(suite des elucubrations...)
Nous allons maintenant aborder la question des sorts acquis lors de la progression en niveau. Celle-ci semble effectivement étayée dans plusieurs éditions :
Holmes
Further study and experience with magic expands his ability and when he reaches second level he can carry two spells in his head!
AD&D1
Guide du maître, p35: ACQUISITION DE SORTS DE MAGICIEN a écrit :Un magicien gagnera un sort (et UN SEUL) à chaque changement de niveau.
D&D BECMI , p38 a écrit :quand votre personnage atteint le rang de devin, il gagne un nouveau sort de premier niveau qu’il copie derechef dans son grimoire
Comme on peut supposer que ce nouveau sort n’apparaît pas dans le grimoire du magicien comme par enchantement pendant la nuit comme la petite souris dépose une pièce sous l’oreiller des enfants, on supposera naturellement que le magicien l’acquiert auprès de son maître. C’est du moins ce que dit explicitement Mentzer
D&D BECMI , p38 a écrit :On suppose que ces nouveaux sorts sont fournis au personnage par son maître, un puissant magicien qui fait office de professeur
Les conditions d’exercice de ses professeurs semble d’ailleurs explicitée dans les descriptions des hauts niveau de la classe de magicien
Expert Set de Cook p X7,8 a écrit :Upon reaching 11th level, a magic-user may choose to build a tower (…) A magic user who constructs a tower will gain 1-6 apprentices of levels 1-3
Curieusement, il en va très différemment dans AD&D: tout d’abord, la description de la classe de magicien dans le manuel des Joueurs ne semble pas évoquer les apprentis qui viennent assister le magicien de haut niveau dans sa tour. Plus encore, le vieux maître du PJ ne semble lui-même intervenir qu’au moment de la détermination des sorts de départ :
Guide du maître, p35 : ACQUISITION DE SORTS DE MAGICIEN a écrit :Il vient de terminer un long apprentissage auprès d’un maître d’un niveau impensable…
ibid a écrit :… un cadeau spécial pour son élève avant qu’il ne parcoure le vaste monde
Lisons ensuite la colonne de droite : dans l’acquisition de nouveaux sorts, le professeur du magicien ne figure nulle part : on parle des échanges de sorts entre PJ, des négociations avec les PNJ magiciens, des grimoires trouvés (où ?), mais de professeur : point. Autrement dit, le professeur sera là pour le magicien au départ , mais une fois la vie d’aventurier commencée, celui-ci devra voler de ses propres ailes
On peut donc supposer que dans AD&D, l’acquisition du nouveau sort au changement de niveau est quelque chose que le magicien obtient « off screen », entre deux sessions de jeu , par son travail personnel :
ibid a écrit :Les magiciens hanteront les bibliothèques poussiéreuses et parcourront les ouvrages au relent de moisi dans l’espoir de glaner ne serait ce qu’une simple incantation.
AD&D2 dit en substance la même chose plus clairement (ce n’est plus du haut gygaxien) :
Manuel des joueurs, p 33 a écrit : il n’a plus de professeur pour regarder au-dessus de son épaule et lui dire quel sort il doit apprendre. Cette liberté ne présente pas que des avantages.
En résumé : le magicien peut acquérir de nouveaux sorts soit :
- pendant les sessions de jeu, en trouvant des grimoires et/ou des parchemins pour lesquels Lecture de la magie est indispensable
-pendant les sessions de jeu, par des échanges avec des PNJ ; éventuellement moyennant paiement;
-lors des changements de niveau, où un nouveau sort est accordé « automatiquement ».
Toutefois l’acquisition de ce nouveau sort suppose : soit que le magicien est resté en bons rapports avec son professeur qui le lui enseigne « gratis », mais cela suppose aussi qu’il doit le retrouver régulièrement entre les sessions d’aventure (version D&D)
-soit par son travail de recherche personnel, mais qui coûte cher (les fameuses règles de « financement » du changement de niveau d’AD&D 1e édition), et là encore suppose des « temps morts » dans la campagne (version AD&D).
Ceci pourrait être incompatible avec le mode de vie d’aventurier. Clairement les PJ ne feront pas partie de ces 1-6 apprentis de niveau 1-3 que décrit la boîte Expert : ces derniers ne sont que des suivants, des
henchmen, pas des aventuriers !
Quand au travail académique où la recherche d’un magicien qui pourrait lui enseigner un nouveau sort à chaque changement de niveau ; cette option peut convenir parfaitement à une campagne « bac à sable » (et peut même offris de nombreuses amorces d’aventures), mais risquent de poser problème dans une campagne plus
« story driven ».