu'on les chercheurs à rétablir la vérité suite à l'action des faussaires.
II. Mask, reflet du MD ou de Coyotte ?
Tapi dans l'ombre, celui qui ourdit des plans tous plus fous les uns que les autres pour contrer Cyric n'est autre que le dieu des voleur et de l'intrigue, Mask. Il s'agit d'un personnage très intéressant, imprévisible, hilarant, sarcastique. À plusieurs reprises, il sort des punchlines de toute beauté, ce qui a joué pour beaucoup dans mon appréciation du personnage (dont une du style : "Je te tuerais, Mask" -"C'est ça, et quand tu auras échoué trois fois de uite, tu n'auras qu'à dire que tu mentais !") Il semble -comme Cyric d'ailleurs- toujours avoir un coup d'avance, ce qui rend les interactions entre les deux personnages hautes en couleurs. Cependant, ses plans finissent par se retourner contre lui, car s'il espionnait Cyric depuis le départ en ayant pris l'apparence de Fléau-des-dieux, l'épée de Cyric, et s'il travaillait main dans la main avec Mystra et Oghma pour rendre le Cyrinishad inefficace, il finit par lire l'ouvrage maudit, ce qui le détruit partiellement et permet à Cyric d'absorber une partie de son pouvoir. Un échec cuisant pour le dieu de l'intrigue. D'ailleurs, chose étrange, dans le roman il semble que c'est l'ombre de Mask qui est absorbée par Cyric, chose étrange quand on sait que la sphère des ombres n'est obtenue que plus tard par le dieu des voleurs, et que c'est celle de l'intrigue qui est absorbée par Cyric. Sans doute une coquille. Mais venons à ma très fine analyse. Bon, c'est peut être un peu exagéré, disons mon interprétation personnelle du personnage. Je vois dans Mask deux personnages. D'abord, ses plans fous et élaborés qui échouent sans cesse ce qui me fait fortement penser au Coyotte dans Beep Beep et Coyotte, mais ça c'est peut-être un peu trop convenu. Non, là où je vais être sûrement controversé, c'est que je vois également le MD lui-même dans Mask. Certes, le reflet du MD est plutôt Ao dans la hiérarchie divine, cependant, réfléchissez. Qui est-ce qui élabore sans cesse des plans ? Qui crée des intrigues beaucoup trop complexes qui sont par la suite retournés contre lui ? C'EST NOUS ! Les Maîtres du Donjon, dont les plans sont perpétuellement contrecarrés.
Cependant, je pense que Mask aurait tout à apprendre du maître de l'intrigue et du déguisement, j'ai nommé @PhilouCerise.