Conjonctures

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Popstyle
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Conjonctures

Messagepar Popstyle » Lun 30 Juil 2018 23:04


L'âge de la découverte

Le 26 du mois d'Eleint, le mois des Flétrissures, 1348 CV

Irvin fêtait aujourd'hui ses 7 ans. Il leva les yeux au ciel et cessa de travailler. Il admira le bleu du ciel d'habitude si gris et pluvieux. Aujourd'hui, il faisait beau et sa troupe de jongleurs et de musiciens allaient investir la Grand Place du marché. « Sur qu'il y aura du monde ! » L’atmosphère était légère et l'enfant courra rejoindre Ardel Le Myope et celle qu'il préférait par-dessus tout, celle qu'il apellait Maman, Joanie Chantfleur. Irvin avait été abandonné, comme beaucoup d'enfant dans Suzail, et recueilli par cette troupe de saltimbanque. Les gens les nommaient les PorteJoie et il aimait bien ce nom.

Il fut le premier à arriver sur la Grand Place et, assis, il attendit les autres. Déjà quelques marchands commençaient à monter leur étals et les premières effluves de charcuterie, de mouton ou de tannerie remplissaient ses narines. Irvin, ne pouvant plus attendre, commençait à s'entrainer à son numéro. Il était le jongleur qui devait ensuite passer faire la quête et récupérer ainsi les quelques pièces de cuivre que les spectateurs lui donnaient en retour du numéro des PorteJoie. « Son âge aide la générosité », disait toujours Ardel Le Myope, sous les rires de sa "mère" Joanie. Il y avait en effet du monde à se presser tout autour des marchands et la recette fut bonne. Le beau temps, toujours rare en Cormyr, avait donné à cette journée une ambiance saine et joviale pour tout ceux qui l'avait partagée.

Irvin aidait au rangement quand un homme s'approcha de lui. Il était vieux et portait une longue toge faite de fougères savamment tressées et soutenue par des cordelettes de chanvre. Il s’appuyait sur un immense bâton de ronces nouées pour tenir debout et marcher. Son regard bleu azur, pour ne pas dire gris, était profond et inquiétant. Des rides profondes et sans âges crevassaient le front et les joues de l'inconnu. Irvin fit un pas en arrière lorsque le bras du vieillard se tendit. Il portait un objet de musique qu'Irvin ne connaissait pas. On aurait dit un luth, mais les formes de l'instrument étaient surprenantes, inhabituelles. Jamais, il n'en avait vu de pareil.

« Mon petit, prends cet instrument et apprends à en jouer », dit le vieil homme. « Tu ne gagneras pas ta vie avec lui, mais tu vivras grâce à lui et nous tous vivrons grâce à toi. Apprends et reviens me voir. »

La pluie soudain s'effondra sur la place du marché, comme elle était tombé la veille et comme elle tombera demain. Le beau temps avait subitement disparu, suivant, aurait-on pu le croire, le vieil inconnu étrange qui avait totalement disparu.
Irvin regarda autour de lui, la brume venait de se lever sur la forêt derrière la ville, il allait faire froid. Les marchands couraient dans tous les sens, cherchant à protéger leurs biens de l'eau.
Irvin baissa son regard sur le luth et, machinalement, comme si le geste était naturel, pinça les cordes et en sorti un accord déjà parfait.
-= Patience est sœur de victoire =-
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Re: Conjonctures

Messagepar Popstyle » Mer 15 Août 2018 10:52

Du sang dans la rivière
22 Alturiak 1331


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« PUTAIN, MAIS LÂCHEZ-MOI !!!! LÂCHEZ-MOI !!!! »

L'homme était tenu par deux paires de bras solides, chacune lui entravait un bras. Il ne pouvait plus bouger, il ne pouvait plus que crier. Et ses cris prenaient une dimension sur-réalistes dans l'écho de cette caverne. Il hurlait, il savait ce qu'ils allaient lui faire et la terreur lui remplissait les veines. ILS allaient le faire ... ILS avaient décidé de passer à l'action ... ILS allaient se servir de lui et de son sang pour cette quête folle et meurtrière ...

Leur mère restait figée non loin de là et regardait. Un rictus de plaisir se dessinait sur ses lèvres, relevant les rides de sa bouche avec une once de démence. Les ombres lourdes que les torches de la grotte créaient envahissaient chaque plis de sa peau fripée. Une étincelle furtive jaillit de la dague que sa main droite tenait avec impatience. Au cas où les choses tournent mal.
« Josam, va le chercher. » La voix de la vieille femme était, aussi surprenant que cela puisse paraître, enclin à la domination et à l'autorité. Malgré son âge, la sorcière dépassait par son caractère ses quatre enfants et aucun n'a jamais eu l'idée de lui contester sa domination.

Quelques instant plus tard, un grognement se fit entendre dans un des coins de la caverne.
« - Bande d'enculé ! Je vous défoncerais la gueule, je vous arracherais les tripes et je pisserais dans votre crâne vide ! »
« - Bonjour Elfleau. » déclara maternellement la vieille.
« - Ta gueule, vieille peau ! Alors, ça y est, tu le fais ? Tu te souviens du coup que tu m'a enfermé ici depuis des lunes et tu as besoin de moi, c'est ça ? »
« - C'est ça ... » Pas des lunes mon chérie, 16 lunes, précisément.
La vieille se tourna alors vers le fis prisonnier et le regarda comme le jour de sa naissance.
« - Mon chérie, tu as toujours été mon préféré, tu le sais. L'amour de ta maman n'a jamais eu à souffrir de preuves, malgré toutes les bêtises que tu m'as faites. » Le cadet de la fratrie se débattis, n'ayant comme résultat que de sentir l'étau autour de ses bras se renforcer. Ses deux frères le maintenaient fermement et commençaient à le traîner vers la source.
« - Nous y sommes », poursuivit la sorcière, « c'est aujourd'hui que ta naissance prend son sens, tu le sais. Grâce à toi et à ton frère Elfleau, nous allons enfin nous débarrasser d'eux et bientôt, nous pourrons rentrer chez nous. »
Elle se tourna vers les deux fils qui tenaient leur frère.
« - Accrochez le bien, par la jambe, qu'il ne s'enfuit pas et que cela facilite le travail d'Elfleau votre frère. »

L'ordre fut exécuté avec rapidité et ferveur. La jambe fut liée à cette petit corde qui était accrochée à un piquet dans le sol, non loin de l'endroit où la source jaillissait des murs de la caverne. La longueur de la cordelette ne laissait au supplicié qu'un petit mètre de course, rien de plus.
Elfleau, petit et trapu était laid, plus proche de l'animal que de l'homme. La consanguinité ne laissait que peu de doute et elle coulait dans les veines de la famille depuis certainement un long moment. Il reniflait plus qu'il ne respirait. Il ruminait plus qu'il ne mangeait et il aboyait plus qu'il ne parlait. Il avait toujours été colérique - un don de son père, certainement - et sa mère avait du prendre des mesures de précaution afin de limiter les catastrophes qu'il engendrait lorsqu'il était encore libre, à la surface. La caverne lui avait offert une prison rocheuse, mais avait assurée à la famille une tranquillité bien nécessaire pour leur plan.

« Maman, tu ne peux pas faire ça !! MAMAN !! EAROC !!! JOSAM !!! GARROC !!!! NE FAITES PAS CA !!! ELFLEAU, RETIENS TOI !!! Mon frère ... ne fais pas ça !! »

« Oh si, je fais le faire ! Et te défoncer le corps va être un bonheur pour moi ... »

Les trois frères, Josam, Earoc et Garroc, se rapprochèrent de leur mère alors que braillait, hurlait, implorait leur petit frère. En face de lui, voûté, en appuis sur ses deux bras comme un loup ou un ours, Elfleau bavait. Il profitait avec délectation de ce moment. Il était enfermé là depuis tellement longtemps que le frison de bonheur qui lui parcouru l'échine lui fit presque peur. Des poils longs commençaient à apparaitre sur le corps massif du frère. Ses dents s'allongèrent pour devenir des crocs et sa tête, pourtant petite, grandie de deux fois sa taille tout en s'allongeant vers l'avant. Le nez devint un groin. Elfleau ressenti une excitation furieuse et animale.

« MAINTENANT ! »

Le mot n'avait pas fini d'emplir la caverne que déjà Elfleau avait pris son élan et s'était jeté sur son frère attaché ! Le ventre, le gras du ventre, mon endroit préféré. Le choc fut violent et accompagné d'un bruit atroce d'os qui se brisent. La tête monstrueuse d'Elfleau venait de percuter l'abdomen de son frère, poussée par son élan et lui avait broyée la cage thoracique. Le sang fit un flot énorme dans toutes les directions et recouvra les deux frères tout entier. Une flaque apparue très vite au sol. Rageur et enivré par l'odeur du sang, les crocs d'Elfleau fouillaient l'intérieur du corps de son propre frère et se délectait de ses tripes. Un morceau d'intestin s'était accroché à une de ses dents et pendaient ridiculement.

« CA SUFFIT ! » A nouveau le ton autoritaire de la vieille sorcière. Il n'en fut pas plus pour la tête d'Elfleau se dégagea et ressorti sanguinolent. La femme fit quelques pas en avant et s'approcha de son fils. elle voulait être certaine qu'il était bien mort. Elle lui trancha la gorge.
-= Patience est sœur de victoire =-

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