[Background PJ] Mog Jo

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szass
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[Background PJ] Mog Jo

Messagepar szass » Jeu 18 Août 2016 15:26

Coucou,

En faisant le tri dans mon PC, je suis tombé sur ce texte que j'avais écrit à l'époque pour une partie en ligne avec Gobelure.
Je l'ai quelque peu arrangé en changeant notamment le nom de la ville.

Comme je trouvais ce background plutôt sympa ( :merci: ), je viens le poster ici, si ça peut servir à quelque chose (pour un PNJ ou autre).

Histoire de Mog Jo

Son histoire ? Bah, quelle importance ! Il vous l’aurait dit mieux que moi : « t’as pas autre chose à fout’ que de m’demander des détails sur ma vie ? Sers moi donc une bière plutôt ! ».
Car Mog Jo n’aimait pas parler de son passé. Et c’était tout à fait compréhensible.
Un soir pourtant, il se confia à moi. Je ne sais pas pourquoi il le fit expressément ce jour-là. La crainte sans doute.
Il me tint les mots suivants, qu’il découpa hardiment de sa langue biaiseuse :

« Mon cher Vingo, tu es sans doute la pire crapule que je connaisse, et c’est pour ça que j’t’aime bien. Et tu l’sais !
Vois-tu, ce soir nous allons devenir riches. Et te savoir à mes côtés me fait grand plaisir à défaut d’alléger ma conscience. On a fini par l’avoir ce pourri ! Il va cracher au bassinet le bougre ! Et on pourra enfin asseoir notre réputation. Depuis le temps que j’attends ce moment.
Tu dois te demander pourquoi j’lui en veux tant à cette ordure... Laisse-moi te raconter les souffrances qu’il m’a fait endurer et tu verras que notre cause est juste !
Tout commença un soir d’hiver…
Je venais d’annoncer à la plus belle femme du royaume ma flamme et son cœur avait dit oui ! J’étais le plus heureux des hommes. A cette époque je travaillais tant bien que mal pour gagner ma vie, vivant de clopinettes, de broutilles accumulées dans ma misérable gargote où je logeais, ne me nourrissant qu’au hasard de mes pérégrinations urbaines. Le tavernier était un ami d’enfance de mon défunt père, et il ne me faisait seulement payer que quelques lithals pour le mois, repas compris.
Mais j’aspirais à bien mieux qu’ça… L’amour me donnait plein d’espoir. Chaque jour je suais plus dur que la veille pour offrir à celle que j’aimais ce dont elle méritait.
Malheureusement, le destin fut bien tragique. Elle était promise à un autre type, un d’ces nobles prétentieux qui crèchent à la Haute ! Son mariage était arrangé depuis des lustres mais elle s’y refusait. Et, sous la pression de son père, elle finit par céder, avec regrets. Et ce, quelques jours seulement après ma déclaration.
Que pouvais-je y faire ?
On continuait de se voir en secret, une fois par semaine, et chaque rencontre était précurseur d’un déclin imminent de notre amour. Cette situation la désolait. Elle se détachait de moi. Je n’avais rien à lui offrir. Je la comprenais.

Alors un soir je suis allé chez ce noble pour discuter… et les choses ont fait qu’j’ai fini par le tuer. Il s’appelait Horace ! Il s’est vidé comme un porc, gras qu’il était ce fumier, moins fier avec ma dague dans l’bide ! Pourtant je t’assure que j’étais juste venu discuter. M’enfin…
Ma douce n’était pas là ce soir là, partie en visite chez une tante éloignée. Mais ce que je ne savais pas c’est que ce pourceau s’adonnait à des pratiques sexuelles douteuses avec un autre nobliau durant son absence. Monsieur avait des préférences pour la gente masculine, qu’il ne cachait que sous l’apparence d’un mariage de principe. Son amant était resté terré en haut dans la chambre tandis que je l’assassinais froidement.
Tu vois Vingo, j’ai négligé ce détail. Un petit détail qui m’a pourri la vie depuis ce jour.
Si j’avais inspecté la baraque avant de m’enfuir, rien de tout cela ne serait arrivé.
Le noble est parti faire son rapport à la milice, et s’en est suivi des tas d’affiches avec mon portrait placardé un peu partout en ville. 10 lithals pour ma capture ! Etait-ce donc le peu que je valais ?
J’ai du me terrer dans les bas fonds de la cité, évitant à chaque carrefour de rue les milices, dissimulant mon visage dans d’amples capuches pour me mêler à la foule, ne faisant confiance à personne d’autre que moi-même. Je ne parlais plus, ou seulement pour le strict nécessaire, regardant toujours vers le sol afin que nul ne croise mon regard.
J’ai du renier mon identité et renoncer à mon nom pour devenir Mog Jo… Mog Jo le clochard !
Entre temps bien sur, ma bien aimée rentra à Laelith et vit les affiches, avec mon visage…
Son mari était mort… et j’étais son assassin. Je n’ai plus jamais osé l’approcher, et je doute même qu’à l’heure actuelle elle daigne m’accorder cette faveur.
A ces yeux je dois être un meurtrier et, de toute façon, je ne tiens pas à la mettre en danger. J’ai appris à renoncer à cet amour fugace, sans jamais l’avoir oubliée.
Les années passèrent... La milice finit par m’oublier, pensant sans doute que je m’étais exilé loin de ces terres.
Pour survivre je m’adonnais à des pratiques illégales de toutes sortes : cambriolages, vols à la tire, agressions, chantages, contrebande et j’en passe. Ma maîtrise du déguisement avait fait de moi un homme méconnaissable, et j’apparaissais chaque fois différemment au fil de mes missions.
J’avais un certain talent pour le bagout, et je savais entourlouper les gens rien qu’avec mes mots.
Combien de pochtrons et de bibards j’ai pu berner !
Les affaires commençaient à me sourire. Je regrimpais la pente petit à petit. Je redevenais un homme, un honnête citoyen lavé de toute tare.
Et puis mon destin merdique a ressurgit ! Mon ambition fut trop démesurée.
J’ai commencé à faire pression sur la fiotte qui m’avait jadis dénoncé. J’avais envoyé à son domicile des doubles de preuves accablantes qui pouvaient nuire à sa réputation. En échange je demandais une forte rançon, m’assurant ainsi des jours heureux loin de toute cette misère. Je le tenais. C’était si facile.
Et pourtant…
Au fait de ma gloire, je n’ai eu qu’une milice surarmée pour me cueillir !
J’étais piégé… J’irai droit en prison et on me pendrait certainement.
Mais non… Rien de tout cela. A la place on m’emmena devant leur commanditaire, une personne très haut placée faut dire.
Les miliciens n’étaient que de vulgaires mercenaires à sa solde, grassement payés avec l’argent qui aurait du me revenir de droit.
Tout d’abord méfiant, il fit s’éclipser les gardes et me laissa seul avec lui, me proposant même à boire, ce dont je refusais, craignant à un vulgaire poison qu’il m’aurait destiné.
Huit ans avaient passé depuis le meurtre d’Horace. L’eau avait coulé sous bien des ponts depuis, et le gros pourceau n’était plus qu’un vague souvenir pour lui. Il me dit clairement éprouver un certain respect pour moi, et qu’il était fier de pouvoir enfin me rencontrer, après toutes ces années.
C’était une personne très raffinée y a pas à dire. Chacune de ses paroles étaient émaillées du geste approprié.
Lui aussi savait parler, sans doute mieux que moi. Il avait le vocabulaire en plus, et la pertinence dans chacune de ses phrases.
Il voulait que je travaille pour lui.
Moi qui voulais lui soutirer de l’argent, je me retrouvais face à cet homme et les rôles étaient inversés. J’étais sa proie. Il le savait et ne me craignait pas. Son assurance fut telle qu’il mit sur la table une bourse remplie de diamants de la plus belle eau. Il m’en tendit un que j’inspectais avec convoitise. Et il me l’offrit !
« Tu n’es pas sans savoir que ton forfait de jadis m’a apporté gloire et fortune au sein de Laelith ! Me lança-t-il d’un ton narquois. Ce caillou, après tout, te revient légitimement de droit ! Prends-le, il est à toi. Je t’en donnerai d’autres, et des biens plus gros, si tu m’allèges d’un fardeau conséquent. J’ai beaucoup apprécié tes lettres. Elles montrent bien l’homme que tu as pu devenir depuis ce jour… »
J’étais sidéré, ne sachant que répondre devant tant d’arrogance.

Les cinq années suivantes, j’étais à sa solde, effectuant de menus larcins à sa place, me mouillant jusqu’au cou dans des affaires crapuleuses. J’étais devenu maître-chanteur et ce métier ne m’a plus jamais quitté.
Je travaillais pour un individu qui avait foutu ma vie en l’air…
Pourtant cela m’était égal, il payait bien, et rubis sur l’ongle. Mais il savait qui j’étais. Il savait que j’étais recherché, même si les gardes avaient désormais d’autres chats à fouetter que de me mettre le grappin dessus.
Et il se servait de cette emprise pour me dominer, me manipuler, me soudoyer…
Mais jamais jusqu’à ce jour je ne l’ai trahi, et chaque fois je parvenais à ses fins.
Avec les sous empochés que je mettais de coté chaque mois je commençais à devenir riche. Beaucoup même.
En tout cas suffisamment pour me vêtir correctement et côtoyer les bourgeois de la cité. Bourgeois que je faisais tôt ou tard chanter.
Et les dieux savent qu’ils chantèrent bien !
Bien sûr, mon employeur ne savait rien de mes activités parallèles. Il ne doutait pas une seule seconde que je travaillais à mon compte, dans le même domaine que ce pour quoi il m’employait.
Enfin… Tout ça n’est pas très intéressant, je te l’accorde.
Mais ce soir c’en est fini ! Il va enfin payer je t’assure… »


_______________________________________

Ce soit là évidemment, tout ne se passa pas comme prévu…
L’affaire capota, c’était prévisible. Comme si le sort s’acharnait sur lui et lui seul.
Des rumeurs circulent comme quoi il aurait été dénoncé par un de ses amis.
Personne ne sait où il se planque désormais. Il a sans doute du retourner dans les bas fonds, redevenant Mog Jo…
Mog Jo le clochard.
Qui sait…
La misère est mère de tous les crimes et, en ce qui le concerne, elle semble n’accoucher que de quintuplés…
Pour sur, Mog Jo, il savait parler. C’était sans doute sa seule arme, celle qui l’a fait survivre jusqu’à présent.
Mais les mots s’envolent aussitôt qu’ils sont prononcés. Et son destin en a fait tout autant…


- Dernières paroles de Vingo Langue Fétide, peu de temps avant sa mort


_______________________________________

Tenant la lettre dans ses mains, Mog Jo se mit à repenser au passé, … à son passé.
Il soupira…
Comment sa vie avait bien pu le mener là ? Lui qui ne désirait qu’aspirer à une position favorable au sein de la toute puissante ville de Laelith afin d’offrir à sa promise ce dont elle rêvait…
Au lieu de cela, il était contraint depuis maintes années d’agir en secret, de vivre caché, dans l’ombre d’un politicien qui le tenait sous son joug…
Il ne put se retenir de verser une larme qu’il s’empressa de sécher aussitôt, sans doute par fierté…

Mog Jo plia la lettre et la rangea dans une doublure de sa djellaba turquoise. Pointant le regard vers le sol, il contempla le cadavre de son ami Vingo qu’il venait froidement d’assassiner, sans regret. C’était son ami, sans doute une des seules personnes à qui il pouvait se confier. Le salopard n’avait pas demandé son reste pour aller tout raconter au noble. Tout ça pour quelques diamants de plus.
Et le voilà encore en train de se cacher.
Sa vie n’était qu’une sinusoïde : des hauts et des bas.
Plus de bas que de haut certes, mais il avait toujours su remonter la pente.
La lettre le conviait au mariage d’un riche laelithien. Un comte qu’il connaissait bien.
Il n’était pas sans savoir que cette invitation n’était due qu’à la bonne faveur de ses relations passées.
Hormis l’invitation, il y avait marqué en bas de la lettre : « Vingo t’a trahi. La fiotte sait tout. Nous devons nous voir… »
Mog Jo cessa de penser. Il regarda autour de lui, pencha son regard vers les paumes de ses mains qu’il jugeait trop sales…
Il était épuisé. Marre de cette vie ! Il savait que cette invitation avait de grande chance d’être un piège.
Mais il s’en moquait. Il irait quand même.
Jamais il ne se détourna de son destin, et il en avait toujours subi les conséquences.
Ce soir, il ne dérogerait pas à la règle. Car il savait… Il savait qu’un jour la roue tournerait…
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